Volume XXVII, n° 6

Le seul hebdomadaire de la région publiée une fois par mois
Le lundi 6 février 2017  

«You wouldn't believe how much it costs to look cheap. »  
Dolly Parton      

Édition finale

Nous rappelons à notre aimable clientèle que :

1 - L'édition régulière du Castor™ , tel que cité ci-dessus, paraît le premier lundi de chaque mois

2 - L'édition corrigée du Castor™ , destinée au marché américain, paraît le jeudi suivant

3 - De mini-éditions peuvent paraître le deuxième ou troisième lundi de chaque mois

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Pour l'édition qui précède la présente, cliquez ICI.

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Autant l'hiver éclate que l'hétéroclite

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    Au sommaire de ce numéro :

L'Index Librorum Prohibitorum, les concerts et récitals, les apologistes, Trois hommes dans un bateau, Julien Clerc, un livre de Lytta Basset, Boris Karloff et Mary Shelly, les fondations contre diverses maladies, le nombre de nos lecteurs, The Monotones and The Ronettes, les suicides dans le métro, Steven Pinker, le vocabulaire  des lycéens, la cent qui coûte 0,0125 $ à fabriquer, Bob Dylan et John Wesley Harding de même que John Updike et Jean-Pierre Melville (sans oublier l'optimisme désordonné de Simon Popp) et probablement autres choses..

Bonne lecture !


    Chroniques

Note : les chroniques précédentes de nos correspondants peuvent être consultées en cliquant sur ce lien.



Snatistiques

Non, ce n'est pas une erreur : j'ai bien écrit «sNatistiques», avec un «N». C'était pour me rappeler un de mes ex-associés, aujourd'hui décédé, qui insistait pour dire «détectiF» au lieu de «dédectiVe» et souvent «aRéoport» plutôt qu'«aÉroport» tout en ne réalisant pas, qu'autour de lui, les gens riaient à gorge d'employés et en bon uniforme, naturellement, assez qu'on se demandait souvent si nous ne devions pas faire monter comme le commissaire Maigrelet de Simenon de la bière, des sandwiches et des cruautés.

***

Je viens de lire que les décès dus au cancer seraient en baisse de 25% aux États-Unis (par rapport à l'année précédente). Une bonne nouvelle ? Oui, quand on ne la reçoit pas en même temps qu'on apprend que la femme d'un de nos amis vient de mourir. Du cancer, justement. Étant un hypocondriaque en phase terminale, je n'ai pas demandé plus de détails, mais je sais une chose : comme nous sommes tous mortels, une autre cause de décès viendra sous peu remplacer le cancer comme première cause [de décès] et un groupe différent de pression remplira ma boîte aux lettres d'incessantes demandes de dons. - Je parie que ce sera la Fondation des maladies du coeur.

Quand mon père est décédé, on a inscrit sur son acte de décès : arrêt du coeur. Devinez de qui, dans les jours qui ont suivi, ma famille a reçu une de ces demandes ? - J'ai personnellement répondu qu'il était décédé d'USURE, de viellesse, qu'il avait vécu son temps et qu'en conséquence son coeur s'était arrêté. - Est-ce qu'un jour, quelqu'un finira par comprendre que la prévalence des maladies cardiaques augmente avec l'âge ? 

Il en est ainsi, au cas où vous ne l'auiez pas remarqué, de l'arthrite, du rhumatisme, de l'ostéopose, d'une certaine dégénération du système nerveux (c'est mon cas) et - découverte récente - de la maladie d'Alzheimer (ce qui est probablement mon cas, mais quand s'aperçoit-on qu'on en est atteint ?). - C'était moins courant au Moyen-Âge, mais à cette époque, les gens mouraient dans la trentaine. Généralement avec des maux de dents indescriptibles et souvent de manultrition, de la peste bubonique ou tout simplement d'un coup de hache ou de fléau d'armes au cours d'une bataille.

(Le fléau d'armes, soit dit en passant, est ce délicieux instrument formé d'un manche auquel on attachait une boule avec pointes au bout d'une chaîne.)



Donnez généreusement !

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Combien de gens lisent le Castor ? - Nous n'en avons aucune idée. Le rapport que nous recevons de notre fournisseur est trop limité pour nous renseigner non seulement sur le nombre de nos visiteurs, mais même pas les pages qu'ils ont lues, ni non plus si au cours de la même journée, un lecteur s'est branché plusieurs fois. - Le coût d'un logiciel qui permettrait de trouver une réponse à ces questions et d'autres, comme la provenance, les heures, le nombre de minutes en ligne, etc. est prohibitif. - Au pif, après avoir analysé les donnnées limitées qui nous sont parvenus, le courrier que nous recevons et - il ne faut pas oublier - le matériel qu'on nous dérobe et que nous retrouvons sur d'autre sites,  nous serions prêts à croire que nous avons entre deux et trois mille lecteurs réguliers ou assidus, ce qui est minime par rapport à certains écrivailleurs, chez Twitter par exemple, dont le nombre de  «suiveux» dépassent les dizaines de milliers, mais très encourageant quand on considère que la majorité des livres publiés au Québec ne se vendent, exclusion faite des livres de recette,  rarement au delà de 500 copies. Car ce que nous publions ressemble plus à un livre qu'à un magazine.

La raison pour laquelle nous nous sommes penchés sur cette brûlante question ? C'est qu'on nous la pose continuellement et non seulement on nous la pose, mais le nombre de suggestions qu'on nous formule de transformer ce qui est d'abord et avant tout un hobby (que je dis toujours être une forme de thérapie) en un moyen d'augmenter nos revenus est une source d'irritation perpétuelle. - Mon opinion ? - Strictement la mienne, hein : elle n'engage pas tout le personnel de l'UdeNap. - Elle découle de mon père dont je parlais justement au paragraphe précédent. 

Il faut d'abord gagner sa vie et ensuite faire ce qui nous plaît.

Je constate cependant que la génération qui m'a suivi n'est pas de cet avis. Tant pis pour elle car on semble avoir oublié de lui enseigner que le mot «travail» impliquait en lui-même un certain effort et que cet effort n'était pas nécessairement plaisant.

*** 

Comment traduit-on en français le mot «scolar» ? Par «savant», «érudit», «lettré» ? Il est utilisé pour décrire une personne spécialisée dans un domaine particulier, notamment les sciences dites «humaines». Quelle que soit sa signification, elle conviendra parfaitement au texte qui suit.

Ce texte concerne la majorité de ceux à laquelle se réfèrent régulièrement les apologistes ou ceux qui écrivent des plaidoirie en faveur de la foi chrétienne en soulignant que cette majorité dépasse largement en nombre la minorité de ceux qui, entre autres, remettent en question les écrits de la Bible et plus particulièrement le contenu des quatre évangiles. - Qui ? Des gens comme Robert Barron, G. K. Chesterton, Patrick Madrid et, plus près de nous, Frank Turek, Daniel Wallace, John Lennox, Craig Evans et l'omniprésent William Lane Craig qui s'en servent pour appuyer leurs affirmations qui avancent, énoncent, stipulent ex-cathedra toutes sortes de preuves que Jésus-Christ fut un personnage historique et que les faits décrits dans les évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean (mais celui-là, avec une certaine réserve) sont véridiques et qu'en conséquence la résurrection de Jésus Christ ne peut être remise en doute et que la foi chrétienne est tout à fait non seulement acceptable mais logique et indiscutable. 

Le problème avec cette approche c'est que la majorité des chercheurs ou «scolars» qui s'intéressent aux Évangiles sont des chrétiens ou, à tout le moins, des gens qui s'intéressent à la chrétienté ou aux religions en général. Ceux qui ne s'y intéressent qu'en tant qu'historiens, archéologues ou chroniqueurs, sont plus rares. - Non. - Laissez-moi corriger cette assertion : ils ne sont pas plus rares, mais ils attachent au contenu des récits de Matthieu, Marc, Luc et surtout ceux de Jean, une importance très relative car : 

1) ils contiennent, entre autres, des énoncés difficilement vérifiables ou encore des faits qui sont en contradiction avec ce que l'on connaît, par exemple, de l'histoire de l'occupation de la Palestine par les Romains. - On ne libérait pas des prisonniers du temps des Romains, surtout ceux qui avaient commis des crimes envers l'état (i.e. : Barrabas) ; il n'y a jamais eu de recencement à l'époque romaine, surtout du genre à demander à tous et chacun de retourner en leur lieu de naissance, etc.

 2) il existe des contradictions difficilement acceptables entre les faits décrits par Matthieu, Marc, Luc et Jean. - Les évangiles se contredisent particulièrement lorsque lus en parallèele. Comparez, par exemple, les faits entourant la mort et la résurrection du Christ.

Et, aussi :

1) il n'existe aucun de ces écrits datant de l'époque ; en fait, les évangiles ont été rédigés, non pas par des apôtres tous - mêmes les exégètes s'accordent à le dire - illettrés (*), mais par des Grecs cultivés et puis, au moins... trente à quarante ans après les faits, les plus vieilles copies complètes de ces documents datant du XIe siècle, mille ans après.

(*) ce par rapport à quoi Christopher Hitchens se posait la question : "Pourquoi [Jésus-Christ] est-il venu au monde dans une région qui sortait à peine de l'âge de bronze plutôt qu'en Chine où les gens savaient déjà lire et écrire ?"

2) Pas pour rien que l'Église Catholique se soit objecté pendant des siècles à la traduction de ses saintes éritures au demeurant choisis pour confirmer sa légitimité. - Faut dire qu'elle pouvait difficilement mettre de côté ceux de l'Ancien Testament... où comme l'a écrit Richard Dawkins, le Dieu qui s'y trouve fut :

«... sans aucun doute le personnage le plus désagréable de toute la fiction : jaloux, fier de lui ; fanatique, mesquin, injuste et impitoyable ; un nettoyeur ethnique vindicatif et  assoifé de sang ; mysogyne, génocide, pestilentiel mégalomaniaque et sadomachiste. Bref : une brute malveillante et malicieuse.»

Toujours la question de celui qui connaît la réponse avant de lire alors que celui qui lit pour se renseigner...


(Bantam Books - 2000)

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Le vocabulaire des adolescents d'aujourd'hui oscillerait entre 800 et 1 600 mots, les adultes en utilisant près de 3 000. - Le vocabulaire dit de culture générale impliquerait, par ailleurs, un sérieux effort pour être exploité au delà de 5 000 mots. À 20 000 mots l'on pourrait passer pour un professeur du niveau universitaire. Et le vocabulaire moyen des analphabètes ne dépasse pas 1 000 mots.

À fin de comparaison, le vocabulaire de Maupassant a été évalué entre 12 000 à 15 000 mots (avec toute son œuvre comme corpus).

Vous voulez vérifier l'étendue de votre vocabulaire ? passez le test qui se trouve sur le site suivant :

https://www.arealme.com/french-vocabulary-size-test/fr/

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96,6 % des spécialistes se disent convaincus que la planète se réchauffe ; que la fonte des glaces représente un danger qui pourrait s'avérer catastrophique pour l'univers. - Et, dans les débats télévisés, on oppose à un de ces spécialistes à n'importe quel illuminé qui dit le contraire.

Heureusement, je n'ai pas de téléviseur.

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Vous connaissez  l'histoire du statisticien qui a étudié pendant plusieurs  années la consommation du riz et de la pomme de terre dans les centres de détention américains ?

Le résulat de son enquête lui indiqua que les détenus consommaient les deux dans les proportions suivantes : 93,7% des pommes de terre et 6,3% du riz.

Il en vint à la conclusion que la pomme de terre menait au crime.

Et je viens de lire que 4% (quatre pourcent) - QUATRE POURCENT ! - des Américains croient qu'ils sont moins intelligents que la moyenne.

Mais où est passé l'Index ?

Pardon : l'«Index librorum prohibitorum» ou «Index des livres interdits», aussi appelé «Index expurgatorius» ou encore «Index librorum prohibitorum juxta exemplar romanum jussu sanctissimi domini nostri» (sic), cette fameuse liste de livres instaurée à l'issue du Concile de Trente (1545-1563) qui consistait en la liste des ouvrages que les catholiques romains (ou ceux qu'on avait baptisés en tant que tels dès leurs plus bas âge) n'étaient pas autorisés à lire parce qu'ils étaient immoraux ou contraires à la Foi... ce qui est assez curieux car, comme disait Oscar Wilde, la moitié de toutes les cultures dépend de livres qu'on ne devrait pas lire.

Je ne me souviens plus de quelle foudre papale étaient frappés ceux qui non seulement lisaient, mais ne faisaient que posséder un des livres faisant partie de cette liste. Étaient-ils marqués d'un péché mortel dont il fallait qu'ils se confessent le plus rapidement possible ? Étaient-ils condamnés irrémédiablement à subir le châtiment de l'enfer éternelle ? Ou étaient-ils tout simplement excommuniés ? 

Être brûlé vif faisait également partie du lot des condamnations, si ma mémoire est exacte, mais ne revenons pas sur cet épisode disgracieux de l'Inquisition à la demande de qui, d'ailleurs, cet Index fut établi. 

Je me posais cette question il y a peu de temps en me demandant, étant donné la diparition de cet Index comment les ados d'aujourd'hui choisissaient leurs livres considérant qu'ils n'ont plus cete précieuse liste pour les guider car, si je me souviens bien encore une fois (mais dit différemment),  y figuraient des noms comme Balzac, Baudelaire, Descartes, les deux Dumas, Flaubert, Gide, Hugo, Montaigne, Rabelais, Rousseau, Swift, Voltaire, Zola... mais, et cela m'avait frappé à l'époque, non celui du marquis de Sade, ni de Schopenhauer ou Nietzsche...

Depuis, j'ai appris que ces trois derniers - et plusieurs autres -  y étaient automatiquement intégrés en raison de la règle tridentine (Concile de Trieste : tri pour Trieste) qui spécifiait que les œuvres hérétiques (qui contredisaient le dogme catholique) étaient ipso facto interdites. Spécifiquement, cependant, les noms de Copernique et Galilée y étaient mentionnés au premier rang. 

L'Index fut aboli par en 1966 par le pape Paul VI, l'année où ma bibliothèque a perdu la moitié de sa valeur. 

Qu'on ramène l'iquisition, de grâce !


L'Inquisition
revue et corrigée par
The Monty Python Flying Circus :  

"Nobody expects the Spanish Inquisition. Our chief weapon is surprise ; surprise and fear. - Our two weapons are surprise, fear and rutless efficiency. - Our three weapons are surprise, fear and rutless efficiency and an almost fanatical devotion to the pope... Our four...  Amongst our weaponry are..."

https://www.youtube.com/watch?v=Nf_Y4MbUCLY

D'un optimisme débridé

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je me lève chaque matin généralement heureux, de bonne humeur, confiant en l'avenir, optimiste. Dans un état peut-être pas euphorique mais définitivement dans un état d'un enthousiasme démesuré. Puis j'ouvre la radio et cinq minutes plus tard, j'ai déjà dit à haute voix mon premier juron de la journée (et quand je dis «juron», je suis poli).

Ce serait encore pire si je devais me rendre au travail non pas à cause des embouteillages, mais ce que j'allais y entendre toute la journée. La retraite a ceci de bon :

En faisant attention, on peut se rendre jusqu'à midi en étant généralement heureux, de bonne humeur, confiant en l'avenir... Suffit de ne pas ouvrir ni la radio, ni les journaux, ni son courrier.

Simon 




La vieillesse

Autrefois, et il me semble que, du temps où je travaillais de cinquante à soixante heures par semaine, c'est-à-dire hier, j'avais le temps de tenir ma correspondance à jour, le moyen d'aller rendre visite régulièrement à mes proches. Je n'oubliais jamais, non plus, un rendez-vous, un anniversaire et les tombés étaient un jeu d'enfant. Aujourd'hui, ces occupations sont - et de loin - la moitié de ce qu'elles étaient et je suis en retard continuellement.

Autrefois, quand j'allais à l'église, c'était, au-delà de mes présences habituelles (conséquence d'une longue fréquentation d'ecclesiastiques), c'était pour des baptêmes, des premières communions, des confirmations, des mariages. Aujourd'hui c'est généralement pour des funérailles.

Autrefois, je devais ouvrir la radio pour savoir le temps qu'il ferait. Aujourd'hui, les yeux fermés, même avant de me lever, je sais qu'il va pleuvoir ou que je n'aurai pas à pelleter un pied de partiellement nuageux. Mes muscles, mes os me le laissent savoir.

Autrefois, je digérais n'importe quoi : des confitures épicées au petit déjeuner au porc frais à onze heures du soir en passant par quelque chose de frit le midi. Aujourd'hui, la seule vue d'une bouteille d'Alka Seltzer me donne des brûlures d'estomac.

Autrefois, je me rendais au travail au pas de course. Aujourd'hui, je m'impatiente quand mon taxi est en retard.

Autrefois, je pouvais lire le journal en cinq minutes, Aujourd'hui, le temps que je trouve mes lunettes, je suis déjèa en retard pour me rendre à mon bureau.

Le bon côté est celui de pouvoir radoter en tout temps. Cela a pour effet de chasser les ennuyeux sauf que, sans se reproduire plus qu'il ne faut, il semble qu'il y en a de plus en plus. Et organisés. - Tout comme la folie, écrivait Marcel Godin : non seulement elle augmente, mais elle s'organise.

Et il y a Chopin dont, enfin, j'ai fini par comprendre toutes les nuances. De ses nocturnes en particulier, sauf que je n'ai plus d'oreille.

Mais je pourrais passer des heures à regarder mes arrières-petits-enfants s'émerveiller devant des bulles de savon.

Herméningilde Pérec

P.-S. : Et ne vous en faites pas : il y a longtemps que je sais qu'on m'appelle «Hermy».



Sur l'art de choisir sa place au concert

Peu à peu, Paul, notre disc-jockey est en train de me convaincre qu'il est de plus en plus insensé d'aller au concert. Avec le prix exigé par les artistes dont les dépenses (frais de déplacements, entre autres) grimpent en flèche, les récents et même moins récents développements électroniques de la reproduction sonore et surtout les vidéos disponibles sur Internet, il est difficile de se faire à l'idée que la seule et unique façon pour un mélomane le moindrement averti est de se déplacer pour aller entendre un récital ou un concert. Et un autre argument, de taille celui-là, est venu s'ajouter mercredi dernier lorsqu'en compagnie de Paul, justement, je suis allé entendre le Quatuor Emerson en la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts (de Montréal) : le peu d'espace disponible, même dans les plus modernes salles de concert, pour voir et entendre correctement celui, ceux ou celles qui, devant soi, interprètent ou interprètront la musique de ses compositeurs favoris.

Prenez le cas des quatuors à cordes. Le sketch qui suit (merci Paul !) en dit long sur l'emplacement idéal pour les voir et entendre :

Il s'agit de la disposition la plus répandue des musiciens d'un quatuor sur une scène : le premier (V1) et le deuxième (V2) violon à gauche, l'alto (Vi) à droite et le violoncelle (Vc) au centre. Cette disposition est nécessaire parce que les musiciens doivent se voir et s'entendre eux-mêmes pour que les sons qu'ils produisent soient en harmonie.

(Il en existe une autre et qui est de l'alto au centre et du violoncelle à droite, disposition préconisée, entre autres, par le Quatuor Alban Berg, mais elle est moins répandue.)

Regardez leurs instruments et dites-moi vers où leurs sons se dirigent, mais également où l'auditeur doit être placé pour les entendre et également voir les gestes et mouvements de chacun des musiciens. À deux ou trois mètres, maximum, du premier violon et un peu à gauche par rapport au centre des quatre musiciens. Pourquoi ? Parce que c'est là où la complèxité sonore de l'ensemble est dirigée et de là qu'on peut voir tous les mouvements des musiciens, en particulier du violoncelliste et de l'altiste qui, lui, fait généralement face au premier violon.

Or, dans une salle, quelle que soit sa grandeur, le nombre de sièges qu'on peut entasser dans la position d'écoute idéale est, de ce fait, limité. Question d'accoustique d'abord, mais également de vision car, à moins d'avoir une connaissances exceptionelle et une capacité auditive hors du commun, nul ne saurait discerner les différentes notes et dans quel ordre, et par qui les divers passages d'un quatuor sont interprétés chose à mon avis essentielle pour comprendre l'ensemble.

Puristissime, cette approche, je vous le concède, mais à quoi bon dépenser une petite fortune par année pour aller entendre ce que, chez soi, de plus en plus, on peut reproduire en détials, quitte à juster la vitesse, la dynamique, le volume de chque instreument, particulièrement avec des écouteurs de qualité (dont le prix de revient est l'équivalent d'un seul billet d'un seul  récital). De plus, il est devenu très facile de nos jours de voir, et ce,  de façon exceptionnelle l'exécution d'à peu près n'importe quoi, bien confortablement assis dans un fauteuil, toujours chez soi, grace à la multiplicité des vidéos de grande qualité qui sont devenus  courants, surtout ceux où apparaissent les plus grands musiciens du monde  dont les visites, quel que soit l'endroit où l'on demeure, sont de moins en moins fréquentes car ils sont en demande partout.

Deux exemples :

Dites-moi où et quand vous pourrez voir et entendre d'une plus idéale position dans une salle les deux enregistrements suivants (disponibles sur YouTube) :

1 - La symphone numéro cinq de Gustav Mahler dirigée par Valery Gergiev :

https://www.youtube.com/watch?v=UjmthMDpyco

2 - Le quatuor numéro 12 en mi bémol, opus 127, de Beethoven par le quatuor Alban Berg :

https://www.youtube.com/watch?v=UklsIaKocgo

Suis-je le seul, si l'on fait exception de Paul (qui est définitivement anti-récital et anti-concert), à penser ainsi ?

Non. De plus en plus de musiciens trouvent les tournées incompatiobles avec leur art et s'en remettent de plus en plus à la musique enregistrée en studio, à l'instar de Glenn Gould qui dès le début des années soixante a préféré s'en remettre au contrôle absolu et à l'intimité des studios d'enregistrements plutôt qu'aux salles de concerts qu'il considérait comme des arènes sportives. «Quoi, disait-il. On voudrait que je joue tous les soirs exactement comme je l'ai fait, un jour, dans un studio. C'est impossible.»  - Et, passant de la salle de concert (il donna son dernier récital en 1964), il se confina uniquement aux studios d'enregistrement.

Alors pourquoi aller au concert ? Pour les mêmes raisons que Paul a données relativement à la contrebasse de Scott Lafaro (*) : pour entendre live le son particulier d'un instrument ou d'un ensmble de telle sorte à s'en rappeler lorsqu'on écoutera un enregistrement.

(*) Voir Le Castor™ - 4 juillet, 2016.

Et l'Emerson String Quartet ?

J'eusse préféré qu'il interprète du Beethoven, mais pour des raisons de planification de la saison, les musiciens s'en sont tenus à Mozart, Debussy et Tchaikovski qui ne sont pas, en ce qui concerne les quatuos à cordes, mes compositeurs favoris.

Impeccable, naturellement, mais très passable au pizzicato.

Salle Bourgie
Musée des Beaux-Arts
Montréal, Qc., Canada

In concert, but somewhere else

I'm not as old as Paul, but I'm beginning to understand what he means by «getting the wrong end of a stick» or words to that effect (usually involving a tool that's used to fasten things together). 

I was - let us say - somewhere, Friday, not too long ago having been invited to  listen to a jazz quartet with a reputation based on the name of a dead politician. 

Never heard, in a long while, such self-indulgent musical garbage. I understand that the pianist whose name is that of the quartet was sick that evening (cold, grippe or something) and wasn't quite himself, but the saxophonist ! I could have stayed home and heard him - and still asked him to play a little less louder - I mean : he was louder than the drummer who totally burrried whatever was being played on the piano. 

The bassist (there was one) seemed to enjoy himself but he couldn't be heard either.

As Dizzie Gillespie used to say : «It doesn't matter if you play a seventh sharp, followed by a 127th chord, as long as you can dance to it...» - No dancing that evening. I was home by nine.

Copernique


Hé, ho !

Quelqu'un, un jour, devra m'expliquer d'où provient tout cet «argent» qui «circule» dans le monde connu ; comment l'humanité est passé du troc (i.e. : du pain pendant une semaine contre une paire de souliers) à du métal, du métal à du papier, du papier à du plastique et du plastique à des bandes magnétiques ou des puces électroniques qui, intrinsiquement, n'ont aucune valeur. J'en profiterai pour demander à celui qui me fera comprendre également le système qui permet aux gouvernements de s'endetter de plus en plus sans jamais faire faillite.

Il y a quelques années encore, l'ouvrier était payé en argent «comptant» (si on peut appeler des bouts de papiers et quelques pièces en alliage quelconque de l'argent «comptant») et il était alors facile à mes parents et mes grand-prents de séparer, les jours de paie, et  visuellement par dessus le marché, leurs dépenses sur la table de la cuisine, mais aujourd'hui, si ce n'était des menues-dépenses (journaux, café du matin, parking...), je suis convaincu qu'on pourrait vivre sans jamais toucher à une vile pièce de monnaie. Chez Starbuck, on accepte le passage d'une carte au-dessus d'un terminal et hop ! on peut quitter les lieux sans qu'on vous demande autre chose. - J'ai dit  «une carte» ? C'est rendu que je paie mes stationnements au moyen de mon portable. Bientôt, il me suffira de cligner d'un oeil pour me procurer je-ne-sais-pas-moi... un litre de lait ou une voiture. D'ailleurs, qui, aujourd'hui, possède sa propre voiture ? Ceux qui font des paiements sans intérêt à GM, Chrysler ou Toyota ?

Ce qui m'amène à penser qu'avec deux salaires, nous arrivons à peine à vivre convenablement à la maison. Oui, trois enfants, c'est beaucoup, mais quand même... n'ai-je pas lu récemment que 75% des familles au Canada avaient des revenus inférieurs à 50 000 $ par année ?

Et comment enseigner à nos trois enfants ce qu'est un budget ?

«L'argent ne pousse pas dans les arbres» me disait ma mère qui, comme moi, ne comprennait pas qu'il en coûte encore aujourd'hui un cent et quart fabriquer une pièce d'un cent... aux USA !

Où vont les surplus d'Hydro-Québec ? Où trouve-t-on subitement les sous pour partir en guerre ? Pourquoi les gouvernements insistent-ils pour consolider leurs budgets ?  Et comment des firmes ayant des milliers d'employés peuvent-ils survivre à des déficits monstrueux ?

Quant aux paradis fiscaux...

N'en reste pas moins que nous avons en notre modeste demeure des cachets d'Aspirine que même Louis XIV ne pouvait pas se payer et des ordinateurs qui nous mettent en contact avec des bibliothèques que les plus grands savants n'ont jamais pu consulter.

Jeff

 


  Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)

N'écris pas !

N'écris pas ! Je suis triste et je voudrais m'éteindre.
Les beaux étés, sans toi, c'est l'amour sans flambeau.
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre
Et frapper à mon cœur, c'est frapper au tombeau.

N'écris pas ! N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu'à Dieu, qu'à toi si je t'aimais.
Au fond de ton silence, écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.

N'écris pas ! Je te crains, j'ai peur de ma mémoire.
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent.
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.

N'écris pas ces deux mots que je n'ose plus lire.
Il semble que ta voix les répand sur mon cœur,
Que je les vois briller à travers ton sourire.
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon cœur.

N'écris pas ! N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu'à Dieu, qu'à toi si je t'aimais.
Au fond de ton silence, écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.

... N'écris pas !

P.-S. : Pour entendre ce poème mis en musique et chanté par Julien Clerc, cliquez sur ce lien :

https://www.youtube.com/watch?v=EgcULJSRK7M

(À noter que Julien Clerc ne fut pas le premier à mettre en musique ce poème : le compositeur français  Henri Woolette (1864-1936) l'avait déjà fait dans une suite intitulée «Marceline ou la vie d'une femme».)

Fawzi


Hi... sainte !

Patrice Lagacé - La Presse - 1er février 2017 : 

Cessons de les glorifier involontairement

De l'Arizona où je le joins au téléphone, Tom Teves me demande si l'attaquant de la Grande Mosquée de Québec a été arrêté.

« Oui, réponds-je, dès dimanche soir.

- Alors cessez de publier son nom et sa photo, MAINTENANT. »

J'appelais Tom Teves parce qu'avec sa femme Caren, il a lancé le mouvement
No Notoriety, qui milite pour que les médias cessent de glorifier involontairement les salauds comme celui de Québec, en couvrant leur vie et leurs actes de long en large... "

Oui, etsie, cessons d'en parler de ces illuminés.

T'wéka, comme disait Simon, y'a pas longtemps, ça m'a l'air de fonctionner en ce qui concerne les suicidés dans le métro. Il n'y en a plus depuis des années. - Enfin, c'est ce qu'on me dit.

George


    Texte choisi

Le train de onze heures cinq

(Tiré de Trois hommes dans un bateau  de Jérôme K. Jérome [1859-1927])

Nous arrivâmes à la gare de Waterloo à onze heures, et demandâmes de quel quai partait le train de onze heures cinq. Bien entendu, personne ne le savait ; personne à la gare de Waterloo ne sait jamais d’où part un train, ni même où il va. Notre porteur penchait pour le quai n° 2, mais d’après un collègue consulté à ce sujet, le bruit courait que ce serait du quai n° 1. Quant au chef de gare, il était convaincu que ce devait être le quai de banlieue.

Pour tirer la chose au clair, nous grimpâmes à 101 l’étage et demandâmes à voir le surveillant en chef du trafic ferroviaire. Celui-ci nous répondit qu’il venait juste de rencontrer quelqu’un qui lui avait dit avoir vu notre train au départ du quai n° 3. Nous gagnâmes donc le quai n° 3, mais les employés qui se trouvaient là inclinaient à penser qu’il s’agissait plutôt de l’express de Southampton, ou du circulaire de Windsor. Ils étaient en tout cas persuadés que ce n’était pas le train de Kingston, « bien qu’on ne soit jamais tout à fait sûrs, avec les trains, vous savez ! ».

Notre porteur nous confia alors qu’à son avis ce train devait se trouver sur l’un des quais surélevés. Il l’y avait déjà vu, ajouta-t-il. Nous allâmes donc jusqu’au quai en question, et nous adressant au conducteur de la locomotive, lui demandâmes s’il se rendait bien à Kingston. Il nous répondit qu’il ne pouvait pas nous l’affirmer, mais que c’était quand même probable.

 N’importe comment, si son train n’était pas le 11 h 05 pour Kingston, c’était probablement le 9 h 32 pour Virginia-Walker, ou l’express de 10 h pour l’île de Wight ; en bref, il allait quelque part dans cette direction, et de toute façon, on verrait bien quand on y serait. Nous lui glissâmes une demi-couronne dans la main, en le priant de bien vouloir arrêter son choix sur le 11 h 05 pour Kingston.

« Personne n’y verra rien, argumentâmes-nous. - D’ailleurs personne ne sait qui vous êtes, ni où vous allez. Vous connaissez le chemin, vous démarrez tranquillement, et en route pour Kingston ! – Ma foi, messieurs, je ne suis sûr de rien, répondit ce philosophe, mais il faut bien qu’un train ou un autre se rende à Kingston, et je vais vous y conduire. Ajoutez donc une autre demi-couronne. »

Ce fut ainsi que nous allâmes à Kingston par le chemin de fer de Londres et du Sud-Ouest. Nous apprîmes par la suite que ce train était en réalité la Malle d’Exeter, qu’on l’avait cherchée pendant des heures dans toute la gare de Waterloo, et que personne n’avait jamais compris ce qu’elle était devenue.

Photo tiré du film
«Three men in a boat»
de Stephen Frears (1975)


           

Bob Dylan, prix Nobel de littérature ?

Pourquoi pas ? Ne rejoignerait-il pas ainsi une série d'auteurs dont on ne saurait questionner la renommée ? Malheureusement, ce prix n'est pas garant d'une longue pérennité. - Qui, en effet, aujourd'hui s'intéresse encore, du côté français (mais vérifier dans n'importe quelle langue) à :

Sully Prud'homme (récipiendaire de ce prix en 1901)
Frédéric Mistral (1904)
Maurice Maeterlinck (1911)
Romain Rolland (1915)
Anatole France (1921)
Henri Bergson (1927)
Roger Martin du Gard (1937)
François Mauriac (1952)
Saint-John Perse (1960)
Jean-Paul Sartre (1964)... qui, a sa décharge, l'a refusé
Claude Simon (1985)
Gao Xingjian (2000)

Et le tout dernier :

J. M. G. Le Clézio (2008) - sur lequel je n'ai rien à dire n'en ayant jamais lu une seule ligne.

Deux exceptions, tout de même :

André Gide (1947) qui ne fait plus, depuis, longtemps partie des auteurs qui se revendent le mieux, mais qui a le mérite de...

et

Albert Camus (1957) dont je me demande ce qui lui serait arrivé s'il n'était pas mort en pleine gloire et s'il n'avait pas écrit L'étranger.

Je suis comme Simon quand on me parle de prix, qu'ils soients de littérature de musique ou de cinéma, qui cite régulièrement Paul Léautaud qui se serait senti déshonoré de recevoir un prix littéraire quelconque.

Quand à Bob Dylan personnellement, je n'ai rien à dire, sauf que, comme Copernique l'a fait pour Miles Davis et son Bitches' Brew, j'ai cessé d'acheter ses disques après son John Wesley Harding. Il n'aura, ainsi, fait partie de mon univers musical que cinq ans - de : Bob Dylan (1962) à ce Wesley Harding (1967) - quoique je l'écoute encore plus ou moins régulièrement.

De ses chansons à changer le monde (Blowin' in the Wind, The Times They Are a-Changing, A Hard Rain's a-Gonna Fall, y compris Only a Pawn in Their Game), je ne me suis jamais préoccupé. Ce genre de protest songs m'a toujours fait penser aux ineptes chants patriotiques ou hymnes nationaux qui contiennent tous, sans exception, des absurdités comme : "Qu'un sang impur abreuve nos sillons" (La Marseillaise), "Ton histoire est une épopée..." - qu'on aurait intérêt à changer pour "une des pas pires" (Ô Canada) ou "Scatter his enemies and make them fall" (God Save the King) ; quand cet hymne n'est pas basé sur une chanson à boire, "To Anacreon in Heaven" (The Star-Spangled Banner).

Par contre, sa production «littéraire» (Motorpsycho Nitemare, Subterranean Homesick Blues, Desolation Row, Vision's of Johanna, Sad Eyed Lady of the Lowlands, sans oublier Like a Rolling Stone et All Along the Watchtower) m'a toujours fasciné et leurs paroles continuent d'être parmi ma liste de chansons qui méritent d'être écoutées plusieurs fois (au même titre que Sympathy for the Devil de Mick Jagger et Keith Richards) et auxquelles j'ajouterai facilement La butte rouge de Montéhus.

De là à dire qu'il est un des auteurs les plus importants du XXe siècle, disons que j'ai retenu, parmi ses crtiques, la suivante de Nick Cohen du Guardian, republiée en français dans un numéro hors-série du Monde (Bob Dylan à la poursuite d'une légende) :

Il m'ennuie à mourir

"C'était un drôle de type. Question technique, il était nul : il jouait mal de la guitare, mal de l'harmonica, ne chantait presque jamais juste et possédait une voix moche, nasillarde, geignarde. Mais bizarrement, elle hypnotisait, elle s'insinuait dans votre tête. Même si elle ne vous plaisait pas, elle vous touchait.

Quant à ses chansons, au départ, elles débordaient de bonnes intentions - contre la guerre, contre la société, contre le Dieu fric, bourrées de réponses faciles - et, pour le style, elles brassaient d'innombrables influences : le folkblues et le Beat et Dada, Woody Guthrie, Robert Johnson et Allen Ginsberg, Big Joe Williams et Rimbaud. « Ouvrez vos oreilles, disait Dylan, et vous êtes influencés.

Si on met de côté sa propagande de cinquième catégorie, il était impressionnant. Il avait de l'imagination, de l'énergie et de la verve, il maniait très bien les mots, possédait un sens aigu du langage imagé et, surgi de nulle part, il apparaissait, à 20 ans, comme quelqu'un de spécial. Du reste, dans le Village, il est devenu culte, il donnait le ton et, à l'époque déjà, certains voyaient en lui un génie, un prophète primitif.

Physiquement, il était plutôt mignon : chevelure bouclée, peau lisse. II paraissait timide, ses pieds ne tenaient pas en place, il se montrait agréable. Parfois, c'était tout le contraire, il devenait vraiment méchant, mais la plupart du temps il avait un charme pas possible. Allen Ginsberg le trouvait adorable et Joan Baez était d'avis qu'il possédait une vraie beauté intérieure.

Avec ce style, il a mis New York à ses pieds il enregistra des disques, écrivit Blowin' in the Wind, qui. allait, donner un tube à Peter, Paul and Mary, et vendit beaucoup d'albums. Fin 1963, après avoir retourné le festival de Newport, il émergea comme le nouveau leader du folk américain.

Mais ensuite, il dépassa de loin le statut de chanteur folk, il devint plus important que Woody Guthrie, Pete Seeger ou Joan Baez ne l'avaient jamais été, tout simplement parce que ses disques ont trouvé des acheteurs au-delà du public folk habituel. Dylan touchait un vaste public d'adolescents, des jeunes qui n'avaient probablement jamais écouté de folk avant, mais en étaient arrivés à mépriser les titres classés dans le top 40 qu'ils considéraient comme de la soupe, de la guimauve, et voulaient une musique honnête, sinon intelligente.

Dix ans plus tôt, ils auraient pu être des fans du Modern Jazz, porter des lunettes noires et couvrir les murs de leurs chambres de photos de Bird (*), mais dans les années soixante, le jazz avait viré chiant ou incompréhensible, ou les deux. Dylan a comblé ce vide. [...]

(*) Le saxophoniste Charlie Parker.

Ce que je pense de lui ? Pas grand-chose en fait : il m'ennuie à mourir. Contraint et forcé, je distingue bien son originalité, je reconnais qu'il compose de bonnes mélodies, qu'il a le sens de l'humour et une jolie gueule, qu'il a immensément influencé la pop, mais je n'y prends aucun plaisir, il me débecte. Rien que le son de sa voix geignarde, je ne peux pas.Comme poète, il a été vraiment inspiré par moments - Gates of Eden, Vision of Johanna mais le plus souvent je le trouvais mou, sentimental et très surfait.

Franchement, je crois que c'est plus la faute de ses fans que la sienne : si on s'en était tenu à le présenter comme un jeune compositeur de talent, un parolier intelligent, une image forte, il aurait eu toute ma sympathie. Bon, je n'aurais probablement pas acheté ses disques pour autant, mais peut-être n'en aurais-je pas dit de mal non plus. Ce que je ne supporte pas, c'est l'idée d'un Dylan prophète, messie pour adolescents, et toutes ces autres images qui lui ont valu d'être vénéré.

Personnellement, je le vois comme un talent mineur mais supérieurement doué pour l'autopromotion et la légende bricolée, ce qu'on retrouve exactement chez Elvis, Mick Jagger ou Jim Morrison, ou tous ceux qui ont marqué la pop de leur empreinte. Le hic est que Dylan a été encore plus surévalué.

En tout cas, voilà pourquoi je n'ai pas essayé de juger sa musique dans le détail ni tenté de l'expliquer, lui, je n'ai rien d'utile à en dire. Dans ma vie, une seule ligne de Book of Love des Monotones compte plus que la totalité de l'album Blonde on Blonde de Dylan - je suis irrécupérable, non?

Son influence sur la pop n'en reste pas moins énorme : il a bousculé presque tout le monde - les Beatles et les Stones, Jimi Hendrix et Cream et les Doors, Donovan et les Byrds - et presque tout ce qui sort de nouveau maintenant puise à sa source. Avec lui, la pop est devenue adulte, il lui a donné un cerveau.

Au bout du compte, ce n'est pas tant qu'il ait changé le rock : il en a tué une sorte et l'a remplacée par une autre. Et si la sorte qu'il a tuée était aussi celle que j'aimais, eh bien ce n'est pas vraiment de sa faute.

(Awopbopaloobop alopbamboom, l'âge d'or du rock.
  Préface de Greil Marcus,
  Traduction Julia Dorner © Allia, 1999)

***

The Monotones ? Book of Love ? qu'il dit, le Monsieur ? - Pourquoi pas, tandis qu'on en est là.

Ça a été publié à l'origine sous l'étiquette disque Argo. (*) en 78 tours, naturellement. Numéro 5290. En 1958.

(*) À l'origine, un disque de la compagnie Masco, mais compte tenu de la demande, il a été repris par la firme Argo, une filiale de Chess

Et puis live, par dessus le marché. Vous n'avez qu'à cliquer sous le lien qui suit :


The Monotones

https://www.youtube.com/watch?v=qIfuNPbBaaA

***

Ce qui prouve que le bonhomme pouvait se tromper. Oui, The Book of Love par les Monotones était bien, mais rien de comparable à Be My Baby interprété par les Ronettes dont j'ai déjà parlé, ici, en octobre 2010, au numéro 214 de cette série.

Allez voir. En live, sur YouTube, vous les trouverez à l'adresse suivante :


The Ronettes

https://www.youtube.com/watch?v=jrVbawRPO7I

Avouez que la mise en scène était... intéressante.

Venez-nous dire après ça que nous ne connaissons pas nos classiques.

Et puis comptez-vous chanceux : j'aurais pu parler de Jacques Michel et de son Nouveau jour va se lever...

paul

P.S. Vous avez quel âge auront les pionniers de l'époque cette année ? Jerry Lee Lewis, 80 ans, Chuck Berry, 90 et Little Richard, 84. Et s'ils avaient vécu jusqu'à aujourd'hui, Buddy Holly, 91 et Elvis, 82.

Mais j'allais oublier :

En faisant des recherches sur ce qui précède, je suis tombé par hasard sur un bout de film plus ou moins basé sur la chanson Don't Think Twice It's All Right de Dylan et qui m'a plaisamment surpris. Il provient du site http://www.vintage.tv/ mais que vous pourrez retrouver sur YouTube à l'adresse qui suit :

Frais et rafraichissant.


Don't Think Twice It's All Right

https://www.youtube.com/watch?v=u-Y3KfJs6T0

Sur le site précité, vous trouverez également un étonnant enregistrement - relativement récent (2013) -  de Downtown chanté par sa créatrice, Petula Clark, qui a eu, en 2016, 84 ans. Vous pourrez aussi la voir dans un enregistrement semblable sur YouTube :

https://www.youtube.com/watch?v=RAXA_JaC2EE

Hé ! La carrière de la Madame en est à sa septième décennie...

Et puis c'est quand la dernière fois que vous avez entendu Donavan chanter Sunshine Superman ? En studio ? À soixante-dix ans ? - Et vous vous rappelez de Ian Gillan de Deep Purple ? Il est là, lui aussi. À soixante-et-onze...

Pas tout le monde qui finit en se brigittebardorisant.

***

Note : pour nos suggestions et enregistrements précédents, cliquez ICI.


  Book Review - Lectures

   La source que je cherche de Lytta Basset
   (À paraître chez Albin Michel en mars prochain - 300 pages)

Il y a, vous savez, des livres qu'on vous refile, comme ça, en vous disant «Qu'est-ce que tu en penses ?», et qui nous embête, nous du Castor™ car on ne sait plus à qui les remettre pour en rédiger un compte rendu. 

«La source que je cherche» est un de ces livres.

Après avoir fait le tour de la table, de mon fauteuil à Simon, de Simon à Copernique, de Copernique à Jeff, de Jeff à Mme Malhasti, de Mme Malhasti à Paul, de Paul à George, de George à Monsieur Perec, il m'est revenu deux fois (sans compter le Professeur, deux secrétaires et un observateur qui désire rester anonyme). Sauf que j'avais promis...

C'est Copernique qui a réglé cette impasse. Il a dit : «C'est simple : citez-en tout simplement les premières phrases de chaque chapitre, Comme ça, vous donnerez suite à votre promesse et le lecteur, avec ces phrases, poura se faire une idée.»

Alors, pour le bénéfice de la masse si intelligente et si distinguée de nos lecteurs, voici les premières phrases de chaque chapitre de «La source que je cherche» de Lytta Basset :

«J'étais dans l,enthousiasme des débuts.

«À l'origine de la quête d'Autre chose, on peut repérer chez beaucoup, dont je fais partie, une allergie à ce qui finit par étouffer la question essentielle ; qu'est-ce que "Dieu" ? Le Divin ?

«C'est l'histoire d'une fillette de quatre ans.

«Actuellement, pour la majorité de la population et pour une bonne partie des chrétiens eux-mêmes, la résurrection de Jésusne signifie rien du tout, ou pas grand chose.

«Ma surprise a été de constater que l'écrasante majorité des passages bibliques mentionnant "chercher Dieu" sont liés à la quête de la justice.

«Les germes des représentations mortifères du Divin que j'ai évoquées en introduction sont à chercher dans l'enfance.

«La tradition chrétienne a mis et met encore l'accent sur le "Credo".

«Pour Luc Perry, l'énorme potentiel de solidarité et de sympathie observable de nos jours - à travers des conduites où l'on se sacrifie, où l'on pose des valeurs supérieures à l'existence - monrtent que nos société résistent au matérialisme et aspirent à une spiritualité authentique où domine le souci de l'autre.

«Accueillir la réalité telle qu,elle vient a été pour moi le fruit d'un travail exigeant.

«Au terme d'un cours-séminaire donné il y a quelques années aux étudiants en théologie sur la quête de «Dieu», j,ai proposé une série de sujets pour leur examen final, parmi lesquels figurait : "L'expérience du vide peut-elle être féconde au plan spirituel ?"

«Quand je lis que l'idolâtrie est le principal cheval de bataille des auteurs bibliques, je me dis que notre pire ennemi est sans doute la confuision : prendre la Divinité pour ce qu,elle n'est pas, ou l'autre (*) humain pour ce qui ne l'est pas, ou encore moi-même pour que je ne suis pas.

(*) Une coquille sans doute. L'auteur a vraisemblablement voulu écire "l'être humain".

«Je m'étonne encore une fois, de ce que tant de théologiens et de philosophes du passé se soient escrimés à cerner le concept ou l'idée de "Dieu"

«Selon Clément d'Alexandrie, un Père de l'Église, l'être humain est la seule image authentique de Dieu,

«Pourquoi tenter de nommer  cet Indicible que nous cherchons ? 

    Et, en guise d'épilogue :

«Un sentiment m'a accompagnée dans l'écriture de ce livre et persiste au moement de conclure ; celui d'une entreprise à la fois aléatoire et approximatiuve [...] les lecteurs et lectrices seront-ils rejoints - éventuellement nourris - par ce que j'ai tenté d'évoquer ?»

    Note :

En espérant que ces courts passages sauront satisfaire la curiosité de nos lecteurs, nous demeurons à leur disposition pour leurs commentaires.

    Biographie :

Lytta Basset (1950 - ) est une philosophe et théologienne protestante qui, après avoir été pasteur de l'Église réformée à Genève, occupe un poste de professeur de théologie pratique à la Faculté de théologie de l'université de Neuchâtel. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages spirituels qui ont connu une importante audience dans la littérature religieuse, notamment avec le succès de Sainte Colère paru en 2002, où, à travers les figures de Jacob, Job et Jésus, elle développe la thèse selon laquelle c'est par la colère que se construit une foi adulte et personnelle. (Encyclopédie Wikipédia)


Lydia Basset
(Source : YouTube)

Update on Updike

We all know how it works : we step into a bar to say hello to a few friends and end up by having to call a taxi to go home. This is what happened to me when I stepped into Updike's Due Considerations (see last month's Book Review) :

I read it, re-read several sections, scanned a few, added them to my electronic reader and, as I was returning it to my local library, I took a quick look at what else, by him, was available, just like most men do in front of a TV set by switching from channel to channel : I wasn't interested in what was ON (what I had just read) but what ELSE was on (what else he had written). So I stepped ou with two more books of essays and criticism :

More Matter - New York - Alfred A. Knopf - 1999 - 900 pages

Higher Gossip - Same editor - 2011 - 500 pages

Both books reminded me of two things I read, one a long time and another fairly recently.

The first was by a columnist of La Presse, now retired, but so famous that I don't even have to mention his name. At one point, during the height of his career, it was said that he was responsible for at least 25% of the sales of Le plus grand quotidien d'Amérique which, anyone who read him, will tell you was quite possible because he was liked for his wit, his unusual subjects and the way he treated them. - For years and particularly in the last months of his emplyment, he was asked when he was to publish his "Best of", a question to which he invariably replied : "Never !". - Pushed or cornered, he added that...  what he wrote had always been punctual, on a day-to-day basis and it no longer mattered wether, at one point in time, he liked or disliked a politician who was now dead or  gone, wether the state of the streets of Montréal were okay or not or even anthing he had written generally about cycling or the long forgotten nutcase who tried to have his girfriend not go through an abortion.

The second was by our own Simon Popp who was asked to review his columns in the now on-going collection. I'll quote him verbatim :

«J'ai corrigé ce que j'ai pu, essayant, dans la mesure du possible, de m'en tenir au texte original, sauf que ça n'a pas été facile et les relire, les unes après les autres, m'a rappelé que ce qui est écrit au jour le jour devrait être lu au jour le jour ; et puis tout de suite oublié.

Pas question, dans mon cas, de faire un best of, comme on l'a fait pour Copernique (1), car je n'ai justement pas de best of : que des annotations, souvent banales, insignifiantes même, et, oui, il est évident que je suis parfois très, mais alors très grognon. 

M'enfin : elles sont là et, considérant leur contenu, je souhaite qu'aucun lecteur n'aura la patience de les relire en une session comme j'ai dû le faire, car il risquera ainsi, de se retrouver avec une écoeurantite aigüe.»

(1) He was referring to specific columns written on specific subjects, not my ususal stuff.

And, by a stroke of pure luck, I had just received, prior to my penultimate Updikian activities, one of Jean d'Ormesson's latest books (well... 2015) entitled «Dieu, les affaires et nous», subtitled «Chroniques d'un demi-siècle» made up precisely of a collection of articles written over the years by the author of «Au plaisir de Dieu», one of his better more or less novels which I would recommend to anyone.

The connection between all of the above ?

Precisely what Simon implied in his remarks about his columns : anthing written on a day-to-day basis, even if it's only published once a month, ought to be read on a day-to-day or on a monthly basis.

A long essay historians might like could be written on what columnists wrote about what happened when Kennedy was shot, or the Reagan years, anything about Mitterand, and wether Bourassa was a good prime minister and I know that it will eventually be fascinating to listen to the comments one can hear or read on what's-his-name Trump in a few years from now but I'm already feed up of what I heard about him  in the past two weeks alone. So you can imagine how uninteresting and even how boring I have found many columns written by Updike (and d'Ormesson).  I'm sorry I didn't stop while I had time.

But then, hadn't I looked into them,  I would have  missed this gem - by Updike :

(On the special TV shows during Christmas)

«Was Charlie Brown's voice always so plaintive and grating ? Did Bing Crosby always have that little pot belly, and walk with is toes out ? Wasn't Danny Kaye/Fred Astaire/Jimmy Stewart/ Grinch a card ? Is Vera-Ellen still alive ? Isn't there something else on, like wrestling or Easter parade ?»

The problem is finding these gems in 1 400 pages, a good portion of it having to do with stuff one barely remembers or critics of books that have been out-of-print in the weeks after having originally been published.

One day, I'll ask Simon to write about Gide, Green, Mauriac, Delacroix and - it seems - four hundred others life-long diaries he has read. - An entirely different category of scribbling, of course.



Source : The John Updike Society

Copernique

 


    Le courrier

        Pour nous écrire :

HPerec suivi de @udenap.org. - Indiquer le nom à qui le messsage est destiné dans le titre.

        Réponses diverses :

M. Théobalde du Terrail  - Crique-en-Caux, France

Les Anglophones et les homosexuels ont, au Québec, des droits que les Francophones et les hétérosexuels n'ont pas : les premiers peuvent faire éduquer leurs enfants en français ou en anglais alors que cette possibilité est interdite aux Québécois francophones ; quant aux deuxièmes, ils peuvent changer d'orientation sexuelle à volonté. 

Mme Justiana Lefort  - St-Jérôme, Québec

Jusqu'à ce qu'on en découvre un autre, le centre de la gastronomie du monde connu se trouve toujours à Bologne, en Italie.

Sir Geoffrey Turnbuckle  - Carlisle, U. K. 

As Steven Pinker one said : «You'll need to think outside the box in your search for the holy grail, but you will find that it is neither a magic bullet nor a slam duck, so roll with the punches and let the chips fall where they may while seeing the glass as half-full. It is a no-brainer. In other words, act as a renaissance man would : drill down to the core issues and push the envelope which will knock everybody's socks off. A simple question of using digital and social-media strategy across the spectrum of communication functions.»

Rev. Jeremiah Cherrycoke  - Upville, New York

Toujours la même histoire, n'est-ce pas ? - Un Jésuite, un Chinois et un Corse partageant un compartiement d'un train allant de Londres à Bath en compagnie d'une vieille anglaise qui leur demande... mais vous la connaissez déjà. (D'après Thomas Pynchon)

Mme Monica Mastraianno  - Cincinatti, Ohio

Désolé, mais le roman de Mary Shelly, Frankenstein, n'aura que 199 ans cette année. Il fut, en effet, publié qu'en 1818.


Boris Karloff
dans le film «Frankenstein» de James Whaler (1931)

M. Gustave Blier - Charleville-Mézière, France

La plupart des gens viennent d'une longue lignée de personnes qui ont eu des enfants.


    Dédicace

Cette édition du Castor est dédiée à :

 

Jean-Pierre Melville
(1917-1973)


    Le mot de la fin

«Au Canada, les exercices physiques sont facultatifs : tous       
les citoyens ont accès gratuitement aux services de la santé.
»

(Joe Wong)


    Autres sites à consulter

Webmestre : France L'Heureux

Webmestre : Éric Lortie

Webmestres : Paul Dubé et Jacques Marchioro


    Notes et autres avis

Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est, depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.

De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.

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