Volume XXIX, n° 5

Le seul hebdomadaire de la région publié une fois par mois
Première édition 
(L'édition corrigée, destinée au marché américain, paraît le jeudi.)

Le mardi 2 janvier 2018
     

Bonne année ! (À ceux qui vivent au jour le jour.)

Ce numéro :

Simon, ses rencontres en 2017 et Guillaume le Conquérant.
Herméningilde Pérec et la vieillesse.
Copernique Marshall et les rencontres en famille.
Jeff Bollinger et les calendriers.
Georges Gauvin et les rencontres dans les bars.
Madame Fawzi Malhasti et une poétesse du XIXe.
Alphaville, 1984 et The Third Man.
Les Mémoires de Saint-Simon.
Trois Hommes dans un bateau.

Et, en filigrane :

Marcel Godin, Bill Gates, Steve Jobs, Jésus-Christ, Donald J. Trump, l'anglaise langue, Dunkerque, Louis Jouvet, Joseph Cotten, Orson Welles, Mycroft Marshall, le chat King James, le 15 janvier 1582, Marc-Antoine Charpentier, Kafka, Orwell, Do Androids Dream of Electric Sheeps ?, Peter Cushing, Les Éditions Ramsay, Herr Glossenn Boscher, John le Carré et Dostoïevski.

Bonne lecture !

A lire également : le dixième mini-essai de Copernique Marshall et de Paul Dubé sur «Les préfaciers [de Proust]».

BLANC

 

Les chroniques précédentes de nos correspondants peuvent être consultées en cliquant sur ce lien .
 
      Simon Popp

2018

Si, à l'exclusion d'une douzaine de personnes - et j'exagère pas mal-, les gens que je vais rencontrer en l'an 2018 seront semblables à ceux que j'ai rencontrés en 2017, il serait raisonnable de ma part, je crois, de songer à me retirer de la vie en société. Parce que, je ne sais pas si c'est la mode depuis la venue de Trump, mais il me semble qu'au cours des douze derniers mois, il m'est arrivé plus souvent qu'autrement de me faire obstiner à propos de choses que je connais par coeur et dans les moindres détails ; par des jeunes, des moins jeunes et surtout des gens de ma génération. 

Marcel Godin (1932-2008) avait raison : «Non seulement la folie existe, mais elle s'organise...» - Qu'eût-il dit, s'il avait eu à écouter ce qu'on m'a dit, entre autres, l'an dernier :

- Que c'est Bill Gates qui a inventé le système binaire, mais que c'est Steve Jobs qui a créé le premier ordinateur

- Que les compagnies d'assurance peuvent modifier les polices d'assurance de tous leurs assurés sans les aviser, mais qu'elles ne peuvent pas le faire (en vertu du Code Civil !) après un sinistre

- Que c'est la Chine qui a mis à la mode l'énergie solaire pour... mettre un frein à l'économie américaine

- Que personne n'a pu jusqu'à présent démontrer que le monde n'a pas été créé en six jours

- Idem pour l'existence, ou non, de l'arche de Noé

- Que si tout allait de mal en pis dans le monde, c'est à cause du nombre croissant d'immigrants qui volent les emplois des habitants des pays où ils s'installent

- Que la preuve que Jésus-Christ est ressuscité des morts, c'est qu'on en parle encore de nos jours

- Que les Beatles ont révolutionné la musique 

- Que la foule qui a assisté à l'inauguration de la présidence de Donald Trump fut la plus grande de tous les temps

Jusqu'à («Tenez-vous bien», comme dit Paul) :

- Que c'est en lisant les tweets de Trump, qu'on apprend vraiment ce qui se passe aux États-Unis...

Mais ce n'est pas tout :

Je me suis quasiment fait cracher au visage lorsque j'ai dit, à un moment donné, que la française langue et même l'anglaise ne seraient plus parlées  dans cinq cents ans. Cracher au visage ? Remarquez que c'est moins pire que ce qui me serait arrivé il y a mille ans (en l'an 1028) si j'avais dit que le latin ne serait plus non seulement parlé, mais écrit, mille ans plus tard (sauf par quelques spécialistes) : on m'aurait brûlé vif, surtout si j'avais indiqué que la langue prépondérante au début de notre siècle serait issue d'un dialecte saxo-néerlandais (*) parlé sur une toute petite île au nord de la France où il fut presque interdit pendant plus de trois cents ans, mais qui allait donner naissance au saxo-anglais, puis au moyen-anglais et, finalement à l'anglais tel que parlé parlent aujourd'hui par plus de mille millions de personnes à travers le monde. Surtout si j'avais avancé que le français allait être implanté sur cette petite île par un certain Normand du nom de Guillaume...

 
Guillaume
Duc de Normandie
Roi d'Angleterre

Simon

(*) «A guttural, tribal dialect spoken by an isolated group of people based in a small area south of today's London» (Michael Cronin) - BBC History of the English Language - 2002.

***

Stars Wars

Je n'ai vu, des Star Wars, qu'un seul épisode, le premier, celui avec Harrison Ford, Carrie Fisher et un bonhomme sorti des films Hammer des années cinquante, Peter Cushing. C'était en '77. Il y aura bientôt 40 ans. - On m'a appris depuis, que, chronologiquement, c'était le troisième. - Allez comprendre quelque chose quand il s'agit du cinéma. - Et quand je dis "vu", je ne sais pas si j'ai "vu" le film en entier. Je ne me souviens que de la scène où des jets supersoniques se promènent dans des dédales aux parois menaçantes, - "Tiens, que je m'étais dit, 'Sont rendus à l'info. Y'était temps..." - Alors, si vous voulez me parler de Star Wars VII (ou serait-ce VIII ?), je ne suis pas au courant. - Je ne connais pas, non plus, puisque j'en suis là, Harry Potter, The Lord of the Ring et autres séries du même genre dont j'ignore jusqu'aux  moindres détails.

Je connais cependant des ados et même plusieurs adultes qui ne jurent que par ces séries (plus Star Trek, Bourne et The Transporter) et qui peuvent vous en citer des passages entiers. Les mêmes qui me disent régulièrement qu'il faut absolument que j'aille voir tel ou tel film.

Ma dernière expérience cinématographique ? Dunkirk de Christopher Nolan que je suis allé voir en salle parce qu'on m'a dit que... et que... - Impressionnant, oui, et à voir sur grand écran si possible sauf que j'ai retenu une chose : les commentaires des dix, douze vétérans qui étaient là au moment où ça s'est passé et qu'on a invités à la première : «Oui, ça s'est passé exactement comme on peut le voir dans ce film, mais il nous semble que c'était moins bruyant...»  - Peut-être que la première a eu lieu dans un cinéma pour mal-entendants. Enfin, c'est ce qui semble m'être arrivé. - Suis sorti avec des bourdonnements dans les oreilles. - Ne suis donc pas allé voir le dernier Blade Runner.

Je n'ai pas de téléviseur et conséquemment pas de cinéma-maison. Quand je regarde un film, c'est généralement sur un des écrans de mon ordinateur ou sur ma tablette car, à ce propos, j'ai la même idée que Paul a sur les enregistrements  [sonores] : ce ne sont que des aide-mémoire ; des sons et des images qu'il faut reconstituer à l'intérieur de son cerveau. - Il a raison quand il dit que vouloir reproduire dans nos appartements le son d'un orchestre symphonique peut nous attirer des ennuis non seulement de la part de nos voisins immédiats, mais de tout un quartier. Alors vous pensez pour les films...

Et puis à quoi peut bien servir un écran de type pan de mur pour regarder Louis Jouvet dans Quai des Orfèvres ? Joseph Cotten dans The Third Man ou Orson Welles dans A Touch of Evil ?- D'autant plus que je m'inquiéterais sérieusement de voir des hélicoptères du film Apocalypse Now circuler, ne serait-ce qu'au niveau sonore, au plafond de mon appartement. - Mon chat en serait traumatisé, lui qui ne sait plus où donner de la tête quand je mets le lave-vaisselle en marche. 

Combien de films ai-je vus ? - Je ne sais pas. Entre trois et quatre mille. Peut-être même cinq. Facile à calculer : mettez qu'un seul film par semaine (avec la télé, rien de moins) pendant, mettons quarante ans. Ça fait déjà plus de deux mille. Et dans mon cas, vous pouvez facilement doubler ce nombre parce que c'est tout ce que je regarde à la télé. Depuis des années. - Films et commentaires combinés.

Ce qui me ramène aux jeunes du début (et à une gonzesse de vingt, vingt-cinq ans qui était critique de cinéma à la télé il y a quelques années). - Dix séries de dix épisodes, tous les films d'action des derniers cinq ans (Schwaznegger et cie), ça fait quoi ? Deux cents, trois cents films ? - Et tous du même genre. - Et ça se permet de me suggérer - à MOI ! - d'aller voir le dernier Star Wars ?

Y'a pire : les amateurs de cinéma d'auteurs, les ceusses qui ne jurent que par les films d'un obscur réalisateur roumain qui ne pond que des chefs-d'oeuvre ou les longs métrages français dans lesquels, invariablement, y'a une scène particulièrement remarquable autour d'un repas en famille.

P.S. : La Gonzesse ? Était allée voir Oualkyrie (sic) - avec Tom Cruise - qu'elle avait trouvé «formidable»...

Simon

 

      Herméningilde Pérec


2018

J'avais soixante-dix ou douze ans quand mon médecin, un homme d'une patience et d'une politesse admirables, me dit que c'est aux alentours de quatre-vingts ans que les êtres humains se mettaient tous, invariablement, à décliner rapidement. «Et physiquement et mentalement» m'a-t-il dit. Et puis il renchéri en ajoutant : «Mais avec la santé que vous avez, vous pouvez compter encore sur un bon dix et même quinze ans.» - Sur le coup, cela ne m'avait pas choqué du tout, même que je me disais que, déjà, m'être rendu rendu à l'âge où j'étais, je devais me compter chanceux. 

Hélas, depuis une semaine, de ces quinze années qu'il m'a promises, ne m'en reste qu'une ou peut-être deux et, ayant de plus en plus de difficulté à me lever le matin (j'allais écrire «bondir hors du lit» ! - Ce qu'on reste jeune tout de même), je ne fais que, comme le bon roi Lear, constater que je suis définitivement en phase déclinante.

Oh, ne comptez pas sur moi, aujourd'hui, de vous décrire mes maux en tous genres. Ce serait trop long et qu'une répétition de ce que j'entends à la ronde de ceux des gens de ma génération.

«Laurent, apportez-moi ma chaise.»

Herméningilde Pérec

 

       Copernique Marshall

2018

Mon plus vieux, Albert, 26 ans, termine ses études en histoire et voudrait devenir archéologue. Ma plus vieille, Marie, 24 ans, est mariée depuis deux ans et est mère d'un adorable petit Adrien qui vient d'avoir une an. Léon, mon deuxième fils, 23 ans, travaille à Montréal dans une boîte informatique spécialisée dans les bases de données et Mycroft, mon plus jeune, à 15 ans, vit depuis deux ans, déjà, chez sa tante, du côté maternelle, Ursula, à Paris ;  où il fait ses études dans un lycée... anglais.

Mycroft était parmi nous cette année, à Noël, surpris de se voir oncle à son âge, mais pas aussi étonné que le chat, King James, qui voyait un petit enfant pour la première fois et qui ne comprenait pas qu'un éventuel serviteur puisse n'être qu'à peine plus grand que lui.

En fait, ils étaient tous là : Albert et son ami, Michel ; Marie et son époux, Charles-Henri ; Léon et sa petite amie, Samantha ; Mycroft, dont les accents, car il en a plusieurs - tout dépend de ce qu'il dit -,  varient entre un Queen's British, un Français détestable et un Franco-Anglais québécois tout-à-fait unique ; et leurs amis et amies plus quelques voisins et leurs enfants ; mon oncle, ma tante, mes cousins, cousines et mon père et ma mère, naturellement.

Ça a donné une série de rencontres, de repas en famille, de visites et de contre-visites au cours desquels chacun a eu le droit de se trouver au mauvais endroit car, qu'on le veuille ou non, nous nous posons souvent la question à savoir si nous sommes nés au bon moment et dans la bonne famille.

Personnellement, sportif comme je l'étais (quand j'étais jeune !), les livres omniprésents dans toutes les pièces de la maison, les livres qui tapissaient jusqu'au plafond les murs du bureau de mon père n'étaient que des ramasse-poussière ; et quand je le voyais grimper dans son échelle pour aller en cueillir un dans un endroit  dont la hauteur dépassait celles des nuages, je me demandais s'il n'était pas un peu toqué. Car c'est ainsi, jusqu'à ce que je lise mon premier vrai livre, que j'ai jugé mon père. Et cela a duré longtemps. - Alors, vous pouvez vous imaginez ce que j'ai pu penser quand j'ai appris que j'étais l'arrière-petit-fils du «Grand» Marshall...

J'imagine que notre famille, ma famille, toutes les familles finissent par se ressembler. Avec un ou deux enfants de plus, qund ce n'est pas plusieurs,  et un nombre plus ou moins variable de tantes d'oncles, de cousins et de cousines dont certains sont si éloignés qu'on en arrive à se demander s'ils existent en dehors de quelques jours par an. - Mêmes souvenirs, mêmes expériences, même histoire. Sauf que :

Il m'est arrivé souvent de me demander pourquoi, dans certaines d'entre-elles, lorsque ses membres un peu éparpillés se réunissaient, il était toujours question des bons moments passés ensemble, jamais des mauvais. Comme si l'enfance de tous et chacun s'était déroulée dans un temps où le malheur n'avait jamais effleuré de ses ailes noires le moindre instant d'une période idyllique qu'il avait fallu, hélas, abandonner pour se retrouver face à la vie, la vraie vie, celle où les événements ne seraient plus ceux que l'on a prévus.

C'est à une chose à laquelle  j'ai pensé deux jours après le départ vers Paris du «petit» Mycroft (qui nous dépasse tous en hauteur !) et que, tristement, je ne reverrai pas avant, probablement, quelques mois.  - À une famille en particulier, que j'ai connue il y a plusieurs années ; dont le père fut accusé maintes fois d'avoir physiquement abusé de la mère et qui fut même condamné pour inceste ; dont deux des enfants, des frères, étaient alcooliques ; dont la fille aînée n'avait jamais pu vivre plus que quelques mois avec ses nombreux fiancés et dont la plus jeune se relevait constamment de cures de désyntox. - Ensemble, durant le temps des fêtes, il suffisait à l'un de mentionner un fait banal qui s'était déroulé plusieurs années auparavant et tous, l'un après l'autre, en arrivaient à s'en rappeler, mais en plus beau : le repas qu'on avait servi cette journée-là avait été extraordinaire ; et il faisait beau : un de ces jours qu'on n'a jamais revu depuis ; et les présents que l'oncle Alfred avait apportés, magnifiques ; et la robe de S*** qui était si belle ; et la fois, si drôle, où la tante D*** avait renversé le gâteau.. etc., etc.

Quand je pense à mon enfance, il m'arrive souvent de croire qu'elle fut malheureuse

Tout compte fait, plus je pense aux épisodes que je ne voudrais pas revivre de ma jeunesse, plus je comprends qu'elle a été heureuse. Mon père était un dieu, ma mère une fée.

Bonne année à tous !

Copernique

 

       Jeff Bollinger


2018

Je n'ai jamais, mais JAMAIS, compris quoique ce soit à ce calendrier qui fait que l'année débute quelque part dans la translation autour du soleil un certain jour qu'on appelle le Jour de l'An. Paraît que ça a quelque chose à voir avec un certain pape appelé Grégoire qui a décidé que les calendriers d'alors étaient seize, dix-sept ou dix-huit jours en avance ou en retard sur le VRAI calendrier et que toutes les nations devaient se conformer à son édit c'est-à-dire à celui qu'un Dieu tout puissant lui avait dicté dans un rêve mystique pour remettre de l'ordre dans le monde. - Résultat : des milliers de gens forcés de déclarer faillite parce que les dates de leurs paiements ou de leurs entrées n'étaient plus celles qu'ils avaient prévues et puis... y'a pas eu l'armée russe qui, parce que n'ayant pas adopté ce nouveau dictat du pape (car c'en était un), est arrivée en retard à la bataille d'Austerlitz ?

Imaginez-vous demain qu'il faille tout recommencer, sous l'avis du... tiens : Dalai Lama, de Trump, du sheik Mohammed-quelque-chose ou de Bill Gates. - Et nous voilà pris pour célébrer à nouveau l'anniversaire de quinze à vingt de nos amis ou que quinze à vingt autres n'en aient point, l'année où ça arrivera.


15 octobre 1582
Naissance du calendrier grégorien

Et puis pourquoi le premier janvier, une semaine après la naissance de Jésus-Christ qui, en plus, selon ce que l'on sait aujourd'hui, serait né quatre ans avant lui-même ? Pourquoi pas rapporter le tout à sa résurrection ? - C'est vrai que la fête de Pâques ne tombe jamais à la même date...

À la Révolution, on a voulu tout changer : les jours fériés, le nombre de jours par semaine, par mois, jusqu'au nom des mois, mais ça n'a pas duré longtemps : du dix-sept brumaire, on est repassé au 33 décembre moins deux jours - Je ne me souviens plus de ce qu'on faisait, dans ce calendrier-là des années bissextiles...

Ma plus petite, J***, quel âge aura-t-elle cette année ? - Ce ne serait pas sans importance, par hasard ?

M'enfin : ça nous donne une excuse pour oublier le jour de son mariage, l'anniversaire de sa conjointe et la date exacte à laquelle il faut chausser sa voiture de pneus d'hiver et polluer l'atmosphère avec la destruction de ses d'ores et déjà désuets pneus quatre-saisons.

Jeff

(Écrit le surlendemain de Noël sur une table où les factures avaient atteint une hauteur grégorienne.)

 

2018

Non, mais y'a-t-y kek'chose de plus bête que trois, quatre gars, accotés dans un bar, qui boivent de la bière et qui nous regardent, nous autres, trois, quatre filles assises ensemble avec nos cocktails en train de célébrer la fête de l'une d'entre-nous, que ce soit deux semaines avant ou deux semaines après Noël ? - S'imaginent que, parce qu'ils portent un complet (parfois un chandail qui ne leur va pas du tout) qu'à force de nous regarder, y'en au moins une qui va aller baiser avec l'un d'entre eux. Le soir même.

Y'a pire : la moins jeune dans la table d'à côté, qui, avec sa p'tite jupe courte et ses seins qui débordent de son chemisier convaincue qu'il y en un d'entre eux qui, éventuellement, l'amènera en croisière autour du monde et lui offrira tout ce qu'elle a toujours désiré, y compris une villa et un avenir assuré.

Est-ce que les rituels de la séduction se sont toujours passés comme ça ?

De grands séducteurs, oui, j'en ai connus. J'en aime encore un. Et je l'ai pas trouvé accoté dans un bar avec ses chums. - Il fut plutôt discret, poli, gentil et, bout de bon dieu, qu'il avait de belles mains !  - Je me souviens lui avoir raconté ma vie, mon enfance, mon premier amour et puis, au beau milieu d'une phrase, je me suis étouffé. Une bouffée de honte m'était remontée dans la gorge. - Il m'aurait pris dans ses bras, m'aurait amené dans le pire taudis de la ville, je l'aurais suivi. - Étais-il beau ? Non. Grand ? Non. Avait-il de belles dents ? Non plus. - Mais il avait, en plus de ses mains magnifiques, un de ces regards...

Il n'avait qu'à lever les yeux et j'étais perdue.

Il était marié et ça s'est passé en trois minutes il y a mille ans.

Georges

 

        Fawzi Malhasti


2018

Bonne année à tous et à toutes et pour débuter la présente, quelques vers d'une poétesse aujourd'hui presque oublié, Louise-Victorine Ackermann  (1813-1890), souvent appelé tout simplement Madame Ackermann :

L'amour et la mort (IIIe partie)

Éternité de l'homme, illusion ! chimère !
Mensonge de l'amour et de l'orgueil humain !
Il n'a point eu d'hier, ce fantôme éphémère,
Il lui faut un demain !

Pour cet éclair de vie et pour cette étincelle 
Qui brûle une minute en vos coeurs étonnés, 
Vous oubliez soudain la fange maternelle 
Et vos destins bornés.

Vous échapperiez donc, ô rêveurs téméraires 
Seuls au Pouvoir fatal qui détruit en créant ? 
Quittez un tel espoir ; tous les limons sont frères 
En face du néant.

Vous dites à la Nuit qui passe dans ses voiles :
" J'aime, et j'espère voir expirer tes flambeaux.
La Nuit ne répond rien, mais demain ses étoiles 
Luiront sur vos tombeaux.

Vous croyez que l'amour dont l'âpre feu vous presse
A réservé pour vous sa flamme et ses rayons ;
La fleur que vous brisez soupire avec ivresse :
"Nous aussi nous aimons !"

Heureux, vous aspirez la grande âme invisible
Qui remplit tout, les bois, les champs de ses ardeurs ;
La Nature sourit, mais elle est insensible :
Que lui font vos bonheurs ?

Elle n'a qu'un désir, la marâtre immortelle,
C'est d'enfanter toujours, sans fin, sans trêve, encor. 
Mère avide, elle a pris l'éternité pour elle,
Et vous laisse la mort.

Toute sa prévoyance est pour ce qui va naître ; 
Le reste est confondu dans un suprême oubli. 
Vous, vous avez aimé, vous pouvez disparaître :
Son voeu s'est accompli.

Quand un souffle d'amour traverse vos poitrines, 
Sur des flots de bonheur vous tenant suspendus, 
Aux pieds de la Beauté lorsque des mains divines 
Vous jettent éperdus ;

Quand, pressant sur ce coeur qui va bientôt s'éteindre 
Un autre objet souffrant, forme vaine ici-bas, 
Il vous semble, mortels, que vous allez étreindre 
L'Infini dans vos bras ;

Ces délires sacrés, ces désirs sans mesure
Déchaînés dans vos flancs comme d'ardents essaims, 
Ces transports, c'est déjà l'Humanité future 
Qui s'agite en vos seins.

Elle se dissoudra, cette argile légère
Qu'ont émue un instant la joie et la douleur ; 
Les vents vont disperser cette noble poussière 
Qui fut jadis un coeur.

Mais d'autres coeurs naîtront qui renoueront la trame 
De vos espoirs brisés, de vos amours éteints,
Perpétuant vos pleurs, vos rêves, votre flamme,
Dans les âges lointains.

Tous les êtres, formant une chaîne éternelle,
Se passent, en courant, le flambeau de l'amour. 
Chacun rapidement prend la torche immortelle 
Et la rend à son tour.

Aveuglés par l'éclat de sa lumière errante,
Vous jurez, dans la nuit où le sort vous plongea, 
De la tenir toujours : à votre main mourante 
Elle échappe déjà.

Du moins vous aurez vu luire un éclair sublime ; 
Il aura sillonné votre vie un moment ;
En tombant vous pourrez emporter dans l'abîme 
Votre éblouissement.

Et quand il régnerait au fond du ciel paisible
Un être sans pitié qui contemplât souffrir,
Si son oeil éternel considère, impassible,
Le naître et le mourir,

Sur le bord de la tombe, et sous ce regard même,
Qu'un mouvement d'amour soit encor votre adieu !
Oui, faites voir combien l'homme est grand lorsqu'il aime,
Et pardonnez à Dieu !


Louise-Victorine Ackermann

Fawzi

 

         De notre disc jockey - Paul Dubé


2018

C'est à la mi-décembre, entre mon anniversaire et le début de janvier que je me pose le plus souvent des questions sur la quantité de livres, de disques et de films que j'ai accumulés au fil des ans et ce qui va leur arriver lorsque, comme disait Brassens, «mon âme et mon corps ne seront plus d'accord».(*)

(*) Supplique pour être enterré sur la plage de Sète, cité par Madame Malhasti le mois dernier.

J'y pensais justement avant-hier quand, à la recherche d'un livre de Jean d'Ormeson pour une amie, dans le fouillis qu'est ma bibliothèque, je me suis rappelé un mot de Maurice Maeterlinck cité sur la pochette d'un disque de sonates de Scarletti datant des années cinquante :

«Quelle merveille qu'est un disque sur lequel on a enregistré une pièce de piano jouée par quelqu'un qu'on pourra encore écouter dans cents ans et qu'un petit enfant de cinq ans peut tenir dans ses mains...»

(Je cite de mémoire.)

Mort en 1949, Maerterlinck n'a pas connu l'informatique où sur une clé USB l'on peut de nos jours enregistrer douze versions des quatuors à cordes de Beethoven, plusieurs volumes qu'on a écrits sur sa vie et probablement cinq à six versions de son concerto numéro cinq pour piano et orchestre... filmés ! (*)

(*) Jeff m'informe que mille (1000 !) disques compacts peuvent être enregistrés en format MP3  sur une clé de 64 gigaoctets... avec une copie digitalisée de tous les livrets qu'ils contiennent..

Tout cela pour dire que je ne sais pas combien d'enregistrements j'ai accumulés sous différents formats depuis l'âge de quinze ou seize ans ; enregistrements que je n'écoute guère autrement que sous la forme mp3, soit directement de mon ordinateur (mes ordinateurs car j'en possède plusieurs dont un qui a au moins dix ans et que j»'ai transformé en juke-box), de ma tablette, ou encore sous la forme d'un CD ou d'une clé USB dans mon auto. - Tout ce que je sais, c'est que c'est énorme. 117 gigaoctets de musique dite «classique», 70 de chansons françaises, 53 de jazz, 23 de musique pop anglaise ou américaine, etc.

Et quand viens Noël, je suis un peu pris au dépourvu car mis à part quelques cantiques, l'Oratorio de Bach et la Messe de minuit de Charpentier, je n'ai que quelques chansons enregistrées par divers interprètes qui ont été - je l'espère - forcés, d'enregistrer leur disque du Temps des fêtes pour leurs fans. Vous les connaissez : «Petit Papa Noël, Il est né le divin enfant, Les anges dans nos campagnes, Mon beau sapin...» et surtout l'abominable «Rudolph, le petit renne au nez rouge».

À ce propos, Richard Dawkins, le plus célèbre athée au monde, rétorquait à quelqu'un qui, au cours d'un débat, avait avancé que sans la religion, nous n'aurions pas connu la Chapelle Sixtine, la Pieta de Michel-Ange, les Passions de Bach... que, de tous les temps, les peintres, les sculpteurs, les compositeurs devaient et doivent toujours s'alimenter et qu'ils le font là où se trouve l'argent et, longtemps, cet argent ne se trouvait qu'à la cour et dans les églises. «Nous ne saurons jamais, disait-il, ce qu'aurait pu être la Salle des travailleurs de Michel-Ange ou l'Hymne au prolétariat d'Haydn...»

Hélas, non. Alors qu'est-ce que j'écoute, le 25 décembre depuis des années ? Deux débuts. Celui de la Messe de minuit de Charpentier et celui de l'Oratorio de Noël de Jean-Sebastien Bach. - Dix, douze minutes et ça suffit.

Cliquez sur la note : Second pour le début de la Messe de minuit de Charpentier.

***

1) pour nos suggestions et enregistrements précédents, cliquez ICI.

2) pour nos émissions de radio (sur la chanson française), cliquez ICI.

paul

Book Review - Lectures


2018

Existe un petit film d'environ cinq minutes tourné au début des années vingt dont on ignore aujourd'hui jusqu'au nom du réalisateur et qui débute par un énoncé assez particulier («carton») à savoir que, étant donné que la dernière Grande Guerre a été la guerre qui a mit fin à toutes les guerres, le XXe siècle allait être celui du progrès et de l'avancement spectaculaire de l'humanité. On y voit des images de villes surréalistes aux larges boulevards où circulent à une vitesse constante des véhicules en nombre incalculable et au-dessus desquels s'entrecroisent des monorails et des aéronefs en tous genres, mais on y annonce surtout un avion qui pourrait éventuellement transporter près de 500 passagers entre New York et Londres en une seule journée (mais attention hein : un appareil à plusieurs niveaux avec cinéma, bibliothèque, bars et restaurants).

En 1925, un an après sa mort, était publié à Prague Der Proceß (Le procès) de Franz Kafka qui nous donna, de l'avenir, un aperçu beaucoup moins idyllique avec une énorme bureaucratie, des dirigeants omnipotents et une organisation sociale inquiétante. George Orwell renchérit sur ce monde tout de suite après la guerre de 1939-1945 avec on son Nineteen Ninety Four (1984) auquel on peut ajouter dans le même sens, ou presque, mais facilement le Do Androids Dream of Électric Sheep ? de Philip Kindred Dick (1968), le roman qui a donné naissance au Blade Runner de Ridley Scott) (1982).

À ces romans (ou les films qu'on en a tirés, notamment Le procès d'Orson Welles - 1962),  certains d'entre-vous, j'en suis sûr, ajouteraient volontiers le 2001 : A Space Odyssey de Stanley Kubrick (sur un scénario d'Arthur C. Clarke - 1968), mais comme j'ai toujours trouvé ce «chef-d'oeuvre» (notez les guillemets) d'un ennui prodigieux et largement nombriliste, je vais me permettre ici de lui substituer, pour les fins de cette chronique, The Third Man de Carol Reed (1949) qu'aurait volontiers utilisés les décors Jean-Luc Goddard au lieu de ceux dont il a dû se contenter pour son Alphaville en 1965.


Alphaville

Beaucoup d'auteurs, beaucoup de réalisateurs, beaucoup de titres, j'en conviens, mais tous ces romans et tous ces films que j'ai lus, relus, vus et revus avec grande joie, ont un lien commun auquel je pense à chaque fois qu'on passe d'une année à l'autre :  celui de ce que l'avenir nous réserve.


1984

Un blogguiste du nom de Garson O'Toole a fait des recherches sur l'origine de la citation qui suit et il n'a pu trouver mieux que de l'attribuer à : Yogi Berra, Samuel Goldwyn, Niels Bohr, Robert Storm Peterson, Oscar Wilde et Mark Twain :

«Il est très difficile de faire des prédictions surtout en ce qui concerne l'avenir.»

(Ce qui prouve, soit dit en passant, qu'il est également difficile de se retrouver dans le passé.)

Chose certaine, à l'exclusion de The Third Man dont le film a été tourné durant la même période où son action se déroule, tous les auteurs et réalisateurs cités ci-dessus ont fait fausse route car leurs visions  de ce à quoi allaient ressembler les années 1984, 1990 et même le début du siècle dans lequel nous vivons. - De quoi se demander si les prédictions des futurologues contemporains peuvent être considérées tout aussi exactes..

Y'a quand même des signes qui ne mentent pas.


Blade Runner

Personne n'aurait pu prévoir que les pourparlers de paix au Moyen-Orient entre la nation d'Israël et la Palestine allaient, en 1948, durer si longtemps. Ils en seront à leur  soixante-neuvième anniversaire cette année. Par contre, avec la décision de Trump de déménager l'ambassade des États-Unis à Jérusalem, il est facile de s'imaginer qu'ils ne seront pas réglés avant encore un bon bout de temps.

Le réchauffement de la planète, autre exemple. Non pas «la vaste majorité», mais tous les spécialistes dans les domaines de l'océanographie, de la météorologie et de l'atmosphèrologie (?) prédisent depuis des années que l'accélération de ce phénomène climatique se manifeste de plus en plus et que son origine est l'activité humaine. - Reste à y faire face, ne serait-ce qu'au cas où, mais combien de gens n'y croient toujours pas ? - Tiens Trump, encore. Décidément...

Personnellement, je me demande ce qui arrivera aux pays producteurs de pétrole lorsque leurs ressources seront épuisées. La plupart de ces pays n'ont aucune industrie manufacturière, peu ou pas d'agriculture et leur population est tenue dans une ignorance qui ressemble étrangement à celle qu'ont connus les pays civilisés au Moyen-Âge...


The Third Man

Et l'on craint l'impact qu'aura l'Intelligence Artificielle (IA) sur l'humanité. je suppose qu'on tient absolument à demeurer au sein de notre Ignorance Naturelle (IN)...

Et y'a d'autres signes avant-coureur : 

- le recyclage, au cas où vous n'auriez pas lu les plus récentes études, s'avère être une faillite économique et énergétique monumentale

- l'endettement per capita de certains pays et l'endettement de ces mêmes pays qui nous laissent présager une faillite éventuelle

- la démocratie, à cause des coûts monstrueux des élections, est en passe de devenir une affaire de riches et se dirige lentement vers l'oligarchie

- avec l'espérance de vie qui augmente d'année en année, grâce à une meilleure nutrition, la médecine, les conditions de vie, etc., est-il normal de se demander si les jeunes d'aujourd'hui pourront en une trentaine d'années mettre suffisamment d'argent de côté pour en vivre une trentaine d'autres ?

Oh, je sais que vous vous posez également d'autres questions du même genre.

À vous de prédire votre avenir. La mienne sera plus courte, ayant il y a longtemps déjà dépassé le demi-siècle. Mais je pense, en écrivant cela que si vous m'aviez demandé lorsque j'avais vingt ans de prédire ce que j'allais devenir à l'âge où je suis rendu (et même à trente et à quarante ans), ce n'est pas un doigt que je me serais mis dans l'oeil, mais un bras jusqu'au coude.

Simon

P.-S. : La photo du Monsieur ci-dessus ? - Elle est du comédien Peter Cushing, un homme qui à la ville était d'un charme inégalé. De quoi se demander d'où, au théâtre, il pouvait tirer un tel regard.

***

Les Mémoires de Saint-Simon
(Souvenirs et mise à jour)

Il y a plus de quarante ans que je me suis attaqué pour la première fois aux Mémoires de Saint-Simon. - Pour les puristes, le mot «Attaqué» est juste : quand on entreprend la lecture d'un document de plus de sept mille pages, on ne le fait pas en douceur. - Cette lecture je la fis dans l'édition de Gonzague Truc de 1953 (La Pléiade) et ce, vers le milieu des années soixante-dix. Ayant lu le premier (de huit volumes), je n'ai pu, par la suite continuer, étant incapable de retrouver les sept autres, l'édition étant, depuis longtemps, bien avant que j'ai eu trouvé mon unique exemplaire, épuisée. - Trois, quatre ans s'écoulèrent au cours desquels je me contentai de lire des extraits de ce monument littéraire dans des éditions diverses dont le Saint-Simon par lui-même dans la collection «Écrivains de Toujours» (Seuil - 1957) puis,  j'appris que Les Éditions Ramsay en avaient repris la publication deux ou trois ans auparavant, en avril 1977 précédée de la note suivante :

Rendre les «Mémoires» du duc de Saint-Simon accessibles au plus grand nombre était devenu une nécessité. Faut-il rappeler que, dès leur parution, ils connurent la gloire ? Ils sont aujourd'hui pratiquement introuvables. Références obligées des plus grands écrivains, archive vivante d'une certaine France, les écrits de Saint-Simon ne pouvaient être infiniment réservés à un cercle de privilégiés. Cette collection, dont voici le premier volume, permettra, nous l'espérons, à tous et à chacun de puiser avec plaisir aux sources de la littérature et de l'histoire françaises...

Cette édition allait en compter, de ces volumes, dix-huit. Le deuxième parut en effet six mois plus tard avec une autre notice :

En publiant au mois d'avril dernier, le premier volume des «Mémoires» du duc de Saint-Simon, nous faisions un pari : ouvrir l'oeuvre du célèbre mémorialiste à un large public, le sortir du monument de respect sous lequel il s'étiolait pour le seul plaisir de quelques «lettrés». Si nous avions perdu notre pari, ce volume serait resté unique, nos moyens ne nous permettant pas pas encore de jouer les mécènes

Mais notre intuition ne nous a pas trahie, au contraire. L'essai est plus que concluant.

Pour satisfaire à notre plaisir, et répondre à votre désir, nous nous «lançons» donc dans la publication des Mémoires intégraux du Duc de Saint-Simon, et cela au rythme de 10 volumes par an.

Comme le premier, chaque volume sera présenté par un grand écrivain contemporain : Philippe Erlanger, Jacques de Lacretelle, le Duc de Castries, Jean-Louis Curtis, etc..., qui tous, chacun à sa manière, avec sa sensibilité propre, rendront aussi hommage à celui que Proust, Montherlant et tant d'autres considéraient comme le plus grand d'entre eux.

Au moment où je lus ce qui précède, tous les volumes avaient été publiés et, malgré leur coût total (plus de $300 de l'époque), je me les ai procurés immédiatement. C'était au début des années quatre-vingt et recommençai dès lors à lire celui qu'on disait le plus grand mémorialiste de tous les temps. Je ne l'ai jamais regretté.

Je vous dit ça, aujourd'hui, parce, cherchant il n'y a pas longtemps autre chose dans la collection Kindle (livre électronique), j'appris qu'on pouvait se procurer ces Mémoires pour la modique somme de 4,99$. Devinez ce que j'ai fait. - (Pour encore moins, c'est-à-dire gratuitement, j'aurai pu utiliser la version pdf chez Gallica, mais l'ayant déjà consulté, son formatage m'a paru impraticable sauf pour y faire des recherches.)

Bon, d'accord, il manque à cette édition l'appareil critique de la seconde édition de la Pléiade (670$) et les préfaces de l'édition Ramsay (aujourd'hui épuisée), mais on t trouvera des préfaces intéressantes :

Tome, année de publication, années des contenus et présentateurs :

Tome  1 (1977)  - 1691-1694 - François-Régis Bastide (*)  
Tome  2 (1977)  - 1695-1699 - Philippe Erlanger
Tome  3  (1977) - 1699-1702 - Le Duc de Castries
Tome  4  (1977) - 1702-1705 - Jean-Louis Curtis
Tome  5  (1978) - 1705-1707 - Jacques de Lacretelle
Tome  6  (1978) - 1707-1709 - Sainte-Beuve
Tome  7  (1978) - 1709-1710 - E. Le Roy Ladurie
Tome  8  (1978) - 1710-1711 - Hippolyte Taine
Tome  9  (1978) - 1711-1713 - Didier Martin 
Tome 10 (1978) - 1713-1714 - Barbey d'Aurevilly
Tome 11 (1978) - 1714-1715 - André Maurois
Tome 12 (1978) - 1714-1716 - H. de Montherlant
Tome 13 (1978) - 1717-1718 - Le Duc de Lévis-Mirepoix
Tome 14 (1978) - 1718-1718 -  René Girard
Tome 15 (1979) - 1718-1720 - Erik Orsenna
Tome 16 (1979) - 1720-1721 - J. C. L. de Sismondi
Tome 17 (1979) - 1721-1723 - Philippe Sollers
Tome 18 (1979) - Table alphabétique générale des Mémoires

(*) François-Régis Bastide est l'auteur de Saint-Simon par lui-même - «Écrivains de toujours», no. 15 - Aux Éditions du seuil, 1953

En Kindle, bien sûr, on ne peux pas en faire l'étalage dans sa bibliothèque afin d'épater ceux s'y aventure, mais quel plaisir de pouvoir tenir dans sa main tout Saint-Simon, de l'annoter, de mettre des repères, d'y faire des recherches et le glisser dans sa poche, avec une cinquantaine d'autres volumes ou fichiers dont tout Proust, tout Molière, tout Racine, tout Shakespeare, tout Sherlock Holmes (oui, j'aime Sherlock Holmes), etc.,  y compris un dictionnaire et un accès en tout temps à Google pour savoir qui est ce comte de Mesdeux, un des milliers de personnages dont parle Saint-Simon.

J'en suis au tiers du premier volume et compte, à raison de 20, 25 pages par jour avoir relu tout Saint-Simon d'ici la fin de l'an.

En attendant, un mot sur :

Les éditions des Mémoires de Saint-Simon :

Deux «pré-éditions» des Mémoires de Saint-Simon parurent avant celle que l'on considère la «première» :

- une partielle, à Londres, en 1788 (2 volumes)

- une deuxième préparée par F. Laurent, dite «dans un meilleur ordre», à Paris, en 1818

La première édition «complète»  fut publiée à partir du manuscrit original, à Paris, en 1829-1830, mais sa réimpression fut interrompue en 1835 à cause de divers procès trop longs à expliquer ici.

Une véritable deuxième réimpression paru en 1840-1841 et une troisième en 1853.

Une deuxième édition revue et corrigée par Ed. Chézuel, (précédée d'une préface de Sainte-Beuve) fut publiée en 20 volumes, chez Hachette en 1856-1858. - C'est la version qu'on peut retrouver chez Gallica et qu'a également reprise Kindle.

Une troisième, d'après une nouvelle collation de Chéruel et d'Adolphe Régnier, parut, en 22 volumes, toujours chez Hachette, en 1873-1886.

Cette édition fut longtemps considérée comme définitive même après divers amendements, ajouts, etc. - notamment dans une collection dite «Les grands écrivains de la France» (A, de Boislisle) en 1879 (réimprimée en 1923).

Finalement, en 1953, la Pléiade confia à Gonzague Truc la révision complète des textes connus, à partir de l'édition de Chéruel et Adolphe Régnier en leur ajoutant des tableaux généalogiques, des notes, variantes, etc. - Ces tableaux, tandis que j'en parle, étaient joints au premier volume de la première édition de La Pléiade et se sont avérés très utiles lorsque j'ai lu Saint-Simon dans l'édition Ramsay. Ils sont, aujourd'hui - pensez-y : ils ont 64 ans ! - quelque peu défraîchis, mais je les ai glissés dans l'étui de mon lecteur.

Cette édition - je reviens à la première édition de La Pléiade - étant demeurée longtemps épuisée, la maison Ramsay entreprit, comme nous l'avons indiqué ci-dessus, de publier, toujours à partir du premier texte (de Chéruel) une version en 18 volumes précédée d'autant de préfaces (y compris celle de Sainte-Beuve). Son premier volume parut en 1977.

Note

Nous soulignons dans un de nos mini-essais sur Proust (le numéro 4) - mais cela s'avère particulièrement vrai en ce qui concerne Saint-Simon - que les différences entre les «grandes éditions» d'À la recherche du Temps perdu  sont relativement sans importance. - Tout est une question de choix, à savoir si l'on tient absolument à lire la toute dernière édition (revue, augmentée, corrigée, annotée, avec ou sans commentaires, etc.) ou si l'on se ne cherche qu'à saisir l'essentiel des écrits de ces deux grands écrivains.

Reste la question du format, in-9, in-10, in 12, le nombre de volumes (18 chez Ramsay, 8 dans la Pléiade) et, forcément, le prix.

À 4,99 $ en édition électronique pour l'édition revue et corrigée par Chézuel, (précédée de la préface de Sainte-Beuve) de 1856-58, est-il permis d'hésiter ?

À suivre !

   paul

L'extrait du mois


Lieder allemands

Parler chansons comiques et réceptions me rappelle un incident assez curieux dont j’ai été témoin. Comme il jette une vive lumière sur le fonctionnement intime de la nature humaine en général, il est bon, je pense, d’en faire état dans ces pages.

Nous étions à une soirée. Nous avions nos plus beaux habits, nous causions avec distinction, et nous étions tous très heureux tous, sauf deux étudiants revenus d’Allemagne, jeunes gens vulgaires, visiblement agités et mal à l’aise, comme s’ils trouvaient le temps long. En vérité, nous étions trop intelligents pour eux. Notre conversation brillante et raffinée tout comme nos goûts de gens du grand monde les dépassaient. Ils n’étaient pas à leur place parmi nous. Ils n’auraient jamais dû s’y trouver. Tout le monde s’accorda sur ce point, par la suite.

On joua des morceaux des vieux maîtres allemands. On discuta philosophie et morale. On flirta avec une dignité pleine de grâce. On fit même de l’humour d’une façon très chic.

Après le dîner, quelqu’un récita un poème français, que chacun déclara admirable. Une dame chanta en espagnol une ballade sentimentale, si pathétique qu’elle arracha des larmes à un ou deux d’entre nous.

Et puis ces deux jeunes gens se levèrent et nous demandèrent si nous avions jamais entendu Herr Glossenn Boschen (qui venait précisément d’arriver et se trouvait en bas, dans la salle à manger) chanter en allemand son grand air comique.

Nul d’entre nous ne l’avait entendu, autant qu’on s’en souvînt.

Les jeunes gens affirmèrent que c’était la chanson la plus drôle qui fût jamais écrite, et, si nous le voulions, ils demanderaient à Herr Glossenn Boschen, qu’ils connaissaient très bien, de nous l’interpréter. Cette chanson était si drôle, affirmèrent-ils, que la fois où Herr Glossenn Boschen l’avait chantée devant l’empereur d’Allemagne, ce dernier avait tant ri qu’on avait dû le mettre au lit pour le calmer.

Ils ajoutèrent que personne ne savait la mettre en valeur comme Herr Glossenn Boschen, car il arborait, de la première à la dernière parole, un air si grave, que c’était à croire qu’il chantait une tragédie. Parti pris qui, bien entendu, ne faisait que redoubler l’effet comique. Jamais, insistèrent-ils, il ne laissait deviner à ses intonations ou à ses gestes ce qui eût tout gâté qu’il s’agissait d’une chanson amusante. C’était précisément son air sérieux, voire pathétique, qui en faisait toute la drôlerie.

Nous répondîmes que cela nous amuserait beaucoup de l’entendre, et ils descendirent chercher Herr Glossenn Boschen.

Il devait aimer chanter cette chanson, car il arriva aussitôt et se mit au piano sans mot dire.

« Oh ! Vous allez rire ! » chuchotèrent les jeunes gens en traversant le salon pour aller prendre place derrière le dos du professeur.

Herr Glossenn Boschen s’accompagnait lui-même. Le prélude n’avait rien de comique. C’était un air plein d’âme et lugubre à vous donner le frisson ; mais nous nous murmurions l’un à l’autre que c’était la manière allemande, et nous nous apprêtions à nous amuser.

Je ne comprends pas l’allemand. Je l’ai appris à l’école, et, deux ans après la fin de mes études, je ne m’en rappelais plus un seul mot ; je n’ai jamais eu à m’en plaindre depuis. Toutefois, je ne tenais pas, dans cette noble assemblée, à laisser deviner mon ignorance, et il me vint une idée que je jugeai assez bonne. Je ne quittai pas des yeux les deux jeunes étudiants, et imitai leurs réactions. Quand ils gloussaient, je gloussais ; quand ils éclataient de rire, j’éclatais pareillement ; et de temps à autre, j’ajoutais un petit ricanement de mon cru, comme si je venais de capter un trait d’esprit qui avait échappé aux autres. Je me félicitais intérieurement de cette fine astuce.

Je remarquai, tandis que Herr Glossenn Boschen poursuivait, que je n’étais pas le seul à imiter les deux étudiants. Nombre d’invités tenaient leurs yeux fixés sur eux et gloussaient quand ils gloussaient, pouffaient quand ils pouffaient ; et, comme tous deux n’arrêtaient pas de glousser, de pouffer et d’éclater de rire, tout se passait à merveille.

Et pourtant, le professeur allemand n’avait pas l’air content. Au premier de nos rires, son visage exprima un grand étonnement, comme si le rire eût été la dernière chose à laquelle il se fût attendu. On trouva cela d’autant plus drôle que l’on savait que son sérieux imperturbable faisait partie du spectacle, et que, s’il avait eu la faiblesse de sourire à son propre comique, il aurait manqué assurément son effet. Comme on continuait de rire, sa surprise fit place à un air de contrariété et d’indignation, et il décocha des regards courroucés à toute l’assistance (excepté aux deux jeunes gens derrière lui, qu’il ne pouvait voir). Cela nous fit hurler de rire.

Ah ! C’était trop drôle ! Il nous ferait mourir ! Les paroles à elles seules, disions-nous, étaient déjà d’un comique à se tordre, mais cette gravité affectée en plus, non, vraiment, c’était trop !

Au dernier couplet, il se surpassa. Il promena autour de lui un tel regard de férocité concentrée que, si les deux jeunes gens ne nous avaient pas prévenus que c’était la manière allemande d’interpréter le comique, nous aurions eu quelque inquiétude ; et l’étrange mélopée prit des accents si déchirants que, n’eussions-nous pas su ce que nous savions, nous aurions sorti nos mouchoirs.

Il acheva au milieu d’un déchaînement d’hilarité. On n’avait jamais rien entendu de plus drôle, affirmait-on en se tapant sur les genoux. Nous trouvâmes étrange, après une démonstration aussi éclatante, que la rumeur populaire pût encore reprocher aux Allemands de manquer d’humour. Et nous demandâmes au Herr Professor pourquoi il ne faisait pas traduire sa chanson en anglais, afin que tous puissent la comprendre et en apprécier la grande portée comique.

Alors Herr Glossenn Boschen se leva, frémissant de colère. Il nous injuria en allemand (langue à mon avis singulièrement appropriée à cet usage), et il trépigna, brandit le poing et nous donna tous les noms d’oiseaux qu’il savait en anglais. Jamais de sa vie, rugissait-il, il n’avait reçu pareil affront.

Il nous apparut alors que sa chanson n’avait rien de comique. Elle parlait d’une jeune fille vivant dans les montagnes du Hartz, et qui avait donné sa vie pour sauver l’âme de son fiancé. À sa mort, celui-ci retrouvait l’âme sœur dans l’au-delà, mais, au dernier couplet, il la quittait pour convoler avec un autre esprit. Je me souviens mal des détails, mais l’histoire est assurément des plus tristes. Herr Boschen nous hurla qu’il l’avait chantée devant l’empereur d’Allemagne, et que celui-ci avait sangloté comme un petit enfant. Il nous dit encore que l’on tenait généralement ce poème pour l’un des plus tragiques et des plus émouvants de la littérature allemande.

La situation était embarrassante pour nous, très embarrassante. Il n’y avait rien à répondre. Nous cherchâmes du regard les deux jeunes criminels, mais ils avaient dû quitter la maison sur la pointe des pieds, dès la fin du morceau.

Nos réjouissances cessèrent là. Je n’ai jamais vu de soirée s’achever aussi discrètement, et avec si peu de cérémonie. On ne se dit même pas bonsoir. On descendit l’escalier l’un après l’autre, à pas furtifs, évitant les lumières. Chacun chuchotait aux domestiques de lui apporter manteau et chapeau, puis allait lui-même ouvrir la porte et s’éclipsait, tournant le coin de la rue au plus vite afin d’éviter les autres.

Depuis lors, je n’ai jamais manifesté grand intérêt pour les chansons allemandes.

Jerome K. Jerome
Trois hommes dans un bateau
(Three Men in a Boat)
Chapitre huit
Traduction de Philippe Rouard

 

Le courrier


M. Michel Lacroix-Dubondieu, Baton-Rouge, Nouvelle-Orléans

La cornemuse est un instrument de musique d'origine irlandaise. Les Écossais qui en ont fait un symbole de leur identité  n'auraient apparemment pas compris qu'il s'agissait d'une blague.

Mlle M. Lecourseur, Pointe-aux-Trembles (Montréal), Québec

Si les études qui démontrent que les hommes qui twitent sont moins performants au lit vous intéressent, nous serions plus intéressés à savoir s'il existe des études sur les statisticiens qui rédigent ces études et, surtout, sur ceux ou celles qui les lisent.

Mme Georgionna Lecavalier-Winner, North-Hatley, Québec

Edidit spectacula uarii generis : munus glatiarorum, ludos etiam regionatim urbe tota et quidem per omnimum linguarum historiones, item circenses athletas naumachiam. (Suétone, Vie des douze César, chapitre XXXIX)

Dr. Swen Nactht - Riesa, Deutschland

Nous vous avons bien lu, Herr Doktor, mais, sans vouloir outrepasser les règles fondamentales de l'objectivité, il nous semble qu'entre  la partie centrale de votre essai, celle où vous invitez vos lecteurs à mettre une certaine emphase sur la corrélation entre la thématique que vous avez développée relativement à la différence entre le point soulevé dans la première partie du chapitre trois de votre travail et sa deuxième [partie], différence sur laquelle vous avez insisté dans le chapitre suivant, là où vous avez exposé - brillamment, si vous nous permettez de le mentionner - la non-évidence de la réalité conceptuelle d'un point-de-vue similaire au vôtre, vous avez peut-être oublié de souligner la simplicité du concept général (sans pour cela avoir escamoté ses corollaires) et, en conséquence, une certaine non-compréhension de l'ensemble pourrait être invoqué par des non-académiciens peu charitables, d'où une certaine suggestion de notre part de reprendre les sections huit et neuf de vos premières conclusions, mais nous attendrons avec une impatience non-feinte la suite de vos réflexions.

M. Charles Bond - Winnipeg, Alberta

Pour vos vacances, si vous croyez que vous buvez trop, vous pouvez toujours aller en Irlande et, si vous êtes un homme de science, pour vous reposer, nous vous suggérons les États-Unis.

 

Cette édition du Castor est dédiée à :


John Le Carré
(1931- ) 


 

«Ils mourront paisiblement, ils s'éteindront doucement en ton nom, et dans l'au-delà ils ne trouveront que la mort. Mais nous garderons le secret; nous les bercerons, pour leur bonheur, d'une récompense éternelle dans le ciel.»

(Le Grand Inquisiteur à son « Sauveur »,)

Fiodor Dostoïevski - Les Frères Karamazov
(trad. Henri Mongault, Gallimard, « La Pléiade »

 

Chuck Berry, John Hurt, Marcel Dubé, Roger Moore, Mary Tyler Moore, Emmanuelle Riva, Al Jarreau, Adam West, Jeanne Moreau, Claude Michaud, Sam Sheppard, Christian Millau, Glen Campbell, Jerry Lewis, Dick Gregory, Hugh Efner, Fats Domino, Robert Guillaume, Tom Petty, Johnny Halliday, Nat Hentoff, Alain Senderens, Gregg Allman, Pierre Lalonde, Victor Lanoux, Guy Nadon, David Cassidy, Septimiu Sever, Jean-Paul L'Allier, George Avakian, Jon Hendricks, René Caron, Jim Nabors, Jake LaMotta, Janine Sutto, Benoît Girard, Paul Hébert, Don Rikles, Tex Lecors, Pierre Henry, Réjean Ducharme, Simone Veil, Claude Pierre, Jacques Bourgault, Jean Rochefort, Georges Prêtre, Jen Roger, Mike Connors, Harry Matthews, Hervé Brousseau, Jean-Christophe Averty, Leonard Cohen, Elsa Martinelli, Martin Landau, Calude Rich, Miguel Ferrer, Mireille Darc, Pierre Bergé, Danielle Darrieux, et Jean d'Ormesson, 

 


Webmestre : France L'Heureux


Webmestre : Éric Lortie


Webmestres : Paul Dubé et Jacques Marchioro

 


Fondé en 1900 par le Grand Marshall, le CASTOR DE NAPIERVILLE fut, à l'origine, un hebdomadaire et vespéral organe créé pour la défense des intérêts de l'Université de Napierville et de son quartier. - Il est , depuis le 30 septembre 2002, publié sous le présent électronique format afin de tenir la fine et intelligente masse de ses internautes lecteurs au courant des dernières nouvelles concernant cette communauté d'esprit et de fait qu'est devenu au fil des années le site de l'UdeNap, le seul, unique et officiel site de l'Université de Napierville.De cet hebdomadaire publié sur les électroniques presses de la Vatfair-Fair Broadcasting Corporation grâce à une subvention du Ministère des Arts et de la Culture du Caraguay, il est tiré, le premier lundi de chaque mois, sept exemplaires numérotés de I à VII, sur papier alfa cellunaf et sur offset ivoire des papeteries de la Gazette de Saint-Romuald-d'Etchemin et trois exemplaires, numéroté de 1 à 3, sur offset de luxe des papeteries Bontemps constituant l'édition originale, plus trois exemplaires de luxe (quadrichromes) réservés au Professeur Marshall, à Madame France DesRoches et à Madame Jean-Claude Briallis, les deux du Mensuel Varois Illustré.Nous rappelons à notre aimable clientèle que :

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