Les chroniques de Jeff Bollinger

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Du 14 janvier au 20 mai 2013

Pour l'édition courante, voir le Castor™.

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30 - 20 mai 2013 - Commuters

C'est Copernique qui m'a enseigné l'autre jour que le mot anglais "commuters" n'avait pas d'équivalent en français. Si, quand même : une expression, inventée par Dieu-sait-qui pour décrire ceux qui voyagent de la banlieue au centre-ville le matin et du centre-ville à la banlieue le soir : ce sont des "migrateurs pendulaires" (sic).

Pas tout à fait des "morons", selon l'expression consacrée de Monsieur Popp, mais pas loin. Mettons que je ne les comprends pas. Qu'est-ce qui pousse des gens qui trouvent sensé de passer deux à trois heures dans leurs autos et ce, chaque jour, cinq jours par semaine, soit l'équivalent d'une journée, une journée et demie de travail.

J'ai pensé à eux (j'ai eu le temps, comme vous allez voir) quand je me suis rendu à Québec la semaine dernière.

Comme j'avais un rendez-vous pour le lunch et que j'avais un rapport à compléter, j'ai quitté Québec en direction de Montréal (250 kilomètres) à six heures du matin pour arriver à Ste-Julie à huit heures pile. Ne me restait que 23 kilomètres à faire. Parfait ! - Sauf que pris dans un embouteillage-monstre, même avec tous les détours que j'ai empruntés, je suis arrivé en ville à neuf heures quarante-cinq. Une heure et trois-quarts pour faire 23 kilomètres.

Depuis, par curiosité, j'écoute la radio-circulation et quelle que soit l'heure où je me branche, c'est du pareil au même de six heures à neuf, dix heures du matin et de trois heures, trois heures et demie à six heures et demie tous les soirs.

Et pourtant, tous mes amis banlieusards me parlent de vingt minutes dans l'une ou l'autre direction car... ils voyagent en dehors des heures de pointe.

Conclusion : ce sont des touristes qui, soirs et matins, occupent les ponts et autoroutes venant des ou menant vers les banlieuers et qui bloquent la circulation.

À+

Jeff

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29 - 6 mai 2013 - Circles

C'est Monsieur Copernique qui m'a fait découvrir James Burke, l'auteur, entre autres, d'un volumes de chroniques parues à l'origine dans la revue Scientific American où, à partir d'un sujet quelconque, il passe d'un personnage, d'un fait, d'un détail à un autre, puis à un autre, à un troisième et ainsi de suite pour revenir, à la fin, au tout début.

D'où son titre de "Circles"ou "Cercles", ou "Boucles".

Je téléchargeais ce livre dans mon lecteur, hier après-midi - incroyable ce qu'on peut enregistrer dans un lecteur électronique -, quand j'y ai retrouvé d'autres chroniques, mais d'un autre siècle, celles-là, écrites par un journaliste-écrivain-conférencier fort connu à son époque et qui s'appelait Arthur Buies (1840-1901) incarné, au petit écran par Paul Dupuis (1913-1976) dans une série, écrite par Claude-Henri Grignon (1894-1976), sous le titre de "Les belles histoires des pays d'en haut".

Au début de cette série, en 1956, jouant le personnage de Julie Fourchu, une toute jeune comédienne du nom de Geneviève Bujold (née en 1942) qui allait être mondialement connue, en 1969, dans le rôle d'Anne Boylen où elle fut nominée pour l'Oscar de la meilleure interprétation féminine de l'année dans un film de Charles Jarrott ("Ann of a Thousand Days") au côté de Richard Burton (1925-1984), celui qui fut le cinquième et le sixième (ils se sont mariés deux fois) d'Elizabeth Taylor (1932-2011) qu'admirait sans bornes Michel Jackson (1958-2009) qui a rendu si populaire le "moonwalk" que dansait, déjà, en 1932, le chef d'orchestre Cab Calloway (1907-1994) qui fit ses débuts dans l'orchestre de Chick Webb (1905-1939), originaire de Baltimore.

Baltimore, Maryland. La seule ville qui peut s'enorgueillir d'avoir donner naissance à deux Edgar Allen Poe, le poète en 1809 et le juriste, en 1871, mais également à David Bachrach, le photographe (1845–1921), qui fut celui qui prit l'unique cliché d'Abraham Lincoln (1809-1865) lorsqu'il donna sa fameuse "address" à Gettysburg et qui était l'oncle de Gertrude Stein (1874-1946) dont les portraits firent objet d'une exposition au Smithsonian Institute (du 14 octobre 2011 au 22 janvier 2012) et dont parle James Burke dans sa première chronique.

Excusez ce pastiche, mais il a été écrit pour vous donner une idée du Monsieur qui a également écrit un étonnant "The Day the Universe Changed" et puis un livre qui, grâce à un ingénieux système de renvois peut se lire dans toutes les directions : "The Pinball Effect".

Fortement recommandé.

À+

Jeff

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28 - 22 avril 2013 - Je ne peux pas croire...

C'est au début d'une des dernières représentations de Groucho Marx (au Carnegie Hall, en 1972) que Dick Cavett, alors âgé de trente-six ans (tandis que Groucho en avait quatre-vingt-deux), le présenta en disant ; "Je ne peux pas croire que je connais Groucho Marx..." ("I can't believe I know Groucho Marx"). Et voilà qu'au cours du weekend dernier, j'ai rencontré un bonhomme que j'admire depuis que j'ai, je crois, dix ans.

Oh, ce n'est pas dans la même catégorie que Groucho (ou même Dick Cavett qui aura, bientôt, soixante-dix-sept ans), mais quel plaisir que de voir, en chair et en os, quelqu'un qui a marqué sa vie.

Je ne vous dirai pas son nom, ni son métier, ni pourquoi il est demeuré - et demeure encore - un de mes héros. Sa modestie et aussi son amour-propre (ce qui va de pair) m'empêchent de ce faire. Mettons qu'il était vaguement impliqué dans mon deuxième métier qui est en réalité mon premier... si seulement il était suffisant important pour que je puisse y gagner ma vie.

Imaginez-vous un homme qui est plus grand que nature ; qui vous dépasse d'au moins dix centimètres ; qui a une chevelure blanche, mais d'un blanc immaculé, avec des mains d'une force et d'une finesse extraordinaire.

Il a caressé (en fin connaisseur) le galbe d'une commode que je venais de terminer et m'a dit : "Jeune homme, que vous allez être heureux dans la vie !"

Mes enfants avaient de la difficulté à demeurer cois devant ce géant venu d'on-sait-où qui avait, comme le Dieu-le-Père des frères Goncourt (*), cette magnifique prestance qui fait qu'on sait que l'on se retrouve devant quelqu'un d'important.

À+

Jeff

(*) [Un jour],"le vieux bon Dieu à barbe blanche, arrivera sur la terre, avec son trousseau de clefs, et dira à l'humanité, ainsi qu'on dit au Salon, à cinq heures: «Messieurs, on ferme!».

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27 - 8 avril 2013 - George Smiley

Lu, la semaine dernière, et presque d'un seul trait, «Thinker, Tailor, Soldier, Spy» de John Le Carré et découvert un grand écrivain.

Je ne me souviens plus de qui m'avait parlé de lui ; qui m'a dit de louer la version filmée avec Alec Guiness ; ou qui m'a dit que Bernard Pivot le considérait comme un des «grands» écrivains du vingtième siècle.

Pas vu encore la version «Guinness», entrevu seulement la version «Gary Oldman» que j'ai trouvée couci-couça... Mais le roman ? Tout à fait captivant. M'a fait pensé aux sœurs Brontë.

Oh ! la superbe intelligence de cet auteur qui tisse son roman à partir de fils qui n'ont, apparamment, aucun rapport entre eux, mais qui finissent par s'assembler dans une grande toile où rien n'a été laissé au hasard.

Et ces personnages qu'on devine, petit à petit, et qui finissent par être des gens que vous et moi pourrions côtoyer demain matin dont ce délicieux Toby Esterhase, sorti d'Autriche (j'ai lu depuis la suite de ce roman où il devient, à la retraite, spécialiste en «art islamique» («with very expensive suits»!)

À ce qu'on m'a dit, Alec Guinness est un perfect «Smiley». J'ai réservé pour la semaine prochaine.

Quand un écrivain ne prend pas ses lecteurs pour des idiots...

À+

Jeff

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26 - 25 mars 2013 - Beau printemps...

Pour certains, la meilleure saison de l'année est l'automne (c'est mon cas) : finies les chaleurs (et les foleries de l'été) ; vive les couleurs des feuilles, longues marches à la brunante et début des feux de foyers avec des bûches qui ont séché tout l'été.

Pour d'autres, les premières chaleurs, la disparition des pardessus, des vêtements étouffants et les pistes cyclables enfin sèches signifient le retour à la vie avec les fleurs nouvelles, la lumière et les jeunes filles en mini-jupes.

Personnellement, j'aime mieux l'automne qui ramène les temps libres, ceux qui, une fois, les meubles de patio rangés et les fenêtres-doubles posées, se transforment en longs moments où l'on n'a rien à faire et que l'on peut consacrer à la lecture ou même au visionnement des films qui sont parus au cours des derniers mois.

Je parlais, lundi dernier, à mon voisin, un ex-Dieu-sait-quoi, aujourd'hui fermier à temps paritel qui était de mon avis : "Jeff, qu'il me disait, je n'aime pas le printemps. Faut tout nettoyer, sortir les meubles du patio, préparer la piscine et comprendre que pendant deux, trois mois, faudra recevoir des gens qui, n'aimant pas la ville, nous rendront visite. Une corvée qui n'en finira plus alors qu'à l'automne, on sert tout. Ne reste plus que la neige à pelleter. Et pas à tous les jours."

Le lendemain, 19 mars, quarante-trois centimètres de poudre blanche nous tombait dessus. Élyane était découragée, mais vous auriez dû voir les sourires d'Alysée (12 ans), Thomas (10 ans), Frédéric (8 ans) et Matisse (6 ans) pour qui cette belle poudre (quand même superbe à voir) signifiait "congé", "papa qui reste à la maison", "fête en famille"... jusqu'au chien qui fut, toute la journée, d'une très belle humeur.

Une chronique sur la température ? - Pourquoi pas ? - Si ça vous rappelle, à certains d'entre vous, votre enfance...

À+

Jeff

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25 - 11 mars 2013 - Arbeit Macht Frei

Quelle belle phrase ! De quoi haïr à perpétuité ceux qui en ont si détourné le sens.

Vous devez, comme moi, avoir entendu parler de cette région en Ukraine où vivent des dizaines de centenaires et des centaines de nonagénaires qui vont au champ à tous les matins et qui, de ce fait, se considèrent comme faisant encore partie de la population active. Je pensais à eux la semaine dernière quand, rencontrant, par hasard, Paul Dubé, notre disk-jockey, qui revenait d'un sixième voyage aux États-Unis en moins de quatre mois. "Comment, lui ai-je demandé, vous travaillez encore ?" - "Eh oui, m'a-t-il répondu. Si j'ai fermé mon cabinet il y a trois ans, j'avais encore à coeur de fermer les mandats que j'avais encore et puis, de fil en aiguille, j'en ai accepté d'autres - ceux que j'appelle "les derniers" - et y'en a eu un dans le lot qui va me prendre plus de temps que je pensais..."

Au rythme où va la vie, j'ai bien peur que ce sera également mon sort et, probablement, avec la précarité des emplois d'aujourd'hui, celui de mes enfants. On ne s'en sort pas.

Ce n'est pas tellement mon job au magasin que je dirige qui m'inquiète, mais mon - j'allais dire "véritable" - métier qui est celui d'ébéniste que d'aucuns considèrent comme étant un passe-temps. Un passe-temps ? Comment considérer l'ébénisterie comme un passe-temps quand on a eu, comme prédécesseurs, des types comme Chippendale, Hepplewhite, Boule ? Je n'ose même pas considérer mes gaucheries comme étant dignes d'eux sauf que... n'est-ce pas un véritable plaisir de savoir ce qu'on aura à apprendre jusqu'à la fin de ses jours ?

Il y a quelque temps, justement, j'avais un problème de queues d'arronde relatif à un meuble qui doit contenir une sculpture d'Auguste Moreau (1834-1917) que son propriétaire voulait pouvoir retirer sur une tablette du meuble dans lequel elle serait contenue et la faire pivoter sur une plaque tournante (et je ne vous parlerai pas de l'éclairage). Un véritable délice. Et, dans un autre autre d'idée, dans un restaurant, sur le Plateau Mont-Royal, il y a quelque temps, qu'est-ce que je vois entrer ? Une jeune fille. Vingt, vingt-deux ans, avec une caisse (vide) de vin comme on en fait encore pour les grands crus. Curieux, je me suis levé pour lui demander ce qu'elle allait en faire. "Mais un bout de bibliothèque m'a-t-elle répondu. Je viens d'emménager dans mon premier appartement." - Que j'étais heureux pour elle.

Dans le fond, je plains les bureaucrates, les pousseux-de-papier, les petits dirigeants de petits établissements comme celui où je gagne ma vie : nous ne voyons jamais rien. Nous administrons sans savoir ce que nos clients vont faire du chèque qu'on leur envoie ou le machin-chose qu'on leur a vendu. Vive les laveurs de carreaux, les réparateurs de locomotives et même les "femmes de ménage" qui, le soir, entrant chez eux ou chez elles savent exactement ce qu'ils ont accompli dans la journée.

Et puis vous savez ce que Paul m'a mentionné avant de me quitter »?

"Que le travail n'était pas une maladie."

À+

Jeff

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24 - 2013-02-25 - Quelques entrées de journal et des bribes de correspondance

Une affaire de succession dont je ne vous affligerai point des détails m'a amené, il y a quelques jours, à me rendre dans un village situé au beau milieu de nulle part, près de Rimouski, à six heures de route au nord-est de Napierville. Chemin faisant, je me suis arrêté à une de ces haltes routières où l'on sert du fast-food et du mauvais café et où, à ma grande surprise, toutes les femmes qui y étaient présentes, sauf les serveuses, avaient un point gris au milieu du front.

Oh, qu'il y avait longtemps que j'avais vu les effets de cette vieille coutume ou cérémonie religieuse qui date - je viens de le vérifier - du VIe siècle : celle du mercredi des cendres. - Pour ceux qui, comme le jeune homme qui m'accompagnait, ne sont pas familiers avec elle, elle consiste, le lendemain du mardi gras (on écrit aussi "Mardi Gras"), à déposer sur le front des fidèles un peu de cendre tout en prononçant les encourageantes paroles suivantes, tirées de la Genèse (3, 19): "Homme, souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière." (en latin, "Memento, homo, quod pulvis es, et in pulverem reverteris").

Curieusement, cette année, ce mercredi précédait, grâce au flottement de la date de Pâques, le jeudi de la Saint-Valentin. - Belle façon d'entamer son carême, mais le calendrier nous en apporte beaucoup de ses dates, anniversaires, fêtes, etc. qui gouvernent notre vie.

C'est Simon Popp qui, il n'y a pas très longtemps, soulignait, je crois, le fait que, entre le vendredi saint (la coutume veut que Jésus Christ soit mort à trois heures de l'après-midi un certain vendredi) et le dimanche de Pâques (au lever du jour), il ne s'est pas passé trois jours, mais même pas 48 heures...

À+

Jeff

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23 - 2013-02-11 - Enfantillages

Écrire ? Non pas un talent mais une malédiction.

Qu'est-ce qui pousse quelqu'un à s'asseoir avec un plume ou un crayon devant une table et mettre par écrit des choses que peut-être personne ne lira au lieu de... je ne sais pas, moi... se lever et d'aller respirer de l'air frais ou tout simplement regarder le soleil se coucher ?

J'avais mon petit Thomas dans mon bureau récemment, docilement assis, avec ses dix ans, regardant son père taper Dieu-sait-quoi sur le clavier de son ordinateur. Je le regardais, plus tard, devant son ordinateur en train de rechercher des vignettes et des photos pour décorer sa chambre et je me disais : "Tiens, cet enfant-là ne suivra pas mes traces : il sera fort différent." Ni non plus son frère Frédéric, deux ans plus jeune, qui s'intéresse passionnément au foot et qui ne tient pas en place.

Décidément, tous les parents vous le diront, nos enfants, nos propres enfants, nous surprennent. - Plus jeune je pensais que les miens allaient, en quelque sorte, perpétuer qui je suis, mais non : ils s'en vont dans leur direction qui est fort différente de la mienne.

Elyanne a beau me dire qu'ils me ressemblent, qu'ils ont hérité [de] mon caractère, je ne le constate pas du tout. D'ailleurs, je trouve que nos deux filles, Alysée et Matisse, ne lui ressemblent pas non plus. Et quand je les regarde grandir, je m'inquiète. Que deviendront-elles ? Qui les prendront, plus tard, dans leurs bras ? - Seront-elles heureuses. Je l'espère.

Entre temps, quand je polis le dessus d'un bureau et que Thomas me regarde comme si j'étais un Dieu, je sens le poids de mille ans sur mes épaules.

À+

Jeff

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22 -2013-01-28 - Est-ce moi ?

Je n'ai pas cent ans, je crois que ma mémoire est encore intacte et je suis convaincu que je ne me fais pas trop d'illusions, mais, quand j'entends qu'on n'a plus les hivers (printemps, étés et automnes) qu'on avait, j'ai l'impression que les gens ont la mémoire courte.

Oui, il a fait très froid au cours des derniers jours, du moins trente, du moins quarante avec l'effet éolien. Et puis quoi ? Les hivers où le mercure oscillent pendant, des fois, presque un mois, aux alentours de moins vingt-cinq, ne sont pas rares. Tout comme les étés avec des températures ultra-humides où c'est dans le plus vingt-cinq.

Je n'ai pas cent ans, mais je me souviens d'hiver sans neige ou presque, des hivers avec des bordées à ne plus savoir quoi en faire. J'ai connu des hivers pluvieux. J'ai connu des hivers où nous avons tous vécu en dessous du moins vingt-cinq pendant tout le mois de janvier et presque la totalité du mois de février. Quant à la «tempête du siècle», imaginez-vous que j'en ai connu trois : un dans le siècle courant (et nous n'en sommes qu'à la treizième année) et deux dans le précédent.

À nos amis européens qui, parfois, ont eux aussi la vie dure, puis-je leur mentionner le coût des vêtements qu'il faut avoir dans sa garde-robe pour passer à travers ses saisons aux variantes inconcevables. Pensez à une famille avec deux adultes et quatre enfants. Sans compter les équipements sportifs. Je connais justement une dame qui fait : de la course à pieds, du kajak, du ski, de la nage et même un peu de tennis, si je me souviens bien... et de la bicyclette, et du patinage...

À se demander, parfois, comment on fait, avec la bouffe et tout le reste, pour boucler son budget. Surtout si les enfants ont décidé qu'ils suivraient des cours de peinture, de ballet ou qu'ils feraient des excursions avec leurs professeurs, à New York, à Washington et j'en ai connu qui sont même allés en Irlande, en Angleterre et en France.

L'idée, c'est de ne pas mourir riche.

Il faut penser, comme Paul Dubé, avec son site sur la chanson française (voir le lien ci-dessous) qui répète à ceux qui veulent l'entendre qu'avec le travail que ça implique et les coûts qu'il absorbe (tout comme son co-webmestre, Jacques Marchioro), il s'attend à devenir millionnaire d'une journée à l'autre.

À+

Jeff

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21 - 2013-01-14 - Préoccupations...

À l'occasion du Nouvel An, j'ai eu l'honneur d'être invité, le neuf courant, à un diner où tous les membres oeuvrant au sein du Castor™ avaient été conviés, histoire, dans certains cas, de faire connaissance et, dans la plupart des autres, de se resserer la main et se mémoriser que «nous» faisions tous partie de la même équipe. Était là, bien sûr, le Professeur dont la verdeur, à 79 ans, m'étonnera toujours.Y étaient également présents : Monsieur Perec, Monsieur Popp, la poétesse Fawzi Malhasti, Copernique (qui insiste toujours pour que le le tutoie) et de nombreuses personnalités du Quartier Universitaire de l'UdeNap dont le Révérend Chasuble, Alcide «Slow Drag» Pavageau, Alidor «Peg» Donato, les deux Georges et Dieu sait combien d'autres.

En face de moi, Monsieur Popp qui, pour tous qui nous lisent, est d'une amabilité à tout épreuve. Oubliez le «vieux grognon» qu'il dit être, le presque-pamphlétaire que ses écrits laissent sous-entendre, le «chiâlieux» en tous genres, ce bonhomme-là nous a régalé toute la soirée avec ses anecdotes, ses histoires drôles et... ses imitations à l'emporte-pièce.

Charmante soirée que je n'oublierai jamais et qui, le lendemain, à cause de la grippe qui s'en est prise à notre toute dernière, Matisse, 6 ans, à tel point nous étions d'une grande fragilité. - Pauvre enfant : elle tousse, fait de la fièvre et ne comprend pas ce qui lui arrive. - Est-ce qu'on comprend, même plus vieux, ces choses-là ? - Et j'ai pensé à... Isaac Azimov qui n'est pas l'inventeur, ni celui qui a imaginé le premier les robots mais qui en a prédit l'éventuelle omniprésence, qui en a défini les grandes règles, qui les a mis, dans de nombreux romans, dans des situations qui, à l'époque où il écrivait, la population, en général, ne pouvait même pas deviner.

Parmi ses prédictions : l'implantation de puces électroniques dans nos cerveaux (c'est déjà fait pour certaines prothèses), mais surtout des robots conscients de leur existence. Je pensais à lui, justement, pour la possibilité qu'un jour, des êtres comme le Professeur Marshall ou même Monsieur Popp puissent transférer leur identité dans des êtres mécaniques - à la vie éternelle - qui pourraient perpétuer et, grâce à leur capacité de storage sans limite, leur apprentissage et accumuler des connaissances dont on a, aujourd'hui, aucune idée.

Fragiles comme nous sommes, comment pourrons-nous explorer cet univers - aux dangers inombrables -, cet univers où je lisais, avant-hier, qu'il existait des milliards de planètes dans notre galaxie qui n'en est qu'une parmi des milliards d'autres ?

Grande question, je sais, sauf que, pour le moment, je ne fais que penser à ma pauvre Matisse.

À+

Jeff

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Autres sites à consulter :

Webmestre : France L'Heureux

Webmestre : Éric Lortie

Webmestres : Paul Dubé et Jacques Marchioro