Les chroniques de Jeff Bollinger

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Du 2 mai 2016 au 6 février 2017

Pour l'édition courante, voir le Castor™.

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80-2017-02-06

Hé, ho !

Quelqu'un, un jour, devra m'expliquer d'où provient tout cet «argent» qui «circule» dans le monde connu ; comment l'humanité est passé du troc (i.e. : du pain pendant une semaine contre une paire de souliers) à du métal, du métal à du papier, du papier à du plastique et du plastique à des bandes magnétiques ou des puces électroniques qui, intrinsiquement, n'ont aucune valeur. J'en profiterai pour demander à celui qui me fera comprendre également le système qui permet aux gouvernements de s'endetter de plus en plus sans jamais faire faillite.

Il y a quelques années encore, l'ouvrier était payé en argent «comptant» (si on peut appeler des bouts de papiers et quelques pièces en alliage quelconque de l'argent «comptant») et il était alors facile à mes parents et mes grand-prents de séparer, les jours de paie, et  visuellement par dessus le marché, leurs dépenses sur la table de la cuisine, mais aujourd'hui, si ce n'était des menues-dépenses (journaux, café du matin, parking...), je suis convaincu qu'on pourrait vivre sans jamais toucher à une vile pièce de monnaie. Chez Starbuck, on accepte le passage d'une carte au-dessus d'un terminal et hop ! on peut quitter les lieux sans qu'on vous demande autre chose. - J'ai dit  «une carte» ? C'est rendu que je paie mes stationnements au moyen de mon portable. Bientôt, il me suffira de cligner d'un oeil pour me procurer je-ne-sais-pas-moi... un litre de lait ou une voiture. D'ailleurs, qui, aujourd'hui, possède sa propre voiture ? Ceux qui font des paiements sans intérêt à GM, Chrysler ou Toyota ?

Ce qui m'amène à penser qu'avec deux salaires, nous arrivons à peine à vivre convenablement à la maison. Oui, trois enfants, c'est beaucoup, mais quand même... n'ai-je pas lu récemment que 75% des familles au Canada avaient des revenus inférieurs à 50 000 $ par année ?

Et comment enseigner à nos trois enfants ce qu'est un budget ?

«L'argent ne pousse pas dans les arbres» me disait ma mère qui, comme moi, ne comprennait pas qu'il en coûte encore aujourd'hui un cent et quart fabriquer une pièce d'un cent... aux USA !

Où vont les surplus d'Hydro-Québec ? Où trouve-t-on subitement les sous pour partir en guerre ? Pourquoi les gouvernements insistent-ils pour consolider leurs budgets ?  Et comment des firmes ayant des milliers d'employés peuvent-ils survivre à des déficits monstrueux ?

Quant aux paradis fiscaux...

N'en reste pas moins que nous avons en notre modeste demeure des cachets d'Aspirine que même Louis XIV ne pouvait pas se payer et des ordinateurs qui nous mettent en contact avec des bibliothèques que les plus grands savants n'ont jamais pu consulter.

Jeff

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79-2017-01-03

Alice au pays des merveilles et Le petit prince

Vous savez ce que Simon, Copernique et Paul ont en commun ? Je l'ai appris au début du mois dernier :

ILS ONT TOUS ÉTÉ ÉDUQUÉS DANS DEUX LANGUES !

Et les trois se plaignent constamment d'être «bilingues» ! Même que Copernique a laissé sous-entendre qu'il pensait écrire un petit livre sur «La malédiction d'être bilingue» ou, en anglais, «The Curse of Bilingualism». En un seul volume, dans les deux langues, il va sans dire.

Les raisons qu'ils avancent ? La première est évidente : ils sont constamment à la recherche de la traduction des mots dont les premiers qui leur viennent à l'esprit sont dans la langue autre qu'ils pensent, au moment où ils y pensent ou qu'ils sont en train d'écrire ou de parler. La deuxième est moins évidente, mais à bien y penser, c'est celle qui me frusterait le plus si j'étais à leur place et c'est celle qu'ils invoquent constamment, particulièrement Monsieur Popp (Simon) : la culture ! - D'où le titre de cette chronique : Alice au pays des merveillles (de Lewis Carroll) et Le petit prince (de Saint-Exupéry). J'y reviens tout de suite et vous comprendrez pourquoi dans deux minutes. (En sachant que  Simon a fait son primaire en anglais, son secondaire et son bac en français, puis ces études universitaires en anglais. À peu près comme Copernique, mais pas nécessairement dans le même ordre. Quant à Paul, il dit avoir constamment passé d'une langue à l'autre dès l'âge de trois ou quatre ans ;  étudié, en majeure partie en français, mais travaillé immédiatement après ses études en anglais, pendant sept ans, pour passer au français au cours des dix, douze années qui suivirent et revenir à l'anglais pour la suite.

Des trois, celui qui se plaint le plus (comme si c'était surprenant !) est Simon. Enfin : c'est celui qui en parle le plus. Son cheval de bataille, his pet peeves, comme il dit,  est relativement simple :


«Jeune, dit-il, j'ai appris les comptines, les personages de contes de fée, ceux d'Alice au pays des merveilles ; j'ai lu des Biggles, des Zane Grey, Frankenstein et Dracula dans le texte ; et mes premières expériences romanesques furent en rapport avec des auteurs d'aventures et de science-fiction américains ou britanniques. - Et ça a duré longtemps comme ça compte tenu du prix des livres de poche à l'époque (25 cents en anglais, 35 cents pour les "classiques" et 60 cents, minimum, pour ceux publiés en français...). J'ai donc connu Dickens avant Balzac, Shakespeare avant Molière et même l'abominable Trollope avant Zola. - Le résultat fut qu'à la fin de mon adolescence, je connaissais plus The Walrus and the Carpenter que Perrette et son pot au lait ; Edgar Allan Poe que Maigret ; John Ruskin qu'Hyppolyte Taine... - Et ça a été et demeure une source de frustration dans ma vie.»

«Je ne suis pa un imbécile, m'a-til dit, une fois. Mais me faire dire que j'écris en français comme un anglophone et que j'écris en anglais comme un francophone n'est pas de nature à me rendre patient.» (Et à cette phrase, il ajouta, je m'en souviens comme si c'était hier : «"De nature à me rendre patient !", tu vois ? C'est calqué sur l'anglais : "Try my patience"...»

Paul est un peu moins dogmatique. Il dit cependant avoir eu beaucoup de problèmes à se faire comprendre dans le sud des États-Unis - et même, souvent à Toronto - parce qu'il parle une langue anglaise qui est en voie de disparaître : celle du "proper English" où les contractions comme "shan't, musn't, mightn't, oughtn't" existent toujours ; celle où les mots "tempest, malady, mustiest..." sont encore utilisé. - «Ne me parlez pas des gens parfaitement bilingues, dit-il. J'en connais très peu. Et ne me parlez surtout pas de ces phénomèmes qui parlent trois, quatre cinq langues, mais qui n'en parlent aucune correctement.»

C'est l'histoire d''«Alice au pays des mervilles» et du «Petit prince» qui débouche sur la question suivante : est-ce que l'on doit enseigner à ses enfants «Le loup ou le chien» ou le «Jabberwocky» ?

'Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe ;
All mimsy were the borogroves,
And the mome raths outgrabe.

Les deux ? - Ben, ça fera des frustrés de plus.

Personellement ? - Le Jabberwocky

Ils n'en comprendront peut-être pas le sens mais au moins ils en connaîtront la musique.

***

C'est, je suppose (avec un optimisme non feint), ce à quoi beaucoup de parents ont dû pensé en achetant récemment des livres pour leurs enfants sauf qu'à ces parents, j'ai deux mots à ajouter :  «Alice au pays des merveilles» est un livre pour enfant. «Le petit prince» est un livre que les adultes croient avoir été écrit pour les enfants. - Alors décidez-vous : faites leur plaisir ou donnez-vous bonne conscience.

Sérieusement,

Jeff

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78-2016-12-05

Lecture rapide

Ça s'apprend. Je sais parce que, depuis un an, j'ai doublé ma vitesse de lecture.

Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline. - J'avance ce titre parce qu'il s'agit d'un roman, pas trop compliqué et sur lequel on peut trouver, sur Internet, diverses statistiques.

Ce livre contient environ 184,000 mots.

Si vous êtes un lecteur moyen et que vous lisez environ 200 mots à la minute (avec - ceci est important - une compréhension d'environ 60%), il vous faudra environ 15 heures ou, à 45 minutes par jour, quelque chose comme 20 jours, en n'ayant retenu qu'environ 60% de son contenu.- C'est-à-dire que vous pourrez en donner un résumé à peu près complet, mais sans beaucoup de détails.

Si vous êtes un très bon lecteur, à 400 mots à la minute, vous pourrez diminuer ce temps à 10 jours en ayant retenu de 70 à 75% de son contenu.

Et si vous êtes un superlecteur (1% de la population), vous en serez à 1000 mots à la minute et en trois jours de 45 minutes (environ 2 heures en lecture continue), vous aurez non seulement lu Voyage au bout de la nuit, mais vous en aurez retenu plus de 90% de son contenu.

Pour savoir à quelle vitesses vous lisez, je vous suggère de faire le test (et en même temps apprendre plus sur la lecture rapide) que vous trouverez à la page suivante :

http://www.readingsoft.com/fr/test.html

Nos deux grands lecteurs, ici, Simon Popp et Copernique Marshall, ceux qui écrivent le plupart des comptes-rendus de lecture qui paraissent dans le Castor™ en sont à 500 mots minutes... en moyenne... car cette moyenne varie énormément en fonction du contenu de ce qu'ils lisent (article dans un magazine, livres techniques, romans, pièces de théâtre, etc.), ce qui les ramène entre 350 et 750 mots à la minute.

Simon nous assure qu'il peut lire deux livres (d'environ 75,000 mots chacun) en une seule journée si leur contenu n'est pas trop complexe, si ce sont des romans qui ne contiennent pas trop de personnages, s'ils traitent d'un sujet qu'il connaît assez bien, s'il y a pas trop de dialogues, notes en bas de page et ainsi de suite, mais qu'il aurait de la difficulté en lire la moitié d'un court traité de philosophie, par exemple. "Et puis, comme Copernique, il m'arrive souvent de lire mot-à-mot des livres bien écrits. - Ulysse de James Joyce m'a pris un bon bout de temps. Je dirais deux à trois semaines à raison de deux heures par jour . (Et en français par dessus le marché.) - Par contre j'ai passé à travers Le vieil homme et la mer d'eEmingway en moins d'une heure. Et en anglais !" nous a-t-il expliqué.

De son côté, Copernique parle non pas de mots à la minute, mais de livres. De mille à deux mille pages par mois à raison d'une heure par jour, mais qu'il peut mettre de trois à cinq mois pour lire un Thomas Pynchon et qu'il lui a fallu plus d'un an pour lire A la recherche du Temps perdu (1,5 million de mots). Son record personnel, ajoute-il en riant, a été de lire cinq Agatha Christie entre Montréal et Londres il y a quelques années. "Ben quoi : il fallait bien que je dorme un peu...". - Il avoue cependant lire jusqu'à sept à huit livres en même temps et qu'il lui arrive d'en lire un plusieurs fois de suite. En français et en anglais, comme il nous expliquait le mois dernier.

Bref : deux gros lecteurs, mais ils ont, derrière eux, une immense pratique ou expérience.

Personnellement, je vise 500 mots à la minute (au dernier décompte, j'en étais à 365) et, au strict minimum, une heure par jour. Cette heure, je la prends quand je déjeune (lunch) seul, la plupart du temps, au restaurant, sur ma tablette ou avant de m'endormir, le soir. Parfois, quand les enfants sont à une activité quelconque et qu'il n'y a pas de travaux urgents à la maison, je peux étirer cette heure à deux ou trois dans la même journée, mais c'est plutôt rare. Entre vingt et trente livres par année. Ce qui fait de moi, un phénomène au travail où les «grands» lecteurs consomment jusqu'à six romans par année (sic).

Cela étant dit et compte tenu de son contenu (et de ce qu'on m'en a dit), Voyage au bout de la nuit me prendrait, en ce moment, entre sept et quinze jours... - Mais ce que j'ai lu, ici, sur Wittgenstein, je crois que j'en aurais pour dix ans.

Paraît qu'un Américain détient en ce moment le record Guinness de lecture rapide : 25,000 mots à la minute. Voyage au bout de la nuit en moins de 8 minutes. - Je suppose qu'il a fait installer un four à micro-ondes dans son foyer ; ce qui lui permet, en même temps, de passer une soirée complète en 12 ou 13 minutes. - À se demander qui tourne les pages de son livre quand il lit.

Et vous ?

Jeff

Note de l'éditeur : Voir également "Écrire", par Simon Popp - Chronique du 4 avril 2016. (cité également un peu plus loin dans cette édition).

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Mot de passe 2

En octobre dernier, j'ai expliqué pourquoi les mots de passe devaient être plus complexes qu'une simple série de lettres en suggérant d'utiliser à la fois des chiffres et des lettres (majuscules et des minuscules), mais également au strict minimum de 10 à 13 caractères. Mais comment se souvenir de mots de passe aussi longs ? m'a-t-on demandé. Deux méthodes :

La première, car il ne faut pas utiliser le même mot de passe partout (courriel, etc.), est d'utiliser un logiciel

La deuxième, beaucoup moins difficile, est de se souvenir des premières lettres d'une ligne d'une chanson, du premier vers d'un poème ou d'une réplique théâtrale :

Ainsi : «Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon coeur» pourrait vous servir à créer le mot de passe suivant : «LjnepppqlfdmC» (en n'oubliant pas de mettre en majuscules la première et dernière lettre ou en ajoutant un signe de ponctuation.

Le principe général est de ne pas utiliser des mots ou combinaisons de chiffres personnels : votre date de naissance, votre numéro de téléphone, le nom de votre animal de compagnie, etc.

Finalement, il faut changer ses mots de passe régulièrement. La raison est quelque peu complexe car elle découle des habitudes des pirates informatiques qui, dès qu'ils ont réussi à pénétrer dans un réseau, récupèrent immédiatement la liste de tous les mots de passe de leurs usagers, liste dont ils se servent pour pénétrer dans d'autres réseaux où ils font la même chose. Cela leur rend plus facile à pénétrer dans d'autres et ainsi de suite. - Pas question, dans leur cas, d'essayer les combinaisons AAA-AAB-AAC et ainsi de suite.

Car si vous croyez que Simon_Templar est un mot de passe difficile à trouver, il devient facile quand on sait qu'il s'agit du même que vous avez utilisé à votre banque, pour vos courriels, chez votre fournisseur de gadgets...

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Et avant que j'oublie :

Sur le site de Radio-Canada-Nouvelles (http://ici.radio-canada.ca/), vendredi dernier, le 2, un article d'Émile Dubreuil intitulé : «Les adultes Asperger, ces géants aux pieds d'argile» qui débutent comme ceci : 

« On les appelle autistes de haut niveau ou autistes savants. Car, pour une raison qu'on ignore, leurs capacités intellectuelles sont le plus souvent impressionnantes : mémoire encyclopédique, compréhension cristalline de la réalité. On pourrait dire que ce sont des autistes manqués. 

« Comme si l’autisme n’avait pas réussi à subjuguer leurs capacités intellectuelles », résume le psychologue Normand Giroux. Mais cet important panache cognitif repose sur une fragilité toute particulière. S’ils sont plus performants que les gens « normaux » intellectuellement, les autistes Asperger sont des « handicapés émotifs ».

Je ne sais combien de temps cela restera disponible, mais c'est à l'adresse qui suit :

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1003510/adultes-asperger-diagnostic-autisme

(Vous pouvez vous y fier : c'est mon ami Serge qui m'a fourni ce lien.)

Jeff

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77 - 2016-11-07

R.I.P.

C'est après avoir appris qu'une tante avait vendu le chalet que lui avait légué par testament son mari pour payer ses funérailles que j'ai décidé, lorsque je faisais mes études en économie, d'écrire un mémoire sur les frais entourant la mort et l'inhumation d'un individu au Québec.

Dans ce mémoire, à l'aide de statistiques, j'ai démontré que ces frais étaient montés en flèche dès que des centaines de salons funéraires furent achetés par quelques firmes qui, jusqu'à il y a quelques années, controlaient environ 85% du marché. - Particulièrement à Montréal et dans ses environs.

Récemment, je me suis renseigné sur les coût actuels et fut encore une fois surpris d'apprendre qu'après l'achat d'une maison et d'une auto, les frais funéraires faisaient partie des déboursés les plus importantes d'un couple.

Ces dépenses ont considérablement diminué depuis l'avènement de l'incinération, mais encore là, ils continuent d'être les mêmes nonobstant les modifications que ces dépenses ont apportées dans le rapport «coût et prix demandé».

En passant, ces entrepreneurs essaient, au Québec et ce, depuis des années, de se faire renommer thanatologues depuis la fondation de leur corporation issue du Collège des embaumeurs (1958) et de l'Institut des embaumeurs (1961) et dont la mission est de «représenter le domaine funéraire et ses professionnels, en plus de soutenir son évolution et de promouvoir l’excellence de ses services», soulignant que cette Corporation est «un allié incontournable des thanatologues dans une optique de développement d’affaires et facilite toutes les étapes du deuil.»]

Vous pourrez en lire tous les détails à l'adresse qui suit :

https://www.domainefuneraire.com/corporation

En voici son logo :

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Sur le site canadianfunerals.com , vous apprendrez (je traduis approximativement) :

Qu'au Canada, historiquement, le secteur des pompes funèbres n'a pas ouvertement divulgué les prix de ses services funéraires, et de nombreux sites de pompes funèbres ne publient toujours pas leurs listes de prix, mais que depuis quelques années, l'on trouve de plus en plus des maisons funéraires qui divulgent ouvertement le coût de forfaits funéraires.

Cependant, le coût d'un enterrement peut encore varier considérablement selon l'endroit où vous vivez et le  fournisseur de services funéraires que vous utiliserez. [...] Généralement, cependant, les coûts offerts par les entreprises qui se spécialisent dans ce domaine seront plus dispendieux que les maisons funéraires familiales [car] dans le secteur des pompes funèbres les économies d'échelle ne fonctionnent pas toujours en faveur des consommateurs.

On y suggère de se renseigner auprès de quelques maisons avant d'en choisir une car les choix dans ce domaine sont multiples :

Ces choix sont liées au type de cercueil, au type de doublure, d'une voûte, d'un lot au cimetière, d'une pierre tombale, etc. - Dans le cas d'un enterrement, le coût de l'embaumement s'ajoute à ces choix car il faut considérer la location d'une salle, l'exposition, le nombre de jours, les véhicules nécessaires, les services d'un célébrant et ainsi de suite ; qu'il s'agit là habituellement d'une décision qui doit être prise à un moment stressant et que les choix peuvent être intimidant au point où l'on s'en remet beaucoup trop au directeur de ce qui sera un enterrement, i.e. : "Faites ce que pensez être approprié..."»

Quelques prix :

«"Ce qui est approprié" peut débuter aux environs de 5 000 $, mais peut facilement atteindre 15 000$...» - Une crémation, par contre, est susceptible de coûter environ le quart de ces coûts . Une crémation simple, directe au Canada peut, par exemple, commencer aux environs de 600 $, tandis qu'une crémation avec un service, débours supplémentaires (avis de décès,exposition, fleurs, etc.), peut facilement se chiffrer dans les 4 500 $

«À noter que les coûts d'une crémation varient en fonction de votre province et la région. Par exemple, une crémation à faible coût peut être obtenue dans certaines régions du Québec pour aussi peu que 587 $, à Vancouver, pour 995 $ et à Toronto, pour 1 400 $, alors que dans le Nouveau-Brunswick une crémation simple peut coûter près de 3 000 $.»

Qu'inscrit-on dans les bilans financiers des thanatologues après avoir soustrait les dépenses des ventes brutes ? Les mots «profits» ou «bénéfices» ?

***

Note (pour ceux qui lisent encore leur horoscope) :

Le soleil en novembre est, au tout début, dans la constellation de la Balance pour ensuite passer dans celle du Scorpion pour finir dans celle d'Ophiuchus qui est la seule constellation à ne pas être associée à un signe astrologique.

Méfiez-vous des astrologues qui ne connaissent pas cette constellation.

Et puis, pour terminer :

«Le physicien danois et Prix Nobel Niels Bohr avait un jour accroché un fer à cheval au-dessus de sa porte. Consternés, des amis s'exclamèrent qu'il n'ajoutait sûrement pas foi à cette pitoyable superstition. "Non, en effet, répondit-il tranquillement, mais apparemment, ça marche, qu'on y croit ou pas."» (Christopher Hitchens)

Merci à Copernique pour cette citation.

Jeff

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76 - 2016-10-03

Mathématiques et mots de passe

Quand on me demande pourquoi je m'intéresse tant aux mathématiques, je réponds toujours par deux notions que j'ai apprises il y a des années :

La première est celle du nombre  π et la deuxième, l'équation qui découle du théorème de Pythagore dont la plus simple expression est : a² + b² = c².

J'en ai apprises bien d'autres depuis ce temps-là, mais ces deux-là m'ont ébloui et continuent de m'éblouir. De même que :

2 + 2 peuvent égaler 5

... à condition que les nombres «2» soient de grandeurs suffisantes

ou encore que :

le soleil tourne autour de la terre

... si l'on considère que la terre est fixe.

π :

Avez-vous déjà remarqué que, quelle que soit la grandeur d'un cercle, la longueur de sa circonférence est toujours 3.141592... fois celle de son diamètre ? (On en est renu à quelque chose comme quinze trillons de chifres «après le point» car il s'agit d'un nombre infini). C'est la toute première chose qui m'a fasciné quand j'ai commencé à m'intéresser aux mathématiques. Il s'agit là d'un nombre qui relève presque de la métaphysique.

Jeune, on me disait : «multiplie par 22 et divise par 7» (au lieu de faire l'exténuante opération de multiplier par 3.141592...). Je trouvais ça simpliste, bon pour les paresseux, facile, mais un jour, j'ai essayé de calculer l'erreur qu'une telle formule causerait comme distorsion dans un nombre aussi important que la circonférence de la terre calculée à partir de son diamètre (environ 12,700 kilomètres - passez-moi l'approximation). Ben, ce diamètre, multiplié par 3,1415926535 (dix chiffres «après le point») m'a donné une circonférence de 39.89823 kilomètres tandis que multiplié par 22 et divisé par 7, j'en suis arrivé à 39,91428. Une éneaurme différence de 16 mètres (virgule 05%). Alors, si vous pensez que je m'en fais depuis ce temps-là...

Note : I couldn't help remembering, reading the above, a joke made by the British Comedian Milton Jones (look him up on YouTube : he's hilarious) about having baked an apple tart and taken it to Leeds, Liverpool and Reading after having been told by his math teacher to make sure to take π to three dismal places. (Note de Copernique)


a² + b² = c² :

Pytagore, par contre, n'a jamais cessé de m'épater. J'ai lu, il y a longtemps que les égyptiens avaient découvert, des centaines (des milliers ?) d'années auparavant, que dans un triangle à angle droit, la somme au carré des deux cotés formant cet angle était toujours égale au carré de son hypothénuse. À se demander si ce n'est pas cette curiosité qui a fait qu'on pouvait obtenir, ainsi, un angle droit...

Ce que l'on sait, c'est qu'on a construit de grandes pyramides au moyen de cette connaissance.

Et puis, vous saviez qu'on a finalement résolu le pourquoi de la présence du nombre π dans ces pyramides ? C'est que les égyptions se servaient d'une roue pour mesurer les distances entre deux points parce qu'avec une corde ou des chaines et les variations de température...

Et puis voilà qu'on m'a posé la colle : «C'est quoi l'hypothénuse d'un triangle dont l'angle droit est formé par deux cotés d'égale longueur, i. e. la racine carré de 2 ?, de 8, de 18 ?... »

Moyenne :

La notion la plus étonnante concernant les moyennes concerne l'intellligence humaine et peut être résumée comme suit :

Quelle que soit l'heure, l'année, l'endroit où vous êtes, la moitié des gens qui s'y trouvent sont moins intelligents que la moyenne [des gens qui s'y trouvent]. Et si vous êtes seul, vous ne pouvez pas être plus ou moins intelligent que vous l'êtes.

Quant à savoir à quel niveau se situe cette moyenne, tout dépend naturellement de l'endroit où vous vous tenez...

              

Ou avec qui :

             

Mais passons à quelque chose de plus pratique : aux mots de passe

On n'y pense jamais, parce que la plupart du temps on nous en demande un à la dernière minute et comme on veut s'en souvenir, on tape toujours le même ou on invente un très facile à retenir. Et puis, on est surpris d'apprendre que quelqu'un est entré dans son système informatique et est allé consulter son compte en banque (ce qui, dans mon cas, est sans importance car son solde est généralement négatif). - Lisez un peu les journaux et vous constaterez que les sites de grandes entreprises et même des bureaux ou des départements gouvernementaux sont sujets à ce genre d'invasions continuellement.

Pensez à un mot de passe constitué d'une seule lettre, d'une lettre minuscule. Suffit de 26 essais pour le trouver n'est-ce pas ? - En moyenne 13 mais oublions cette «moyenne» pour le moment - Vous n'avez qu'à taper "a", puis "b", "c", "d" jusqu'à "z" si, par hasard vous avez choisi cette dernière lettre.

Ajouter à vos minuscules, les majuscules et déjà, vous avez doublé ce nombre d'essai à 52. ("A", "a", "B", "c", "D", "d" et ainsi de suite.

Ajoutez les chiffres de 1 à 10 et vous en serez à 62. Déjà mieux.

Appelons ces minuscules-majuscules-chiffres «caractères».

Ajoutez une deuxième caractère à ces 62. Vous en serez à 124 ? Pas du tout. Car au premier de vos caratères («A») vous devez ajouter non pas un seul caractère pour trouver toutes les variantes de "AA", "Aa", "AB", "Ab", "AC", "Ac"... à "AZ" et "Az" mais 62 ; même chose au deuxième («B»), au troisième («C»), au quatrième («D») et ainsi de suite. - Faites le calcul, vous verrez qu'avec deux caractères, on peut créer 62 x 62 mots de passe : 3,844 !

Et continuez : ajouter un troisième caractère : 62 x 62 x 62 : 238,328.

À quatre, vous en serez rendu à combien? - À... 62 X 62 X 62 X 62... 14,776,336 !

et poursuivez vos calculs.

En pratique, disons que vous avez une amie qui s'appelle Marie Paule et que vous voulez utiliser son nom comme mot de passe. - Un truc ? Ajoutez un chiffre entre son nom et son prénom. Ex. :

Marie3Paule

Votre mot de passe sera composé de combien ? ONZE caratères : 2 majuscules, 1 chifre et 8 minuscules. - Vous savez combien de mots de passe qu'on peut créer avec ONZE majuscules, minuscules et les chiffres de 0 à 9 ?

62 X 62 X 62 X 62 X 62 X 62 X 62 X62 X 62 X 62 X 62

ou

52,036,560,683,837,100,000

Pas impressionné ?

Alors lisez bien ce qui suit :

Pour découvrir votre mot de passe, un ordinateur capable de faire 100,000 essais à la seconde prendra, non pas quelques jours, quelques semaines ni quelques mois pour entrez dans votre système informatique mais :

16,500,685 ans !

Marie3Paule, quand même `ce n'est pas la fin du monde !

Tous mes mots de passe sont constitués de 13 caractères et n'allez pas me dire que vous êtes incapables de vous souvenir du début d'une chanson, d'un vers, du prénom de votre premier professeur ou du nom du chien de votre premier ou de votre première ami(e)... en ajoutant un ou deux chiffres.

Et je ne vous ai pas parlé des signes de ponctuation ni de caractères accentués ou autres caractères. )

13 caractères ? - 63,428,633,710 ans.

Tout ça pour qu'on ne sache pas le solde négatif de votre compte en banque...

Jeff

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75 - 2016-09-05

La rentrée

Septembre. Dans deux, peut-être trois semaines, nous verrons les premières pubs pour l'Halloween sur nos petits écrans, suivies de près par celles du temps des fêtes.

Septembre. Disparues, enfin, ces affiches qui nous enjoignaient d'aller chez X, Y ou Z qui, chacun, essayaient de nous convaincre qu'on pouvait se procurer chez eux les fournitures scolaires à meilleur prix. Depuis le début de juillet.

Septembre. Difficile à croire, par une chaleur étouffante, que d'ici peu, il faudra ramasser les feuilles mortes - et pas à la pelle, Monsieur Prévert : avec un rateau.

Septembre. Une nouvelle année qui commence. Enfin : c'est ce que nous disent les journaux, les libraires, les institutions d'enseignement. - Pourquoi pas ? Qui a dit : "Aujourd'hui est le début d'un Nouvel An. Appelons-le Premier". Mais Premier de quoi ? - Ce jour-là n'a aucun rapport avec l'équinoxe ou le solstice qui, au moins, eux, ont un certain sens. - Et pourquoi avoir fixé le début des classes au début de septembre ? Un indice : les récoltes.

Septembre. Ventes de fin d'année chez les concessionaires d'automobiles. Pourquoi pas ? Les nouveaux modèles -  ceux de l'an prochain - seront là dans un mois.

Septembre. Bout de bon dieu, c'est bien vrai ! Du jour au lendemain tous les iPhone de la planète deviendront désuets, vieux, out of style. Tout comme mon paletot de l'an dernier.

Septembre. Oh, les larmes des petits qu'on amènera pour la première fois à la garderie...

Septembre. Pourquoi pas le 16 mars ou le 18 août ? Y'a les chats et les chiens, je suppose qui doivent se demander ce qui se passe. - A-t-on idée, aussi, de commencer à penser rentrer les meubles du jardin ?

Septembre. Au fait, vous savez où j'ai entreposé mes pneus d'hiver ?

Jeff

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74 - 2016-08-01

Pauvre Serge !

Note : tous les passages soulignés renvoient vers des sites Internet.)

J'ai lu quelque part, dans le Scientific American courant, je crois (*), que, lors de la dernière Journée mondiale de la sensibilisation à l'autisme, Apple aurait diffusé un publicité dans laquelle un autiste écrivait un message sur son iPad disant qu'il était, avec ce génial appareil, très heureux, enfin, de pouvoir communiquer avec le reste du monde, etc.

(*) Scientific American - August 2016, p. 75 - The Quack of the Gaps problem (facilitated communication, autism and patients' rights) by Michael Shermer : «This past April 2, on World Autism Day, Apple released a heartstrings-tugging commercial depicting an autistic boy typing, in part with the assistance of a facilitator, a message on a iPad that voiced : "So many people can't understand that I have a mind. All they see is a person who is not in control. But now you can hear me. The iPad helps me to see my words but to hold unto my thoughts..."» - Note de l'éditeur.

Le problème avec cette publicité, comme il est mentionné dans le reste de l'article, est qu'on n'y fait pas mention du principe de la "Communication facilitée" ou, en anglais, du "Facilitated Communication", utilisé par Apple lors de l'enregistrement de cette publicité. Or, cette méthode dite "de soins thérapeutiques", conçue dans les années soixante a été décriée par le monde scientifique comme étant sans valeur et à peu près abandonnée par tous depuis au moins vingt ans, sauf par quelques militants de réputation douteuse. - Voir à ce propos : 1) le procès intenté, en 2003 par l'orthophoniste Anne-Marguerite Vexiau contre le magazine Charlie Hebdo... qui avait décrit cette méthode comme étant une "grotesque charlatanerie" (procès qu'elle a perdu) et 2) l'article du Dr Laurent Jézéquiel dans la revue Science et pseudo-ciences de mai 2007, section "Escroquerie et exercice illégal de la médecine"

Liens :  http://autisme-info.blogspot.ca et http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article743

Nous avons tous, déjà, attiré, ici même, l'attention de nos lecteurs sur le côté souvent quasi malhonnête ou frisant la grosse menterie des publicités d'Apple (2) sauf qu'on ne parle pas d'informatique dans leur cas, mais de religion...


(Source : www.businessinsider.com)

(2) Celle dont je me souviens le plus consistait à dire qu'Apple pouvait (à ce moment-là), lire à la fois le contenu de ses disquettes de même que celles de ses concurrents (PC) alors que... - C'était quelques mois avant qu'Apple adopte définitivement le format des disquettes PC... - Un peu comme la firme Zenith avait, un jour, annoncé que ses téléviseurs étaient toujours fabriqués à la main (et qu'ils étaient donc plus fiables)... le temps de transformer leurs usines au procédé "transistors"...

Je mentionne cet article car, comme vous le savez, j'ai un ami, Serge, qui est atteint du syndrome d'Asperger, une forme que l'on décrit souvent comme étant une forme "légère" de l'autisme (quoique j'aimerais bien qu'on me dise ce que l'on entend par "légère")

***

«Est-ce que tu comprends quelque chose au soccer ?» me demandait Serge il n'y a pas très longtemps, dans une série de messages auxquels j'ai fait référence dernièrement. «Un peu. Comme tout le monde, enfin, je pense." lui ai-je répondu. «Alors, tu comprends quelque chose au cricket ?» - "Alors là, pas du tout !» - «Ben, c'est comme ça ...» - Et de là, il poursuivit sa tirade :

"Imagine la vie comme étant une partie de cricket. Tu ne connais rien aux règlements. Tu ne comprends pas ce qui doit se passer. On te fout une batte dans les mains et on te demande d'empêcher quelqu'un de renverser, au moyen d'une balle qui doit auparvant heurter le sol, un bout de bois soutenu par trois autres derrière sans t'expliquer comment ni pourquoi.

"Ces non-explications du comment et du pourquoi m'embêtent, tu peux pas savoir :

"L'autre jour, j'étais au restaurant et quelque m'a demandé si j'avais l'heure. J'ai répondu 'oui' et je me suis fait dire que j'étais impoli et un grossier personnage. Pourtant, la veille, dans un bar, rus St-Denis j'avais entendu quelqu'un donner la même réponse et une dizaine de personnes s'esclaffer...

"Dans le garage de mon immeuble, il y a, comme dans tous les garages, une rampe pour les autos et des marches pour les piétons. Les marches sont d'une absurdité totale. Il faut en monter trois pour ensuite en descendre vingt-neuf entrecoupées de rampes dont plus de la moitié - je parle des marches - ont des girons (1) qui mesurent entre un pas et un pas et demi. - Le genre d'escalier qu'on retrouve au Musée des Beaux-Arts, à Montréal. (2)- C'est d'un pénible pour des gens comme moi que d'emprunter un escalier semblable. Alors j'utilise la rampe. - Ben, tu sais quoi ? On m'a dit que si je persistais à utiliser cette rampe, on allait me supprimer la permission d'y garer ma voiture. - Y'a pire : un endroit pour que les handicapés puissent garer leur voiture, mais pas d'ascenseurs entre cinq heures du soir et huit heures du matin.

(1) Dessus d'une marche d'escalier ou pareti sur laquelle on pose le pied. (Note de l'éditeur).

(2) En 1675 - c'est pas d'hier -, Nicolas-François Blondel a énoncé la formule de la forme idéale des escaliers, formule utilisée de nos jours par la plupart des architectes, formule de laquele découle l'assertion suivante : une hauteur de marche faible induisant des nez prononcés n'est pas une bonne solution d'accessibilité quel que soit l'angle. (Note du chroniqueur)

"Je suis de plus en plus convaincu que les serveurs et serveuses dans les restaurants sont sourd. Impossible ou presque de commander et recevoir du pain grillé, le matin ("toasts"), sans beurre. C'est un peu comme acheter des aliments sans quelque chose, sans sel, sans mayo, sans sucre : c'est toujours plus cher."

"T'es sûr que Simon n'est pas Asperger ?"

Jeff

***

73 - 2016-07-04

En vacances

Et pourquoi pas ?

J'en ai profité pour vider mon carnet de notes.

Précoce, moi ? - Disons qu'à l'âge de sept ans, quand le pape est venu à Montréal, j'ai entendu deux de mes tantes dirent qu'il suffisait de le voir une seule fois dans sa vie pour être sauvé. Pas trop futé encore, mais j'ai eu des doutes. - Et puis on a eu beau m'amener voir les Dix Commandements (Cecil B. DeMille), Ben Hur (William Wyler) et The Robe (Henry Koster), j'ai toujours su qu'il s'agissait là de navets, mais, par la suite, j'ai beaucoup apprécié la bataille navale et la course de chariots de l'autre Ben-Hur, celui de Fred Niblo (1925) avec l'unique Ramon Novarro. - Et vous savez quoi à propos de ce Ramon ? Sa carrière ne s'est pas terminée avec ce Ben-Hur : il a même tenu un rôle dans Bonanza ; celui de Jose Ortega, en 1965, dans l'épisode portant le titre de The Brass Box.

Vous saviez qu'au XVIe siècle, lors des fêtes de village, on brûlait des chats vivants ? - C'est une chose que je n'ai jamais dite à mes enfants. Et à chaque fois que j'y pense, j'en ai la chair de poule.

"B. R." ? - Je ne le jurerais pas, mais je crois que ce sont les initiales de Bertrand Russell. Quoiqu'il en soit, voici ce que j'ai noté vis-à-vis ces initiales : "Si l'on oublie ce qui pourrait être logique, il faut admettre qu'est étrange la foi de ceux qui croient en un être omnipotent, omniscient et bienveillant qui, après avoir pris des siècles pour créer des galaxies sans vie, trouve tout à fait normal la venue d'Hitler, de Staline et de la bombe H."

Note : Je crois que c'est ce même Bertrand Russell qui a dit un jour qu'on devrait enseigner, en classe, l'art de lire les journaux avec un certain scepticisme. - Mais, de Carlyle, j'en suis sûr, j'ai trouvé la définition de la démocratie suivante : "un monde chaotique alimenté par des urnes de vote".


Thomas Carlyle
(1775-1881)

(Source : http://a5.files.biography.com/)

De Paul Dubé : "La théologie n'est pas une ignorance avec des ailes, c'est une variante de la géométrie." - Il en parlait, justement, le mois dernier.

De Woody Allen (une variante) : "Je ne crois pas en un dieu avec barbe fleurie régnant dans les nuages, mais je suis convaincu qu'il existe une main organisatrice qui contrôle le monde... sauf certaines parties de Pointe-Saint-Charles." (Woody Allen parlait du New jersey.)

Quelques mots bizarres : "sapajou" (comme dans : "un repère de sapajous"), "endêver", "rédhibitoire" et, en anglais cette fois-là : "discombolutate" (jeter dans un état de confusion) !

Quelques expressions tout aussi bizarres : "curiosités hérodotesques" ; "appétit sacchomaniaque" ; "numquid et tu" (titre d'un livre d'André Gide) ; "des vêtements dont le prix aurait pu nourrir un village pendant un an" ; "contaminé par des dogmes"...

De Simon Popp : "Je ne comprends pas ces recherches que l'on effectue depuis des années - et qui coûtent une fortune - pour retrouver le chaînon manquant. J'en rencontre à tous les jours."

Du Professeur Marshall : "L'étudiant qui, au lieu de suivre des cours magistraux, regarde par la fenêtre fera peut-être un brillant météorologue."

...et je vous quitte parce que je suis de garde. Et les enfants, ben, ça mange.

Au mois prochain pour mon ami Serge.

Et de grâce, profitez de l'été.

Jeff

***

72 - 2016-06-06

Faut-il pleurer, faut-il en rire ?
(air connu)

Simon m'a bien fait rire réfléchir il y a une quinzaine de jours quand je lui ai demandé comment il se faisait qu'il savait tout sur tous les sujets. - "J'ai deux réponses, m'a-t-il dit., trois, si vous considérez que je ne connais absolument rien sur à peu près tout, y compris la politique, cinq des six continents, sept si vous comptez l'Antartique, la plupart des sports, la mécanique, la chimie, la biologie, la musique asiatique, africaine ou hawaïenne et comment faire cuire un steak à la poêle... " - En voici deux :

Réponse numéro un :

Avec le temps, on finit par comprendre qu'il est très facile de changer de sujet dans une conversation à deux ou à trois. Avec un peu de pratique, on peut réussir avec une foule de six ou de huit et même plus. Aussi, quand on en arrive à parler de quelque chose dont on ne connaît absolument rien, suffit de relancer la conversation dans une autre direction. - Exemple : on vous demande si vous avez regardé le match de foot, la veille, à la télé. Vous répondez que votre téléviseur est en panne et que vous cherchiez justement (1) à le remplacer et demandez tout de suite [à la ronde, si nécessaire] si votre ou vos interlocteur(s) a (ou ont) des appareils grands écrans, s'il en est (ou sont) satisfait(s) et puis de là, passer à si ça vaut la peine d'avoir un téléviseur et ansi de suite. - Rien de mieux que de poser des questions quand on vous adresse la parole.

(1) Le mot "justement" marque une coincidence ou une corrélation, conformément à la la lexicographie,  section B,  2e paragraphe,  du  Centre National de Ressources Textuelles et Lexicale. - Note de l'éditeur.

Réponse numéro deux :

Trente ans nous séparent, Jeff, et si, au cours des prochains trente ans, vous lisez un livre par mois, écoutez une oeuvre classique, par mois et visionnez un film recommandé par tous les critiques du monde entier, par mois. Vous aurez lu 360 livres, écouté 360 pièces musicales et vu 360 grands films. - Le double, et probablement le triple, de toutes les personnes de votre, alors, entourage. - Même que, à force de lire, d'écouter et regarder des choses méritant d'être lues, écoutées et regardées, vous en serez probablement passé à plus de 500 sinon 1000 oeuvres.. - Un seul nuage à l'horizon : plus personne ne vous parlera.


(The Third Man - Caorl Reed - Scène finale.)

147 et 787

Tout comme 500 est une marque importante au football, baseball ou hockey, celui de 147 est un nombre tout aussi mythique tous sports confondus. Il s'agit du plus grand nombre de points qu'on puisse accumuler lors d'une seule partie (break) au snooker où le toujours légendaire Ronnie Sullivan détient à la fois le plus petit temps pour le réaliser (5 minutes 20 secondes), mais également le nombre de fois qu'il l'a réalisé au cours de sa carrière (13). Rien de comparable, je suppose, au record de Julio César Chavez Gonzales à la boxe (107 vitoires 6 défaites et 2 nulles en 25 ans de carrière) ou au 2 heures 02,57 minutes du marathon de Dennis Kimeto en 2014 (Berlin) et qui, demain, s'attaquera aux 22 médailles olympiques de Michael Phelps, aux 91 victoires de Schumaker en Grand Prix et au 1,072 buts de Wayne Gretsky ?

Ce sont là des nombres connus de tous les amateurs de sport sauf que ce n'est pas l'un de ceux-là que je cherchais récemment. Celui que je cherchais se rapportait plus à un certain type de livre publié anuellement au Québec et ce nombre, je l'ai trouvé non sans en avoir découvert des centaines d'autres qui m'ont tous étonné. Je vous le donne tout de suite ; il s'agit de 787.

Combien de titres sont publiés au monde chaque année ? Des centaines de milliers. La Chine à elle seule en imprime plus de 440,000. Suivent les États-Unis avec 305.000, la Grande Bretagne avec 184,000 et la Russie avec 102,000. La France, derrière l'Inde, le Japon, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne... arrive bon douzième avec 42,000 et le Canada, loin derrière, avec 19,900. Ces chiffres proviennent du site de l'UNESCO.

Le Québec (Statistiques de l'Édition au Québec - Bibliothèques et archives nationales) en était, en 2011, à 6,154 dont le tirage moyen était de 2,273. - Tout format compris (livres, brochures et monographies), l'on passe à 9,822 titres dont 8,690 en français, nombre qui comprend 334 livres de poésie et - mais là, les chiffres varient énormément - entre 488 et 819 romans, une moyenne de 787 dépendamment des années, de la source des informations (enregistrements sous la loi des droits d'auteurs, éditeurs commerciaux, éditeurs privés, livres publiés directement par l'auteur, etc.)

Ces statistiques sont, à cause de la difficulté de les compiler, approximatives, mais quelles que soient les méthodes utilisées, il n'est reste pas moins que la quantité de livres publiés chaque année dépasse tout ce que l'on pourrait s'imaginer.


(Image en provenance du site http://www.loree-des-reves.com/)

Je ne la retrouve plus, mais Sempé (auteur du dessin ci-dessus) a publié il y a quelques années une caricature où, à l'intérieur d'une librairie l'on pouvait voir des comptoirs, des étagères, des murs et des murs de livres plus des portes donnant accès à d'autre pièces où l'on mentionnait «plus de livres par ici». - Au comptoir, un revendeur disait à un client : «Vous avez publié un livre ? Ah, enfin sortir de la masse !» - Cette caricature en disait long sur l'absurdité de la publication, en particiler, de romans - nombre sur lequel je veux revenir - dont plus de 1,300 allaient faire l'objet de la rentrée littéraire, en France, l'an dernier.

«Aujourd'hui, tout le monde publie, disait Bernard Pivot,... sauf quelques auteurs.»

La question est : comment se retrouver, ne serait-ce qu'au Québec, dans les romans qu'on y publie à raison de plus de deux par jour?

Call me overprotective, comme disent les Anglais, mais j'aime mes enfants et quand je pense aux livres qu'ils liront au cours de leur vie, car ils aiment tous lire, je n'ai aucune idée comment les guider.

Jeff

***

71 - 2016-05-02

Handicap

J'entendais Paul parler, il n'y a pas longtemps, de son père qui lui disait souvent qu'on ne pouvait pas tout avoir dans la vie : "Être beau, intelligent et parler l'anglais." - "Il avait raison, disait Paul. Je parle l'anglais et je suis donc parti dans la vie... handicapé."

Je n'ai pas trouvé le nom de l'illogisme de cette conclusion (argument fallacy), mais je dois avouer qu'elle n'est pas si bête qu'on puisse le penser car il n'y a rien de plus extraordinaire dans la vie que de surmonter un handicap.

Je m'explique :

Si, excusez mon argumentation, l'on ajoute riche au fait que l'on soit beau, intelligent et qu'on parle l'anglais (ajoutez la santé tant qu'à y être), il m'apparaît plus que probable que son avenir sera d'un indiscutable ennui. Pas de challenge, comme disait l'Inspecteur-chef Jacques Clouseau. Tandis que né avec un handicap...

Je suis, en ce sens, content d'avoir un ami comme Serge qui m'en apprend plus sur moi-même que tous les manuels de "self-help" publiés depuis des années. Il est, pour ceux qui m'ont lu, asperger et il a comme grande qualité de ne pas penser comme tout le monde, son attitude me fait continuellement douter de mes propres pensées et c'est dans ces circonstances que je réalise peu à peu que je surmonte un certain handicap qui consiste à avoir pris pour acquit tout ce qu'on ma enseigné quand j'étais jeune.

Raison de plus pour faire attention à ne pas inculquer des connaissances à ses enfants, mais bien leur enseigner à penser par eux-mêmes.

Tout ça m'est revenu en discutant avec un collègue qui disait qu'avec nos calculettes, tablettes et ordinateurs, on n'enseignait plus aux enfants à calculer. Il parlait des fameuses tables de multiplication qu'on nous forçait, jeunes, à apprendre par coeur au point où, adultes, comme disais je-ne-sais-plus-quel-comédien on se souvenait de l'air mais plus des paroles. - Tant mieux, ai-je pensé : je préfère qu'on explique aux miens ce qu'est une addition, une mutiplication, l'extraction d'une racine carrée et comment se servir d'un appareil qui fera ces opérations à leur place.

Vous savez, vous, combien il y a eu de croisades et en quelles années ? - C'est pourtant une question qu'on m'a posée lors d'un examen pour l'obtention de mon diplôme de secondaire V. La réponse, je peux la trouver sur le WEB en trente secondes.

Pensez à la dernière incarnation de Sherlock Holmes qui souligne que le cerveau est comme un disque fixe : si on le remplit de n'importe quoi, ne reste plus de place pour enregistrer les informations utiles.

Jeff

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