Les billets de Madame George Gauvin

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No. 001 to 010

(Série suivante)

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010 - 2014-01-06 - Aimer, à perdre la raison (air connu)

Qu'est-ce qu'on fait quand ils sont malades ? J'ai eu beau me dire que ça allait passer, que c'était temporaire, que tous les enfants passaient par là... mais Eric - onze ans cette année - aux prises avec une mauvaise grippe, ça a été la fin du monde ou presque.

Je n'ai pas pensé à Dieu, ni à la bonté universelle, ni au grand design de la vie, je n'ai vu que ce pauvre petit corps qui toussait et qui avait froid, et qui avait chaud, et qui est mon sang, et qui est mon âme, et je me disais que c'était insupportable.

D'où prend-t-on l'énergie pour passer au travers des expériences semblables ?

Quelques jours plus tard , il allait mieux. Il me regardait en se disant : "Qu'est-ce qui m'est arrivé ?" - Je l'ai embrassé sur le front et je lui ai dit que je l'aimais. Je lui aurais donné n'importe quoi.

Mon chum regardait, pendant ce temps-là, je ne sais plus quel match de hockey à la télé. "Ben quoi, qu'il m'a dit, il a la grippe : ça va finir par passer."

Y'avait raison, mais maudit que les hommes ne comprennent rien. Je me serais appuyée sur son épaule et ça aurait été ok, mais y'avait le sac de Nachos et la bière entre nous deux.

Eric ? Va mieux. Un matin, il a dit qu'il avait faim. - Moi ? J'aurais pleuré de joie.

Puis il a mis son sac à dos et est parti pour son dernier jour d'école, avant les vacances de Noël. Son père, au moment ou`vous lirez ceci, l'aura eu à Noël, je l'aurai eu au Jour de l'An.

Qui lui aura dit de me glisser à l'oreille que j'étais "la meilleure maman du monde" ? Je ne sais pas mais j'ai failli rougir.

Avec un petit hop aujourd'hui, car au cours du prochain weekend, il sera avec son père.

George

***

009 - 2013-12-02 - Les pleurs et les livres

Est-ce que le nom de Salvatore Amedeo Buffa qui a fait carrière  sous le nom d'Amedeo Nazzari vous dit quelque chose ? - Ça vous aiderait de savoir qu'il est né en Sardaigne, en 1907 et qu'il est décédé à Rome, en 1979 ? - Pas beaucoup plus, n'est-ce pas ? - Disons qu'il était, avec Tyrone Power, le comédien favori de ma mère. Voici sa photo :



(Photo en provenance du site http://www.findagrave.com)

Bel homme. Enfin : en son genre, et à son époque.

La raison pour laquelle je vous parle de lui, dans une chronique sur la lecture, c'est que j'ai souvent VU ma mère regarder ses films, une boite de Kleenex à la portée de la main. Et il en a tourné beaucoup. 175 selon l'Internet Movie Database. De ce nombre, je ne sais combien elle en a visionnés, mais elle n'en a jamais manqué un. Tous des mélodrames. Je me souviens d'un en particulier dont le scénarion était à peu près ceci :

Destiné à une carrière de médecin et en amour avec une jeune fille, Amedeo se fait insulter par elle parce que sa mère avait été voir la jeune fille en question pour lui expliquer qu'elle devait le laisser parce qu'elle n'était pas de son rang, etc., etc. Vous voyez le genre. À a fin, si je me souviens bien, il se retrouve, par un concours de circonstances, à la soigner d'une grave maladie contre laquelle il ne peut rien. Alors, la prenant dans ses bras, il gravit les marches d'un long escalier où, tout en haut, se trouve une statue de la Vierge Marie qu'il implore et, sure enough, comme aurait dit Voltaire, le miracle se produit et, enfin, peuvent-ils se marier.

Ben, croyez-le nou non, il m'arrive de lire avec une boite de Kleenex pas très loin.

Ne vous inquiétez pas, je n'en suis pas aux romans Harlequin ni aux mélodrames, mais il y a toujours de la tristesse dans Stendhal, par exemple, et je défis n'importe qui de lire les soeurs Brontë sans un pincement au coeur.

Après tout, on ne lit pas tout simplement pour apprendre quelque chose.

Et hop !

George

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008 - 2013-11-11 - Enfin l'hiver !

Comme tout le monde, je n'aime pas les tempêtes de neige, ni les froids sibériens, mais ne me dites pas que l'hiver est une saison détestable. Personnellement, je crois que l'automne est la plus belle saison de l'année. Suivi de près par l'hiver. Viennent ensuite, dans l'ordre, le printemps et l'été.

Pourquoi ? Pour les vêtements, les soirées "auprès du feu" et... la nourriture.

Je n'aime pas les vêtements d'été. J'ai toujours l'inmpression d'être à moitié nue. Parlez-moi des chandails (de laine), des pantalons, des tailleurs, des longs manteaux et des foulards. - Je suis un peu prude, on the side, mais y'a-t-il quelque chose de plus confortable qu'une robe de chambre en épais coton et un pyjama en flanelle ?

Je n'ai pas de "feu" (foyer ou cheminée) à la maison, mais j'ai ce que j'appelle une "couverture à pied", c'est-à-dire une couverture dont un bout se termine en double, formant une grande poche dans laquelle on insère ses pieds. Bien enveloppée, il n'y a rien de plus merveilleux pour lire un livre lors de ces grandes soirées d'hiver ou ces dimanches où il fait trop froid pour sortir

Quant à la nourriture, que peut-on manger l'été ? Des fruits, des légumes, des salades dont on finit par se lasser tandis que l'hiver, y'a les pots-au-feu, les potages, les soupes (ma favorite ? au pois), les fondues, une quantité incroyable de plats mijotés, le tout qu'on peut faire en grande quantité et congeler, ce qui évite à avoir à passer des heures devant sa cusinière. Et puis c'est économique car acheter en petites quantités, ce qu'on est presque obligé de faire l'été, ce n'est pas bon marché.

Tiens, la semaine prochaine, je crois que je vais faire un ragoût de boulettes avec poulet. Rien de plus excitant que rentrer chez soit, décongler, réchauffer et servir.

Bon appétit.

Et hop !

George

***

 

007 - 2013-10-28 - Une chanson aujourd'hui

J'aime François Bellefeuille, celui - j'ai lu récemment - qu'on décrit comme étant "étrange mais si talentueux". Pour une phrase qu'il dit dans un de ses monologues : "qu'il a toute les défauts de ses qualités ; qu'il est perfectioniste mais qu'il est également paresseux".

Mon cas.

Si je passe des heures à tricoter, il est très rare que je finis ce que j'ai commené et il n'y a rien que j'aime plus que me réveiller, seule, dans mon lit, quand mon chum est à l'extérieur ; nue - ou à peu près - avec Sam, mon chat, qui me ronronne dans le cou. Si c'est un samedi, c'est le bonheur total. Si c'est un dimanche, c'est encore mieux.

En ces moments-là, le monde est parfait. Pas de problème de "Qu'est-ce que je vais porter aujourd'hui ? ", de "Qu'est-ce qui m'attend au travail ? ", et pire encore "Qui va s'occuper du petit quand je ne serai plus là ?"

Ce n'est pas, par hasard, que nous, les filles - n'est-ce pas ? - qui vivont continuellement sous l'emprisee de nos émotions, nous nous dispersons souvent dans toutes sortes d'activités.

C'est ce qui rend l'écriture si difficile.

Ceci :

J'ai une amie marathonienne. Elle en fait, en plus de la bicyclette et beaucoup d'autres choses, trois, quatre, cinq par année. C'est sa façon à elle de se sauver. - Je ne la blâme pas.

Elle essaie quand même de me convaincre depuis des mois et des mois, de courir avec elle. Ne serait-ce que deux ou trois kilomètres par jour. Vous savez ce que je lui réponds ? Quand j'aurai vu une marathonienne souriante, je ne dis pas... mais en attendant...

Et hop !

George

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006 - 2013-10-14 - Y'a de ces jours...

Hé oui, y'a de ces jours...

De nulle part, ça vient, comme ça : je me réveille et je me trouve moche. Pas particulièrement laide : moche, inintéressante, sans avenir, sans talent. Il me semble que j''ai pris dix kilos au cours de la nuit. Je ne vois que mes rides autour de mes yeux, la mèche grise du côté droit et des seins trop affectés par la gravité.

Et puis y'a mon chum qui, ce matin-là, m'ignore. Les résultats des matchs de la veille lui semblent plus importants que mes vergetures ou mes bourrelets.

Mes pieds sont enflés. J'ai définitivement besoin de voir ma manicuriste. Er puis qu'est-ce que c'est que cette tache qui vient d'apparaitre sous mon aiselle droite ?

Et puis il y en a d'autres.

Dans l'ascenseur. Un beau bonhomme. de dix, vingt ans mon aîné qui me dit, comme ça, pour rien, que je suis belle. Cherchait définitivement pas à me séduire. Juste à me dire que j'étais belle ou que le tailleur que j'avais ce matin-là était ravissant.

Avant-avant hier (il y a trois jours quand vous lirez ceci), c'est un courriel (mail) qui m'a fait plaisir. Il était de notre Disk Jockey, Paul Dubé, qui m'a envoyé le texte d'une chanson de Sacha Guitry (J'ai deux amants).

Le voici :

J'ai deux amants, c'est beaucoup mieux !
Car je fais croire à chacun d'eux
Que l'autre est le monsieur sérieux.

Mon Dieu, que c'est bête les hommes !
Ils me donnent la même somme
Exactement par mois
Et je fais croire à chacun d'eux
Que l'autre me donne le double chaque fois
Et ma foi
Ils me croient
Ils me croient tous les deux.

Je ne sais pas comment nous sommes
Mais mon Dieu
Que c'est bête un homme, un homme, un homme
Mon Dieu que c'est bête un homme !
Alors vous pensez... deux !

Un seul amant c'est ennuyeux
C'est monotone et soupçonneux
Tandis que deux c'est vraiment mieux.
Mon Dieu qu'les hommes sont bêtes
On les f'rait marcher sur la tête
Facilement je crois
Si par malheur ils n'avaient pas
A cet endroit précis des ramures de bois
Qui leur vont !
Et leur font un beau front ombrageux

Je ne sais pas comment nous sommes
Nous sommes nous sommes
Mais mon Dieu
Que c'est bête un homme, un homme, un homme
Mon Dieu que c'est bête un homme !
Alors vous pensez... deux !

Paul m'a dit qu'il déposerait la version musicale (André Messager) la prochaine fois.

J'ai hâte.

Et hop !

George

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005 - 2013-09-30 - Serge

Salut!

En réalité, je devrais vous dire "Salut, les filles !" parce que je sais que des gens de mon sexe lisent Le Castor™ et c'est la raison pour laquelle je me suis jointe à son équipe. Ce qui ne veut pas dire que je suis féministe, ni pro love-entre-femmes, ni anti-penisniste, non : je veux juste dire mon mot et mon mot, aujourd'hui, se rapporte à la séduction.

Vous vous souvenez de ce "Serge" dont a parlé Jeff il y a quelques semaines ? Ben, figurez-vous que je l'ai rencontré la semaine dernière. - Hasard, etc.

Je ne sais pas si vous vous étiez imaginées, comme moi, qu'il était petit, maigrichon, avec des lunettes, parlant à voix basse, mais détrompez-vous :

Le "Serge" de Jeff mesure dans les six pieds quelque (1,90 m +) ; doit bien peser dans les 200 livres (90 kilos +) et, quand il parle, comme disait le regretté cardinal Richelieu, "You notice" (Merci Monsieur Pérec !).

No Lennie in "Of Mice and Men" (Lewis Wilestone - 1939) here : pas un abruti aux capacités intellectuelles diminuées, mais un bonhomme d'une intelligence raffinée qui fait peur.

Quand je lui ai tendu la main, il a reculé. C'est comme ça que je l'ai reconnu. Puis, il m'a regardée. Jamais je ne me suis senti aussi étudiée, scrutée et même déshabillée de ma vie : en deux secondes, de son regard, il m'avait enlevé ma robe, mon chemisier, mon soutien-gorge, mes vous-savez-quoi. Et puis cette vue perçante s'en est allée allieurs comme s'il n'avait pas cru poli (Oscar Wilde) de m'avoir regardée.

Jamais eu aussi peur de ma vie. Ce bonhomme-là m'aurait demandé d'abandonner tout ce que je suis pour le suivre en Sibérie que j'aurais dit oui. Drette-là, sur le champ. Puis, pouf !, il est devenu ordinaire, d'une gentillesse presque à toutes épreuves ; d'une gentillesse, hélas, que j'aurais pu dire "calculée" : précise, constante, insoupçonnée et même trop vraie-pour-être-vraie.

Un côté inapprochable. Vous voyez ce que je veux dire ?

Parait que même avec cet horreur de se faire toucher (et de toucher les autres), il en aurait séduit tout un paquet... Surprenant, non ?

Personnellement ?

Je pensais, jeune, que mon corps était destiné à un Prince Charmant. - C'est à un Prince Charmeur que je l'ai donné. Puis y'a eu celui qui m'a donné Éric.

Et puis, maintenant, je ne sais plus.

Mais vous savez quoi ? - Je préfère m'appeler George que Serge.

Et hop !

George

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004 - 2013-09-16 - Chum !

Ma mère avait raison : la vie est ben triste et remplise de chagrins... (oui, oui : "remplise")

Me suis encore pognée avec mon chum, hier. Jamais vu une tête dure comme la sienne. Toujours en train de dire le contraire de ce que j'avance et, quand je lui demande des explications, il s'enfarge dans toutes sortes de commentaires qui se contredisent ou qui ne tiennent généralement pas debout. Jamais une goutte qui vient du coeur. Tout de la tête, comme si on ne pouvait pas avoir du plaisir pour le plaisir. Critique tout et quand je dis "tout", je veux dire "tout" : il analyse, juge et condamne n'importe quoi. Pas moyen de lui faire dire s'il a aimé un spectacle ou non. "Le décor était bien. La prise de son pas trop mauvaise, mais il y a eu des longueurs..." - Non mais, on s'en fou'tu, du décors et de la prise de son ? Comprend jamais qu'on ne va pas au spectacle pour se prononcer sur les talents de quelqu'un, mais bien pour voir, écouter, penser, pleurer et rire. - C'est ce que Paul appelle la "catharsis".

Tout ça à propos d'un bonhomme que j'adore et dont ce même Paul parlait il y a deux semaines : Fred Pellerin.

"T'as aimé ?" - "Excellent vocabulaire. Me fait penser à Rabelais quand il invente des mots.Très sympathique. Communique très bien avec son public..." - "C'est pas ça que je te demande : je te demande si tu l'as aimé !" - Aucune réponse. Je vais lui présenter Simon : vont bien s'entendre. - Même pas capable de dire s'il a, non pas aimé, mais au moins apprécié son "Mile après mile". - "Je préfère la version de Willie Lamothe" qu'il m'a dit mais incapable de dire pourquoi. - Y est allé avec des explications sur le fait que c'est Willie qui a rendu cette chanson populaire, que Willie méritait d'être mieux connu, que Willie était un pionner dans le domaine, etc., etc.

La prochaine fois, j'irai avec ma chum de fille.

Si lui ne veut pas le dire, moi je vais vous le dire : je suis en amour avec Fred Pellerin. Jamais quelqu'un m'a fait passer des moments comme lui m'en fait passer avec ses contes qui, je l'avoue, me font souvent rire, mais autant pleurer. Il est simple, naturel, pas prétentieux pour deux sous. Et puis il est beau comme un coeur. Si je vivais avec lui, il serait tout mon univers : mon amoureux, mon frère, mon ami et puis je prendrai soin de lui comme je prends soin de mon fils, Éric ; mon fils que je regardai, hier, avec son "Geronimo", car il a beau avoir onze ans, il n'est pas encore sorti de l'enfance. Et puis, ma foi du bon Dieu, je pense qu'il ressemble à Fred avec ses petites lunettes rondes, ses cheveux bouclés, son menton arrondi et, quand il rit, c'est Fred en personne, aussi naturel et aussi gauche que lui. Tout le contraire de son père qui vient me le chercher un weekend sur deux.

Oui, la vie est ben triste et remplise de chagrins...

Pas tout le temps, quand même. La semaine prochaine, par exemple, je m'en vais, avec Éric, passer tout le weekend chez ma soeur qui possède, selon lui, la plus grande bibliothèque du monde entier, avec sa collection complète de Tintin, Spirou, Astérix, Lucky Luck et je ne sais quoi d'autres. Un vrai paradis, quoi. Un vrai paradis pour moi aussi car ma soeur est... coiffeuse et esthéticienne. Je vais revenir chez moi, dimanche soir, belle comme un coeur.

Pour me faire dire par mon chum ; "Kosta faite avec tes cheveux ?"

Je vous laisse avec Sacha :

"Elle s'est donnée à moi et c'est elle qui m'a eu."

Et hop !

George

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003 - 2013-09-02 - Chères nous autres,

"T'es pas pour citer, dans chacune de tes chroniques des phrases qui dénigrent les femmes !" me disait une amie, la semaine dernière.

Hé ben oui. Parce qu'elles sont généralement drôles et puis, les hommes, avec elles, sont convaincus qu'ils nous comprennent.

Celle-ci, par exemple :

"Il y a plus d'honnêtes femmes qu'on ne le croit, mais pas tant qu'on le dit." (Alexandre Dumas)

Mais j'ai promis la dernière fois de vous parler de vêtements, de parfums et de bijoux. Alors voici :

Question : Connaissez-vous une femme qui suit la mode ? - Moi pas.

Personnellement, je dis à toutes mes amies que je la suis pas. Et pourtant : au cours des derniers vingt ans, j'ai porté des épaulettes, des mini-jupes, des legs-warmers, de boucles d'oreille démentielles, des gants sans doigts, des pantalons de parachutistes, d'immenses chandails (extra-extra-larges), j'ai été grunge, hyppy, gitan, peppy, hip-hop, minimaliste et même été dans des soirées en jeans sur le point de se désagréger mais avec des blouses en soie hors-prix. Bref : j'ai suivi la mode comme tout le monde.

La raison que je me suis donnée a toujours été la même : c'est tout ce que je pouvais trouver dans les magasins, que je fréquentais ; une raison qui n'a jamais pu expliquer de façon logique mon engouement, une année, pour les espadrilles Reebock, puis Nike l'année suivante... pour les bottes en tous genres (même en été), ni les inconfortables sous-vêtements qui font partie de ma garde-robe depuis quelques années grâce à Linda Kozlowski qui en a fait la promotion - vous devez vous en souvenir - dans "Crocodile Dundee" en 1986.

Quant aux bijoux, les seuls que je ne porte pas sont ceux qu'on m'a donnés parce que, hors prix comme ils le sont, j'ai peur de les perdre. Je préfère ceux de pacotille dont on peut en posséder cent, deux cents et que l'on combine de mille et une façon.

Question : Qu'est-ce qui nous pousse, nous les femmes, à agir de la sorte ?

Faut pas demander. Je ne sais pas pour toutes les femmes, mais j'ai beau, moi,réfléchir à tout cela, je ne trouve pas de réponse.

Pour les parfums, par exemple, je sais très bien qu'il n'en coûte pas $100 pour fabriquer une bouteille d' "eau de parfum" de marque, que dans ce prix, plus du tiers sera re-investi dans de la publicité (magazine dispendieux) pour me convaincre qe j'ai fait un bon achat, mais c'est cette publicité que j'encourage, forcément, qui me dit que, même si je trouvais la même odeur dans une bouteille à $10, je serais incapable de m'y habituer.

Comme me disait un de mes ex-chums : "Qu'est-ce que Ralph Lauren, ex-revendeur de cravates, peut bien connaître aux parfums et aux montures de lunettes ?" ou "Depuis quand Pierre Cardin est-il devenu expert en chocolat ?" - Heureusement, il n'a pas connu mon sac Hermès, mes souliers Christian Dior et mon tailleur Calvin Klein, tous achetés à rabais il va sans dire, car qui peut se payer ces choses-là ? J'ai même eu un, un certain printemps qui m'a rendu presque folle, un manteau signé Courrèges, mais celui-là, avant de le porter, je me suis assuré que tous les étiquettes avaient été enlevées. J'avais peur qu'on me le vole !

De toutes façons, les hommes, dans ces domaines-là n'ont jamais rien compris.

S'imaginent que nous nous habillons, que nous nous maquillons, que nous nous faisons coiffer... pour eux !

Soyons sérieuses, les filles : remercions la Providence qui nous a donné nos SPM... Vous savez : ces épisodes où, enfin, une fois par mois, nous sommes normales. Un petit problème avec ces jours-là : bout de bon Dieu que nos chums nous tombent sur les nerfs !

Et ce mois-ci, je pense que celui qui est celui que j'ai en ce moment aurait toutes les raisons pour se tenir éloigné.

Et hop !

George

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002 - 2013-08-19 - Ouf !

La première s'est bien passée. J'ai même reçu divers messages de félicitations, moi qui avais tant peur de me mesurer à des Popp ou des Marshall...

Écrire n'est pas facile.

And now for the second, comme dirait Pline le Jeune (vous voyez, je commence à prendre les habitudes de la maison).

...

Copernique mentionne, dans sa chronique d'aujourd'hui, les découvertes que, par rapport à chacun de nous, il nous arrive de faire lors des rencontres, relativement récentes (d'après ce que j'ai pu comprendre), qui précèdent une édition du Castor™. Je le sais parce qu'il m'en a fait parvenir une copie avant de l'envoyer à Monsieur Pérec avec une gentille petite note : "[Comme vous êtes nouvelle...] si ça peut vous aider..." - Si ça peut (pouvait) m'aider ? Vous essayerez, vous, chers lecteurs, d'écrire quelques lignes dans le Castor™ ! Je commençais à avoir de sérieux doutes sur ma capacité de ce faire jusqu'à, justement, je reçoive ce mot de ce cher Copernique (qui, en passant, est aussi séduisant que son père, mais qui est, pour le malheur de nous toutes, Mesdames, marié).

Je relisais son avant-dernière chronique avant-hier, celle où il était question de mots et d'expressions et, à l'endroit où il parlait des boute-en-train, j'ai tout de suite pensé à Monsieur Popp qui passe pour le grogneux, l'éternel plaignard et l'empêcheur de tourner en rond de notre petit groupe. Voilà bien un personnage - mais un vrai - qui est tout le contraire de ce qui émane de ses textes. C'est le pince-sans-rire nec plus ultra.

Lors de la dernière réunion, il me disait que la différence fondamentale qui existait entre les hommes et les femmes se résumait à ceci :

"Un homme, on peut l'enfermer dans un sous-sol et s'il y découvre une caisse contenant, je ne sais pas, moi, un train électrique miniature, par exemple, ben, faudra lui demander de remonter à trois fois lorsque le souper sera prêt. Alors que, pour une femme, lorsque son mari est parti travailler et qu'elle se retrouve toute seule dans sa cuisine, elle appelle sa mère."

George

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001 - 2013-08-05 - Bonjour !

Que j'appartienne,ou non, à l'élite du Quartier Universitaire de Napierville, vous le jugerez plus tard. Personnellement je ne suis pas prête à l'affirmer. Par alliance, peut-être, mais pour le moment, c'est en toute humilité que je me présente à vous, membres, selon l'expression consacrée, de la masse si fin et si intelligente des lecteurs du Castor™.

Avant que vous me posiez la question : je m'appelle bien George, plus précisément George-Jean (que j'ai retrouvé épellé "Jehan" dans certains papiers de famille). Je suis, si cela peut vous situez, de cette génération où les noms d'Élodie, Laetitia, Delphine, etc. furent à la mode, sauf que mon père aimait George Sand et c'est ainsi que j'ai été amenée à porter, pour le reste de ma vie, deux noms masculins. Moins désolant que s'être faite appeler Sylvia ou Émanuelle pour des raisons inutiles de mentionner.  - Mais j'ai vu pire : je me souviendrai toujours de cette pauvre petite fille qui, en ma première année à l'école, parce que son père s'appelait Georges (avec un "s"), s'était faite baptiser Georgette... Georgette Vaillancourt ! Vous vous imaginez, être obligé d'écrire un nom semblable quand on apprend à lire ?

Quant à mon nom de famille, ce n'est pas Gauvin. C'est quelque chose d'inavouable et qu'on tente d'oublier dans la famille. - Comme celui des Le Hideux ou des Le Cocu, en France.  - Aussi, ai-je adopté, comme nom de plume, le prénom de l'ami d'une autre George, celui du héros de Les vaisseaux du coeur (de Benoîte Grout) dont parlait Copernique lors de la dernière édition du Castor™.

Qui suis-je ? - Un petite nièce, très petite, par alliance, comme je disais ci-dessus, du Professeur Marshall et donc, une cousine plus ou moins éloignée de son épouse, Cléo, mais également la marraine de son petit-fils, Mycroft qui aura, onze ans, cette année.

Voilà. Vous êtes fixés. - Quant à mon âge, j'ai été vaccinée souventes fois.

Et qu'est-ce qui m'amène ici ? - Un concours de circonstances.

"J'étais dans une soirée, il n'y a pas très longtemps..." pourrais-je commencer. mais ce ne serait pas vrai. C'est que j'ai eu le bonheur, récemment, de faire publier un livre qui s'intitule "D'une George à l'autre",  une sorte d'anthologie d'écrits divers dans lesquelles j'ai essayé d'exprimer le côté féminin des choses, de ce qui nous rendait, nous les femmes, si vulnérables et, en même temps, si résilientes face aux grands et petits problèmes de la vie ; une anthologie qui semble avoir attiré l'attention du Professeur car, quelques jours plus tard, il me téléphona personnellement pour me demander si je voulais faire partie de l'équipe du Castor™. Je n'ai pas pu dire non et c'est ainsi que, mise en contact avec Monsieur Pérec, j'ai passé plusieurs heures à écrire dix chroniques, une épreuve angoissante qui, semble-t-il, n'est là que pour garantir une certaine continuité car, contre toute attente, pas une seule n'a été refusée. "Écrivez comme vous l'avez fait dans votre livre, m'a-t-il dit, ça ira tout seul."

Mais il y en avait une autre à laquelle j'ai répondu avec grâce et que je vous cite à l'instant mais, en attendant, une parenthèse :

Quiconque a rencontré le Professeur, tête dirigeante de l'UdeNap, sait que c'est qu'un homme séduisant et à la voix à qui, il est impossible de dire non. - Nous ne vivons pas sur la même planète que lui, vous et moi. Il vous regarde et, en deux secondes, l'on sait qu'il a compris qui nous sommes. Plutôt économe dans ses paroles, il n'a qu'à vous dire deux mots pour que vous vous sentiez attaché à lui pour toujours. Avouez qu'à bientôt quatre-vingts ans, faut le faire. - J'ai connu dans ma vie, un autre être semblable, mais pas du tout dans le même genre. L'autre c'était un séducteur à moulinette. Dix ans que j'ai vécu avec lui et, pendant ces dix ans, pas une seule fois ai-je pensé autre chose que je n'étais qu'un bibelot dans sa vie. De ce séducteur, je ne vous reparlerai plus jamais : ce sera ma revanche.

Pour ma deuxième épreuve, il m'a fallu répondre au questionnaire de Proust :

Ma vertu préférée.
   La stabilité.

La qualité que je préfère chez un homme.
   Son sens de l'humour.

La qualité que je préfère chez une femme.
   Son cœur.

Ce que j'apprécie le plus chez mes amis.
   La sincérité, la franchise et la générosité.

Mon principal défaut.

   Je suis étourdie.

Mon occupation préférée.

   Faire la cuisine pour mon amoureux.

Mon rêve de bonheur.
   Vivre à deux.

Quel serait mon plus grand malheur ?
   La mort de mon fils.

Ce que je voudrais être.
   Ce que je suis, mais en mieux.

Le pays où je désirerais vivre.

   Ici.

La couleur que je préfère.

   Le vert (la verdure).

La fleur que j'aime.
   Une fleur toute simple : le myosotis (forget-me-nots, en anglais).

L'oiseau que je préfère.

   Le faucon (à cause de François Bellefeuille !). (https://www.youtube.com/watch?v=NYmswB_u6sI)

Mes auteurs favoris en prose.

   Les sœurs Brontë.

Mes poètes préférés.

   Anne Sexton et Edna St-Vincent Millay, avec un fort penchant pour Marceline Desbordes-Valmore.

Mes héros dans la fiction.
   Algernon Moncrieff.

Mes héroïnes favorites dans la fiction.
   Catherine Hearnshaw et la duchesse de Guermantes.

Mes compositeurs préférés.
   Debussy, Chopin, Aznavour et Miles Davis. (Mon chanteur favori ? Julio Iglesias !)

Mes peintres favoris.
   Tous les impressionistes, mais j'ai un faible pour Chagall.

Mes héroïnes dans la vie réelle.
   Amelia Earhart et Marie Curie.

Mes héros dans l'histoire.
   Un autre femme : Elizabeth I.

Mes noms favoris.
   Paul, Camille, Sybille et Daphné.

Ce que je déteste par-dessus tout.
   La prétention.

Personnages historiques que je méprise le plus.

   Pierre Elliot-Trudeau !

Le fait militaire que j'admire le plus.

   Celui qui a conduit à la mort d'Oussama ben Laden.

La réforme que j'estime le plus.

   Toutes celles qui ont concerné la libération de la femme.

Le don de la nature que je voudrais avoir.
   Celui de voler.

Comment j'aimerais mourir.

   Durant mon sommeil, dans les bras de mon amoureux (mais je ne lui ferai pas ce coup-là !).

État d'esprit actuel.

   Heureuse, mais inquiète.

Fautes qui m'inspirent le plus d'indulgence.
   Celles qu'on commet sans le savoir.

Ma devise.
   Je n'en ai aucune, mais j'aime beaucoup entendre : "Tous pour un, un pour tous, vingt pourcent".

Ouf ! - Et c'est ainsi que se terminera ma toute pemière chronique.

Quelques mots, de plus, si vous me le permettez  : je ne joue ni au bowling, ni au golf ; je ne fais pas de randonnées pédestres ni ne m'intéresse aux voitures, aux Olympiques ou au sport en général, mais c'est à bicyclette que je me déplace le plus souvent. Ce que je peux aimer la sensation du vent dans mes cheveux !

Vous verrez.

Je vous laisse, aujourd'hui, avec un petit mot de George Sand, justement : "L'esprit cherche et c'est le coeur qui trouve."

À bientôt.

Très nerveusement vôtre,

George

***

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