Les billets de Madame George Gauvin

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No. 021 to 030

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030 - 2015-10-05- Bêtes noires ?

Une petite note :

Je ne suis pas entrée dans la salle où nous tenions notre rencontre en lançant, comme ça, "Quand j'entends, ne serait-ce que le début du 'Boléro' de Ravel, j'éteins immédiatement ma radio ." cité au début de cette édtions du Castor™ ; c'est que la musique qu'on entendait en arrière-plan état justement ce "Boléro" et je vais vous dire de quelle chaîne de radio : de la station de Jean-Pierre Coallier, la 99,5 FM dite CJPX, dite "Radio-Classique" dont la "devise" est "Écoutez comme c'est beau" où, si vous écoutez, pendant deux ou trois semaines, vous entendrez au moins deux fois, les même "classiques".

Ces "classiques" sont une de mes bêtes noires. Mais, entre vous et moi, ils ne sont rien, comparés à ce que l'on fait tourner dans les autres chaînes de radio quoique... je ne dis pas un mot quand mon chum insiste pour écouter les "Amateurs de sports". C'est mon côté surréaliste car je n'y comprends rien.

Quant à mes pet peeves, si j'oublie un ex-chum et les gars qui se sont fait entièrement tatouer un bras (parfois les deux) et qui insistent pour flirter avec moi, ma liste serait plutôt courte. Faut dire que je connais pas grand nmonde.

George

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029 - 2015-09-07 - Du paradis à l'enfer

J'étais chez La Baie, il y a trois jours : grand rabais, 25%, plus 10% (si vous possédez la carte La Baie).

Pour ceux qui ne connaissent pas La Baie, il s'agit d'un établissement ayant plusieurs succursales un peu partout au Canada et probablement ailleurs (je me suis laissé dire que Saks de New York faisait partie de leur empire) et qui appartient à (quoique je n'en suis pas sûre) un groupe qui se nomme "La Compagnie de la Baie d'Hudson" (The "Hudson Bay Company") qui remonte au XVIIe siècle et au sujet de laquelle Copernique Marshall et Paul Dubé pourrait vous entretenir pendant des heures.

Le La Baie dont je parle est un magasin à rayons situé face au Square Philips, rue Ste-Catherine à Montréal.

J'y étais pour m'acheter des blouses.

Pour ceux qui ne savent pas (je me répèete) ce qu'est une blouse au Canada - pardon : au Québec -, il s'agit d'une chemise pour femme avec cette caractéristique que ses boutons vont de droite à gauche par rapport à ceux d'une chemise pour homme qui vont de gauche à droite. - Pas certaine, non plus, de ce que j'avance, mais les femmes à l'écoute savent de quoi je parle.

Pourquoi des blouses plutôt que des chemises ou des t-shirts ou des chandails ? C'est que ça fait partie des règlements vestimentaires (non codifiés) de la shop où je travaille.

De 75$ à $250$ la blouse, la chemise ou le chemiser, quel que soit le nom que vous voulez leur donner (moins 25%, moins 10%) selon qu'elles ou qu'ils soient signé(e)s.

Ai-je de besoin de dire ce qu'est une signature ?

Aparté :

C'est Paul [Dubé] qui m'a raconté être allé, un jour, au British Museum (je crois) voir une exposition d'oeuvres en provenance du Japon et que, parmi ces oeuvres, il avait vu unkimono, en soie forcément, d'un noir impeccable d'un côté, mais d'une splendeur incroyable de l'autre, avec des paons, fleurs et jardins multicolores de l'autre. M'a dit que ça avait appartenu à un richissime homme d'affaire qui le portait toujours du côté noir quand il recevait ses clients, mais qui savait lui, ce qui se trouvait à l'intérieur.

Même chose rapport aux blouses chemises ou chemisiers... signés. - Qui va savoir que le mien ou la mienne provient des ateliers de Chanel, DNKY, Ralph Lauren. Cardin, Armani, Calvin Klein, Versace (etc.) ou Ti-Jean Doré, un couturier de Barraute en Abitibi... quand il ou elle ne sera visible que derrière un veston et une veste qui en couvrira 90% ?

Je vais vous le dire : moi !

Et c'est là où je passe du paradis à l'enfer :

Qu'est-ce que j'ai à lorgner ces vêtements en coton (ou en soie) qui me coûteront les yeux de la tête quand pour le quart du prix, je pourrais trouver, dans le rayon des vêtements pour enfants, deux étages plus bas, l'équivalent et qui auront la même texture, seront faits du même coton et qui auront la même fonction... avec cette différence que les boutonnières en seront inversées ?

Je vous le demande.

Je vous le demande sérieusement car j'en achète pour mon fils.

Et je pourrais continuer comme cela longtemps. Sauf qu'il me faudra, après-demain, me taper au moins six boutiques pour me trouver une paire de jeans car, évidemment, mes hanches sont trop larges, mes cuisses trop minces, ma taille trop différentes de celle de mes fesses...

Et l'on voudrait, par dessus le marché, que je ressemble à Gisele Bundchen ou Kate Upton.

Pourquoi pas Kate Middleton, tant qu'à y être ? - Faut dire que la reine Elizabeth ne l'aime pas trop, trop.

George

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028 - 2015-08-03 - Vacationing !

Quand vous lirez ceci, je serai en vacances. Avec mon chum et... Madame Bovary. Des années que je veux lire ce roman dont on n'a jamais cessé de me vanter les mérites et et pour lequel je n'ai jamais trouvé le temps. Une grosse brique tout de même et faut dire que son début ne m'a jamais enchantée :

"Nous étions à l'Étude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail..."

Mais j'ai tenu bon et n'en ai jamais lu un résumé, ni n'en ai vu une seule adaptation cinématographique.

C'est pour vous dire que j'y tenais et que j'y tiens toujours. - Peut-être que je devrais mettre un boîte de Kleenex dans ma valise... - Je verrai.

Et où allons-nous ? À Ste-Marguerite du Lac Masson, dans les Laurentides, où les parents de mon chum ont un chalet qu'ils nous prêtent... gratos !

J'en profiterai pour bronzer mon corps d'albâtre.

George

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027 - 2015-07-06 - Intellectualissisime

Toujours la même question, non ? Kocéqu'on est supposé faire quand on n'a pas eu le loisir, le temps, le courage, l'occasion ou l'intelligence de lire, quand on était jeune, Proust plutôt que Guy des Cars, d'écouter Beethoven plutôt que Michael Jackson ou d'aller voir Le Regard d'Ulysse plutôt que Pulp Fiction ?

Déjà que, ayant déjà eu dans mon sac Les rois maudits de Maurice Druon, j'ai passé pour une illuminée à la shop où j'ai travaillé il y a mille ans.

J'étais chez une amie - une intellectuelle de mon âge - l'autre jour. Avec Monsieur Perec. Elle m'avait demandé si je connaissais quelqu'un qui pourrait "faire le ménage" dans sa bibliothèque parce que, comme elle disait ; "Doit bien y avoir des choses qui méritent d'être conservées", sauf qu'elles ne savait pas lesquelles.

"Ça oui, ça non, oui, mais il vous faudrait la suite. Et puis il vous manque ses poèmes, tandis que là, si jamais vous êtes intéressée, l'UdeNap vous fera une offre..." a dit  celui que l'on considère, au Castor comme la sommité dans le domaine de la littérature.  (Hé : n'importe qui qui a lu les auteurs grecs et latins dans le texte est, chez nous, une sommité.)

Pauvre de moi, que je me suis dit, avec mon Autant en emporte le vent et les lettres de Madame Sévigné, qu'est-ce que je suis à côté de ce monde-là !

C'est Monsieur Popp qui m'a remise sur la bonne piste il n'y a pas si longtemps. - M'a dit : "Est-ce que, quand tu lis, tu découvres un monde auquel tu n'as jamais pensé ? - Ben, c'est ça la lecture. C'est ça la littérature. C'est sortir de son univers et découvrir celui d'un ou d'une autre et savoir qu'on n'est pas seul au monde."

...

Je l'ai découvert par hasard, dans un libraire de la rue Ste-Catherine, près St-Denis, il y a un an ou deux. Je l'ai lu, comme ça, dans le métro, sans trop y porter attention. Puis il m'est retombé dans les mains, il y a trois semaines. Et je l'ai relu. - "Les vaisseaux du coeur". - Je ne sais pas si vous savez ce que c'est, mais c'est d'une auteure du nom de Benoîte Groult (née en 1920 et toujours vivante - selon Wikipédia). - Relu, mais attentivement, cette fois-là. - Pas juste pour l'histoire. - Pour savoir qui avait écrit ce roman.

Je suis, depuis deux semaines - et j'en suis fière - une intellectuelle car, maintenant, je sais ce que c'est que lire.

Un petit problème : faut maintenant que j'apprenne à écrire.

"La vie est affreuse et remplise de chagrins..." (air connu)... car je vois l'immense côte que j'ai à remonter.

George

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026 - 2015-06-01 - Condescendant Simon ? Nah..

Cette épithète revient sans aucune hésitation à ... à Paul Dubé, notre disk-jockey, malgré que ce ne soit pas de sa faute. Entre-nous, on l'apelle "Monsieur Sait-tout", Le problème, c'est qu'il sait tout.

Pauvre lui !

Il est gentil, généreux, souvent affable et a un de ses sourires... (quand il sourit !)

Je suis allée à Québec avec lui il n'y a pas très longtemps. Oh, rien de ce qu'on pourrait penser : j'avais un rendez-vous (d'affaire) et lui devait passer par là pour d'autres raisons. Nous n'avons fait que voyager ensemble. Dans sa voiture. Et puis, chemin faisant, nous nous sommes arrêtés, Dieu sait où, pour faire le plein.

Et c'est là que je me suis dit : "Oh mon Dieu ! Je voyage avec un extra-terrestre !" Pourquoi ? Parce qu'en remontant à bord de sa voiture, il me dit, comme ça, comme si c'était tout à fait naturel :

"Vous savez, George, que c'est ici qu'a été établi, en 39-45, le record per capita de la contribution en argent pour l'effort de la deuxième grande guerre ?".

Je l'ai juste regardé, comme vous l'auriez regardé, sauf qu'il a ajouté :

"Et vous savez pourquoi, je sais ça ?"

Non, évidemment.

"Je n'en ai aucune idée !, ajouta-t-il. C'est une malédiction de ma nature. Tout comme je peux vous dire que le comédien qui jouait le rôle de Tolomeï dans Les rois maudits de Claude Barma, en 1972, s'appelait Louis Seigner et qu'il avait déjà été l'Argan dans le Malade imaginaire de Molière en '59... - Vous voulez que je continue ? Parce que... je ne suis pas très en forme aujourd'hui !"

Heureusement.

M'a bien fait réfléchir par la suite quand il me raconta une rencontre qui eut lieu, un jour, entre Proust et Anatole France :

"Vous avez, cher Marcel, lui aurait dit France, quand j'étais jeune, je n'étais ni beau, ni intéressant. Alors je lisais et c'est ainsi que j'ai développé ce que certains appellent un don, celui de se souvenir de choses qui m'ont par la suite servi à écrire, mais qui ne fut, en fait, qu'une malédiction."

"La preuve que je n'étais pas beau, ajouta Paul, c'est que j'ai eu beau me tenir, pendant toute ma jeuness, avec des curés, des frères et des soeurs, jamais - pas une seule fois - a-t-on tenté de me molester... Merde ! Et je suis zéro dans tous les sports !"

Là, j'ai ri.

George

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025 - 2015-05-04 - Monsieur Mystère

Il y en a un dans votre bureau ou à la shop où vous travaillez ou avez travaillé.

Je recommence :

Je suis allé dans un salon funéraire il y a une dizaine de jours. Pour "rendre hommage" à une amie de ma mère décédée à la suite, comme on allait le lire, comme d'habitude, dans tous les journaux, "après une longue maladie". Par pour la défunte, que je connaissais à peine, mais pour ma mère que son décès a beaucoup affectée. - Et c'est là que je l'ai vu rentrer. Celui à qui personne ne parlait et qui ne parlait à personne, à ma shop d'avant. C'était le frère de la défunte.

Paul [Dubé] me l'a décrit une fois quand il m'a parlé des gens qu'il devait rencontrer dans son milieu. "Dans une entreprise, me disait-il, il est inutile de poser des questions au président sur ce qui se passe chez lui : il n'en sait rien. Ni à aucun de ses vice-présidents ou à son directeur administratif. Ces gens-là ne savent rien. La personne qu'il faut rencontrer, c'est celui dont le bureau est situé sous un escalier et qui est là depuis des années. Lui, et lui seul, connaît les rouages de l'entreprise, qui fait quoi, où sont les problèmes et pourquoi il y a eu un accident la veille ou l'avant-veille..."

En plein mon bonhomme.

Son bureau était situé près de la porte de sortie "de secours", celle qu'il ne fallit ouvrir qu'en cas de nécessité absolue. Il n'avait ni voisin à droite, ni à gauche et sa fenêtre - il avait quand même une fenêtre - donnait sur l'édifice d'à côté où il semblait y avoir son double, à moins qu'il fut son frère jumeau.

En quoi consistait son travail ? Aucune idée. Tout ce que je sais - tout ce que nous savions, c'est qu'il était là le matin quand nous rentrions travailler et le soir quand nous quittons. Le midi, il mangeait son ou ses sandwiches à son bureau et ne se lèvait que deux fois par jour. De quoi régler l'horloge au-dessus de la porte d'entrée ou sa montre-bracelet. A dix heures du matin et à trois heures de l'après-midi. Pour aller vous-savez-où et passer dans la cuisinette prendre un café, deux laits, deux sucres, le matin, et un verre d'eau dans l'après-midi.

Ce n'était pas ce qu'on aurait pu appeler un solitaire ou un vieux garçon enragé (d'ailleurs il avait un jonc à l'annuaire de sa main gauche). Il nous saluait poliment d'un geste de la tête et nous appellait tous et toutes par nos prénoms. Il était même très gentil, prêt en tout temps à aider un ou une collègue qui avait des problèmes avec son ordi. Sauf qu'il ne chit-chatait jamais. - Pas moyen de savoir ce qu'il pensait, ce qu'il faisait dans ses temps libres, s'il avait une conjointe, des enfants, s'il aimait la radio, la télévision, le hockey. Rien.

L'embêtant, c'était son regard. Je ne me souviens pas avoir vu des yeux aussi perçants que les siens. - Comme me disait ma voisine de droite, un jour : "Il ne nous regarde pas : il nous pompe."

Et puis, au salon dont je parlais au début, voilà qu'il apparut soudainement. C'était un des frères de la défunte.

Il serra une main à gauche, une autre à droite, salua tous les gens présents en se penchant quelque peu puis, me voyant, à côté de ma mère, me dit ; "George ! Mais qu'est-ce que vous faites là ?"

J'abrège. J'abrège.

Et c'en fut fini du mystérieux Monsieur Mystère. J'ai appris, ce soir-là, qu'il était veuf, qu'il avait un fils de quinze, qu'il habitait non loin de chez moi (mais dans le sens opposé au trajet que j'emprunte tous les jours) et que, tout compte fait, c'était un homme comme les autres.

Adieu au côté romantique que je lui ai souvent attribué.

George

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024 - 2015-04-06 - Yeah, sure : le printemps !

Je n'ai aucune idée de ce qui, au printemps, peut rendre les hommes si stupides - je veux dire : si en rut, presque lubriques, libidineux même, et obscènes, et bestials (bestiaux ? - Sonne drôle, vous ne trouvez pas ?)

Ne se passe pas une demi-heure, depuis deux semaines, au bureau, sans qu'un bipède, se prenant pour un grand séducteur, trouve une excuse pour se pavaner devant mon bureau ou celui d'une collègue. S'ils étaient tous beaux, je ne dis pas, mais les gallons de bière qu'ils ont ingurgités depuis septembre dernier n'ont - disons - pas contribué à les rendre plus séduisants qu'ils ne l'étaient l'été dernier.

Et puis, s'il y a une saison que nous, les femmes, trouvons détestable, c'est bien celle qui précède l'été.

Je sais que je ne suis pas la seule, mais, dès mars ou avril, parfois mai - dépendant du temps, dès que je sors ma garde-robe de printemps, il me faut réaliser que mes seins, ma taille, mes hanches ont pris des proportions inattendues. Pas exactement inattendues, mais réparties différemment parce que le total, lui, en centimètres ou en pouces, ne semble pas avoir changé. - Un ami (!) me disait récemment qu'avec l'âge, nous devenons de plus en plus affectés par la gravité. Détestable, me dire ça, mais je ne peux pas nier la réalité.

Et puis, depuis plusieurs printemps, six rides - au strict minumum - se sont ajoutés à mon visage, à chaque année. Quant aux vergetures, autant ne pas en parler. Pourtant, après le petit, me semble que mon ventre s'était raffermi...

Autant ajouter que mes cheveux se sont mis à grisonner.

C'est mon chum qui m'a dit, un jour que je me suis trouvée grosse : "Mais qu'est-ce que tu as fait cette nuit ? Une razzia dans le frigo ? Tu ne te trouvais pas grosse hier soir..."

Pour tout vous dire, je m'attendais à ce que, le 14 février dernier, il m'offre une boîte de chocolats à faible teneur en glucides. - De quoi partir une altercation qui n'aurait jamais eu de fin et qui se serait terminée par une dépression monstrueuse.

J'imagine que tout ça fait l'affaire des propriétaires de gyms, des revendeurs d'équipements "sportifs" ou de Weight Watchers®.

Et nous trouvons les hommes bêtes !

George

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023 - 2015-03-02 - Devinez

Nous étions M***, F***, T*** et moi à la cafétéria quand il est entré.

Ça nous a coupé le souffle :

Un mélange de Brad Pitt, Benedict Cumberbatch et de George Clooney avec des abdominaux à faire crever son t-shirt. Le sourire de Paul Newman, la personnalité de Daniel Craig. Tout ça mis ensemble, avec une chevelure dans laquelle j'aurais passé mes mains pendant des heures. Il aurait parlé, c'eut été Morgan Freeman. Un vrai Dieu.

Puis son chum, un autre beau gars, est venu le rejoindre.

Fin.

George

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022 - 2015-02-02 - Les mâles

Je suis, je pense, comme toutes les femmes de mon âge : j'ai trente-six (!) affaires qui me passent par la tête vingt-sept heures par jour. Et puis, par dessus le marché, j'ai mes "périodes", ces temps où on le me dit que je suis vraiment moi-même !

Certains matins, je me lève et ai l'impression d'avoir pris six kilos en dormant ; et puis d'autres où j'en ai perdu huit. Mes cheveux sont beaux, moches ; ma coiffure est superbe et ne me va pas du tout. J'ai de plus en plus de rides. Ma grossesse a détruit tout ce qui était convoité chez moi. On ne me salue plus ; on ne flirte plus avec moi. Mon Dieu, que je vieillit mal.

Et qu'est-ce qui va arriver à mon fils ?

À tout ça, faut quand même que j'avoue qu'à bien y penser, je me suis habituée.

Ce avec quoi j'ai beaucoup de difficultés, c'est de vivre dans un monde d'hommes, construit par des hommes, géré par des hommes, revu, étudié, jugé par des hommes.

Pas question là-dedans de faire son chemin ; enfin : pas son véritable chemin.

Je regarde mes collègues, celles, surtout, qui n'ont pas de chums et qui essaient de faire passer leurs idées dans des domaines où l'on admet - pardon : tolère - une certaine forme de jugement, mais à l'intérieur de règles non écrites, évidemment comprises par tous les hommes qui, naturellemen, se comprennent entre eux.

Petite vie (par bouts),

George

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021 - 2015-01-05 - Madame Tarah

C'est à un chum, que j'ai eu, il y a longtemps, et à qui j'ai pensé la semaine dernière.

Appelait son ex : "Madame Tarah".

Et c'est pour mon grand chum, que j'adore en ce moment, que je ne veux pas être une "Madame Tarah".

Vous en connaissez. Ce sont celles qui répètent constamment : "Tarah [t'aurais] dû faire des réservations", "Tarah dû tourner à gauche", "Tarah dû faire le plein"...

Une des choses qui font grimper les hommes dans les rideaux.

Je vais vous en donner d'autres :

À l'homme qui s'est tapé Toronto, Chicago et New York dans la même semaine, on ne dit pas, le samedi matin, quelle que soit la température : "Fait beau aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait ?"

Autres choses qu'il ne faut jamais dire. Paraît que tous les hommes les ont entendues au moins une fois dans leur vie en couple :

"Regarde : il danse, lui, avec sa femme."

"On sait ben : c'est ma mère."

"T'es pas pour sortir habillé comme ça."

"Cette jupe-là me fait grossir, non ?"

"Non. C'était son dernier : nous allions partir."

"Je vais être prête dans cinq minutes."

"Tu commences à perdre tes cheveux."

"Tu ne m'écoute jamais quand je te parle."

Vous en connaissez d'autres, j'en suis sûre.

Et bonne année !

George

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