Les billets de Madame George Gauvin

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No. 041 à 050

(Du 3 octobre 2016 au 3 juillet 2017)

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050-2017-07-03

Tear jerker

Vous savez quoi ? Je n'ai pas pleuré depuis des semaines. Moi qui, quand j'étais p'tite et que j'adorais l'bon dieu comme papa, dès qu'il m'arrivait la moindre chose, je sautais dans ses bras et je me mettais à pleurer. Ça a fini par passer avec le temps, l'habituel peine d'amour, la fin de semaine toute seule à la maison, le mari qui... mais, bon mois, mauvais mois, il m'est toujours arrivé de me sentir toute triste juste à écouter une chanson à la radio, à voir Éric s'ennuyer, à manquer d'argent...Dans ce temps-là, je m'enfermais dans la salle de bain et je faissais semblant de me maquiller. Sauf que là, je ne me souviens plus quand la dernière fois j'ai jeté un coup d'oeil sur une boîte de Kleenex.

Et voilà que le weekend prochain, justement, Éric ne sera pas là. Je vais aller sur Netflix. Doivent bien avoir Shakespeare in Love...

Georges

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049-2017-06-05

Le réchauffement de la planète et autres calamités

Je serai brève :

Vous avez quoi ? - Je suis content d'être une femme, une femme qui, selon tous mes amis (au masculin, vous avez noté ?), n'a aucune conscience de ce qui se passe dans la vraie vie.

Je préfère vivre dans mon petit coin où les Bush, Trump et compagnie ne me touchent pas, ne peuvent pas me toucher. Dans ce petit coin où ce qu'on prédit pour mon p'tit (réchauffement de la planète, guerre sino-russo-américaine à propos de la Corée du Nord, etc.) me fait quand même peur.

George

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048-2017-05-01

Une année n'attend pas l'autre

Suis allée dans un cinquantième anniversaire de mariage y'a pas très longtemps. Non, mais, y'a-t-il quelque chose de plus désolent que de voir des gens qui, à soixante-dix, soixante-quinze ans couchent encore ensemble. Dans le même lit ! - Faut dire que, quand je vois des couples mesurant, chacun, à peine un mètre soixante dans toutes les directions... avec de la marmaille qui les suit...

Quand je vais à la piscine et que je suis obligée de me déshabiller devant des jeunes de vingt, vingt-cinq ans, j'ose à peine me montrer et je n'en ai pas quarante ! Alors vous vous imaginez ce que je vais avoir l'air à soixante-dix. - Tout ce que je veux, c'est que mon chum ne me voit pas nue à cet âge-là, lui qui se souviendra peut-être de ce que j'ai l'air aujourd'hui ! - Déjà que mon ex se souvient de ce que j'avais l'air à vingt ans...

Oui, je sais : avec l'âge, etc. - C'est ce qui me fait dire, parfois, que je devrais me taper un jeune de vingt ans... pour une dernière fois. - Sauf qu'à vingt ans, qu'est-ce qu'il peut bien connaître du corps d'une femme ?  - Je pourrais quand même le dégourdir pour que... à mon âge il en dégourdisse une plus jeune.

Pas une mauvaise idée.

Je me souviendrai toujours de ces deux soeurs, comédiennes, qui restaient à côté de chez nous quand j'avais seize ans, et qui apprirent un jour qu'un Adonis du cinéma américain avait loué la maison en face de la leur pour le temps d'un tournage à Montréal. - Ont viré folles juste de savoir qu'elles le verraient en chair et en os de l'autre côté de la rue pendant quelques semaines. - L'une d'entre-elles eut l'idée de le séduire. - Bikini, pantalons serrés, seins gonflés... Enfin tout pour attirer son attention. Ce qu'elle réussit à faire. Et sérieusement. Au point où, ce qui devait arriver est arrivé. - Et le lendemain, déçue, elle dit à sa soeur : "Mais tu ne peux pas t'imaginer : ses sous-vêtements étaient souillés !"

T'wéka, quand j'ai rencontré les hommes de ma ma vie, les miens ne l'étaient pas.

Georges

P.-S. : Je viens de lire la chronique de Copernique et suis d'accord : les hommes ne jettent jamais leurs sous-vêtements car ils se désintègrent sur eux.

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047 - 2017-04-03

Cinquante-deux-mille-neuf-cent-vingt-huit

MOI et les chiffres ? - Oui, Monsieur. - Avec les déclarations de revenus qui s'en viennent, la facture pour les dents du p'tit et l'ensemble des meubles de patio à remplacer, ben... des chiffres, je suis bien obligée d'y penser.

Cinquante-deux-mille-neuf-cent-vingt-huit ! - Ceci :

Dépenses

Des chiffres, des chiffres, des chiffres !

Mettez-vous bien une chose dans la tête : ce n'est pas moi qui ai trouvé les chiffres que vous voyez à gauche. C'est Jeff qui me les a envoyés après que je lui ai demandé comment, avec ses trois enfants et une femme à la maison, il finissait par joindre les deux bouts. 

Parce que mon chum et moi et le petit, nous sommes à la limite de ce qu'on pourrait appeler le raisonnable. Avec les impôts qui s'en viennent...

Ils proviennent (ces chiffres) de l'IRIS, pas de l'ISIS, l'État Islamique ni de l'autre ISIS, la boutique sur l'avenue du Parc à Montréal (là où je n'ai pas les moyens d'aller magasiner), mais de l'Institut de Recherche de d'Informations Socioéconomiques (du Québec). - Ce serait un résumé des dépenses annuelles moyennes d'un couple avec deux enfants dans la région de Montréal. En dessous de ça, c'est la pauvreté.

Une note en bas de page dit que pour faire face à ces dépenses, ce couple doit gagner, avant taxes, $54,450.

«$54,450 ! a dit mon chum quand je lui ai montré ce tableau. Payent pas d'impôts ce monde-là ? - Anyway, additionne $6,000 parce que ça nous prend deux autos. - Et puis $2,000 pour les vacances ! Vont où ? Prennent le métro et vont au Jardin Botanique ?»

Moi, j'ai regardé $3,468 pour les vêtements...

Mon chum gagne plus que $50,000 par année. J'en gagne pas autant, mais pas loin. Il nous en reste pas les deux tiers après les impôts. On n'est pas loin, après taxes, de ce $52,428. Pas pour rien qu'on n'arrive pas ! Bon ok, nous n'avons pas à nous plaindre, mais y'a quelque chose que je ne comprends vraiment pas, c'est comment, des gens dans notre situation - des copines de travail ! - réussissent à se payer des maisons de trois, quatre cent mille dollars, deux autos de trente, quarante mille et avoir suffisamment d'argent pour aller en Europe à tous les ans. Quand ce n'est pas l'Europe et une semaine dans le Sud au mois de janvier.

Et ça joue au golf, au tennis et vous les trouverez sur les pentes de ski l'hiver...

Décidément, je ne comprendrai jamais rien aux finances...

Base
Nourriture $10,775
Vêtements et souliers $3,468
Habitation
Logement (4 et $9,300
Électricité $1,640
Téléphone $600
Assurances $240
Internet $660
Câblodiffuseur $456
Transport
Automobile $6,609
Transport en commun $984
Autres
Vacances $2,000
Sorties, restaurants, etc. $1,535
Meubles, literie, etc. $1,361
Soins personnels $907
Soins dentaires $304
Soins des yeux $230
Frais de garde en CPE $4,199
Éducation $2,000
Fonds d’urgence $2,050
Livres et papeterie $609
Médicaments etc. $1,500
Cafés, journaux, etc. $1,500
Coûts totaux $52,928

Et surtout, ne me confiez pas vos budgets.

George

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046 - 2017-03-06

Mon opinion

Je ne sais pas ce qui se passe depuis quelque temps, mais à droite et à gauche, on me demande ce que je pense de Trudeau, de Trump, de Coderre. Avant, ça allait bien : on ne me demandait mon opinion que sur la longueur d'une jupe, la couleur d'un manteau ou s'il allait faire beau le lendemain 

Opinions, opinions, je n'en ai pas d'opinions.

Je suis tout simplement une femme qui va de la maison au bureau le matin et du bureau à la maison le soir. Avec le petit, le chum, la cuisine, la toilette, les courses, l'entretien de la maison, les sorties et - j'y ai pensé cette semaine - le jardinage qui s'en vient, comment voulez-vous que j'aie une opinion sur quoi que ce soit ?

Je n'ai pas le temps. ou plutôt :

Trump ? Dans les mots de Zazie (dans le métro) : "Trump mon cul. Il m’intéresse pas du tout, cet enflé, avec sa coiffure à la con."

George

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045 - 2017-02-06

Hi... sainte !

Patrice Lagacé - La Presse - 1er février 2017 : 

Cessons de les glorifier involontairement

De l'Arizona où je le joins au téléphone, Tom Teves me demande si l'attaquant de la Grande Mosquée de Québec a été arrêté.

« Oui, réponds-je, dès dimanche soir.

- Alors cessez de publier son nom et sa photo, MAINTENANT. »

J'appelais Tom Teves parce qu'avec sa femme Caren, il a lancé le mouvement
No Notoriety, qui milite pour que les médias cessent de glorifier involontairement les salauds comme celui de Québec, en couvrant leur vie et leurs actes de long en large... "

Oui, etsie, cessons d'en parler de ces illuminés.

T'wéka, comme disait Simon, y'a pas longtemps, ça m'a l'air de fonctionner en ce qui concerne les suicidés dans le métro. Il n'y en a plus depuis des années. - Enfin, c'est ce qu'on me dit.

George

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044 - 2017-01-03

Pour la cusinière, voir sous le sachet

Préparer.
Couper en morceaux.
Désosser.
Enrober de farine.
Faire revenir.
Faire dorer.
Ajouter.
Assaisonner.
Couvrir.
Retirer.
Laisser reposer.
Répartir.
Parer.
Décorer.
Servir.

Calories - Lipides - Cholestérol - Sodium - Potassium - Glucides - Protéines - Vitamines.

Amidon de maïs - Extraits secs de sirop de maïs - Substances laitières modifiées - Oigonson séchées - Sel - Citrate de sodium - Extrait de levure - Maltodextrine - Inosinate disodique - Guanylate disodique - Mono et diglycérines - Arôme naturel - Phosphate de potassium - Silicate de calcium - Sulfites - Colorant naturel - Fines herbes - Peut contenir soja et blé.

Quatre portions.

Riesling.

Ce qu'on peut lire durant le temps des fêtes !

George

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043 - 2016-12-05

C'est dans le temps du Jour de l'AN...

"Timeo Danos et dona ferentes"

Jamais j'aurais cru qu'à deux, trois semaines de Noël, j'allais citer, au début d'une chronique un vers... attendez que je trouve la référence... de Virgile, de son Énéide (que je n'ai jamais lu), un vers et que m'a refilé Copernique il n'y a pas très longtemps où nous nous sommes retrouvés seuls - n'en déplaise à sa femme - au Bar l'Abri en attendant que les autres chroniqueurs du Castor™ viennent nous rejoindre.

Pour ceux qui ne lisent pas le latin, ce vers veut dire : "Je crains les Grecs, même lorsqu'ils font des cadeaux". C'est du moins ce que j'ai lu, par après, mais Copernique, si je me souviens bien, m'a bien dit : "Méfie-toi des Grecs surtout lorsqu'ils t'offrent des cadeaux"... que, à la maison, j'ai fini par comprendre, voulait dire : "On t'aime pas pour tes beaux yeux" ou, comme m'a déjà dit une collègue, par rapport à une autre que nous détestions toutes les deux : "L'ont embauchée à cause de ses petites fesses intelligentes..."

Pas question, pour moi, qu'on m'ait approchée pour rédiger une chronique mensuelle dans le Castor™ pour mes deux f... - Je ne les ai jamais vues, naturellement, mais je sais qu'elles sont énormes. - Moins que ma voisine d'en face, c'est certain, mais par rapport à la p'tite - qui a eu deux enfants, estie ! - et qui est à la réception du bureau d'à côté....

Et puis ça m'est revenu, hier, quand j'ai compris que le Professeur, avec toute sa gentillesse, m'a dit que ce serait bien si je venais vous parler une fois par mois ; de ma (lire : mon) job, de mon fils, de mon chum, de ce que je pensais et ainsi de suite

C'était un cadeau de Grec.

Assez que, juste comme le temps des Fêtes approchait, je me suis retrouvée en train de penser que ce qui allait se passer était démentiel. - Non, je ne vous parlerai pas de l'arbre à monter, de la robe à porter, du cadeau à acheter pour le p'tit, ni de mon chum qui, lors de son party de Noël allait rentré émêché (pourvu qu'il ne prenne pas son auto!), ni de sa mère, ni de sa tante.

Je vais juste vous dire que le temps des Fêtes, je m'en dispenserais.

Ce qui ne veut pas dire que Copernique ne m'intéresse pas, mais même Jeff, un de ces soirs... Et vous ne connaissez ni la voix, ni les mains de Simon.

;-)

George

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042 - 2016-11-07

La mort, la mort... qu'est-ce que vous voulez que j'en fasse ?

A-t-on idée ? Me demander, à moi, d'écrire un mot sur la mort... - C'est comme quand on a demandé à François Bellefeuille de parler des fêtes : je suis à un âge où l'on ne m'invite jamais à des funérailles. - Oui, bien sûr, j'ai assisté à celle de ma grand-mère, mais j'avais huit ans. Pour ses frères et soeurs et les frères et soeurs de mon grand-père (que je n'ai pas connus), on m'a dit tout simplement, un matin, qu'ils étaients décédés. Un par un, mais pas question de m'amener à Saint-Éloigné-des-Chars pour leurs funérailles.

Mes cousins, mes cousines, mes tantes et oncles sont tous en vie. Enfin, je crois. Mon chum, quant à lui, n'a pas de famille. Si : un frère qui demeure au Nouveau-Brunswick et avec lequel il ne s'entend pas.

J'entends parler, oui, par les journaux qu'une telle avec qui j'étais au primaire est morte, mais accidentellement (je veux dire que j'ai jeté, accidentellement, l'oeil sur la colonne des décès du Journal de Montréal et non qu'elle était morte dans un accident, mais vous aurez compris).

La mort, la mort, c'est dans dix, vingt, trente ans. Oui, demain, peut-être, mais j'aurai tout le temps, après, d'y penser.

Je ne suis pas dans la situation de la fille qui se fait dire par sa mère : "Tu sais, Madame chose qui demeurait dans la maison d'en face ben... elle est morte. - Marthe, ta cousine, tu sais : la fille de ta tante Margurite... ben elle est morte.  - Et puis tu sais le facteur qui livrait notre courrier du temps où... " Et à laquelle elle fut obligée de dire : "Maman, descend de la toiture et donne-moi ton fusil."

George

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041 - 2016-10-03

On m'a volé mon titre !

Je vous jure : ma première idée était d'intituler cette chronique «Est-ce c'est moi ou bedon...», mais Simon, qui, depuis qu'il est à la retraite a tout le temps devant lui, a déposé sa chronique avant la mienne. Sauf que, lui, avait pour point de départ un haut lieu de culture alors que j'en étais au Starbucks de l'édifice où je travaille.

La nomenclature (est-ce ainsi qu'on dit ?) qu'il utilise pour la grandeur de leurs cafés, me fait scier. Même pas foutus d'appeler un café "un café" ; faut que ce soit un "caffè" qui ne peut être "petit", "moyen" ou "grand", mais "tall", "stretto", "grande", "venti" ou "trenta" avec toutes leurs variantes.

Je ne suis pas mathématicienne comme Jeff, mais je suis certaine qu'il faudrait un camion pour transporter une tasse de tous leurs mélanges, avec ou sans "extra shots", avec ou sans sucre, avec ou sans vanille, caramel, noisette, etc. (y compris la "flavour of the month"), format chaud ou froid, "blended" ou non, avec lait  écrémé, 2% de gras ou demi-écrémé  ou encore avec lait de soja, lait d'amandes ou noix de coco, décafféiné ou pas (ou moitié, moitié)... et avec ou sans glutten...

Doublez le tout en pensant aux thés.

Pas vérifié pour leux eaux en bouteille.

De quoi traverser la rue, entrer chez le dépanneur local et se servir soi-même un café à partir de leurs machines de marque Van Houte. - À un tiers du prix.

Et si vous pensez qu'on vous sert votre café chez Starbucks...

On vous le remettra à condition : 1) que vous donniez votre nom (qui sera sans doute illisible ou imprononcable par le minus qui s'y trouve) et 2) que vous attendiez en ligne à un autre bout du comptoir.

De là, vous pourrez le déguster en toute tranquilité, face à la rue, face à tous les passants, parce que les tables seront occupées par ceux qui ont eu la bonne idée d'y amener leurs ordinateurs ou tablettes.

Non mais...

George

P.-S. : Et pensez-y deux fois avant de commander un muffin : c'est de la graisse et du sucre aromatisé

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