Les chroniques de Simon Popp

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No. 051 à 060

(Du 1er octobre 2012 au 11 février 2013)

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060 - 2013-02-11 - Oh, femmes !

Vous pouvez vous imaginer qu'avec le caractère que j'ai, les femmes ne restent pas trop longtemps dans mes bras. Et pourtant, je les adore.

Je ne sais pas au juste si j'aime les aimer ou si je les aime vraiment, mais ce que je peux vous dire c'est qu'elles sont de magnifiques créatures. Folles, humeurs imprévisibles, changent d'avis de jour en jour (d'heure en heure), mais elles demeurent de compagnie très agréable. Surtout la première fois, lors du premier rendez-vous, parfois même pendant quelques semaines. Et puis, elles débarquent : vous remplissent un tiroir, deux ; accrochent leurs vêtements dans votre garde-robe ; se mettent à déplacer vos bibelots, vous donnent des conseils sur la décoration de votre appartement et finissent par devenir embêtantes..

Je vais préciser :

C'est comme cela qu'elles se conduisent avec moi - mon caractère encore une fois - car j'en connais qui se conduisent différemment avec d'autres, mais, règle générale, elles sont toutes folles.

Je pensais, ce matin, à leur donner quelques conseils, sauf qu'elles vont penser à les refiler à leurs amies, ces conseils ne s'appliquant pas à elles, naturellement :

  • D'abord, cessez de vouloir paraître jeunes. À trente ans, je regrette, mesdames, vous n'avez plus ce corps divin de vos vingt ans. Et à quarante, vous aurez des vergetures et des bourrelets que, hommes du monde, nous ferons semblant de ne pas voir.

  • Ne coupez pas vos cheveux : les hommes - et j'en ai questionné des centaines - adorent les longs cheveux, mais, pour une raison quelconque, vous finissez toutes par les couper.. - Même gris, ils sont beaux. - Personnellement, j'adore les cheveux gris.

  • Pas de rouge à lèvres.. Ça tache. Ça a mauvais goût. Et puis c'est laid. - Et chez les plus que soixante ans, c'est d'un ridicule consommé.

  • Ne suspendez jamais vos bas - et cette horrible invention que sont les "bas-culottes" - au dessus de la barre où l'on accroche les rideaux de douches. - La prochaine qui me fait ça aura mes slips sales et déchirés à ses pieds lorsqu'elle sortira du lit.

  • Votre mère, aussi gentille qu'elle peut être, nous ne voulons pas la connaître, ni la fréquenter. Deux fois par année (et encore...), ça suffira. Surtout qu'il y a toujours un beauf' pas loin derrière avec sa femme qui, parce que nous l'ignorons, jouera du cul pour attirer notre attention.

  • Dites-nous, de temps en temps, que vous êtes contentes d'être avec nous. - En contre-partie, nous vous dirons que vous êtes belles et que nous vous aimons.

  • Cessez de nous dire de boire moins, de perdre du poids, de cesser de fumer : nous avons des médecins qui sont là pour ça.

  • Et non, nous ne coucherons pas avec toutes les femmes que nous regardons dans les bars, les restaurant ou même à l'opéra. - Tout ce que c'est, c'est une question d'instinct.

  • Et puis, ne monnayer pas votre sexe.
Et devant l'avalanche de courrier que je vais recevoir, je me tais.

Simon

***

059 - 2013-01-28 - Bêtes noires

J'ai eu l'occasion - lire : l'obligation - il y a deux semaines de me rendre à Dallas, au Texas, dans les États-Unis d'Amérique (pour cette dame de Gaspé qui ne sait pas où se trouve Napierville).... Vous savez cette ville où il est interdit d'avoir sur soi une arme à feu dans les établissements où l'on sert de l'alcool, mais où on peut circuler avec un petit arsenal dans son pick-up. - Via Toronto.

Voilà un aéroport (celui de Toronto) que j'ai définitivement inscrit dans ma liste des endroits à éviter. Depuis des années, on y installe, à tous les deux heures, de nouveaux systèmes de vérification : d'identité, de cartes d'embarquement, de passeports... qui ne fonctionnent jamais. Et, d'où que l'on vienne, il faut repasser par leur système de sécurité. Doivent détenir, les opérateurs de ce chaos désorganisé, le record mondial des envols manqués. J'ai failli manquer le mien, à l'aller et, ofcoursément, comme dirait M. Perec, j'ai manqué celui de mon retour. - D'ailleurs, on avait annulé le vol. Pratique courante dans le coin.

Sur une échelle de un à dix, je leur donnerais moins six et moins huit pour la nourriture. Dix-sept dollars pour un hamburger. Non mais...

A pet peeve, comme disent les Anglais. Une bête noire, si vous voulez.

Si j'en ai d'autres ? - De quoi remplir des volumes. En voici quelques unes :

  • Les clients dans les bureaux de poste ou au bureau des passeports qui n'ont jamais les bons papiers.
  • La dame qui, à l'épicerie, attend qu'on lui présente sa facture avant d'ouvrir son réticule dans lequel se trouve son sac à main qui contient son porte-monnaie dans lequel elle a inséré son portefeuille où se trouve ses coupons-rabais.
  • Les technophobes et les technophiles.
  • Les émissions de télévision où l'on invite des spécialistes à qui on donne cinq minutes pour exprimer leurs opinions (généralement, ils en ont plusieurs) sur les pourparlers de paix au Moyen-Orient.
  • Les pourparlers de paix au Moyen-Orient.
  • Les automobilistes qui vous dépassent et qui soudainement ralentissent.
  • Les amateurs maniaques de produits Apple.
  • Apple, ces gens qui ont réussi à vendre six téléphones, en quatre ans, à des gens qui font la queue devant leurs magasins.
  • Les avocats qui s'improvisent ingénieurs, architectes et experts en tous genres.
  • Les courriels citant le contenu des dix-huit précédents.
  • Les serveuses qui se croient tout permis parce qu'elles ont des jambes.
  • Les gens «fishing for compliments».
  • Les dames qui reçoivent et qui demande si leur dinde ou leur leurs pot-au-feu sont «corrects». (Ma réponse, invariable : «Si vous ne le savez pas, ne cuisinez plus.»
  • Les sommeliers de 18 ans qui ont appris les mots «Cabernet», «Sauvignon», «Merlot», «Chardonnay»... et qui n'ont aucune idée où se trouve le Château d'Yquem, ni peut-être même la France.
  • À peu près tous les «has been» qui marchent à deux pieds du sol.
  • Les grand-mères qui portent du rouge à lèvres.
  • La ville de Sherbrooke (au Québec) suivie, de très près, par West Mifflin, en Pennsylvanie.
  • Les petits monstres qui courent partout dans les restaurants.
  • Les prix pratiqués chez Starbucks.
  • Ceux qui laissent de longs messages inutiles sur mon répondeur. - Qu'on se le dise : j'ai un afficheur !
  • Les cartes de mode.
  • Les buveurs de 7-up dans les bars.
  • Les hommes qui se stationnent en double pour attendre leurs conjointes qui sont entrées «pour quelques minutes» chez le boulanger.
  • Les stand-up comics plus intelligents que leur public.
  • Les groupes des années soixante qui, n'ayant pas chanté depuis vingt, trente ans, remontent sur scène, i.e. : Peter, Paul and Mary.
  • Les critiques de cinéma de moins de vingt-cinq ans.
  • Les dix-huit «prochains programmes» qu'on fait tourner avant le film qu'on est allé voir.
  • Les pique-assiettes. Surtout ceux qui n'ont rien à dire.
  • Les banlieusards qui insistent pour dire qu'ils habitent à vingt minutes du centre-ville.

Et puis :

  • Vous savez ce que vous pouvez faire avec votre Depardieu par les temps qui courent...

Simon

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058 - 2013-01-14 - Une affaire de robe de chambre...

J'écrivais, il y a deux semaines, que les hommes savaient tout des femmes, mais qu'ils ne les comprenaient pas.

Ce que j'ai reçu comme courrier !

Résumons mon opinion - toujours la même - comme ceci : si vous voulez plaire à une femme, ignorez-là. Le problème avec cette méthode, c'est que la femme qui va vous revenir sera ennuyante comme la pluie : elle voudra vous faire plaisir, repriser vos chaussettes, repasser vos chemises, tout faire pour vous séduire.

J'en ai une autre. Elle est de Gainsbourg : «En amour, il y en un qui souffre et l'autre qui s'ennuie

De ces dictons, remarques ou commentaires comme ceux-là, il y en a mille.

Je sais une chose : les femmes que j'ai adoréees ont toutes pris la fuite ; celles que j'ignorais sont restées à mes côtés comme des teignes. - Une autre également : le nombre de femmes que j'ai connues, qui furent ignorées, bafouées, abusées et même trompées par leurs conjoints, et qui sont restées, non pas des mois, mais des années à leur côté m'a toujours étonné. (Remarquez que ça marche dans les deux sens)

La question est : «Nous sentons-nous si inadéquats que nous ne pouvons pas tolérer ceux qui nous admirent ?»

C'est Groucho Marx qui refusait de faire partie d'un club ou d'une association qui l'accepterait comme membre.

Faudrait que je cite - je-ne-me-souviens-plus-de-qui - qui, après avoir lu Proust, disait qu'il existait des femmes qui méritaient d'être aimées. - Devait les détester toutes.

Et oui, il arrive aux hommes de mentir. Pour ne pas déplaire. Pour ne pas blesser leur conjointe. Pour qu'elle le considère encore comme un homme d'honneur. Mais, en contre-partie, à une femme qui se maquille, porte des escarpins, se teint les cheveux, évite votre regard, comment peut-on lui demander la vérité ?

Elles ont, comme disait Guitry, cette faculté de dire toujours la vérité parce qu'elles changent d'idées constamment,

Et voilà, je ne continuerai plus sauf pour dire que la prochaine qui passera dans mon paysage - et qui m'intéressera -, je vais tenter de la séduire. Comme ça, j'aurai la paix.

Ce qui me fait penser :

Pour me faire oublier, je vais me remettre à fumer, à boire et à ne pas me raser. - Et puis non : elles vont tenter de me réformer.

Simon

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057 - 2012-12-31 - Les fêtes et la mysogynie

Inutile de vous rappeler que je n'aime pas beaucoup ces «temps de réjouissances» auxquels nous sommes tous assujettis de la mi-décembre à demain matin ou, dans certaines familles, jusqu'au weekend prochain ; que c'est d'autant plus pénible parce que ça nous empêche, nous, à l'UdeNap, de nous occuper correctement de l'anniversaire du Professeur.

Je vous ai en déjà donné les raisons :

1 - Nous sommes obligés d'être familiers avec des gens avec qui nous n'avons rien en commun sauf le fait que les frères ou soeurs de notre grand-père ou de notre grand-mère (tous deux décédés) ont couché avec les soeurs ou frères de leur grand-père ou grand-mère (idem).

2- D'être contraints, lors de repas en famille, de se retrouver aux côtés ou en face d'une personne ennuyante comme la pluie et qui ne cesse de débiter des lieux communs..

Cette année, la veille de l'anniversaire de notre ami à tous (la formule est d'Herméningilde), c'est aux côtés d'une personne non seulement de la catégorie numéro un mais également de la deuxième (on peut cumuler) que j'ai dû passer une partie de la soirée, tout en ayant, en face, un type qui n'arrêtait pas de déblatérer contre à peu près tout ce qui bouge ou et ne bouge pas.. (Et la cuisine était mauvaise. Pas autant que le vin, cependant.)

La dame (parce que c'était une dame à mes côtés) m'a posé une question : «Mais qu'est-ce que les hommes peuvent bien connaître des femmes ?» quand j'ai dû dire quelque chose qu'elle n'a pas aimée.

J'ai pensé à une séquence d'un film mettant en vedette W.C. Fields où, dans une animalerie, on lui propose l'achat d'une autruche. «Les autruches rendent les femmes folles» lui dit le vendeur ; ce à quoi il répond : «Les femmes sont folles : les autruches n'ont rien à voir avec ce fait.»

Tout à fait exact, mais pour répondre à cette dame (ce que je n'ai pas fait pour être poli) :

Mais tout, Madame. Les hommes connaissent tout des femmes. Leurs manies, leurs craintes, leurs continuels changements d'idées, leur honnêteté, leur vanité... dois-je continuer ?

Nous connaissons jusqu'à leurs couleurs préférées, les fleurs qu'elles aiment ou qu'elles détestent, leur talent de cuisinière, leurs façons d'attirer l'attention sur elles, jusqu'à la forme de leurs sous-vêtements et le type de parfums qu'elles portent (ou ne portent pas). - Raisons pour lesquelles il faut faire semblant de ne pas voir.

Nous ne les comprenons pas, c'est évident, tout comme elles ne comprennent pas pourquoi un homme peut passer des heures avec une ligne à pêche entre les mains ou à construire et déconstruire des réseaux de trains miniatures. Mais se comprennent-elles entre elles ? Pas plus que nous nous comprennons entre nous, pas plus pourquoi, par exemple, notre voisin s'est acheté une voiture japonaise plutôt qu'américaine. Et de couleur verte, par dessus le marché. Mais est-ce vraiment nécessaire ?

L'expérience finit par tout nous apprendre sur nous, hélas, hommes et femmes confondus, mais pour ce qui est des changements d'humeurs et d'idées, il faut admettre qu'elles nous dépassent et de très loin.

Un proverbe le dit bien : «Femme varie. Bien fol qui s'y fie.» Jusqu'à Mozart qui y est allé avec son «La dona é mobile».

Personnellement, j'ai appris que si l'on adore une femme, il ne fallait pas lui dire parce qu'elle aura peur ; que si on l'ignorait, elle se demanderait longtemps pourquoi ; que les raisons qu'elle donnera à sa meilleur amie (les femmes, apparemment en ont) pour, soit nous abandonner, soit nous courir après, n'auront rien à voir avec la réalité :

«Et si celui-là me trompait, comme m'ont trompée tous les autres..." (1)

«Avec l'âge, j'ai appris que ce que j'aimais, c'était l'amour, pas aimer ou être aimée." (2)

«M'aimera-t-il quand je serais vieille et moins belle (3)

Et c'est ainsi que j'ai appris à vivre avec elles.

Je ne vous dirai pas - parce qu'on va me sauter dessus - que, détestable comme je suis, on tente de me séduire continuellement et que toutes les femmes que j'ai adorées n'ont point resté longtemps à mes côtés. (4)

Intermittences du coeur...

Sauf que les frères A. et C. Skonmadit n'ont jamais cessé de dire : il existe des femmes qui méritent d'être aimées.

Des proustiens avant Proust.

Simon

(1) Sans jamais se poser la raison pourquoi...
(2) Sacha Guitry.
(3) Ce à quoi il ne faut jamais dire : «Mais c'est déjà fait »
(4) Raison de plus pour déménager à Kitchener, en Ontario.

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056 -2012-12-10 - La jeunesse

J'ai encontré à nouveau, la semaine dernière, cette Geneviève D. dont je vous ai parlé l'autre jour (1). Vous devez vous en souvenir car je vous ai dit, à son propos, que je la trouvais posée, fort jolie, polie et même charmante, compliments que, pour ne pas m'attirer des ennuis, je dis rarement... quoique, à mon âge, cela porte peu à conséquences. - Elle m''a demandé ce que je pensais des jeunes d'aujourd'hui. J'imagine qu'elle voulait parler de sa génération, de celle qui est sur le point de la suivre et peut-être aussi de celle qui l'a précédée car, entre elle, qui a trente-et-un an et moi, on ne parle plus que d'une seule génération..

Je vais vous le dire tout de suite : je n'en pense rien. Pas que je la touve inintéressante, mais n'ayant pas eu de contacts suivies avec elle, je ne me suis jamais interrogé sur ce qu'elle pouvait être ou ce qu'elle allait devenir. - Oui, je sais, c'est quelque peu égocentrique de ma part ; en revanche je tiens à préciser que je n'ai pas trop de contacts, non plus, avec ma génération, ni celle qui m'a précédé. Avec celle qui m'a suivi, oui. D'ailleurs tous mes collaborateurs et ami(e)s, à peu d'exceptions près ont quelque chose comme vingt ans de moins que moi. Je trouve, surtout aujourd'hui, à l'âge avancé où j'en suis, tous mes proches d'un prodigieux ennui. Je me trompe sans doute, mais invariablement, les sujets qu'ils abordent la plupart du temps me puent au nez et dès que j'en entends parler, je recule ("I recoil", comme dirait Copernique) et j'en viens très vite à la conclusion que ce sont les seuls qui les intéressent : la politique, les taxes et la retraite. - En fait, ce qui m'ennuie le plus chez ces "gens-là" (cf. : Brel), c'est leur manque absolu de projets. Ne parlent que du passé, des expériences qu'ils ont eues, des bons coups qu'ils ont faits et ainsi de suite. N'ont visiblement pas entendu Ferré : "Monsieur mon passé / Voulez-vous passer ? / J´ai comme une envie / D´oublier ma vie..."

Quant à ceux qui m'ont précédé, y'a comme une lenteur qui m'exaspère, mais passons et revenons à la "jeunesse", celle qui, aujourd'hui a entre vingt et trente, trente-cinq ans. - Pourquoi trente-cinq ans ? J'y reviens tout de suite.

Je la plains. Pour deux choses : elle n'a pas connu de guide et on l'a foutue dans un bordel d'inventions et de progrès que, à leur âge, j'aurais eu beaucoup de difficultés à suivre. - J'en parlais avec mon père indirectement, il y a des années de ça en discutant de notre système d'éducation (celui du Québec). Ce qui m'avait étonné, c'est que j'étais passé par le même que le sien soit celui des années vingt où tout était centré autour de la religion, de la famille et de la patrie, comme si les sciences, le commerce étaient sans importance. Faut dire qu'à cette époque, 90% de la population était, soit composée d'agriculteurs, soit d'ouvriers. Ce n'est qu'à partir des années soixante que tout s'est mis à changer.

Je pensais à ma grand-mère l'autre jour, ma grand-mère morte à 94 ans, qui a connu l'avènement des autos, des avions, de la radio, du téléphone, du cinéma, du cinéma parlant jusqu'à la télévision, les caculatrices mécaniques et... les ordinateurs. Seulement, elle a connu tout ça un à un, pas dans un bloc comme les jeunes d'aujourd'hui qui doivent composer avec les téléphones "intelligents", 106 chaînes de télévision, des appareils photos numériques, l'internet, les textos et Dieu sait quoi d'autres avant même d'avoir atteint leur dixième année. Que voulez-vous qu'ils fassent, les pauvres, avec des manuels d'instruction de 175 pages pour un appareil qui tient dans le creux de la main? Et puis il faut également qu'ils se familiarisent avec les systèmes bancaires (au pluriel), des lois de plus en plus complexes, des emplois plus ou moins précaires, la politique... sans compter, s'ils veulent faire partie de la société, les arts et... les vins, l'alcool, la drogue, la bouffe, les fast-foods...

Nonobstant tout cela, s'il y a une caractéristique que j'ai notée chez les jeunes, ce sont les "trous" : les "trous" probablement attribuables à la quantitié d'informations auxquelles ils sont exposés. Chez les uns, ce sont les bonnes manières, chez d'autres le comportement au travail (habillement, ponctualité, etc.), chez d'autres, encore, la moindre notion de ce qu'est la culture (sans parler de ce qu'est la sexualité, les rapports amoureux, etc.)

Y'a qu'à observer la façon avec laquelle ils flirtent entre eux.

Et puis, y'a cette attitude, largement auto-défensive, de ne pas admettre la possibilité de ces "trous".

Un conseil ? - Oui. - L'astronomie devrait faire l'objet de cours obligatoires dans tous les pays du monde - et au primaire ! -.Le fait de savoir l'importance de notre petite planète dans l'univers pourrait peut-être aider les jeunesà comprendre qu'ils ne sont pas le centre du monde.

Simon.

(1) Voir l'édition du 12 novembre (note de l'éditeur)

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055 - 2012-11-26 - Ah ! Ces Amerloques !

Je m'y connais en politique comme je m'y connais en gastropologie et ce que je connais de la politique américaine pourrait être imprimé sur un timbre-poste. Les soirs d'élections - pas juste pour les américaines mais pour toutes les élections, qu'elles soient françaises, canadiennes, provinciales ou même municipales -, je me fais un point d'honneur de ne pas regarder la télé et d'attendre le lendemain pour savoir combien de temps il me faudra, sans ouvrir la radio ou lire les journaux, pour en apprendre les résultats. Et comment je les apprends ? Ben... y'a toujours un zouave dans mes relations qui me les annonce, soit quand j'entre au bureau, ou, au plus tard, quand je vais déjeuner. Un jour, je me suis rendu jusqu'au lendemain mais j'étais dans un village perdu près de Phoenix, Arizona, là où les nouvelles du jour sont celles de l'avant-veille du lundi précédent (*).

Quoi ? Ignorer ce qui se passe dans le monde est un sport comme un autre, non ?

Mais, pour revenir à ces Amerloques, mon dieu ce qu'ils peuvent être cons ! Ils élisent des individus, la plupart du temps quelconque, mais si jamais, au cours de leurs mandats, on apprend qu'un d'eux a une maîtresse ou qu'il a déjà trompé sa femme, on le force à démissionner. Peu importe s'il a été ou s'il est encore un bon gestionnaire : il a commis la faute, l'impardonnable, la capitale. - Même chose en Angleterre, je crois (i.e. : l'affaire Profumo), mais définitivement pas en Italie (Silvio Berlusconi !), ni en France (François Mitterand et Mazarine Pingeot). Au Canada ? Je me souviens de l'affaire Munsigner (1960 ou par là) sauf qu'elle était plus axée sur la possibilité d'espionnage. Et puis, y'a eu Trudeau - Pierre Elliot Trudeau - qui, en 1967, alors qu'il était Ministre de la Justice a présenté un «bill» (projet de loi) dans lequel il laissait sous-entendre qu'un Gouvernement n'avait pas à se mêler de ce qui se passait entre adultes consentants dans une chambre à coucher. Le droit pénal a été amendé en conséquence. Faut dire que, dans son cas, il ne s'agissait pas d'un désinterressement total.

Pour le reste de sa  vie politique, vous pouvez repasser.

C'est un vieux curé, aujourd'hui décédé, qui m'a dit, un jour : "Mais qu'est-ce qu'elles ont, ces Québécoises [et Américaines], à hurler quand elles apprennent que leur mari les a trompées ? En France, toute femme qui se respecte ferme les yeux, sauf si ça en devient une habitude. Et encore !"

J'apprenais, l'autre jour, que le directeur de la CIA (tout de même pas un manchot puisqu'il s'est rendu jusque là) venait de démissionner pour une vague affaire d'adultère. On en parlait sur toutes les chaînes américaines, Fox et CNN en tête, qui, à eux seuls, rajoutaient de l'huile sur le feu en mentionnant le nom du général en chef des troupes américaines en Afghanistan qui aurait eu des "communications inappropriées" avec la femme au cœur de cette "controverse".

"C*boire, comme disait ma blonde, juste en parler est une communication inappropriée." - Je le sais : j'en fait tous les jours, de ces communications inappropriées.

En voulez-vous une autre ?

Arnold Schwarzenegger, le grand Arnold, l'inimitable Arnold, vient de publier ses Mémoires dans lesquelles il avoue avoir eu une relation sexuelle avec une de ses employées. - Pensez-vous que je vais me taper sa biographie pour apprendre de plus amples détails. Qu'il se débrouille avec ses problèmes, non ?

C'est sûr que ce n'est pas plaisant se faire tromper (ou se faire, comme dit ma nièce, "flusher"), mais est-ce une raison pour ameuter tout le quartier ?

C'est vrai qu'il n'y a que les maris qui trompent leur femme, sauf qu'on est en droit de se demander avec qui ?

Oscar Wilde (c'est Copernique qui m'a forcé à le lire) avait raison : "Tout à fait indécent, de nos jours, le nombre de femmes qui flirtent avec leurs maris en public..."

Et la dernière :

Un de mes amis qui, comme le veut la rumeur, en aurait eut "plusieurs" répondait récemment à quelqu'un qui lui demandait combien de femmes il avait baisées (passez-moi l'expression) [sous-entendu : dans sa vie] : "Deux - Deux ? - Oui : deux. Le reste du temps je me suis fait baiser." - Joli, non ?

Bon, maitenant, faisons face à Madame Popp.

Simon

(*) J'ai déjà parlé de ce qui fait la «une» des journaux : un Cessna avec deux passagers qui s'écrase à moins de cinquante kilomètres du siège-social d'un journal. Pour les crash d'avion, il faut compter un six passagers à deux cents kilomètres, un 100 passagers dans un rayon de 500, un Boeing 747 à moins de 1 000 kilomètres... et deux 747, si c'est à l'autre bout du monde, particulièrement en Afrique. - Pour certains journaux locaux (comme celui du village où j'étais), il suffit qu'un avion se pose. - Sauf qu'on est toujours à la merci d'un meurtre «crapuleux»

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054 - 2012-11-12 - Genevieve D.

Je l'ai rencontrée dans un bar en banlieue de Napierville ; à Montréal plus précisément ; dans le quartier latin, pour être encore plus précis, et sur la rue Ontario, si vous voulez tout savoir.

Très jolie, elle était. Ma blonde aurait été jalouse de me voir à ses côtés.

Tout a commencé par son téléphone, son Androïd téléphone. Parce que pas bête du tout, elle ne possédait pas un des nombreux et multiples modèles de iPhone, comme dirait notre distingué co-directeur du Castor™.

Après quelques ajustements et conseils, elle dit : "Jamais j'aurais pensé qu'un homme de votre âge eut pu m'enseigner quoi que ce soit en téléphonie (lire : informatique). - Je suppose qu'il y avait un peu de vérité dans cette affirmation, mais qui suis-je pour savoir qui je suis ? - (Pas mal, hein, comme réflexion...)

Trente-et-un ans. Encore sous le choc de l'émotion d'avoir perdu son amoureux. Fraîchement (ou à peu près) revenue de France. Nous avons parlé de choses et d'autres, notamment de la différence de maturité (lire : âge mentale) entre les jeunes hommes et les jeunes filles, et c'est une chose que j'ai constatée souvent : qu'à âge égal, les jeunes filles sont beaucoup plus développées mentalement - disons : épanouies - que les garçons, et ce, jusqu'à non seulement la fin de l'adolescence, mais, je dirais, jusqu'à la trentaine.

Bon, d'accord, il y a des exceptions : je connais des fous et des folles qui ont cinquante ans et qui se comportent comme s'ils en avaient quinze ou même dix. C'est ce qui explique les «dames» d'un certain âge qui portent la mini-jupe et les «hommes» qui continuent de démarrer en trombe pour démontrer la puissance de leur voiture. (Et j'en passe, comme vous savez, et des meilleures.)

En groupe, je ne dis pas. On peut, à la rigueur excuser, dans le cas des jeunes hommes, leur côté fanfaron et, dans le cas des jeunes filles, leur fou-rire mais séparément ? Rien n'explique leurs allures équivoques qui laissent penser que lorsque les manières sont passées, ils étaient au lave-auto.

Pas de ça, chez cette jeune fille. Posée, polie et même charmante. Quand je la compare à d'autres, je me dis qu'il s'agissait bien là d'une exception.

Ce qui me rappelle :

Vous savez pourquoi les jeunes dames d'entre 20 et 30 ans ont tant de difficultés à trouver des jeunes hommes de leur âge, présentables, ayant de bonnes manières, bien vêtus et polis ? C'est parce ces jeunes hommes ont déjà, chacun, un petit ami.

Simon

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053 - 2012-10-29 - Snobissimo

Je pense que la pire chose dans la vie, c'est se faire snober. Pas snober par une duchesse ou un ministre, qu'il soit du gouvernement ou du clergé, mais par un plus bas que soi et je vous jure que le plus bas des plus bas trouvera toujours quelqu'un d'encore plus bas pour le snober.

C'est la petite sommelière qui tient à vous dire ce qu'elle connaît des vins australiens alors que vous avez déjà bu du Château Lafite 1961 ou du Haut-Brion 59. C'est le bonhomme qui revient d'un tour d'Europe (guidé naturellement) et qui vous dit que, lors de votre prochain voyage, il vous faut absolument aller manger un hachis parmentier dans un petit restaurant qu'il a découvert du côté de Clignancourt. C'est l'amateur de chansons qui a entendu le nouveau venu (génial, of course) dans une petite boîte du Vieux alors que vous avez vu et entendu Chevalier, Montand, Brassens, Brel, Ferré, Reggiani...

Je veux bien qu'on me renseigne mais de façon condescendante ? Je suis même prêt à me taire et écouter, mais quand on me regarde de haut, avec une casquette dont la visière est derrière la tête, sur un t-shirt de chez Wal-Mart, et qu'on ne sait pas ce qu'est une quinte diminuée et... qu'on me parle du vrai Blues...

Dire que - et c'est vrai - dans les cocktails, je me tiens coi parce que j'ai peur de gaffer...

L'insulte suprême (je ne m'en suis jamais servi et pourtant...), je l'ai entendue une fois, dans un restaurant sur le boulevard Décarie à Montréal. Elle fut dite par un bonhomme qui en avait jusque là, d'un garçon :

"Réalisez-vous, jeune homme, que, par année, je distribue en pourboires plus que vous gagnez ?"

Un de ces jours...

Simon

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052 - 2012-10-15 - Vieux grognon...

Avez-vous déjà vu ça ? Depuis que j'écris cette chronique, je ne peux plus me pointer quelque part sans que quelqu'un [me] dise : "Tiens, v'là le vieux grognon à Simon. De quoi va-t-il encore se plaindre aujourd'hui ?"

Je ne me plains pas, je ne grogne pas : je ne fais que vous dire, dans les mots de Claude Péloquin, d'arrêter de vous faire prendre pour des caves. Mais je sais que je me bats contre des moulins-à-vent.

"There's a sucker born everyday day" comme disait P.T. Barnum, auquel il faut ajouter l'invariable "Never give a sucker an even break" de W. C. Fields.

Je ne peux m'astreindre à penser qu'il faille faire confiance aux politiciens, aux preachers américains, aux revendeurs d'autos usagées ou à, je ne sais pas moi, Apple, par exemple. Comment la jeune serveuse du Bar ***, rue Ontario, à Montréal, (à peine 22 ans) peut-elle croire qu'elle est sur la bonne route après s'être fait vendre, à 500$ l'unité, trois des six téléphones qu'Apple a mis en marché dans les derniers, quoi... quatre, cinq ans ? Et que dire de la Madame de Brossard ou de Boucherville qui, pour envoyer dix messages par semaine à sa fille, a cru qu'il fallait un ordinateur de 1 500$. Que dire du bonhomme habitant Candiac, parce que les taxes y sont moins chères, se tape deux à trois heures de route chaque jour à raison de 150$ d'essence par semaine.

Remarquez que je ne leur en veux pas à tous ces gens qui vont éventuellement s'acheter des voitures hybrides, ou des écrans de 72" (*) pour regarder/écouter le blablabla de trois, quatre invités discutant d'un sujet qui est vaguement relié au domaine de l'art, c'est-à-dire du dernier projet du petite ami du réalisateur.

J'en vois une régulièrement qui doit avoir dans les 24, 25 ans et qui est récemment passé du domaine du sport à la critique de cinéma. Mais avec qui a-t-elle bien pu coucher pour venir nous emmerder, comme ça, avec ses critiques où elle n'a même pu, il n'y a pas très longtemps, prononcer correctement le mot "Walkérie".

Je n'ai pas d'objection à ce que tous et chacun aient ses opinions mais, de grâce, ne me demandez pas de les partager.

Mon portable ? Un Samsung Galaxie S3. - Apple peut bien essayer d'en stopper la vente, ils n'en seront là qu'avec leur iPhone 9.

Simon

 (*) À se demander ce qu'ils vont faire de leur écran de 68"...

***

051 - 2012-10-01 - Aux calendes grecques !

Il y a quelqu'un dans la salle qui se souvient du "bug" de l'an deux mil ? - Vous savez cette terrible calamité qui devait nous tomber dessus la premier janvier de cette année-là parce que ces génies de l'informatique qui règlent l'univers - depuis quoi ? vingt ans ? - n'avaient pas pensé à compter les années en quatre chiffres (au lieu de deux) ?

Je m'en suis souvenu la semaine dernière au cours d'une conversation dans laquelle Herméningilde Pérec, directeur de l'organe où vous lisez ces lignes (bon, O.K. : Hermy) m'a demandé si nous devions faire quelque chose pour le 79e anniversiare du Professeur (qui aura, effectivement 79 ans le 25 décembre prochain).

Je m'en suis souvenu d'autant plus qu'on m'avait demandé, à ce moment-là, de donner une conférence sur ce fameux "bug", conférence qui m'a demandé deux jours de préparation et que je n'ai pas pu donner parce que le beauf' de l'organisateur est mort trois, quatre jours auparavant...

L'an 2000 ! - L'an 2000 de quoi ? - De la naissance du Christ ? - Il serait né, selon les derniers calculs quatre ans auparavant. - En l'an -4 avant J.C. - Quatre ans avant lui-même !

Quatre ans avant quoi, de toutes façons ?

Pour les Chinois, nous sommes en l'an 4.710. - Pour les juifs, en l'an 5.773. - Pour les mulsulmans, en l'an 1.473.

(Inutile de vous préciser que l'an 2.012 marque la fin du monde pour je ne-sais-plus-qui : les Mayas ou les Aztèques... )

Quelle folie que ces calendriers où il faut ajouter une quatrième journée à tous les quatre ans sauf si le nombre de l'année ne se divise pas par quatre, à l'exception de ceux qui ne se divisient pas par 100, execption faite de ceux qui se divisent par 400, etc.

Du Julien (46 avant J.C.), qui équivalait à l'an 709 du calendrier romain, à cause d'un certain pape nommé Grégoire, personne n'est né entre le 4 et le 15 octobre 1.582 à l'exception de ceux nés en Grande Bretagne qui n'a accepté son calendrier qu'en 1752 et de la Russie qui, elle, l'a adopté, en partie seulement, plusieurs années plus tard, etc.

Ce qui fait que, le XXIe siècle a débuté le premier janvier de l'an 2001 (sauf qu'on l'a célébré l'année précédente) et ainsi de suite.

Alors, pour le 79e anniversaire du Professeur, vous pouvez penser ce que j'en pense...

De toutes façons, on lui en donnerait à peine 62 ou 65 ans, mais 62, 65 ans de quoi ?

Une carte de souhait avec ça ? - Et le 25 décembre, me semble qu'il y a d'autre chose qui tombe, justement, sur cette journée-là...

Heureusement qu'il n'est pas né un 29 février.

Simon

P.-S. : Et, trouvé, il y a dix jours, dans un biscuit, chez le chinois :

Vous êtes cordial, accueillant,
joyeux et aimé.

Venez me dire, maintenant, que je suis irascible.

 

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