Extraits sonores - 6

À chacune de ses éditions, Le Castor™, l'organe officiel de l'Université de Napierville, joint un document sonore susceptible d'intéresser ses lecteurs. - Pour en faciliter l'accès, ces documents ont été regroupés par tranches de cinquante (ou à peu près), classés en ordre de diffusion, du plus récent au moins récent.

Les enregistrements contenus dans la présente page correspondent à ceux qui ont été diffusés depuis le 29 mars 2010 ou à partir du numéro 201 jusqu'au 3 novembre 2014 (numéro 300)

Pour la série précédente, cliquez ICI.

Pour la série suivante, cliquez ICI.

Voir également à : Copyrights.

Merci pour vos commentaires et suggestions.

- Responsable : Paul Dubé


300 - novembre 2014

Charles Mingus

Je dois vous dire que j'ai commencé à me désintéresser du jazz vers le début ou le milieu des années soixante-dix, avec la venue du jazz fusion, du free jazz, du jazz électrique, quoique je fus un des premiers à attendre avec impatience, parce qu'il a fallu que je le commande aux USA, le Double Quartet d'Ornette Coleman que j'ai dû écouter cent fois. En ce sens, j'ai fait comme Hugues Panassier qui, lui, a considéré que le jazz s'était éteint avec la venue du Be Bop (Gillespie, Parker, et cie.).

Faut dire qu'avec Coltrane, dès le début des annes soixante, il fallait s'attendre à une grande révolution ; l'équivalent, en classique, de passer de Mahler (déjà très contesté à son époque) à John Cage, Milton Babbitt ou Lutostawski.

C'est en classant mes 33t, l'autre jour, que j'ai pensé à tout cela en mettant la main sur un disque de Charles Mingus, un avant-gardiste qu'on pourrait qualifier de "traditionnel" (si l'on peut juxtaposer ces deux expressions dans une même phrase).

J'en ai profité pour aller voir la page Wikipédia qui lui est dédiée pour apprendre, avec stupeur, qu'il était décédé à 57ans. Stupeur, oui, parce que je n'aurais jamais cru qu'avec son tempérament, il eut pu vivre si longtemps. Parce que, figurez-vous que je l'ai déjà rencontré. Avec un ami, d'un ami qui le connaissait Dans un restaurant, pour le petit-déjeuner, un samedi matin. Dans un restaurant genre snack-bar, rue Ste-Catherine, près de Bleury, fermé depuis très longtemps.

Tempérament ? - Une des personnes les plus désagréables qu'il m'ait été donné de rencontrer. Gueulard, impoli, totalement odieux. Envers la serveuse, la caissière, les clients assis aux tables adjacentes. Se plaignait de tout, accusait tout le monde d'être raciste et ainsi de suite. - Ses accusations et procès contre la firme Columbia sont restés célèbres. Mais quel musicien !

De la trempe de Duke Ellington. Z'ont fait, lui, Ellington et Max Roach un disque remarquable, soit dit en passant : Money Jungle (toujours disponible chez EMI). Et qui, pensez-vous jouait de la contrebasse lors du célèbre concert Gillespie-Parker enregistré à Toronto en 1953 ? (Empruntez, hypothéquez votre maison, vendez votre belle-mère, mais de grâce procurez-vous l'enregistrement de ce concert  !)

Le chef-d'oeuvre de Mingus ? Certains vous diront "Tijuana Mood" qu'il faut écouter assis, de préférence. - Pour être sûr de ne pas tomber à la renverse. Personellement, je préfère son "Mingus, Ah Hum, Charles Mingus" qui paru, en 1959, la même année que Miles mit en vente son Kind of Blues et Dave Brubeck son Time Out.

De ce 33t, une piste restera célèbre : Goodbye Pork Pie Hot en référence à Lester Young décédé quelques semaines auparavant.

Il y a... 55 ans.

Voici cette pièce.

Cliquez sur la note : version MP3 :

299 - 6 octobre 2014

The Coffee Song

Lorsque Frank Sinatra quitta la maison Capitol en 1962 pour enregistrer sous sa propre marque, Reprise, on avait déjà commencé à dire que c'était bien triste, mais que sa voix n'était plus ce qu'elle avait été ("Sadly, his voice is starting to go"). Ceux qui partageaient cette opinion ont dû, par la suite, le regretter car, de 1962 à 1975, "Old Blue Eyes" enregistra ce qui restera sans doute ses plus beaux moments de sa longue carrière, notamment lors d'un concert à Las Vegas (The Sands Hotel) avec l'orchestre de Count Basie en 1966, d'un disque-studio avec Duke Ellington en 1968 et qui ne se souvient pas de "My Way", en 1969, et son fameux "Main Event" au Madison Square Garden, à New York, en 1975 ?

Le premier disque qu'il mit en circulation, en 1962, fut "Ring-a-Ding Ding" dans lequel on retrouve une de ses chansons-surprises - ou, à tout le moins très originale - qui s'intitulait "The Coffe Song", une de ces choses absurdes, écrites et composées principalement pour leurs effets comiques par Bob Hilliard et Dick Miles qui, outre ce "succès" n'en connurent pas beaucoup.

Nous y reviendrons à l'instant, mais auparavant, il serait bon de souligner que ce "Coffe Song" a été composé dans les années quarante et que, bien avant son enregistrement chez Reprise, Sinatra en avait gravé une version en 1946 chez Columbia.

Cette version, la voici. Et quand vous l'aurez écoutée, vous verrez pourquoi elle n'a pas eu le succès qu'elle aurait peut-être dû avoir.

Malgré plusieurs recherches, je n'ai pu trouver qui en a fait l'orchestration. (Axel Stordhal ?)

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Enregistrée 16 ans plus tard, , chez "Reprise", elle pris une toute nouvelle tournure et fit un malheur, avec d'autres titres comme "Let's Fall in Love", "A Fine Romance", "You'd Be So Easy to Love" ou encore "Let's Face the Music and Dance".

À son écoute, vous saurez pourquoi.

Voici donc la deuxième version de "The Coffee Song" chantée par Sinatra.... il y a cinquante-deux ans (ce qui est un peu faux car Sinatra l'a enregistrée en 1960) :

(L'orchestration est de Johnny Mandel.)

Cliquez sur la note : version MP3 :

298 - 1er septembre 2014

C'est la vie

Je suis revenu à un de mes idoles des années cinquante et soixante la semaine dernière et j'ai pensé à la liste que Copernique nous a laissée des moments qui, selon lui, devraient être considérés remarquables du Rock n' Roll (voir à Copernique Rock n' Roll) et dans laquelle il mentionne le nom de Chuck Berry pas moins de quatre fois et, en particulier de son You Can't Catch Me (1956) et de son Rock n' Roll Music (1957).

Je me suis souvenu du nombre de 45 tours que j'avais dans ma modeste discothèque d'alors où figuraient à peu près tous les enregistrements qu'il avait gravés chez Chess Records et que l'on retrouve, aujourd'hui, dans des dizaines de compilations : Chuck Berry's Greatest Hists, Chuck Berry's All Time Hits, Chuck Berry :Pionner of Rock n' Roll, etc., sauf que tous ces "hits" sont des années cinquante alors qu'il a continué à en créer d'autres jusqu'à la mi-soixante (en fait, son dernier grand succès date de 1972) et c'est d'un de ses enregistrements de sa deuxième décennie que j'ai "redécouvert" la semaine dernière et auquel j'aurais dû faire attention lors de la création, par Quentin Tarentino, d'un long métrage, aujourd'hui devenu film-culte : "Pulp Fiction" (1994).

Si votre mémoire est fidèle, vous devez vous souvenir que, dans ce film, John Travolta doit servir de chaperon à la fille d'un gangster qui ne cesse, au cours d'une soirée, de multiplier des situations embarrassantes. À un moment donné, elle décide, dans une discothèque, de participer (avec John) à un concours de danse où, parodiant son rôle dans "Saturday Night Fever" (17 ans plus tôt), Travolta se voit obligé de danser un twist avec la fille du gangster en question, interprétée par Uma Thurman.

Et sur quoi dansent-t-ils ?

Sur une chanson de Chuck Berry, composée alors qu'il était en prison (longue histoire) et qui fut publié, par Chess, en août 1964. - Cette chanson a porté au moins trois noms : "Teenage Wedding", "C'est la vie" et "You Never Can Tell". Et c'est celle-là qui sera mon enregistrement de cette édition du Castor™.

La voici, dans sa version originelle :

Cliquez sur la note : version MP3 :

Vous la trouverez, sur YouTube dans au moins dix autres versions par : Chuck Berry (deux, trois versions "live"), Bruce Springstein, Rudd van Ingan, Jerry Williams, The Express Band, Rock Voisins (sic), Bill Wyman, Jerry Garcia... y compris par le Docteur House lui-même, Hugh Laurie.

Si vous la désirez en Country, essayez la version d'Emmylou Harris :

https://www.youtube.com/watch?v=ZGJHhFYI9ww

Mais il enexiste beaucoup d'autres.

La version la plus endiablée est sans doute celle qui suit par un pianiste-chanteur danois du nom d'Esben Just :

https://www.youtube.com/watch?v=dOhmDOBn7Jw

Et puis la version Travolta-Thurman (en vidéo) se trouve également sur YouTube :

https://www.youtube.com/watch?v=lGblpBpEFNU

297 - 4 août 2014

They All Played Ragtime
(Du titre d'un volume de Rudi Blesh et d'Harriet Janis, paru en 1950)

Au numéro 190 de cette série (page 4), j'ai inséré une composition de Scott Joplin, joué au piano par Dick Hyman. Il s'agissait de "Reflection Rag" contenant cinq thèmes et qui n'a été publiée qu'après sa mort (en 1914). - Je l'ai retrouvée, l'autre jour, mais en visuel, sur YouTube, jouée par un bonhomme qui mérite un grand détour.

Taper tout simplement "Cory Hall" dans Google ou dans Youtube.

Le lien pour l'interprétation par cet interprète de ce "Reflection Rag" est le suivant :

https://www.youtube.com/watch?v=pqgvxU9ujGQ

Ci-dessous un lien vers une copie en mp3.

Pour les spécialistes (!) :

La première des rags publiées de Scott Joplin ne fut pas, comme on le souligne trop souvent "Maple Leaf Rag" qui fut son plus grand succès (plus d'un million de ventes en petits formats) mais bien "Original Rags" (sic) qui, comme la dernière ("Reflection Rag" publiée après sa mort), contient non pas les quatre thèmes habituels d'une rag classique, jouée dans l'ordre AA-BB-A-CC-DD mais cinq qui, en principe, devait être joués AA-BB-A-CC-DD-EE.

Cest ce qui est arrivé à "Reflection Rag" dont le contenu n'a pas été mis dans l'ordre par Joplin, mais par son éditeur à partir de thèmes retrouvés dans ses manuscrits.

"Original Rags", par contre, a bel et bien été écrit tel quel par Joplin mais avec deux caractéristiques inhabituels : celui d'une introduction qu'on retrouve, lors de sa répétition, précédé par une modulation, c'est-à-dire comme ceci : Introduction-A-A-B-B-C-C-modulation-A-D-D-E-E.

Cliquez sur la note : version MP3 :

 

296 - 7 juillet 2014

Là-haut

Je ne suis pas un fan inconditionnel de Maurice Chevalier que j'ai eu l'occasion de voir, à Montréal, en 1967, alors qu'il avait 79 ans et entamait sa huitième (ou était-ce sa onzième ?) "tournée d'adieu". (Son dernier récital, il l'a donné au Théâtre des Champs-Élysées, le 20 octobre 1968, dans sa quatre-vingtième année.)

Pas un fan, mais un admirateur sans restriction pour sa période pré-Hollywoodienne, c'est-à-dire celle d'avant 1929.

Il avait alors un style tout à fait unique, allant jusqu'à se moquer de lui-même ("Oh Maurice") ou jouant dans des comédies musicales qui sont encore fraîches aujourd'hui, 90 ans après leur création.

Voici une chanson interprétée par lui, en 1923, dans "Là-haut" d'Yves Mirande et de Gustave Quinson (livret) et de Maurice Yvain (musique) - Lyrics d'Albert Willemetz.

Dans cette comédie musicale, Maurice Chevalier tenait le rôle d'Évariste Chanterelle, Dranem, celui de Frissotin et Gabin (père), celui de Saint-Pierre.

Evariste Chanterelle, jeune homme élégant et désinvolte, se retrouve prématurément au Ciel. Voici ce qu'il demande à Saint-Pierre :

Ange pur, ange radieux,
Me voilà donc au sein des cieux.
Vous me faites beaucoup, beaucoup d'honneur,
De me recevoir de si bonne heure.
Pour éclairer ma religion,
Pourrais-je vous poser une question ?
Avant que j'emménage
Voulant être à la page
Je serais heureux
Qu'on m' fasse visiter les lieux.

Où sont les lavabos là-haut ?
Y a-t-il le gaz et l'eau là-haut ?
Avec vos flocons moelleux
Franchement dites-moi-le
J'ai grand peur que ça ne soit humide un peu.

Est-ce qu'on se lève tôt là-haut ?
Quand reçoit-on les journaux là-haut ?
Entend-on le métro
Les tramways, les autos ?
A-t-on le vrai repos là-haut ?

Si c'est vrai c'qu'on m'a raconté,
Enfin chez vous je vais goûter
Des extases beaucoup, beaucoup plus belles
Qu'aux paradis dits artificiels ?
Aucun fruit n'est plus défendu.
On peut mordre sans être mordu.
Toutes les blagues, les bêtises
Je l'espère, sont permises
Soyez gentils, dites-moi si l'on m'a menti.

Est-ce qu'on boit du Clicquot là-haut ?
Est-ce qu'on s'donne des bécots là-haut ?
Est-ce que dans votre musée,
On a l'droit de s'amuser,
À toucher aux objets qui sont exposés ?

Aime-t-on les hommes beaux là-haut ?
Êtes-vous sentimentaux là-haut ?
Trouve-t-on sans Monaco
Sans risque de bobos
Un ange pour faire dodo
Là-haut ?

Pour plus de renseignements (sur "Là-haut"), voir à : http://194.254.96.55/cm/?for=fic&cleoeuvre=166. Vous y trouverez d'autres enregistrements, des photos, etc.

Pour ce qui est des interprètes, voir à : http://dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/ (Section "Thématique" - "Fiches biographiques".)

Un  disque Salabert sans numéro (1923), mais également disponible chez Pathé (no. 2058).

Cliquez sur la note : version MP3 :

 

295 - 2 juin 2014

Champagne

George Leybourne est presque oublié aujourd'hui, sauf de quelques amateurs de music-hall anglais de la fin du 19e siècle, quoique, récemment, à Londres, un promoteur immobilier a donné son nom à un bâtiment ("block of flats") de quelque 50 logements, rue Fletcher, dans le quartier Whitechapel, près du Wilton's Music-hall, une des salles légendaires de Londres, construite en 1839 et restaurée en 2003, là où il a connu ses plus grands succès.

C'était un de ces nombreux chanteurs de l'époque.

Sa carrière fut de courte durée cependant car, "ayant vécu rapidement", il s'est éteint, en 1884, à l'âge de 42 ans non, quand même, sans avoir créé plus de 200 chansons dont trois sont passées à l'histoire :

  • "If Ever I Cease To Love" qui est, à toutes fins utiles, la chanson-thème des fêtes du Mardi Gras de la Nouvelle-Orléans.

  • "The Daring Young Man on the Flying Trapeze" qui est toujours en vogue et qui fut enregistrée, entre autres, par Eddie Cantor, Burl Ives, Cliff "Ukelele Ike" Edwards, Spike Jones, Ian Whitcomb, Les Paul & Mary Ford, Alvin and the Chipmunks, Crispin Hellion Glover et...Bruce Springsteen.

Mais surtout :

  • "Champagne Charlie", nom par lequel il fut connu, après sa création (en 1866), jusqu'à la fin de sa vie et à partir de laquelle il adopta un répertoire composé d'à peu près tous les grands crus de France et d'Italie.

En voici une version enregistrée en 1944 par Tommy Trindler (un autre oublié ! - 1909-1989), sur étiquette Columbia, numéro FR 3050.

Pour les lyrics, voir à : http://monologues.co.uk/musichall/Songs-C/Champagne-Charlie(2).htm.

Champagne Charlie is my name
Champagne Charlie is my game
There's no drink as good as fizz, fizz, fizz
I'll drink every drop there is, is, is
All round town it is the same
By Pop! Pop! Pop! I rose to fame
I'm the idol of the barmaids
Champagne Charlie is my name !

Et vous pourrez en retrouver plusieurs versions dont quelques-unes par l'inimitable Leon Redbone sur YouTube (fortement recommandé).

Excusez la qualité, mais ça a 70 ans...

Cliquez sur la note : version MP3 :

294 - 5 mai 2014

Folklore américain

Cette semaine, une chanson qui date des années dix ou douze (1910-1912) composée par la petite fille d'un esclave américain, alors qu'elle n'avait que quatorze ou quinze ans. Née en 1895 et décédée en 1987, elle fut (re)découverte alors qu'elle avait soixante ans après quelque 25 ans d'absence. Du jour au lendemain, elle (re)devint vedette et se produisit dans des tours de chants jusqu'à la fin de sa vie

Son nom : Elizabeth Cotten.

Une page sur l'encyclopédie Wikipedia (en français) lui est dédiée :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Elizabeth_Cotten

On y lira qu'elle doit sa notorité non seulement à cause de ses comopositions - dont la plus célebre fait l'objet de cette chronique - mais surtout à cause de son style de guitare peu orthodoxe.

Il s'agit de "Freight Train" dont les paroles sont :

Freight train, Freight train, run so fast
Freight train, Freight train, run so fast

Please don't tell what train I'm on
They won't know what route I've gone 

When I am dead and in my grave 
No more good times here I crave
Place the stones at my head and feet
Tell them all that I've gone to sleep.

When I die, Lord, bury me deep
Way down on old Chestnut street
Then I can hear old Number 9
As she comes rolling by.

C'est magnifique, vous verrez.

Les trains de marchandises roulent si vite
Les trains de marchandises roulent si vite

Ne dite à personne sur lequel je suis monté
Ainsi nul ne saura où je m'en suis allée

Quand je serai morte et dans la tombe
Des bons moments d'ici j'en aurai plus envie
Placez une pierre à ma tête et une autre à mes pieds
Dites à tous que je suis allé dormir.

Enterrez-moi profondément
Sur le vielle rue d'en bas, près du châtaigner
Ainsi je pourrai entendre le numéro 9
Quand il passera tout près.

Cliquez sur la note : version MP3 :

***

Vous trouverez, sur YouTube, diverses versions de cette chanson :

Par Elizabeth Cotten elle-même :

https://www.youtube.com/watch?v=43-UUeCa6Jw

Par Joan Baez :

https://www.youtube.com/watch?v=F_wrFI-Kbxk

Par Peter Seeger :

https://www.youtube.com/watch?v=5s_yumYPFm4

Par Taj Mahal :

https://www.youtube.com/watch?v=lPo-7bzU3wM

Et dans une adaptation française, par Joe Dassin :

https://www.youtube.com/watch?v=EL5RmojJiFM

293 - 7 avril 2014

Paysage

Quand on m'a parlé de paysage en musique, j'ai tout de suite pensé à Bedrich Smetana (1824-1884) et sa Moldau ou Vtlava (prononcer "Veltava") tirée de sa Patrie ("Ma Vlast") sauf que j'ai toujours trouvé ça ennuyant comme la pluie. Je lui préfère l'ouverture de son opéra,    "La fiancée vendue"     ("Prodana nevesta"), que vous trouverez difficilement chez un discaire à moins de la chercher sous le nom de "The Bartered Bride". - Pas un musicien mineur, mais... passons.

Quelqu'un m'a suggéré le thème de la série d'émission télévisée connues sous le nom des "Belles histoires des pays d'en-haut" (1956-1970), tiré, lui, des Saisons d'Alexandre Glazounov (1865-1936), mais écouter une demi-heure de passages plus ou moins intéressants pour n'entendre que cela ? - Autant passer directement chez Vivaldi dont les Saisons sont plus connues.

La sixième symphonie de Beethoven ? - Nah. - C'est magnifique (Bruno Walter, s.v.p.), mais c'est peu descriptif.

À la rigueur, je me serais contenté du cycle Winterreise de Schubert, sauf que son thème principal, malgré qu'il s'y trouve des références envoutantes, n'a rien à voir avec les paysages ou la nature.

(Vous trouverez, soit dit en passant tout ce qui précède - et beaucoup d'autres choses - très facilement sur YouTube.)

Finalement, je me suis tourné vers un chanteur québécois que j'ai toujours admiré, Bruno Laplante dont vous pourrez lire toute une page qui lui a été dédiée en notre "autre" site, celui sur la Chanson française de 1870 à 1945 :

http://dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/fiches_bio/laplante_bruno/laplante_bruno.htm

Tiré d'un coffret (3 x 33t) paru chez Calliope (numéro 183050) en 1977 intitulé "Le livre d'or de la Mélodie Française", sur une musique de Charles Gounod, avec Janine Lachance au piano, un paysage assez particulier, mais d'une grande beauté :

D'un poème d'Alphonse de Lamartine (1790-1869) :

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292 - 3 mars 2014

Nuits de Sceaux

À l'occasion du 250e anniversaire de la mort de la duchesse du Maine (1646-1753), le Musée de l'Ile-de-France, propriété du Conseil général des Hauts-de-Seine, a organisé de septembre 2003 à janvier 2004 des événements pour provoquer, à travers une exposition, des concerts et un colloque, la personnalité de cette impétueuse princesse et tout ce que fut l'art de vivre à la cour de Sceaux. Durant plusieurs mois, ces événements ont replongé le domaine de Sceaux dans l'ambiance et l'expression et de création artistique des fameuses "Grandes Nuits" qu'organisa la duchesse du Maine à partir de 1700.

C'est à cette cette occasion qu'a été programmé à l'Orangerie, par le Centre de Musique Baroque de Versailles, les "Nuits de Sceaux" de Nicolas Bernier (1665-1734) dont on a tiré un enregistrement pour en conserver la mémoire.

Il est paru en 2004, grâce à la Fondation France Télécom, avec des notes, entre autress, de Denis Grenier du Département d'histoire de L'Université Laval (Québec).

Un disque, Alpha, numéro 058, fort difficile à trouver, mais très intéressant.

Nous en joignons l'ouverture de la première partie intitulée "Apollon ou le Dieu du jour".

Les Folies Française, sous la direction de Patrick Cohên-Akenine.

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291 - 3 février 2014

Nostalgie

Accusez-moi de tous les péchés de la terre, de détester le rap à m'en confesser et de ne pas aimer la musique hawaïenne, mais j'ai toujours eu un penchant pour les chansons irréalistes, dignes de l'Oulipo, de Mary Travers, dite "La Bolduc", chansons qui me ramènent des années en arrière (et quand je dis "années", je veux dire "des années").

En voici une :

S'agit d'une chose qu'elle a enregistrée en 1929 et dont un ami m'a remis, de son disque originel, une copie en MP3.

Qui a dit que l'irréalisme était une chose qui échappait à la conscience du peuple ?

Messieurs et Mesdames
Veuillez mexcuser
Si j'parais su'l théâtre aussi mal habillée
Aussi mal(e) vêtue
Je n'ai pas d'argent pour payer.

Johnny Monfarleau passait dans la rue
Avec une punaise qu'était grosse comme un veau
I'a pris sa peau pour en faire un capot:
Hourrah! Pour Johnny Monfarleau.

Avec sa viande, ainsi que ses os,
Je me suis décidée de faire un fricot.
J'ai tout invité: les parents, les amis
Ainsi que Johnny Monfarleau.

Je l'ai vu à Gaspé se promener
Ce pauvre vieux en souliers d'boeufs
Sa tuque de côté, sa ceinture fléchée:
Hourrah! Pour Johnny Monfarleau !

Quand j'étais jeune fille, à la messe de minuit,
Il me m'nait à l'église avec sa jument grise
Sa vieille cariole de peau de buff'lo
Hourrah! Pour Johnny Monfarleau!

Je l'ai vu à New York, par ci,, par là
Il se promène en pyjama
Son tuyau de castor et sa belle canne en or
Hourrah! Pour Johnny Monfarleau!

Depuis l'mois d'octobre, qu'i' est dans les forêts
En costume de bain garni en peau de l'pin
Avec sa garnd'barbe tricotée au crochet
Hourrah! Pour Johnny Monfarleau!


Note :
D'après Lina Remon (Madame Bolduc - Paroles et musique - Guérin, 1983), cette chanson aurait pour titre original L'habit de Johnny McFellow et serait du répertoire anglais.

La Bolduc - Johnny Monfarleau - Étiquette Starr no. 15965

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290 - 6 janvier 2014

Kirsten Flagstad

Je suis parfaitement en accord avec ce que dit Copernique :  qu'il faut un certain recul pour apprécier les milliers d'enregistrements qui sont publiés chaque année, depuis des années ; qu'il faut également une sorte de guide pour s'y retrouver. Mais, quel plaisir à redécouvrir au hasard, dans sa discothèque des choses qu'on n'a pas entendues depuis des lunes.

En voici un que j'ai retrouvé, peu avant Noël, suite à un pari que j'avais fait avec un ami, à savoir qu'au début des années cinquante, certains 33t n'avaient qu'un seul côté. Mon pari, je l'ai gagné grâce à un disque Angel de Dietrich Fischer-Dieskau que j'ai depuis trente, quarante ans, dans ma discothèque, mais c'est en le cherchant que j'ai mis la main sur un autre 33t, à deux faces celui-là, de Kirsten Flagstad (1895-1962), celle de qui on a dit, plusieurs fois qu'elle a été "la voix du siècle" et dont l'interprétation d'Isolde dans Tristan und Isolde de Wagner demeure une référence.

Un disque Ace of Diamonds, une sous-marque de la firme London (no. SDD  2171), paru en 1967 (quoique on y cite un article de Robert Boas daté de 1969...) sur lequel on retrouve le cycle "Kindertotenlieder" et celui du "Leider eines Fahrenden Gesellen" de Gustav Malher, direction Sir Adrian Boult. - Circa 1959-1960.

De ce "Leider eines Fahrenden Gesellen" ("Songs of a Wayfarer" ou "Chants du voyageur errant"), le premier lied : "Wenn mein Schatz Hochzeit macht" ("Quand ma bien-aimée aura ses noces" ).

Quand ma bien-aimée aura ses noces,
Ses noces joyeuses,
J'aurai mon jour de chagrin !
J'irai dans ma petite chambre,
Ma petite chambre sombre !
Je pleurerai sur ma bien-aimée,
Sur ma chère bien-aimée !
Petite fleur bleue !
Ne te dessèche pas !
Gentil petit oiseau !
Tu chantes au dessus du pré vert.
Ah, que le monde est beau !
Cui-cui ! Cui-cui !
Ne chantez pas !
Ne fleurissez pas !
Le printemps est fini !
Tous les chants sont terminés maintenant !
La nuit quand je vais dormir,
Je pense à mon chagrin,
À mon chagrin.

Pas très joyeux pour débuter l'année, mais c'est féérique.

Kirsten Flagstad - "Wenn mein Schatz Hochzeit macht"

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289 - 2 décembre 2013

Livres lus

Je suis étonné de la quantité de livres en format sonore dont un internaute peut disposer aujourd'hui. C'est par milliers qu'on les retrouve chez YouTube, Daily Motion et ailleurs.

Je ne suis pas trop amateur car je trouve que ce type de livres demande de deux à trois fois plus de temps par rapport à celui qu'il nous faut pour les lire de la façon habituelle. Je préfère lire avec de la musique en arrière-plan. Et, avec les lecteurs électroniques, on est à deux touches d'un dictionnaire. Sans compter qu'on peut annoter.

Je connais un ami cependant, qui, depuis quelque temps ne jure que par les enregistrements qu'on a fait de certaines oeuvres. Et pour cause : il marche une heure par jour ; une demi-heure le matin, pour se rendre à son travail, et une demi-heure le soir pour en revenir. Il en profite pour se taper, ainsi, deux ou trois volumes par semaine. C'est énorme, non ?

J'avoue que, pour certaines choses, la voix d'un comédien ajoute une certaine valeur à certains chefs-d'oeuvre.

En voici un :

Il s'agit du début du Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline enregistré en 1955 par nul autre que Michel Simon.

Je vous donnerai des renseignements supplémentaires lorsque j'aurai retrouvé l'album double-33t duquel il a été tiré et que je ne retrouve plus dans ma discothèque.

Cliquez sur la note : version MP3 :

288 - 1 novembre 2013

Le monocle

Les gens de ma génération se souviennent du commandant Théobald Dromard, dit  "Le Monocle", interprété à l'écran dans trois films de Georges Lautner par un personnage hors-norme qui débuta clerc de notaire, devint danseur, chanteur puis, finalement comédien sous le nom de Paul [Gustave Pierre] Meurisse, né en 1912 à Dunkerque et mort à Neuilly-sur-Seine en 1979.

Sa carrière de chanteur fut relativement courte et ses enregistrements sont donc plutôt rares.

Celui qui suit date, d'après mes notes, de 1943 et aurait été enregistré chez Gramophone sous le numéro K 6821 mais je me souviens l'avoir vu en 45t chez Pathé. - Il se peut, dans ses conditions que Paul Meurisse l'ait enregistré deux fois. M'enfin, c'est, à ma connaissance, son plus grand et sans doute son seul succès.

Il s'agit d'une chanson de Gaston Gabaroche et d'Adrien Maurice Galopet dit André Gabriello ou plus simplement Gabriello.

Son titre ? - Margot la ventouse dont les premières paroles vous diront tout sur son genre :

"Étant une jeune fillette,
  Elle perdit sa fleur virginale
  Lorsqu'elle devint la poulette
  D'un poseur de chauffage central...
"

Et quand vous aurez connu le visage du Monsieur, vous aurez tout compris :

(Photo en provenance du site http://www.cinememorial.com)

À noter que Paul Meurisse fut un Luc Jardie extraordinaire dans L'armée des ombres
de Jean-Pierre Melville, en 1969.

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287 - 14 octobre 2013

Bob Dylan

Difficile à croire, mais les premiers enregistrements de Bob Dylan (né Robert Allen Zimmerman en 1941) auront, cette année, cinquante-et-un ans. C'est en 1962, en effet, que le premier 33t du vieux bonhomme qui n'est aujourd'hui - n'en déplaise à ses admirateurs - qu'une caricature de lui-même (et dont on n'entend plus que les marmonnages), a enregistré son premier 33t chez Columbia en 1962.

Il fut cependant, surtout vers 1965 et 1966, partculièrement grâce à son double-33t, Blonde on Blonde, en 1966, un de chantres de sa génération.

Nous l'écouterons, ici,dans un enregistrement de son deuxième 33t, en 1963 (cinquante ans !) qui fut un de ses grands succès, non seulement critique mais populaire.

S'agit d'une de ses chansons qui n'a pas perdu de son intensité et qui précédait, de six ans, le succès d'un autre protestataire, John C. Fogerty (Credence Clearwater Revival) à l'origine de "Bad Moon Rising".

De Bob Dylan donc, "A hard rain's a-gonna fall" :

"And it's a hard, it's a hard, it's a hard, and it's a hard
It's a hard rain's a-gonna fall...
"

(Du 33t - mono - "The Freewheelin' Bob Dylan" - Disque Coumbia, no. 8786)

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286 - 30 septembre 2013

Sonnerie de Sainte-Geneviève du Mont de Paris

Une pièce assez longue aujourd'hui, longue par rapport à nos enregistrements habituels : près de huit minutes ; et qui, de surcroît, aurait pu être d'une grande monotonerie à cause de son thème unique, mais, comme vous le verrez, elle est très envoûtante.

Elle est d 'un compositeur, aujourd'hui, presque méconnu, mais qui a eu son heure de gloire du temps de Louis XIV, Marin Marais (1656-1728) que le film d’Alain Corneau (d’après le roman de Pascal Quignard), Tous les matins du monde, nous a révélé en 1991.

(Pour de plus amples renseignements : http://fr.wikipedia.org/wiki/Marin_Marais.)

Cette pièce s'intitule "Sonnerie de Sainte-Geneviève du Mont de Paris", date de 1723 et est tirée de "La Gamme et Autres Morceaux de Symphonie".

On en trouvera différentes versions sur YouTube dont celle-ci, de l'Ensemble Café Zimmerman (sic) : Pablo Valetti (violin) Guido Balestracci (viole de gambe)  et Celine Frisch (clavecin).

(http://www.youtube.com/watch?v=xOLjfmCdZG0)

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285 - 16 septembre 2013

Ist dies etwa der Tod ?

De la poésie aujourd'hui :

Dans la rougeur du soleil couchant

À travers les peines et les joies,
Nous avons marché, la main dans la main.
Maintenant nous nous reposons tous deux
Dans ce lieux silencieux.

Autour de nous les vallées s'inclinent,
Déjà le ciel s'assombrit.
Seules, deux alouettes s'élèvent,
Dans l'air parfumé.

Viens-là et laisse les tournoyer.
Bientôt il sera l'heure de dormir.
Viens, que nous ne nous perdions pas
Dans cette solitude.

Ô calme incommensurable du soir,
Si profond dans le rouge du couchant !
Comme nous sommes las de marcher !
Est-ce peut-être déjà la mort ?
( "Ist dies etwa der Tod ?")

Je ne sais de qui est cette traduction que j'ai retrouvée sur le WEB. Son texte originel (allemand) se trouvera facilement sous le nom de "Im Abendrot" dont la traduction littérale est "rémanence", un mot qui signifie "survivance" et qui se rapporte à  une sensation qui persiste, même après la disparition de ce qui l'a provoquée.

Il s'agit d'un poème d'un écrivain romantique allemand, qui, comme dirait Copernique, est aujourd'hui parfaitement inconnu (quoique Wikipédia insiste pour dire qu'il est encore considéré comme "très important" et même toujours "populaire"). Son nom ? Joseph Karl Benedikt von Eichendorf, né en 1788, décédé en 1857.

Aucune importance, car ce n'est pas de lui dont je veux vous parler mais de Richard Georg Strauss, né en 1864 et décédé en 1949, le dernier des grands compositeurs romantiques (allemand, il va sans dire), qui a mis ce poème en musique en 1948, à la suite de trois autres poèmes de Hermann Hesse (1877-1962), l'auteur de Steppenwolf, et qui furent interprétés pour la première fois en 1950 au Royal Albert Hall de Londres par Kirsten Flagstad (1895-1062) accompagnée par la Philharmonia Orchestra sous la direction de Wilhelm Furtwängler (1886-1954).

Bon, assez pour ces ennuyeux renseignements historiques et passons à l'acte :

Permettez quand même que je mentionne que Strauss n'a pas donné de titre à ces quatre pièces que l'on connaît, aujourd'hui, sous le nom de ses "Quatre derniers lieder" ou "Four Last Songs", de leur titre en allemand, "Vier letzte Lieder", nom que leur aurait donné Ernst Roth (1896–1971), un des directeurs de la maison d'édition anglaise qui a publié à peu près tout l'oeuvre de Strauss.

Et c'est ainsi que nous vous proposons, interprétée par Olga Maria Elisabeth Friederike Schwarzkopf (1915-2006), la dernière de ces quatres chansons dont nous avons cité les paroles au début de cette longue introduction.

Le tout se passe d'autres commentaires, sauf que c'est d'une beauté sidérale.

Il s'agit d'un enregiatrement qui daterait, selon mes sources, de 1953 et qui n'a jamais cessé d'être disponible.

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284 - 2 septembre 2013

Mille après mille

Non, Fred Pellerin n'a pas écrit les paroles ni composé la musique de cette chanson qu'il interprète de façon tout à fait convaincante (voir sur YouTube [1]) - surtout en compagnie de Céline Dion (idem [2]). Cet honneur revient à un Franco-Ontarien du nom de Gérard (Gerry) Joly (1934-2008).

Originellement intitulée Mile After Mile, elle fut un grand succès au Canada anglais (chanté par Orval Prophet) en 1971 et 1972. Traduite en français peu de temps après, par Gerry Joly lui-même, elle connu autant de succès au Québec, lorsque créée par le plus populaire chanteur Country de l'époque, l'inimitable Willie Lamothe, dont nous avons déjà parlé au numéro 197 de cette série (voir page 4).

Depuis, elle a été reprise par Isabelle Boulay, Patrick Normand, Paul Brunelle, Laurence Jalbert et plusieurs autres.

J'ai pensé qu'il serait gentil d'insérer ici la version de Willie tout en vous encourageant à l'écouter chantée par l'incroyable conteur (et chanteur) qu'est Fred Pellerin.

L'enregistrement date de 1972 - Un disque London, no. FC 859.


Gerry Joly
(Archives La Presse)

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[1] https://www.youtube.com/watch?v=Vs89gUC7T9I

[2] https://www.youtube.com/watch?v=8eDeqbpe40M

283 - 19 août 2013

Triste, triste...

Si vous ne connaissez pas le chanteur-compositeur Townes Van Zandt, à qui cette édition du Castor™ est dédiée, vous allez découvrir en lui un délicieux poète.

Né à Fort Worth, au Texas, sa vie d'alcoolique invétéré a fait l'objet, après sa mort prématurée, due à l'usage abusif de drogues en tous genres, de deux livres, plusieurs articles de journaux et même d'un documentaire, et si la critique et les amateurs de musique Country ou Folk (quoique son style fût unique) lui ont réservé une place de choix, il ne s'est jamais préoccupé de sa carrière, préférant chanter dans des bars de second ordre, dormant dans des hôtels minables, parfois sur le divan d'amis ou encore dans une petite roulotte où il passait ses journées à jouer aux cartes.

Ses compositions furent remarquables tant par la qualité des paroles que par leurs thèmes où il est beaucoup question de la mort, de la vie de clochard, de l'errance et de tout ce qui fait la misère des pauvres gens.

Certaines ont été enregistrées par Bob Dylan, Willie Nelson, Emmylou Harris, Merle Haggar et plusieurs autres.

Les frères Cohen lui ont rendu hommage en faisant jouer, à la fin de leur "The Big Lebowski" son interprétation de "Dead Flowers" (de Mick Jagger, Keith Richards dont les chansons sont si intimement liées aux Rolling Stones qu'on les entend rarement chantées par d'autres).

Si vous désirez l'écouter (et le voir), taper son nom dans You Tube.

De lui, mais interprétée par Willie Nelson (que j'ai retrouvée, justement, sur le site précité), une chanson très émouvante qui s'initule tout simplement "Marie"

Cliquez sur http://www.lyricsdepot.com/townes-van-zandt/marie.html pour les paroles.

Et ne pleurez pas trop.

Bonne écoute.

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282 - 5 août 2013

Et vive la mondialisation

Je cherchais depuis plusieurs années un enregistrement de la comédie musicale de Cole Porter, Anything Goes, mais dans sa version britannique, créée à Londres en 1935 avec, en vedette Jeanne Aubert (voir notre site sur la Chanson Française - lien ci-dessous) et Jack Whiting, lorsque, par hasard, un jour, je trouvai, en vente, sur un site canadien, un disque compact de marque Prism où les deux interprétaient divers titres tirés de cette comédie : "I Get a Kick Out of You""You're the Top" (avec Jack Whiting) et "Anything Goes".

Je le commandais aussitôt (quelque chose comme 10 dollars ) et reçu, le lendemain, un accusé de réception d'une firme américaine me disant que ce disque, fabriquée en Angleterre, allait me parvenir sous peu et, effectivement, quelques jours plus tard, il me fut livré par la poste en provenance d'une compagnie de distribution allemande, adressé, comme il se doit, à Herr Paul Dubé...

Allez comprendre quelque chose.

Quoiqu'il en soit, tiré de ce disque (Prism, numéro 938), voici "You're the Top", pour la troisième fois sur ce site (*).

Bonne écoute

(*) Page trois, numéro 143 par Cole Porter lui-même et page quatre, numéro195, par le comédien américain Cary Grant (si, si : Cary Grant).

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281 - 22 juillet 2013

Pas d'extraits aujourd'hui mais des liens :

On admire leur longéivité, on reste muet devant leur forme physique, mais quand jettera-t-on un long regard sur les paroles de leurs chansons ? - Nous parlons bien sûr, des Rolling Stones qui en sont à leur cinquante-et-unième année de carrière.

Incontestablement, Mick Jagger, leur principal parolier, pourra, un jour, être considéré comme un des grands poètes du XXe siècle. Certes, il a, comme tous ces prédécesseurs, composé de choses qu'on devrait oublier, sauf qu'il a déjà, à son actif, d'authentiques - on serait tenté d'écrire ici - "chefs-d'oeuvre" :

Je vous en donne quatre :

Sympathy for the Devil

Liens :

Paroles : http://www.lyricsfreak.com/r/rolling+stones/sympathy+for+the+devil_20117881.html

Video : https://www.youtube.com/watch?v=CA-vYQjQbRo

Gimmie Shelter

Liens :

Paroles : http://www.lyricsfreak.com/r/rolling+stones/gimme+shelter_20117862.html

Pour un video : https://www.youtube.com/watch?v=6yGFuX2KDQs

Paint It Black

Liens :

Paroles : http://www.lyricsfreak.com/r/rolling+stones/paint+it+black_20117875.html

Video : https://www.youtube.com/watch?v=9snY79WeunQ

Dead Flowers

Liens :

Paroles : http://www.lyricsfreak.com/r/rolling+stones/dead+flowers_20117890.html

Vidéo :http://www.youtube.com/watch?v=NacPFgkFQ2Y (*)

Et en cherchant quelque peu, vous trouverez bien :

Angie, Brown Sugar, Emotional Rescue, Get Off of My Cloud. Honky Tonk Women, I Can't Get No Satisfaction, Jumpin' Jack Flash, Let It Bleed, Love In Vain, Mother's Little Helper, Nineteenth Nervous Breakdown, Street Fighting Man, Time Waits For No One, Under My Thumb, Waining For A Friend, Wild Horses...

Au dernier décompte, il y en avait 176...

(*) Avec Brad Paisly.

280 - 8 juillet 2013

Café Minuit

Jusqu'à la fin des années cinquante, existait côté nord-est de l'angle formé par l'avenue du Parc et la rue [du] Mont-Royal, à Montréal, une boîte de nuit qui portait le nom de "Café Minuit" et dont on pouvait, d'un tramway, apercevoir les grandes étoiles peintes sur son toit en pentes. On pourra lire sa petite histoire (et voir des photos de l'immeuble avant sa transformation en "café") aux adresses suivantes :

http://www.stm.info/info/infostm/2002/021213.pdf

http://histoireplateau.canalblog.com/archives/2007/01/18/3735147.html

Je suis passé par là, l'autre jour, à cause de bouchons majeurs de circulation dus à une panne d'électricité causée, à ce qu'on nous a dit, par des feux de forêts. - Si, si : des feux de forêts. - J'habite Montréal, je dois le savoir. - Vous savez : Montréal, là où les pannes de métro sont courantes. Nous avons même même été privés d'eau pendant 36 heures il n'y a pas longtemps. Quant à l'état des rues, vaut mieux ne pas en parler.

Enfin, ce n'est pas de ça dont je voulais vous entretenir aujourd'hui (je laisserai ces captivants sujets à Monsieur Popp), mais d'un trio qui avait quasiment fait du café précité son siège social  : celui de Raymond Berthiaume (1931-2009) et les Three Bars (*) qui, de 1948 à 1959, a enfilé succès sur succès dont le plus connu à l'époque demeure encore aujourd'hui quelque chose (comme plusieurs autres) encore disponible chez tous les discaires.

(*) Raymond Berthiaume, Roger Gravel et Fernand Thibault

Il s'agit de "N'oublie jamais", une chanson de René Rouzaud (1905-1976) pour les paroles, René Rouzaud qui a également composé les paroles de "La Goualante du pauvre Jean" et  de "La Fête à Loulou", créées par Yves Montand, "Quand c'est fini, ça recommence" pour Léo Ferré, "Et que ça dure" pour Sacha Distel, etc., etc., et de Louis Ferrari (1910-1988) pour la musique, Louis Ferrari qui fut le compositeur de “Joue contre joue”, “Domino”, “Un petit bout de satin”, “Moisson" et de multiples autres mélodies y compris diverses trames sonores pour films.

Tous les gens de ma génération connaissent ses paroles par coeur :

"N'oublie jamais
  Le jour où l'on s'est connu.
  Si tu l'oubliais
  Mon bonheur serait perdu.
"

Un 78t et un 45t de 1954 (RCA Victor 56-5251) - repris des dizaines de fois en 33t et en CD.

Bonne écoute !

Berthiaume, Raymond et les Three Bars  : "N'oublie jamais".

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279 - 25 juin 2013

Un CD fortement recommandé cette semaine.

Il a été mis en circulation en 2009 sous l'étiquette Bridge dans le cadre de sa "Garrick Edition", sous le numéro 9287 , une édition où le pianiste américain Garrick Ohlsson (retenez ce nom), né à New York, en 1948, y a déjà enregistré la totalité des sonates de Beethoven (*).

Nous en avons extrait cinq passages d'une grande curiosité, notamment par leur extrême brièveté. Il s'agit en effet d'études (pour piano) dont la durée est, respectivement, de 1 minute, 55 secondes, 53 secondes, 55 secondes et, la plus courte de toutes, 34 secondes. - Vous avez bien lu : il ne s'agit pas d'études d'une durée de 1 minutes et 55 secondes (53 secondes, etc.) mais bien d'études dont la plus longue est d'une durée, justement, de 1 minute.

De qui ? D'Alexandre Scriabin (1872-1915), probablement le plus innovatif, mais également le plus controversé des compositeurs "modernes".

Elles sont toutes surprenantes par leur audace et, peut-être, vous donneront-elles le goût de vous procurer le CD précité où Ohlsson y a gravé les 26 études de ce compositeur.

Bonne écoute !

(Cliquez sur les notes.)

Étude no. 15, Opus 42, no. 2  (1 minute) :

Étude no. 16, Opus 42 no. 3 ( 55 secondes) :

Étude no. 20, Opus 42, no. 9 (53 secondes) :

Étude no. 22, Opus 49, no.1 (55 secondes) :

Étude no. 23, Opus 56, no. 4 (34 secondes) :

278 - 10 juin 2013

Un excellent club de jazz à découvrir, si vous habitez ou visitez Montréal, est le Dièze Onze situé au 4115-A rue St-Denis, côté est, entre les rues Duluth et Rachel.

Vous trouverez les details de leur programmation et autres renseignements sur leur site :

www.dieseonze.com/

Atmosphère typique des clubs de jazz de New York des années soixante : sous-sol, bar, petite scène, etc.

Excellente nourriture, soit dit en passant.

Beaucoup de jazz manouche (notamment avec Christine Tassan qui y joue régulièrement) mais il y en a pour tous les goûts.

Et quand elle y repassera, ne manquez pas la pianiste, Chantale Gagné, originaire du Québec, mais qui habite maintenant New York et dont le site se trouve à l'adresse suivante :

www.chantalegagne.com

Suit un extrait du premier de ces deux CDs ("Silent Strenght" - en vente sur son site) où elle interprète, en compagnie de Peter Washington à la contrebasse et Lewis Nash à la batterie "I Mean You" de Thelonius Monk.

On retrouve les mêmes + Joe Locke, au vibraphone, sur son second CD, "Wisdom of the Water".

(Et oubliez ce que dit Copernique à propos des "cocktails pianists" : Chantale est excellente. et jolie de surcroît.

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277 - 20 mai 2013

Django Reinhardt !

Quand j'entends le son de sa guitare, je ne peux pas faire autrement que de laisser tomber ce que je suis en train de faire et écouter ce manouche aux doigts brulés qui, même avec des guitares d'emprunt, parfois à la caisse de résonance brisée, réussissait à créer des choses inoubliables.

La semaine dernière, je revenais de déjeuner avec un copain quand je suis passé, Quartier des Spectacles (Place des Arts), rue Sainte-Catherine (Montréal) lorsque mon attention fut attirée par un guitariste qui se se qualifie "de rue" au talent extraordinaire.

Son nom : Stefan Nadon.

D'où vient-il ? Pourquoi a-t-il choisi de jouer dans la rue ? Je n'ai pu obtenir de plus amples renseignements.

Il est fort connu cependant. Vous pourrez le retrouver un peu partout sur YouTube.

Voici ce à quoi ressemble son style unique, dans un enregistrement "live" de "Minor Swing", un classique de Django.

Composition de Django Reinhardt et Stéphane Grapelli, enregistré pour la première fois en 1937.

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276 - 6 mai 2013

De la défunte maison connue sous le nom de Radio Canada International, voici un extrait de la première d'une série d'émissions sur les saisons dont les textes étaient de Marcel Godin (à qui cette édition du Castor est dédiée) .

Il s'agit du Printemps. Lecteur : Albert Millaire ; musique de Claire Bourbonnais ; réalisation de Pierre Labelle.

Merci à Madame France DesRoches, veuve de Marcel, de nous avoir prêté cet extrait.

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275 - 22 avril 2013

En concert, au Festival de Salzburg, en 1954, quelques semaines avant sa mort, le grand Wilhelm Furtzwängler dirigeant l'Orchestre Philhamonique de Vienne.

De Wolfgang Amadeus Mozart, l'Ouverture de Don Giovanni.

Que peut-on rajouter de plus ?

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274 - 8 avril 2013

S'il y a un rapport entre le "clic" sud-africain (voir Wikipedia), Miriam Makeba (1932-2008), le Village Gate (New York), un Grammy et Antonio Carlos Jobim (1927-1994) ?

Il y en a un :

Charlie Byrd, un guitariste de jazz américain né en 1925 (décédé en 1999).

Je vous raconterai une autre fois, mais pour le Grammy, celui de la "meilleure performance, catégorie Jazz, soliste ou en petit groupe iInstrumental", il a été attribué, en 1963, à un saxophoniste du nom de Stan Getz (1927-1991) pour un 45t tiré d'un 33t enregistré l'année précédente et dont le titre était "Desafinado" ["Légèrement désaccordé"], une composition d'Antonio Carlos Jobim, que Byrd, de retour d'Amérique du Sud, avait ramenée avec lui.

Si vous étiez là, au début des années soixante, vous vous rappelez sans doute de la "bossa nova". Ben, justement, c'est de ça dont il s'agit.

Le bonhomme qui l'a introduite en Amérique du Nord fut ce Charlie Byrd qui, en février 1962, il y a donc plus de cinquante ans, dans les sudios de Verve, enregistra ce "nouveau" rythme sous le titre de "Jazz Samba".

Un succès phénoménal. Tellement qu'on en a tiré le 45t mentionné ci-dessus, mais en supprimant son solo. D'où ce Grammy attribué au saxophoniste qu'il avait choisi pour l'accompagner.

Frustration, frustration...

Voici la version originale.

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273 - 25 mars 2013

"Le Carnaval de Venise", ça vous dit quelque chose ?

Si, si : vous avez dû entendre ça mille fois, joué à la trompette ou à l'harmonica...

À l'origine, il s'agissait d'un air folklorique [d'après Hazel Gertrude Kinscella [Music and Romance. Kessinger Publishing (2005)]) souvent associé aux mots "Je lève mon chapeau à trois côtés "ou, en Allemand, "Mein Hut, der hat drei Ecken" qui a été transformé, avec le temps, en une série de thèmes et de variations pour trompette solo par (chacun de son côté) : Jean-Baptiste Arban, Del Staigers et Herbert L. Clarke. (Dixit Wikipédia)

Francisco Tárrega et Johann Kaspar Mertz en ont fait une adaptation pour guitare, Ignace Gibsone pour piano... Chopin, lui-même, se serait servi de son refrain pour en faire une pièce dédiée à Niccolò Paganini. (Ne me demandez-moi pas laquelle.)

Rien de vraiment spectaculaire sauf qu'en 1923, un compositeur du nom de Grant Clarke en fit une adaptation pour orchestre "de jazz" dont, naturellement, le pompeux Paul Whiteman s'empara pour les Ziegfeld Follies.

Cette adaptation, avec accordéon (sic) fut enregistrée, pour la postérité, l'année suivante, sous étiquette Columbia (no. 87-D 81563) avec Ed Smalle pour le refrain sur des paroles de Harry Warren.

Malheureusement, le matériau utilisé pour sa distribution n'était pas biodégradable. La preuve :

So this is Venice !

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272 - 11 mars 2013

C'est en faisant des recherches sur Falconetti (voir la dédicace ci-dessous) que j'ai appris que Petru Guelfucci, le chanteur d'origine corse (très connu au Québec), est né dans le même village (Sermano ou Sermanu - 120 âmes) que le père de celle qui a si brillamment incarné Jeanne d'Arc dans le film de Carle Dreyer en 1928.

C'est disponible sur YouTube et cela provient d'un cd intitulé tout simplement Corsica.

Il s'agit de la chanson-thème (musique de Macdaniel Christophe) de ce CD paru chez Tinder en décembre 1996.

Corsica (extrait seulement)

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271 - 25 février 2013

Il est né en Turquie aux environs de 1892. Pourquoi le retrouve-t-on au Canada dans les années dix et vingt ? La petite histoire ne le dit pas. Ce que l'on sait, c'est que pendant au moins vingt ans, il a chanté sur à peu près toutes les scènes de la Province de Québec et qu'il a enregistré des dizaines, sinon centaines, de chansons françaises avec sa voix de baryton dont celle qui suit et dont les auteurs sont Armand Foucher, Charles Helmer et G. Krier et puis, finalement, dont l'interprète le plus connu fut Adolphe Bérard qui l'enregistra en 1909. La chanson, elle, date de 1906.

Son nom ? Torcom Bézazian. Un disque RCA, numéro 69278, enregistré à New York en 1915 ou 1916.

Le rêve passe

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270 - 11 février 2013

Quand la compaguie Impulse (MCA) demanda à John Coltrane, alors à l'apogée de sa gloire, d'enregistrer un disque avec un chanteur ou une chanteuse, Coltrane consentit, mais à une condition : que le chanteur soit Johnny Hartman (1923-1983), peu connu du grand public mais envers qui la critique a toujours été fort élogieuse, un peu à la manière de Mel Tormé, plus connu.

C'était il y a cinquante ans (dans un mois) et c'est encore un des disques de Coltrane qui se vent le mieux. La version qu'ils firent de Lush Life de Billy Strayhorn (1915-1967), un des comnpositeurs favoris de Duke Ellington, demeure un classique du genre.

J'ai choisi pour illustrer le 33t qu'ils enregistrèrent en une seule journée de mars 1963, une chanson moins connue de nos jours et qui fut un grand succès sur le Broadway en 1948 et un passage inoubliable d'un film tourné en 1950 : They Say It's Wonderful tiré d'une comédie musicale dont le livret était de Dorothy et Herbert Fields et la musique d'Irving Berlin, Annie Get Your Gun qui fut jouée pas moins de 1,147 fois.

Avec le quatuor classique de John Coltrane (1926-1967), au saxo ténor : McCoy Tyner (1938- ), au piano, Jimmy Garrison (1934-1976), à la contrebasse et Elvin Jones (1927-2004), à la batterie.

Un 33t Impulse MCA no. 5661.

They Say It's Wonderful

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269 - 28 janvier 2013

Je n'ai vu Errol Garner live qu'une seule fois dans ma vie. En 1959 ou 1960, au théâtre St-Denis, à Montréal. Il était alors dans la trentaine avancée et était reconnu (et l'est toujours) comme étant un des plus grands virtuoses et improvisateurs de jazz de tous les temps.

Tout petit (5 pieds 2 pouces - 1 m 57), il relevait le banc de son piano jusqu'à ce que ses pieds soient encore en contact avec les pédales mais de telle sorte que ses mains frappent les notes presque à la verticale, ce qui lui donna, sans doute, son style unique, inimitable qui se reconnait dès qu'on en entend quelques notes et qui est notamment marqué par une différence d'un quart de temps entre la main droite et la main gauche.

Reconnu pour sa mémoire phénoménale (il pouvait rejouer, après une seule écoute, un concert au complet), il avait cependant de la difficulté à se souvenir de quelle manière il avait enregistré certaines de ses compositions (car il improvisait constamment) et devait, de ce fait, avoir en tout temps, même en concert, un tourne-disque à sa portée pour être en mesure, en écoutant le début, de les refaire telles quelles, afin de plaire à son public. (Errol Garner n'a jamais appris à lire des partitions.)

Ses premiers enregistrements datent de 1945 (24 ans) mais c'est en 1955 qu'il devint mondialement connu quand un concert qu'il donna à Carmel (en Californie) fut mis en marché (33t) par la firme Columbia (no. CL 883) sous le titre de Concert by the Sea.

De ce concert, je vous propose d'écouter la première pièce, composée par Gene de Paul, Patricia Johnston et Don Raye, avec Eddie Ckahoun à la contrebasse et Denzil Best à la batterie :

I'll Remember April

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Note (14 mars 2015) :

En révisant ces pages, j'ai noté que, parmi les 303 enregistrements cités dans cette série de pages (au moment où j'écris ces lignes), ce "I'll Remember April" avait été cité deux fois, la première en date du 2 août 2010, mais avec un texte totalement différent. - Voir, en page 5, au numéro 210.

268 - 14 janvier 2013

Rimes riches ?

Que diriez-vous d'un parolier qui, dans la même chanson, a réussi à insérer «volle / frivole / corolle / batifolle / console / s'affole / cariole / parole / école / frôle / enjole / envol / geôle / obole...» et même faire rimer tout ça avec...«épaule» ?

Et pourtant..

Son nom ? G. Bernard et son texte a été mis en musique par J. Druon. - En 1952. - Sous le nom de «Carole» (m'enfin : il fallait bien que ça rime avec le reste non ?)

Un grand moment de la chanson.

Un enregistrement de Tino Rossi. Etiquette Columbia. No. CL 9114.

Carole

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267 - 31 décembre 2012

J'ai pris la [mauvaise ?] habitude, en pensant à cette chronique de fouiller dans ma collection de 78 ou de 45 tours jusqu'à ce que je réalise que la «norme de 50 ans» que je me suis imposée dès le départ (et que j'ai bafouée plusieurs fois) m'empêchait de citer des extraits de 33 tours qui, ayant fait leur apparition en 1948, ont célébré, cette année, leur 64e anniversaire.

J'avais justement, dans les mains, il y a quelques jours, un de ces 33t de la première génération, que j'avais égaré dans ma discothèque. Une seule face : des lieder de Malher enregistrés à la fin des années quarante par Dietrich Fischer-Dieskau (décédé cette année). J'y reviendrai parce que, je l'ai reperdu depuis, dans les méandres de mes étagères où je me suis promis de «faire le ménage» en 2013.

Tout ça pour vous dire que l'enregistrement de cette semaine date de 1958. Qu'il a donc 54 ans, ce qui, comme disait Alphonse Allais, ne me rajeunit pas car il est tiré d'un des tous premiers 33 tours que je me suis procuré.. - Il s'agit d'une pièce du - alors «nouveau» - sextet de Miles Davis et mis en marché sous le nom de «Milestone». Son titre est justement «Milestone». Une des premières expériences de Miles en musique «modale», expérience qui allait culminé sur le 33t de jazz le plus vendu au monde : «Kind of Blue» dont on a célébré le cinquantième anniversaire... en 2009.

Au saxo alto, Cannonball Aderley [+1975] (qui n'a jamais aussi bien joué que lorsqu'il était des ensembles de Davis [+1991]) ; au saxo ténor, l'inoubliable John Coltrane [+1967] qui allait dominer la décennie suivante ; à la trompette, inutile de le nommer ; et, pour compléter ce groupe : Red Garland [+1984], un des pianistes les plus injustement oubliés de l'époque, Paul Chambers [1969], le jeune contrebassiste qui demeura jeune toute sa vie, et Philly Joe Jones [+1985] à la batterie, un batteur qui savait garder le rythme... en n'en gardant jamais le rythme.

Un des grands moments du jazz.

Et si vous tenez beaucoup à savoir ce qu'est la musique modale, je vous en laisse l'explication que Miles en donnait :

« La musique modale, c'est sept notes à partir de chaque gamme. Une gamme par note, une mineure. Le compositeur-arrangeur George Russel avait coutume de dire qu'en musique modale le do se trouve où le fa devrait être. Que tout le piano commence à fa. Ce que j'avais appris, c'était que quand on jouait en modal on pouvait continuer à l'infini. Inutile de se soucier des grilles ou des trucs comme ça. On peut tirer davantage de la ligne musicale. Quand on travaille de façon modale, le défi, c'est de voir quelle inventivité on peut avoir alors sur le plan mélodique. Ce n'est pas comme quand on s'appuie sur des accords, quand on sait, au bout de trente-deux mesures, que les accords sont terminés, qu'il n'y a rien d'autre à faire qu'à se répéter avec des variantes. Je m'écartais de ce système, j'allais vers des approches plus mélodiques et l'approche modale me semblait plus riche de possibilités. »

Miles Davis - Milestone - 1958 - Un 33t Columbia, no. CL 1193.

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266 - 10 décembre 2012

Jack Benny, George Burns, les frères Marx, Al Jolson, Ed Wynn, les frères Ritz, Danny Kaye, Milton Berle, Sid Caesar, George Jessel.. et Dieu sait si je pourrais continuer comme ça longtemps : toute une série de comédiens d'origine juive qui ont fait leurs premières armes sur les scènes du Music-Hall américain, qui ont poursuivi leur carrière au cinéma, à la radio et, finalement à la télévision. La plupart, d'un comique irrésistible dont on cite encore les réparties, les grands moments et même ces petits détails qui les rendaient uniques en leurs genres.

Parmi ceux-ci, Edward Israel Iskowitz, mieux connu sous le nome de Eddie Cantor qui fut, à la fois, chanteur, danseur, comédien, lyricist, producteur et dont les yeux toujours en mouvement, l'éternel étonnement et l'auto-dérision n'ont jamais passé inaperçus.

Sa carrière au cinéma, compte tenu de la longévité de sa carrière, fut quelque peu limitée (une vingtaine de films), mais les chansons qu'il y a créés demeurent des classiques :

      • Makin' Whoopee
      • Ma (He's Making Eyes at Me)
      • How Ya' Gonna Keep 'Em Down On The Farm (Now That They've see Paree)
      • Pretty Baby - You Must Have Been A Beautiful Baby
      • Ida! Sweet As Apple Cider
      • ...

Pour n'en nommer que quelques unes.

Le voici, dans If You Knew Suzie du film du même nom de Gordon Douglas (1948) où il était en vedette en compagnie de Joan Davis (1907-1961) célèbre pour sa série télévisée I Married Joan (1952-1955).

Musique de Joseph Meyer, paroles de Buddy G. DeSylva.

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265 - 26 novembre 2012

On se souvient de la valse du «Parrain» qui - excusez mon opinion - est une pièce non pas médiocre mais très moyenne. - Il y a eu, au cinéma américain, des airs, je vous prie de me croire, plus accrocheurs, plus envoutants et même carrément meilleurs, mais pour ce qui est de la musique en arrière-plan - et, ce, pour les trois «Parrain», j'ai de la difficulté à trouver des trames aussi bien réussies - sauf, peut-être celle du Troisième homme de Carol Reed - à commencer par la trompette solo du Parrain numéro 2 (celui avec Robert de Niro).

Et encore : si le bougre n'avait fait que cela, il mériterait d'être sacré un des grands compositeurs de musique pour films, sauf qu'il est celui qui nous a donné les trames sonores, pour n'en nommer que quelques unes, de : La Strada, La Dolce Vita, Rocco et ses frères, Huit et demi, Le Guépard, Roméo et Juliette, Le satyricon, Amarcord, Le Casanova (celui de Fellini)...

On parle de quelque 170 films ! C'est oublier ses cinq opéras et je-ne-sais-plus-combien d'autres pièces pour orchestre qu'il a composées au cours de sa carrière qui s'étend de 1930 à 1979.

Le voici dans un court extrait, tiré du «Parrain», justement (personnellement, je préfère la «parade» dans Huit et demi, mais ce sera pour une autre fois. - Vous reonnaîtrez tout de suite : une grandiosité qui ne dure qu'une toute petite minute.

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Fait peu connu : «Nominé» en 1973 pour l'Oscar de la meilleure musique de film (Best Music, Original Dramatic Score) - (The Godfather) -, il fut éclaré inéligible en raison de sa réutilisation de la musique de Fortunella (1958) d'Eduardo De Filippo (mise en scène Fellini).

264 - 12 novembre 2012

Nul n'ignore l'étonnante carrière cinématographique (et militaire - si, si) de Jimmy Stewart, mais ce qu'on sait moins, c'est qu'il a débuté en tant qu'accordéoniste et... chanteur. Et puis l'on attribue souvent la chanson qui suit au grand créateur de «standards» que fut Fred Astaire. Non : c'est bel et bien à Jimmy Stewart que revient l'honneur d'avoir chanté pour la première fois cet «Easy to Love» de Cole Porter, en 1936, dans un film aujourd'hui presque oublié, d'un réalisateur presque oublié, lui aussi (Roy Del Ruth), et dont le titre était «Born to Dance». Ce film mettait en vedette Eleanor Powell surnommée la danseuse à claquettes par excellence, qui devait, d'ailleurs, paraître aux côtés de Fred Astaire, quatre ans plus tard, dans «Broadway Melody» de Norman Taurog. Mais qui se souvient, aujourd'hui, d'Eleanor Powell ?

En attendant, voici l'unique Jimmy Stewart chantant la première partie de «Easy to Love» de Cole Porter, reprise, depuis sa création, par Frank Sinatra, Billie Holiday, Al Bowlly, Ella Fitzgerald, pour n'en nommer que quelques uns. - Eleanor Powell lui donne la réplique.

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263 - 29 octobre 2012

J'imagine, avec la capacité des disques fixes que l'on retrouve aujourd'hui dans les ordinateurs, qu'il devient de plus en plus facile de retrouver dans chacun des répertoires qui se se nomment "À classer", "Temporaire" ou "Divers" enfouis au septième sous-sous-niveau de son répertoire de base et à l'intérieur desquels ont été déposés des fichiers dont on ignore la source ou même le contenu.

En voici un, retrouvé la semaine dernière lors d'une copie de sauvegarde.

J'en ignore la provenance. D'un 33t probablement. Son nom ? (je veux dire le nom de ce fichier) - "Thill_Rachel_38.mp3" - À l'écoute, il me fut facile de confirmer que c'était bien un enregistrement de "Rachel, quand du seigneur..." tiré de La Juive d'Halévy (plus préciséement Jacques-François-Fromental-Élie Halévy), que son interprète était bel et bien Georges Thill et que cet enregistrement datait de 1938.

Pas d'autres détails.

J'ai pensé que ça ferait plaisir aux amateurs de Proust.

Le voici, tel que je l'ai retrouvé.

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P.-S. : Existe, de Caruso, un enregistrement de cet air célèbre qui daterait, selon mes sources, de 1920 et qui a été repris dans un CD intitulé Caruso 2000 (RCA no. B000031WTO). Un des pires CD que l'on puisse se procurer de cet incomparable interprète. "Remasterisé", mais vous avez comment ? - On a tout effacé, sauf la voix, puis transféré cette voix par dessus un orchestre de l'an 2000... - L'orchestration est tout à fait correcte mais Caruso ? On a l'impression qu'il chante dans la pièce d'à côté.

262 - 15 octobre 2012

Nos amis français ne connaissent pas ce touche-à-tout qu'est - oui, il est toujours très vivant et très actif - Paul Lecorre, mieux connu, sous son nom d'«artiste», «Tex» Lecor, nom qui lui fut donné alors, qu'étudiant à l'École des Beaux-Arts de Montréal, il chantait dans les cabarets locaux s'accompagnant à la guitare.

Sa grande période d'auteur-compositeur-interprète s'est déroulée dans les années soixante et même soixante-dix où il aconnu une assez forte gloire chantant, par exemple, des choses comme «Le frigidaire» (chanson écrite, en 1971, par Georges Langford et qui fut traduite en je-ne-sais-plus-combien de langues).

Touche-à-tout ? Il a fait de la radio, de la télévision ; il a participé à différents Festivals de l'Humour ; a été longtemps le pince-sans-rire des Insolences du téléphone ; il fut et, à notre connaissance, est encore pilote de brousse et... peintre.

Né à Saint-Michel-de-Wentworth en 1933, il aura cette année 79 ans.

Personnellement, c'est son côté iconoclaste qui nous l'a rendu sympathique.. À preuve, cette chanson qui daterait de la fin des années soixante (sa discographie est très difficile à reconstituer). Elle s'intitule tout simplement «La ballade du gars brûlé», un véritable petit chef-d'oeuvre d'humour... euh... noir. - Paroles et musique de... Tex Lecor.

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261 - 1er octobre 2012

Voici une pièce écrite à l'origine pour la harpe par le compositeur argentin Fernando Bustamente (1915-1979), transposée pour la guitare par son compatriote, Jorge Morel (né en 1931), et jouée par le guitariste américain Douglas Niedt (né en 1953 ?) et qu'on pourra retrouver sur le site de ce dernier.

À noter qu'il en existe des dizaines d'interprétations sur YouTube, plus ou moins inégales. À mon avis, celle qui suit est la plus réussie.

Le vidéo d'où est tirée la version sur laquelle nous désirons, aujourd'hui, attirer votre attention, se trouve à l'adresse qui suit :

http://www.youtube.com/watch?v=fQiTjw71Nho

La pièce ? Elle s'intitule Misionera.

Le site (très intéressant) de Douglas Niedt se trouve à l'adresse suivante : http://douglasniedt.com/

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260 - 17 septembre 2012

On connaît sa fille, Michelle, mais on semble avoir oublié son père qui, pourtant avait du talent à revendre.

Je parle, bien sûr d'Adalbert «Ti-Blanc» Richard, un des grands violonneux québécois, né à Martinville en 1920, décédé à Sherbrooke, en 1981 qui a gravé des centaines d'enregistrements au cours d'une carrière qui s'étendit de 1937 à 1979.

«Ti-Blanc» qui fit une grande impression à l'Olympia en 1977.

Le voici dans un «reel» enregistré en 1977 (?), celui des «Éboulements».

Quand je vous ai dit que c'était un grand violonneux :

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259 - 3 septembre 2012

L'enregistrement qui suit aura soixante-quinze ans cette année.

Son auteur-compositeur-interprète n'avait, à ce moment-là que 24 ans. À son actif, déjà, il avait, deux ans plus tôt composé, avec son partenaire d'alors, Johnny Hess, une chanson qui allait faire le tour du monde : «Vous qui passez sans me voir» que Jean Sablon avait immédiatement mis à son répertoire.

Je parle, bien sûr, de Charles Trenet qui allait écrire plus de mille chansons.

Voici, donc, une de ses plus célèbres : Je chante qui, curieusement se termine par le suicide de celui qu'on appelait déjà «Le fou chantant». - Un 78t Columbia, Numéro CL 6463 5

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258 - 13 août 2012

Dans une rafle, un jour, chez des amis américains, j'ai passé plusieurs heures à transférer des 78t en mp3, mais, dans ma hâte, je n'ai noté, pour l'enregistrement suivant, que le titre et le numéro du disque «My New York - KI 1545». - Sachant que les disques «KI» appartenait à l'étiquette Odéon, j'ai pu, après plusieurs recherches dans tous les sens, car les discographies de la marque Odéon sont plutôt rares, retracer son numéro de matrice (166.071) et l'année de sa mise en marché (1927) sauf que... les catalogues que j'ai consultés n'ont pas cessé de m'indiquer que l'orchestre à l'origine de cet enregistrement était celui d'Enoch Light, un musicien de formation classique, à la fois ingénieur du son, créateur de la marque Command Record et chef d'orchestre (l'«Enoch Light & The Light Brigade») dans les années quarante et cinquante, né cependant en 1905. Il aurait eu à ce moment-là 22 ans...

Je n'ai pas pu trouver d'autres informations.

Quoiqu'il en soit, voici l'enregistrement en question :

Un disque Odéon matrice, 166.071, numéro KI 1545, enregistrée en 1927... il y a... 85 ans.

(Enoch Light est décédé en 1978.)

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257 - 30 juillet 2012

Ouais, je me pensais bien rusé d'avoir retrouvé pour cette chronique de rares enregistrements. - Pensez seulement à Sophie Tucker chantant Old King Tut (no. 50), Hans Hotter accompagné par Gerald Moore (no. 42) à la Lettre ouverte à Meg chantée par Paul Lack (no. 93), au solo de Jess Stacey dans Sing, Sing, Sing (no. 82), à Somebody's Lonely par le Clicquot Club Eskimos (no. 189), à un des rares enregistrements de Raoul Moretti (no. 187), à At the Hop par Danny and the Juniors (no. 234), y compris un air antillais chanté par Idi Amin (sic) s'accompagnant lui-même à l'accordéon (No. 140)... jusqu'à ce que je reçoive, la semaine dernière, le fichier MP3 qui suit :

Il s'agit d'un troisième enregistrement de la pièce que nous vous avons présentée il y a deux semaines, interprétée, à ce moment-là par Maurice Chevalier, en un premier temps et Tiny Tim, en second.

Cette fois-ci, son interprétation est en provenance d'un orchestre slovaque spécialisé dans la musique de big bands des années vingt et trente. Oui, vous avez bien lu : un Big Band slovaque. Son nom ? The Bratislava Hot Serenaders. (je vous jure : je n'invente rien.

Le chanteur invité lors de cet enregistrement est nul autre que le berlinois Henry de Winter.

Voici donc, de Al Sherman et de Al Lewis :

Livin' In The Sunlight, Lovin' In The Moonlight.

Euh... vous pouvez sortir vos souliers de danse.

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256 - 16 juillet 2012

Je l'ai rencontré, il y a plusieurs années de cela, dans une halte routière entre Boston et New York. Je m'apprêtais à sortir après avoir pris un café lorsque je l'aperçu, assis près de la porte. Comme j'étais (et suis toujours) un de ses inconditionnels fans, je n'ai pu m'empêcher d'aller lui serrer la main et lui dire toute mon admiration. Affable et d'une gentillesse peu commune, il m'a retenu une demi-heure ayant appris que je m'intéressais à la chanson française et c'est là que j'ai su la profondeur de ses connaissances non seulement en musique populaire américaine mais également britannique et... française.

Au numéro 138 de cette série (en date du 18 février 2008), j'ai déjà inclus un de ses enregistrements d'une chanson de George M. Cohan, écrite en 1902, "Then I'd be Satisfied with Life", distribué sous l'étiquette Reprise en 1968.

Son nom : Herbert Khaury, mieux connu sous le nom de "Tiny Tim". (Oubliez le "Tiny", c'était un géant.) - L'édition de ce Castor™ lui est d'ailleurs dédié.

Voici une deuxième prestation de lui.

D'une chanson écrite par Al Sherman et Al Lewis pour Maurice Chevalier, en 1930 (Chevalier en était à ce moment-là à son troisième film hollywoodien, "The Big Pond" ("La grande mare") de Hobart Henley - avec Claudette Colbert comme co-vedette, Claudette Colbert née, soit dit en passant, Emilie Claudette Chauchoin à Saint-Mandé et qui parlait, de ce fait, très bien français au contraire de Chevalier qui baragouinait alors en anglais...).

"Livin' in the Sunlight, Lovin' in the Moonlight"

On peut retrouver la version de Chevalier, enregistrée en 1930 (Victor 78t, no. 22405), dans un coffret de chez Frémaux - 2 disques - Maurice Chevalier 1919-1930 (numéro FA 162).

En voici un extrait :

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Bien mais pas plus.

La version de Tiny Tim, est fort différente mais d'une allégresse presque irréelle. Non, elle n'est pas feinte : Tiny Tim était comme ça, le coeur large comme une porte de grange. (Sa version de "Silent Night" est émouvante. Je l'ajouterai à cette collection en décembre prochain.)

Étiquette Reprise R 6292

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255 - 2 juillet 2012

Une courte pièce aujourd'hui.

D'un jam session organisé autour de musiciens de la Nouvelle-Orléans, en 1958.

Je n'ai pas beaucoup de détails sur l'occasion qui a servi à réunir tous les musiciens de l'ensemble qui fit partie de cet enregistrement mais également à peu près tous ceux qui, à un moment donné où l'autre, participèrent au "New Orleans Revival" de la fin des années quarante jusqu'à ce qu'il ne reste plus des musiciens du début du style "Nouvelle-Orléans", le dernier ayant été, à ma connaissance, Percy Humphrey, décédé en 1995 à l'âge de 90 ans.

Parmi ceux figurant sur cette enregistrement :

  • Armand Hug (1910-1977), au piano, surtout connu pour ses prestations en solo.
  • Alphonse Picou (1878-1961), à la clarinette, celui qui a créé les variations aujourd'hui sacrées de la pièce "High Society". Il avait à ce moment-là 80 ans et devait décéder trois ans plus tard.
  • George Gueshon (1907-1968), au banjo (accordé à la façon d'un ukelele), qui a longtemps fait partie de l'orchestre d'Oscar "Papa" Célestin (1884-1954).
  • Paul Barbarin (1899-1969), à la batterie, un des meilleurs batteurs des années vingt (avec Baby Dodds - 1898-1959) et compositeur, entres autres, de "Bourbon Street Parade".
  • Percy Humphrey (1906-1995), à la trompette, le leader, pendant trente ans du Eureka Brass Band et un des piliers, avec son frère, Willy (1900-1994) (clarinette) du Preservation Jazz Hall.
  • George Lewis (1900-1968), à la clarinette, qui, lors de son premier (et dernier) voyage en Angleterre, a dû attendre une heure avant de pouvoir descendre du train qui l'avait amené de Southampton à Londres, le temps qu'on appelle le service d'ordre pour lui permettre un passage dans la gare où l'attendait des milliers de ses admirateurs.
  • Punch Miller (1894-1971), à la trompette, un des musiciens qui, un temps, firent partie de l'orchestre de Jelly Roll Morton (1885-1941).
  • et Jim Robinson (1892-1976), au trombone.

Dans la salle se trouvaient à ce moment-là : Kid Thomas (1896-1987), Alcide "Slow Drag" Pavageau (1888-1969), Sweet Emma Barret (1897-1983) - qu'on peut voir en arrière-plan sur le bout de film duquel est tiré cet enregistrement - et plusieurs autres.

La pièce s'intitule "Milneburg Joys" - musique de Jelly Roll Morton (pour l'introduction mais, au départ, de Paul Barnes (1900-1949) et Leon Rappolo (1902-1943).

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254 - 18 juin 2012

Quelque chose trouvée par un de mes amis sur YouTube :

Francisco Gustavo Sánchez Gómez dit Paco de Lucía, John McLaughlin et Al Laurence Dimeola dit Al Di Meola trois grands guitaristes contemporains, en concert, à San Francisco, en 1981.

Disponible sur CD : Pavarotti & Friends (for War Child). L'enregistrement date de 1996.

La pièce s'intitule "Mediterranean Sundance".

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253 - 4 juin 2012

Nous parlions, l'autre jour, mon ami et fondateur du site Identitairs Québécois et le soussigné, de musique traditionnelle québécoise, de la chanson québécoise, de ses pionniers en particulier, et le nom du Soldat Lebrun nous est venu à l'esprit.

Dommage qu'il soit tombé dans l'oubli, dans cet oubli trop répandu au Québec qui découle de la manie de faire disparaître de nos mémoires les choses, les personnes, les événements dont nous ne voulons plus entendre parler parce qu'ils nous rappellent qu'avant 1960, tout ce que c'est fait dans la domaine de la chanson, ici, n'était pas de nature à impressioner nos cousins français. - Il y a eu quelques efforts, quand même, pour réhabiliter La Bolduc et, grâce à divers groupes (je pense à la Botine Souriante) - et le site de mon ami - la musique traditionnelle est en train de sortir de la grande noirceur où elle a été si longtemps enfouie.

Personnellement, je ne peux écouter ce Soldat Lebrun sans une certaine nostalgie et, aujourd'hui, j'ai décidé de vous en faire écouter au moins un enregistrement.

Il s'agit d'une pièce intitulée "Pour oublier cette vie" qui date de 1951, voix, guitare, mi-folklore, mi-country.

Paroles et musique de Roland dit "le Soldat" Lebrun.

Notes :

Pous plus de renseignements sur ce "Soldat" (bio, discographie, etc.) cliquez ICI.

Et pour plus de renseignements sur La Bolduc (idem), cliquez ICI.

Pour oublier cette vie - un 78 tours de marque Starr, no. 16956

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252 - 21mai 2012

Voici un enregistrement tiré d'un 33t datant de 1957, depuis longtemps épuisé, mais qui aurait été réédité en CD, vendu à rabais, en 1990. Son titre était "Soul Junction" et si le nom du groupe sur lequel il a été distribué était celui de Red Garland, il comptait, parmi les musiciens de son ensemble : John Coltrane au saxo, Donald Byrd à la trompette, George Joyner à la contrebasse et Art Taylor, à la batterie.

Pour ceux qui se souviennent du quintet de Miles Davis des années cinquante, Red Garland en fut un des membres influents, au piano.

La pièce que nous avons choisie est Woody'n You de Dizzie Gillespie.

Enregistrée au Van Gelder Studio (Hackensack, New Jersey) le 15 novembre 1957 (bientôt 55 ans !) - Un 33t Prestige, numéro 7181.

Woody'n You

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251 - 5 mai 2012

J'ai emmepetroirisé ce qui suit il y a plusieurs mois et je n'arrive plus ce matin à trouver le disque d'où ça a été tiré. Je me souviens qu'il s'agissait de piano rolls enregistrés par un type demeurant quelque part dans l'état de Missouri et avec lequel j'ai correspondu un moment parce qu'il avait une collection incroyable de ces bandes de papier perforé sur lesquels les pianistes d'avant l'époque des enregistrements acoustiques enregistraient leurs créations. - Il m'en avait fait parvenir, de ces créations, une bonne douzaine dont la pièce qui suit d'un des célèbres pianistes de ragtime du début du siècle dernier, James Scott, né dans l'état de Missouri, justement.

Son titre est Grace and Beauty qui daterait, selon un article paru dans Wikipedia, de 1904.

Moins connu que Scott Joplin (l'auteur de la musique qu'on entend tout au long du film de George Roy Hill, The Sting, qui mettait en vedette Paul Newman et Robert Redford Redford en 1974), James Scott est considéré aujourd'hui comme un des meilleurs représentants du style ragtime classique.

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Pour la série précédente, cliquez : II.

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Mais : Si vous êtes venu par là, retour à : Benoît et Marcelle Brisebois

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