Chanteur à
voix né en 1871.
Bérard avant-Bérard
et
Bérard après-Bérard, il a eu beau, après être monté sur
scène vers 1895 chanter jusqu'au début des années trente, jamais il ne put
obtenir le succès - presque inexplicable d'ailleurs - que l'autre connut.
Philippe Chauveau (Music-Hall et Café-Concert
- Bordas, 1985) nous permet de retrouver sa trace dans presque tous les
cafés-concerts de la fin des années quatre-vingt-dix jusqu'au début des
années trente :
De l'Européen en 1897, il fit
partie de la troupe renouvelée de l'Eldorado en 1898 puis passa au
Casino-Montmartre vers 1899 avant de paraître à l'Univers en 1900 et,
jusqu'en 1918 au Casino Saint-Martin, au Château d'eau (Empire), à l'Artistic,
au Brunin, à l'Eden de l'avenue Ledru-Rollin, etc, etc..
Après dix-huit, vient
l'éclipse... à moins qu'il se soit essayé à autre chose :
Jacques Gana (voir à
liens),
nous signale qu'il fut co-auteur, avec un certain Alfred Moyne d'une comédie
musicale, L'amour qui jazz (musique de Labusquière et
Chobillon), créée à Paris le 23 décembre 1927 (Théâtre de la
Fauvette)..
En 1932, il est de retour au
Gaîté-Rochechouart et en 1933 au Palace qui, les deux, tentent de renouveler
le vrai café-concert avec toutes les anciennes vedettes de la
glorieuse époque. - Il a alors 62 ans. - L'expérience dure mais pas
longtemps.
Tout de suite après, il décida
vraisemblablement de prendre sa retraite pour ne mourir que 24 ans plus tard
en 1957, à 86 ans.
Voir également
Chansons illustrées - Galerie de portraits
Les premières traces qu'on retrouve de lui (petits formats) datent de 1905 où son nom est mentionné sur une chanson de
Louis Bousquet (paroles), Quand l'amour chante
(musique de
Charles
Borel-Clerc) qui sera reprise par
Dalbret.
- Les deux ne l'endisqueront que quatre ans plus tard.
Sur la cinquantaine (?)
d'enregistrements qu'il a fait, entre 1909 et 1914, on lui donne, parfois,
le titre de «ténor des Concerts Parisiens»
ou celui de «chanteur populaire».
Populaire,
il le fut sans doute (Bobino, Eldorado...) mais pas comme son émule Adolphe Bérard qui alla jusqu'à lui emprunter à son répertoire : sur le
petit format originel de la chanson «Gaby», par exemple, (de F. Mortreuil, E. Joullot et
Charles
Borel-Clerc) on peut lire «Chanson créée par Dona»
sauf que le premier (et presque le seul à l'enregistrer) fut Bérard qui en fit un
grand succès.
Le répertoire de Dona s'apparenta
forcément à celui de Bérard, aussi sentimental, réaliste et même
patriotique. - Nous avons, en effet, retrouvé chez Odéon les titres
suivants :
En 1909 :
La France qui passe
(Charles
Borel-Clerc et Armand Foucher)
La sorcière (Joullot)
Une idylle à Saint-Ouen (Emile Spencer / Fernand Disle,
Eugène Joullot)
Fleur-de-Seine (Emile Spencer / Eugène Joullot, Fernand Disle)
Autorité et sentiment (Charles
Borel-Clerc)
C'est la loi (Désiré Berniaux)
Pandore en ballade (O. Cambon)
Perdus en mer (Emile Spencer)
La Dame de pique (Félix Chaudoir / Eugène Joullot)
Grand papa jadis (Emile Spencer)
1804 - Marche française (Charles
Borel-Clerc)
Souvenirs fleuris (Boussagol)
Ce que c'est qu'un drapeau - Chanson (Xavier La Mareille /
Edgard Favart)
La fille aux yeux bleus (Egbers)
Enfants, j'ai vu tout ça (Emile Spencer)
La saison des pommes (Emile Spencer)
Myosotis (Flament)
Quand la femme est jolie (Léonjean)
Quand l'amour chante (Charles
Borel-Clerc / Louis Bousquet)
À
ma belle inconnue (Boussagol)
Marche pimpante (Gonzales)
Printania (Félix Chaudoir)
En 1910 :
Le garde-champêtre
sentimental (Félix Chaudoir)
Valmy (H. Derouville, Plaire / Louis Bousquet)
L'aveugle (Léo Daniderff)
En 1911 :
Ah! Mélina (Eugène
Gavel)
Vision rouge (Maxime Guitton)
Rendez-moi mes vingt ans (Eugène Gavel / E. Dumont)
La môme au chignon rouge (Cabanne)
Ma faubourienne (Emile Spencer)
En 1913 ou début 1914
Brin d' causette
(Léo Daniderff)
Le petit boléro (Léo Daniderff)
Après, deux seuls petits formats
nous rappellent qu'on lui confie encore des chansons, au moins jusqu'en
1916 :
Ce que chantent les flots (sic) de la Marne (Willems
et Jean Lenoir) en 1915 (?)
Le cœur humain
(F. L. Benech et E. Dumont) en 1916
Nous sommes loin, avec ce dernier
titre, du Cœur de tzigane de
Bérard (Armand Foucher et Jules Versolier)