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2008-05-19

Anna Judic


Passons vite par dessus les présentations :

Elle est née, petite nièce de Montigny, le directeur du Gymnase, Anne-Marie-Louise Damiens, en 1850 (ou à la fin de  1849) à Semur-en Auxois, un bled (à l'époque) perdu du canton de la Côte-d-Or, sur l'Aramaçon, à l'est d'Avallon, au nord-est de Dijon et qui a, aujourd'hui, son site internet : http://www.ville-semur-en-auxois.fr et un lycée qui porte le nom... d'Anna Judic.

Elle est décédée sur la Côte d'Azur, à Golfe-Juan, entre Cannes et Juan-les-Pins, en 1911. Ses cendres reposent au Cimetière Montmartre.

Après être passée au Conservatoire (pas longtemps, il semble) et joué, encore moins longtemps, la comédie, elle fait ses premières armes de diseuse au Gymnase, pour paraître presque aussitôt à l'Eldorado (rien de moins), en 1869, où elle débute (elle n'a que dix-neuf ans) une carrière qui durera jusqu'en 1902 ou 1903..

Son art ? Le sous-entendu mais le sous-entendue dune ingénue qui n'en aura que l'air, le genre de sous-entendu que reprendra, mais pour l'effet seulement, Yvette Guilbert tandis que, pour Judic, ce n'était pas pour l'effet mais parce que c'était son genre.

Sa devise ? Tout peut se dire, seulement... il y a la manière...

Immense succès  - vous pensez bien : ingénue dans les années soixante-dix, et puis quatre-vingt et quatre-vingt-dix... -  un succès si immense qu'on osa même lui demander de chanter à l'opéra-comique où elle fit parallèlement à sa carrière au café-concert et au music-hall une autre encore plus étincelante et ce, pendant plus de vingt ans, reprenant, entre autres, les rôles créés par Hortense Schneider et créant de nombreuses pièces et opérettes d'Hervé.

L'austère Chadourne (chapitre 6) ose dire, ce qui est rare, chez lui, qu'elle était ravissante. -  Paulus (Mémoires, chap. 32) avance, quant à lui, qu'elle était exquise. - Émile Blavot (même référence) la considéra comme une diva. - Paulus en rajoute (chap. 4) : «Elle avait tout pour elle : talent, jeunesse, charme, beauté. Des yeux à damner tous les saints, y compris le récalcitrant Saint-Antoine...»

Difficile de le confirmer aujourd'hui car il ne nous reste que des photos d'elle mais, si Chadourne et Paulus ont été, pour une fois, d'accord, il n'y a pas de doute : elle a du être une grande diseuse, interprète et comédienne.

Ses succès ? (En chansons) - «Première feuille», «Pas ça», «(Rentrons) Bras d'sus, bras d'sous» et surtout «Ne m'chatouillez pas» qu'on lui fit enregistrer en 1900 (elle avait alors 50 ans d'«ingénuité» derrière elle !) et qui nous est parvenu dans un état assez lamentable et que nous n'osons pas citer car il y manque ce je-ne-sais-quoi qui a fait virer les cœurs de pendant au moins vingt ans, sinon trente.

Pour en entendre au moins les paroles voir à la note 4, page sur la chanson tyrolienne, telle qu'interprété par Madame Rollini.

Et pour le reste, fions-nous à notre imagination :

Voir également Chansons illustrées - Galerie de portraits

Une dernière note, en terminant :

En 1921, au Casino de Paris, dans une revue intitulée «Dans un fauteuil» paraît une jeune chanteuse du nom de SIMONE Judic. C'est sa petite fille, née en 1890 selon les uns, en 1895 et même 1900 selon les autres. - Elle y chante une chanson aujourd'hui oubliée qui s'intitule «Billet doux» (Pathé S 4052). - On la retrouve ensuite au cinéma : dans Citée foudroyée de Luitz-Morat (1924), dans La vierge folle du même (1929), Billet de Logement de Charles-Félix Tavano (1932) et Coup de vent de Jean Dréville (1935). Puis plus rien. - Son nom au complet : Simone Louise Fernande Loisel. - Elle est décédée en 1964.

Catalogue Pathé - 1927
(Simone Judic est la deuxième, à gauche, rangée du bas)

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