Passons vite par dessus les
présentations :
Elle est née,
petite nièce de Montigny, le directeur du Gymnase, Anne-Marie-Louise Damiens,
en 1850 (ou à la fin de 1849) à Semur-en Auxois, un bled (à l'époque)
perdu du canton de la Côte-d-Or, sur l'Aramaçon, à l'est d'Avallon, au
nord-est de Dijon et qui a, aujourd'hui, son site internet :
http://www.ville-semur-en-auxois.fr et
un lycée qui porte le nom... d'Anna Judic.
Elle est décédée sur la Côte d'Azur, à Golfe-Juan, entre Cannes et
Juan-les-Pins, en 1911. Ses cendres reposent au Cimetière Montmartre.
Après être passée au Conservatoire
(pas longtemps, il semble) et joué, encore moins longtemps, la comédie, elle
fait ses premières armes de diseuse au Gymnase, pour paraître presque
aussitôt à l'Eldorado (rien de moins), en 1869, où elle débute (elle n'a que
dix-neuf ans) une carrière qui durera jusqu'en 1902 ou 1903..
Son art ? Le sous-entendu mais le
sous-entendue dune ingénue qui n'en aura que l'air, le genre de
sous-entendu que reprendra, mais pour l'effet seulement,
Yvette
Guilbert
tandis que, pour Judic, ce n'était pas pour l'effet mais
parce que c'était son genre.
Sa devise ? Tout peut se dire,
seulement... il y a la manière...
Immense succès - vous pensez bien
: ingénue dans les années
soixante-dix, et puis quatre-vingt et quatre-vingt-dix... - un succès
si immense qu'on osa même lui demander de chanter à l'opéra-comique où elle
fit parallèlement à sa carrière au café-concert et au music-hall une autre
encore plus étincelante et ce, pendant plus de vingt ans, reprenant, entre
autres, les rôles créés par
Hortense Schneider
et créant de nombreuses pièces et opérettes d'Hervé.
L'austère
Chadourne
(chapitre
6) ose dire, ce qui est rare, chez lui, qu'elle était ravissante. -
Paulus
(Mémoires,
chap. 32) avance, quant à lui, qu'elle
était exquise. - Émile Blavot (même référence) la considéra comme une diva. - Paulus en rajoute (chap.
4) : «Elle avait tout pour elle : talent, jeunesse, charme, beauté. Des yeux à
damner tous les saints, y compris le récalcitrant Saint-Antoine...»

Difficile de le confirmer
aujourd'hui car il ne nous reste que des photos d'elle mais, si
Chadourne et Paulus ont été, pour une fois, d'accord, il n'y a pas de doute
: elle a du être une grande diseuse, interprète et comédienne.
Ses succès ? (En chansons) - «Première feuille»,
«Pas ça», «(Rentrons) Bras d'sus, bras d'sous»
et surtout «Ne m'chatouillez pas» qu'on lui fit enregistrer en 1900 (elle avait alors 50 ans d'«ingénuité»
derrière elle !) et qui nous est parvenu dans un état assez lamentable et
que nous n'osons pas citer car il y manque ce je-ne-sais-quoi qui a fait
virer les cœurs de pendant au moins vingt ans, sinon trente.
Pour en
entendre au moins les paroles voir à
la note 4, page sur la chanson tyrolienne,
telle qu'interprété par
Madame Rollini.
Et pour le
reste, fions-nous à notre imagination :

Voir également
Chansons illustrées - Galerie de portraits
Une dernière note, en terminant :
En 1921, au Casino de Paris, dans une revue intitulée «Dans un fauteuil»
paraît une jeune chanteuse du nom de SIMONE Judic. C'est sa petite fille, née en 1890 selon les uns, en 1895 et même 1900 selon les autres. - Elle y chante une
chanson aujourd'hui oubliée qui s'intitule «Billet doux» (Pathé S
4052). - On la retrouve ensuite au cinéma : dans Citée foudroyée
de Luitz-Morat (1924), dans La vierge folle du même (1929), Billet
de Logement de Charles-Félix Tavano (1932) et Coup de vent de
Jean Dréville (1935). Puis plus rien.
- Son nom au complet : Simone Louise Fernande Loisel. - Elle est
décédée en 1964.

Catalogue Pathé - 1927
(Simone Judic est la deuxième, à gauche, rangée du bas)