Elle aurait, aujourd'hui (en l'an
2007), selon les auteurs consultés, entre quatre-vingt-neuf et
quatre-vingt-dix-sept ans. Elle en aurait, en fait, quatre-vingt-quinze étant née le 27 août 1912, à Boulogne-sur-Mer.
D'abord Thérèse (Gérard) puis
Marjane, Léo Marjane et Marjane encore une fois, elle porterait aujourd'hui
le nom de baronne de la Doucette et vivrait toujours dans une propriété à
Fontainebleau où elle s'est adonnée, depuis le milieu des années cinquante, à
l'élevage de chevaux.
Son grand succès a été longtemps
- et c'est encore aujourd'hui - une chansons de Rose Noël et de Jean Casanova (sur
une musique de Paul Durand) qui a été sur toutes les lèvres pendant la 39-45,
«Seule, ce soir», ce «Seule, ce soir» qui fait oublier
ou à peu près ses merveilleuses interprétations de «Septembre sous la
pluie», «La chapelle au clair de lune», «Divine
beguine» et
«Tout le jour et toute la nuit», adaptations de «September in the
Rain» d'Al Dubin et Harry Warren, «In the Chapel in the Moonlight»
de Billy Hill, «Begin the Beguine» et «Night and Day» de Cole
Porter.
On la dit d'abord destiné à
l'acrobatie mais le hasard a voulu que va voix envoûtante de contralto soit
notée par Pathé-Marconi dès 1937 qui, après quelque temps passé aux
États-Unis en fit une «crooner» parfaite.

Le reste est sans importance.
Qu'elle ait chanté un peu trop souvent devant des officiers allemands durant
l'occupation, qu'elle ait eu des démêlés, en 1945, avec le Comité
d'épuration, que sa carrière se soit terminée par des échecs à la fin des
années quarante et au début des années cinquante, rien ne peut nous empêcher
d'écouter cinquante, soixante ans plus tard cette voix magnifique venue d'un
autre temps, d'un temps où chanter signifiait encore quelque chose.
Parmi les quelque deux cents enregistrements
que Léo Marjane nous a laissés, on retrouve peu d'erreurs à la fois dans
l'interprétation et le choix des titres. Si l'on peut aujourd'hui se passer
de «Mazel Tov», «Bonjour Tommy» et quelques chansons tirés du répertoire
allemand, l'on ne saurait oublier les deux incontestables chefs-d'œuvre qui
suivent :
(Attention à la qualité car, comme disait mon
père, «ça a joué souvent» mais on peut se procurer ces deux titres encore
couramment.)