Le paradis et les ascenseurs

(une chronique d'Herméningilde Pérec - 25 juin 1990)

Ayant écrit un article sur les tableaux qui ornent les intérieurs de nos églises de campagne, je me trouvais bien embêté car de la peinture sacrée je n'avais que des connaissances minimales.

J'appréciais cet art mais j'avais quelques difficultés comprendre toutes les nuances de la représentation naïve de scènes religieuses.

Encore aujourd'hui, je n'ai pas honte le dire : la navet n'est pas mon fort.

Je m'adressai au Professeur Marshall, au Bar *** sur la rue Saint-Denis, en face du Théâtre qui porte le même nom, un midi, il n'y a pas très longtemps.

- Dites-moi, Professeur, vous vous intéressez à la peinture religieuse ?

- Enormément.

- Depuis longtemps ?

- Depuis que mon père, Alphétus, s'était mis dans la tête de me faire visiter des églises en sa compagnie.

- Je ne savais pas.

- Vous n'avez pas lu ses magistrales études sur la forme des bancs dans les confessionnaux ?

- Non. Je n'ai pas eu ce plaisir.

- Je vous en porterai des copies. Un exemplaire aussi du Comment lever des homards dans les bénitiers d'églises abandonnées. C'est génial.

- Je vous en remercie d'avance mais la raison pour laquelle j'aborde cet épineux problème, c'est que je dois écrire un papier sur le sujet.

- Sur les bénitiers ?

- Pas tout fait. Je dois surtout me pencher sur les peintures qui se trouvent l'intérieur de nos églises de campagne.

- Voilà qui est intéressant.

- Peut-être mais j'ai pas mal de difficultés me figurer ce que ces anciens artistes ont voulu exprimer avec leurs anges, leurs saints personnages, leur ciel et leur enfer.

- Je vous comprends. Surtout qu'ils ont pris d'énormes libertés.

- Comme quoi ?

- Les portes du paradis, par exemple. C'est évident que le paradis n'a pas de porte.

- Vous croyez ?

- Si je le crois ! Herméningilde, laissez-moi vous expliquer la vérité propos de ces portes.

- Je vous en prie.

- Tout d'abord, il faut comprendre que contrairement la croyance populaire, l'entrée du Paradis n'est pas en forme d'arche comme cela est peint dans d'innombrables églises.

- Ah non ?

- Je tiens cela de récentes fouilles organisées par la Vatfair Archeological Foundation qui ont mis à jour de très anciennes références à une cage d'ascenseur au pied de laquelle Saint-Pierre se tiendrait depuis dix-neuf siècles et demi.

- Une cage d'ascenseur !

- Oui, Herméningilde, une vraie cage. Non pas que les artistes anciens n'aient point connu la chose mais il eut été difficile, pour eux, d'expliquer le concept de l'ascenseur aux chrétiens des siècles précédents.

- Vous m'en apprenez une bonne !

- Mais pensez-y comme il le faut : il n'y a aucune raison de penser que le Paradis ne soit pas équipé des commodités les plus modernes, y compris l'air climatisé et la télévision en couleurs. Alors pourquoi pas des ascenseurs ?


Voir aussi les ascenseurs latéraux du campus de l'université

Ou encore : Jonathan Seliger


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