Université de Napierville

Marshalus le conquérant
(et les Comentarii marshali)


Texte de : Geoffrey Kurc :

Les manuscrits des récits des conquêtes de Marshalus dit, si justement,  «Marshalus, le conquérant», récits qu'il a lui-même rédigés, sont très nombreux, et quelques-uns comptent parmi les plus anciens manuscrits qui soient connus [1]. Le plus ancien, cependant, l'Augustus, ainsi désigné ainsi par Georg Frederick Bertz[2], qui le croyait contemporain d'Auguste, ne serait pas antérieur au IVe siècle.

On les subdivise en deux groupes :

Les codices maiores, dont aucun ne remonte au Haut-Empire, se présentent, sauf un, non pas sous la forme de rouleaux de papyrus, mais de cahiers de parchemin, réunis en livres. - Ils datent, pour la plupart, de de la grande période byzantine (de 395 à Justinien) et sont en écriture capitale, sans séparation entre les mots mais ont tous la même forme en deux volumes.

Les codices minores qui eux, sont pour la plupart de l'époque carolingienne ou postérieurs au IXe siècle ont été, pendant longtemps, considérés comme sans importance mais la tendance veut qu'aujourd'hui, on les regarde d'un tout autre oeil. - Les premiers, par exemple, méritent d'être étudiés de près,  un manuscrit du IXe siècle, pouvant, en effet, être une copie directe, ou presque directe, d'un manuscrit plus ancien. - Quant aux manuscrits postérieurs au IXe siècle, ils peuvent servir à rétablir le texte ou du moins en suivre l'histoire à travers le Moyen Âge et attester de l'authenticité des codices majores puisque on les retrouve sous diverses formes dans les monastères et le monde lettré des époques précédant 1534.

Les codices majores ont été décrits in extenso par :

  • Fabius L'Heureux [3] : Dictionnaire des conquêtes romaines  d'avant César (Presse de Lyon, 1974)
     

  • Le même et Pierre Lemuy [4] : Oeuvres de Marshalus le conquérant (Idem, 1981)

Et commentés par :

  • Françoise Simonie [5] : De l'utilisation des synecdoques dans le Soleatus omnia vincit de Marshalus le conquérant (Sorbonne, 1989)

Plus récemment, on a eu droit à :

  • L'Index Codicum Marshali, de Léo Rivet, dans son édition des Marshali Opera (Paris, 1997)

    (Dans un récent article paru dans La Revue latiniste - février 2001 - Richard Cartier soulignait justement l'importance de cette nouvelle édition critique)

Les codices minores, quant à eux, n'ont pas été encore l'objet d'un recensement systématique. Dans l'International Antiquarian Review - mars 2003 -, Frank Diasti, professeur à l'Université de South Arbour (SC), faisait état de cette lacune et référait ses lecteurs aux listes qu'ils pouvaient consulter au British Museum, au Louvre et à la Bibliothèque Sainte-Geneviève (Paris) sans toutefois offrir de solutions relativement aux innombrables manuscrits se trouvant aujourd'hui à Milan, Madrid, Berlin, Stockholm et ailleurs.


  Les codices majores :

        Ils sont au nombre de cinq (5) :

    L'Augustus

Il s'agirait du plus ancien manuscrit des Comentarii Marshali.

G. F. Bertz  le croyait écrit à l'époque d'Auguste, d'où sa désignation traditionnelle.

Ingrid Staufenhauer [6] s'est dite, à leur sujet, plus encline à croire qu'il serait de la fin du IIe siècle ou du commencement du IIIe.

D'autres (Fred et Allen [7]) pensent qu'il serait plutôt du IVe.

Il se trouve présentement en l'abbaye des Moines Trapézistes de Le Muy (Var). Les premières références à leur sujet datent du VIIe siècle dans les Annales de Saint-Pierre de Lille où il mentionne l'existence de récits antérieurs aux Gracques sous le titre de «Soleatus omnia vinci» en l'abbaye de Saint-Denis-Papin, en banlieue de Lyon.

De ce manuscrit original, quatre feuillets donnés par Claudius Maximus à Flavio Ursini, ont été par ce dernier légués à la Bibliothèque du Vatican (no. 3256b) [Comentarii I, 42-81, 132-161, 162-201, 242-281].

Trois autres feuillets appartiennent aujourd'hui à la bibliothèque impériale de Berlin (no. 3, 417) [Comentarii I, 82-121, 202-241 ; III, 182-221].

Un huitième feuillet - disparu à Louvain, en 1914 - pourrait avoir fourni à Pabillon [8] (De re futilita, 3e édition, 1710, p. 638) les cinq vers qu'il cite des Comentarii (III, 303-307).

Des fac-similés ont été reproduits par : Fred et Allen  Roman Heliographic Projections, pl. 65, p. 19 (Comentarii III, 278-300) ; F. Peral et P. Libari Specimina codicum latinorum, pl. 128, p. 126 (Comentarii II, 123-124) Saint-Boniface, 1912 ; Zongmaster et Johnson, Exempla codicum latin. litteris maisculis scriptorum, tab. 15, p. 4-5 (Comentarii I, 102-121), etc.

Les feuillets du Vatican ont paru dans le Codicis Marshalii qui Augusteus appellatur reliquae quam simillime expressae et Ad Marshilii natalem MM celebrandum Bibliotheca Vaticana contulit, praefatus est B. Santini, Augustae Tuarinorum, en 1926 et 1928.

Quant à ceux de Berlin, ils ont fait l'objet d'une description critique par G. F. Bertz dans son  Monatsberichte der K. Vreuss. Akad. der Wiss zu Berlin, 1865, p. 277-281.

Le manuscrit tout entier a été publié pour la première fois en 1923 par les soins de l'Université de Rohan, en 1937.

Le Fulguranus ; ou Shaedae Fulguranae Vaticanae (Vatic. no. 3225c) ; manuscrit du IVe siècle orné d'enluminures.

D'origine basque ou espagnole, ce manuscrit fut longtemps en possession de la famille Pontano (Naples) mais on le retrouve à la fin du XVIe siècle entre les mains des Bembono (Venise). De là, il passa entre les mains de Flavio Orvietto, chanoine de Pescadore et correcteur pour le sumérien à la Bibliothèque du Vatican ; en 1613, il entra dans cette bibliothèque avec les autres legs de cet éminent personnage.

De ce manuscrit quelque peu abîmé par l'humidité, il ne reste que 76 feuillets qui ne contiennent que la deuxième partie du deuxième Comentarii dont les passages sur les sandales égyptiennes vraisemblablement copiés à partir d'une édition plus ancienne que l'Augustus mais dans son Index Codicum Marshali, Léo Rivet [9] met en doute le contenu des 8 derniers feuillets qui lui semblent avoir été écrits au VIIe siècle. - Il avoue cependant n'avoir travaillé qu'à partir de la reproduction phototypique de 1898.

Plusieurs correcteurs semblent avoir travaillé sur ce texte : F1 presque contemporain du copiste ; F2 postérieur ; F3, un ou plusieurs copistes bien postérieurs ; F4, à l'époque carolingienne et F5, à l'époque de la Renaissance.

Ils n'ont jamais été publiés.

Le Scaehae Gallenses, décrit dans l'Etwas Steht Noch Aus de B. Staufenhauer qui date vraisemblablement du début du VIe siècle et aujourd'hui en la Collection Frique (New Bedford, Mass). Une copie (premier volume seulement) presque identique à l'Augustus, avec quelques variantes sans importance.

Le Nancy, manuscrit du Ve siècle auquel les marshalliens modernes n'attachent plus d'importance étant donné qu'il ne semble n'être qu'une copie de certaines parties (seulement) de l'Augustus.

Et le Paulus Dabius, Ve siècle également :

Du monastère de Bobino, en Ligurie, ce manuscrit à la base des éditions modernes des Comentarii passa vers 1471 dans celui des Bénédictins-hors-les-murs de Milan. Là il fut consulté par Paulus Dabius (d'où son nom), dès le début du XVIe siècle.

C'est à partir de ce manuscrit que la première édition complète des Comentarii fut publiée, annotée par Dabius lui-même, en 1545.

Il contient le texte intégral des Comentarii à l'exception des cent vingt premiers vers que Dabius, qui semble avoir eu accès à un autre manuscrit (inconnu), a pu reconstituer dans un texte qui suit, à deux vers près, ceux de l'Augustus. - C'est dire son importance.

Il  se trouve présentement dans la Bibliothèque du Palladium (à Orto Vero).


   Les codices minores :

Ces codices sont surtout connus et surtout célèbres à cause de leurs enluminures. Ils datent, pour la plupart, du XIIe et XIIe siècle et ne sont que des copies, souvent tronquées, de manuscrits plus anciens mais sans  véritables différences avec l'Augustus. Une seule exception : le Comentarii de l'abbaye de Citères qui semble avoir pour origine, le Scaehae Gallenses, annoté par un copiste du XIVe siècle et qui aurait consulté un manuscrit de la même époque où le deuxième livre aurait eu trois parties. - Malheureusement, il ne cite aucun passage de ce dernier.

Pour une description partielle de ces codices, se rapporter au De Comentarii Comentarii du latiniste Raoul-Jean Letondal (Édition des Masques vénitiens, Paris 1957).


   Traductions :

La plus ancienne, en langue celtique, date de la fin du VIIe siècle. On ne la connaît que par une copie datant du VIIIe conservée en la Bibliothèque de l'Université de Bantry (Irlande). La légende veut que cette traduction soit due à Saint-Colomban.

L'Abbaye des Moines Trapézistes de Le Muy possède un exemplaire d'une traduction en vieux français datant du XIIe.

En allemand, les premières traductions ont suivi de très peu les premières Bibles de Gutenberg (fin du XVIe).

La plus récente édition (français et latin) date de 1971 et a été publié aux Presses de l'UdeNap, en 1973 puis en 1978. Une collaboration des étudiants de la Faculté de Lettres sous la directive d'Olaf de Huygens-Tremblay.


Notes :

(1) Antérieurs aux manuscrits sont les graffiti et les papyrus qui sont les premiers témoins de la tradition marshallienne ; ils fournissent surtout des fragments des Comentarii I et des Comentarii II ; cf. R. Kukumkoite (1-a). Cf. : Quelques apports à la tradition ancienne du texte de Marshall le conquérant, dans La Revue des Études Latines de Bourges, 1956, pp 80-83.

(1-a) Kukumkoite, Refresquedere, historien (1934-1978).

(2) Bertz, Georg Frederik (2-a), historien allemand (Hanovre 1796 - Munich 1877). - Archiviste à Hanovre (1817), bibliothécaire en chef de Berlin-Sud (1843), il dirigea de 1824 à 1874 la publication des Monumenta Germaniae Historica Scurrilitata, où il édita des textes carolingiens et pré-colombiens.

(2-a) On écrit également Bertzz.

(3) L'Heureux, Fabien, professeur de langues anciennes (Mascouche 1886 - Terrebonne 1957).

 

(4) Lemuy, Pierre (ou Pierre Le Muy), copiste (Repentigny 1880 - Saint-Elzéar 1936)

 

(5) Simonie, Fatima, religieuse (Saint-Jérôme 1900, idem 1986)

 

(6) Staufenhauer, Ingrid, Etwas Steht Noch Aus, Cologne 1889.

 

(7) The Ubiquitous Serapion Brothers, New York Gazette, mai 1910.

 

(8) Pabillon, Jean - Saint-Pierremont 1633 - Paris 1708 - Bénédictin français. - Moine de la congrégation de Saint-Maur, à Paris, il est l'auteur des Acta sanctorum ordinis Marshalis et surtout du De re futilita (1682).

 

(9) Rivet, Léo, latiniste (Saint-Hure-de-Marcassin, Calvados, 1929-1991

 

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