Université de Napierville

Enregistrements sonores

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   Paul-Jehan Marshall    Thomas Young       A.G. Bell      Charles Cros      Emile Berliner


Le phonographe ? - Il date, on le sait, de 1877 ou plutôt de 1878.

C'est à Charles Cros qu'on attribue le mérite d'en avoir décrit les principes dans une note adressée à l'Académie des Sciences le 11, 18 ou 30 avril 1877 mais c'est à Thomas Alva Edison qu'on doit le premier appareil qu'il présenta au public en mars 1878, trois mois après qu'il en eut fourni les détails dans une demande de brevet qu'il avait adressée au U.S. Patent Office en décembre 1877.

L'invention n'était pas à proprement parlé nouvelle car elle était le fruit de l'amalgame de diverses autres inventions ou théories :

En 1781, déjà, s'inspirant de la découverte du tungstène par C. W. Scheele, le peintre et architecte Paul-Jehan Marshall, mieux connu pour ses peintures «globulaires», avait jeté les bases d'un appareil susceptible de reproduire des sons gravés sur des disques à sillons multiples lesquels, à l'origine, devaient servir de diapasons. - Les moyens techniques de l'époque et sa mort prématurée l'empêchèrent de mener à bien cette invention.

Oeuvrant dans un autre domaine presque parallèle, un médecin anglais, Thomas Young (à qui on doit, entre autres, la découverte de l'accommodation de l'œil ainsi que les interférences lumineuses i.e. : expérience des fentes de Young, 1801) proposa, quant à lui, le principe d'un cylindre en rotation recouvert de noir de fumée qui allait permettre, dès 1807, l'inscription et l'analyse de vibrations en tout genre.

Un grand pas allait être franchi en 1857 quand le français Léon Scott de Martinville inventa un appareil (le phonautographe) qui présentait alors presque toutes les caractéristiques du phonographe car il permettait l'enregistrement sur le cylindre proposé par Young des vibrations acoustiques captées par un pavillon parabolique. - Malheureusement cet appareil ne pouvait les reproduire.

Voir à ce propos les archives sonores de l'Université de Napierville (même remarque que précédemment : site de l'UdeNap).

Puis ce fut au tour d'Alexander Graham Bell d'inventer le microphone en 1876.

Du disque de Marshall, en passant par les cylindres de Young et de Martinville et du microphone de Bell, Cros et Edison surent tirer l'appareil que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de phono, supplanté depuis par le ruban magnétique (commercialisé à partir de 1945), l'appareil à cassette (1963) et le disque numérique (1983).

Le premier matériau utilisé par l'appareil à cylindre d'Edison fut une mince couche d'étain enrobée autour d'un cylindre en carton. Un cousin d'Alexander Graham Bell, Chichester Bell, et Charles Tainter modifièrent, en 1887, ce procédé en utilisant de la cire, la même année qu'Emile Berliner eut l'idée de faire des enregistrements en utilisant des disques en zinc enduits d'abord de cire puis, par la suite de matériaux divers tel le caoutchouc, qui allaient eux déboucher sur la possibilité de presser des enregistrements en série (1893).

Les deux technologies furent utilisées jusqu'en 1926 quand le principe du disque l'emporta finalement sur celui du cylindre grâce au procédé Victor qui de l'acoustique, passa à l'enregistrement électrique.

(Notons en passant que Chichester Bell et Charles Tainter sont à l'origine de la Compagnie Columbia, qu'Emile Berliner est à l'origine à la fois de la maison Victor et de la société Deutsche Grammophon Gesellschaft.)

Autres dates :

1894 : fondation de la maison Pathé (Émile et Charles Pathé)

1904 : création à Berlin de la Compagnie Odéon

1906 : création de l'A.P.G.A.

1909 : premiers plastiques (Leo Baekeland du fameux «bakelite»)

1910 : premiers enregistrements de John McCormack

1919 : grâce à un retentissant procès intenté par la Compagnie Victor, une multitude de petites compagnies de disques se créent, l'enregistrement «latéral» ayant été déclaré du domaine public : Gennett Record Company, Okeh, Vocalian, Compo, etc.

1920 : première entreprise commerciale de radio : KDKA à Pittsburgh

1928 : invention de la bande magnétique (Kurt Stille)

1931 : premier enregistrement stéréophonique (l'Anglais Blumlein)

1945 : utilisation d'une laque sur support en aluminium pour l'enregistrement dite «haute fidélité»

1946 : premier microsillon (Maison Columbia)

1949 : premier 45 tours/minute

1983 : premiers disques digitaux (Compact Disc)

Les premiers enregistrements :

Les premiers enregistrements commerciaux datent de 1888. - À l'époque, comme la technique du pressage ou de la reproduction en série n'était pas connue, chaque cylindre devait être enregistré individuellement. - Aussi, favorisait-on l'enregistrement d'orchestres ou de petites pièces jouées par des instrumentalistes payés selon le nombre d'enregistrements qu'ils pouvaient exécuter par jour. (Voir à Charlus, celui qui fut longtemps surnommé le «forçat du gramophone» - notre site sur la Chanson Française de 1870 à 1945).

Quand la possibilité de reproduire, à partir d'une matrice, des dizaines (au début) d'exemplaires, puis la technique aidant, des centaines, voir même des milliers, le marché du cylindre et du disque prit un nouvel essor. - Vers 1893, 1894. - C'est de cette époque que date les premières «voix» connues. - Celle d'Yvette Guilbert, par exemple, qui, dès 1897, enregistrait, pour le compte de Pathé, «Je suis pocharde !», «Les demoiselles à marier», etc.

La qualité variait énormément selon les interprètes. D'autant plus que certains instruments ne pouvaient tout simplement pas être enregistrés ou, s'il l'était, le résultat était moins que satisfaisant. - C'est ainsi qu'on retrouve, au cours des années quatre-vingt-dix plus d'enregistrements de fanfare (John Philip Sousa, entre autres) et de soli d'enregistrements d'instruments à vent (The Boston Trombone Ensemble) que de véritables voix.

En 1902, Caruso allait changer tout cela : il enregistra pour le compte de la Gramophone and Typewriter Company of London (sic) dix arias au cours d'un seul après-midi pour la somme exorbitante de 100 livres. - Ces enregistrements, suivis de ceux du baryton Mattia Battistini, de la basse Fedor Chaliapan, des sopranos  Mary Garden (créatrice du rôle de Mélisande de l'opéra «Pelléas et Mélisande» de Debussy) et Geraldine Farrar allaient lancer l'industrie du disque.

Pour avoir une idée de l'évolution de la qualité sonore des cylindres et disques enregistrés de façon acoustique entre 1897 à 1926, voir à Yvette Guilbert, Fragson, Mayol (page sur «La matchiche») Dranem, etc. (sur notre site de la Chanson Française, toujours).


Pour lire le texte du communiqué adressé à l'Académie des Sciences par Charles Cros, cliquez ICI.

 

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Sinon, voir au menu principal : Chanson Française

 

Ou encore à : Raoul-Jean Bienmis


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