Université de Napierville

Rowan Hopkins


Chronologie

Antécédants :

1886 Naissance à Stoke-on-Trent, près de Manchester, Angleterre, de Michael John Rowan Hopkins, fils de Ian Hopkins, colonel dans la Fifth Manchester Brigade et de Marie-Laura Joyce, originaire de Cork, Irlande.
1908 Après de brillantes études, Michael,  fraîchement diplômé du Greater Manchester Medical College, rejoint le régiment de son père.
1910 Naissance à Manchester de Paul John Hopkins, fils du précédent et d'Anne Jones, fille d'un notaire de Liverpool.
1915 Mort près de Ypres, en Belgique, de Michael Hopkins, suite à la première attaque au gaz asphyxiant des Allemands.
1920 Malgré la pension qui lui échoit du gouvernement britannique en tant que veuve de guerre, Anne Jones-Hopkins se voit contrainte d'émigrer avec son jeune fils. - Elle est accueillie par des cousins à Manchester dans le New Hampshire.
1924 Mort d'Anne Jones-Hopkins (le 28 avril). - Orphelin, Paul est envoyé chez un lointain parent à Sydney, en Nouvelle-Écosse.
1930 Paul, qui a appris le métier de serrurier se retrouve à Québec où il fait la rencontre d'Amilda L'Heureux. - Les deux s'épousent en 1933.
1934 Naissance à Québec de John Hopkins, frère aîné de Rowan.
1936 Naissance de Muriel Hopkins, sa soeur.
1938 Naissance de Michael Hopkins (mort en bas-âge).
Vie :
1942 Naissance le 23 janvier de Rowan Joseph Julian Hopkins au 1818 de la rue Sherbrooke, à Québec.
1945 Paul, le père, ayant travaillé pour les arsenaux canadiens durant la Guerre, déménage avec sa famille à Westmount, en banlieue de Montréal, où il est embauché à titre de conseiller par la Montreal Locksmith Company.
1948 Premières études (en français) de Rowan Hopkins en l'Académie Saint-Léon de Westmount.
1954 Contre toutes attentes, le jeune Rowan est transféré, à la demande de son père, de la section française à la section anglaise de son école.
1957-1960 Nombreuses fugues. Rowan dit qu'il veut devenir un artiste. - On l'expédie vers un pensionnat à Kitchener en Ontario. - Il y en est expulsé en 1959. - Disputes familiales à la fin desquelles, Rowan abandonne ses études qu'il décide de poursuivre en tant qu'étudiant libre.
1961 Rowan, ayant quitté le foyer familial, s'enregistre au Toronto School of Fine Arts, section peinture et dessin.
1962 Séjour aux USA : de la Floride où il s'est rendu en train, il parcourt le sud des États-Unis jusqu'à Los Angeles où il est, un temps, étudiant au Californian Institute of Applied Arts.
1964 Rencontre, à San Francisco du peintre abstrait Andrew Malkovich. - Celui-ci lui enseigne non seulement à peindre mais à boire. - Il aura une influence considérable sur sa vie.
1970 À New York, Rowan se joint au groupe révolutionnaire (peinture) qu'est celui du  New New York Abstract Painters Association.
1974 Première exposition de ses «Number Seven» au Lower Greenwich Art Gallery. - Le critique du Greenwich News trouve trop d'influence de Miro dans ses peintures. - Immense abattement. - Rowan quitte New York et se rend à Newport dans le Rhode Island où il décide de devenir homme à tout faire à bord de bateaux de plaisance. - Il y fait la connaissance de la fille d'un riche hôtelier d'origine allemande, Anne Diesbach. - C'est le début d'une aventure tumultueuse qui durera jusqu'en 1985.
1978 Vivant maigrement de ses prestations d'homme à tout faire (il est également garçon de table) et de peu nombreux articles qu'il écrit pour le Boston Sailing Monthly, il fonde une petite troupe de théâtre qui ne dure qu'une seule saison. - En automne, il est invité par les Diesbach à les accompagner en Europe. - Il visite en leur compagnie, et en compagnie d'Anne, Londres, Paris, Nice, Rome.
1979-1980 Il est amoureux fou de la fille de ses patrons qui l'ont embauché pour diriger un petit restaurant à la marina locale. - Nombreuses absences. - Avec Anne, il visite tous les musées et galeries d'art moderne de Boston, New York, Chicago... - À l'été de 1980, il est à San Francisco avec Anne qu'il présente à son ami Andrew Malcovich. Les deux l'encouragent à retourner à la peinture.
1981 Vivant sur la propriété des Diesbach, il passe la majeure partie de son temps dans un petit studio qu'ils ont mis à sa disposition.
1982 Exposition de quelques-une de ses oeuvres au NewPort Art Gallery en compagnie de divers autres peintres de la région. - Ses scènes marines attirent l'attention de Peggy Rothstein de Boston qui lui fournit, en 1983 et 1984, le gîte, une avance mensuelle de $200 et tout le matériel dont il a de besoin à condition qu'il vienne s'installer près d'elle. - Premières altercations avec Anne.
1984 «Number Sevent bis», «Void», «La chose pensée» (sic) et «Ann, Number 6», font l'objet d'un long article dans le New England Arts Journal. - À tous les deux semaines, il se rend à Newport pour rendre visite à Anne mais la distance qui les sépare et l'omniprésence de Peggy dans sa vie rendent ces rencontres difficiles. - Anne lui reproche, entre autres, ses aventures avec d'autres femmes (on ne lui en connaît cependant aucune durant cette période) et surtout ce qu'elle appelle son manque de sérieux. - Il lui écrit des lettres enflammées.
1985 Année trouble : Anne dont le père est décédé lui offre la gestion des affaires de la famille ; il refuse ; elle le somme de prendre une décision définitive quant à leur liaison puis, en septembre, elle lui annonce ses fiançailles, presque par dépit, avec un riche armateur de la région. - Ce mariage sera désastreux mais Rowan ne lui pardonnera jamais d'avoir voulu le pousser là où il ne voulait pas aller. - Dans les semaines qui suivent, on le retrouve régulièrement en état d'ébriété devant la maison de son rival où il crie à tous ceux qui veulent l'entendre les rapports intimes qu'il a eu avec Anne. - La police est finalement appelée. - En décembre, il est condamné à $200 d'amende et 5 jours de détention pour avoir troublé la paix. - Déçue, à cause de cette épisode, Anne décide de ne plus avoir de contact avec lui et  ne cherchera plus jamais à avoir de ses nouvelles.
1986 Rowan se réfugie dans sa peinture et, en octobre, pour la rentrée, le New York Art Fifth Gallery lui achète six de ses toiles. - C'est le lancement.
1987 Le cinéaste surréaliste Jack Kostis vient le filmer en train de peindre en son atelier de Lowell où il s'est installé depuis peu avec la peintre Jo-Ann Wesbley.
1988 Mort de son père, Paul. - Renoue avec sa famille, rencontre ses neveux et nièces et passe l'été en compagnie de Jo-Ann à Eastman dans les Cantons de l'Est (Province de Québec).
1989 Peint ses grandes fresques intitulées «Eight», «Nine» et «Ten» qu'il expose en septembre à New York (Modern Group Galery, Madison Avenue). - Immense succès. - Il est de toutes les soirées. - Le New York Modern Painting Magazine lui consacre un numéro entier.
1990 Après son passage au Johnny Carson Show, un interview dans le magazine Playboy, il est devenu le peintre le plus célèbre d'Amérique. - Ses toiles se vendent entre cinquante et soixante-dix mille mille dollars. - Riche, adulé, il décide contre tout attente de s'installer à nouveau à Newport dans la maison même où Anne Diesbach a passé son enfance. - Anne est depuis deux ans déménagé à New York. - Il cherche à la revoir mais Anne ne répond ni à ses lettres, ni à ses téléphones.
1991 Arrestation pour conduite en état d'ébriété. - Sa voiture a fauché deux piétons près de sa demeure. - Il est condamné à $4,000 d'amende et 15 jours de détention. - Le tout est suivi d'un long séjour dans un établissement pour alcooliques. - En décembre, il est de retour chez lui.
1992 Dernières grandes toiles : «Sunset», «Sunrise», «Void II» et «Love and Despair».
1993 Voyage en Europe avec Jo-Ann. - Début d'une longue série de lettres pleines de reproches à Anne Diesbach, lettres que Jo-Ann retrouvera dans ses papiers lors de son séjour à l'hôpital, deux ans plus tard. - Jo-Ann a sa première exposition publique à Boston. - Jaloux, se sentant délaissé, il se réfugie dans l'alcool.
1994 Série d'abattements entrecoupées de longues périodes où il passe ses journées à regarder la télévision et à boire. - En novembre, le soir de ses cinquante-deux ans,  il brûle dans un élan de rage sa production non vendue des dix dernières années. Ce faisant, il met le feu à son studio et est gravement blessé aux deux mains.
1995 Séjour à l'hôpital DeBrie à Boston. - Cure de désintoxication.  - Guéri, il reçoit son congé le six mai et retourne chez lui le sept. - Le neuf, on le retrouve mourant dans son lit. - Il a absorbé une soixantaine de cachets d'aspirine. - Transféré d'urgence au Newport General, on parvient à le ranimer.
1996 Année de repos. - Il consent, moyennant rémunération, à se faire interviewer par la télévision américaine et la presse britannique mais cesse de peindre.
1997 Sa nièce, Marie, qui parle très peu l'anglais vient lui rendre visite. - Le goût de vivre lui reprend. - Il passe de longues soirées en sa compagnie et en fait une série de portraits. (La plupart de ces portraits se retrouveront dans la collection de Benoit et Marcelle Brisebois l'année suivante.) - Pour elle, il a repris ses brosses et pinceaux. Lorsqu'elle le quitte pour retourner à ses études, il confie à sa compagne qu'il n'a jamais été aussi heureux.
1998 Rechute. - Une mauvaise critique dans le Los Angeles Art Monthly le rend fou de rage. - Il confie à Jo-Ann que cette critique a été inspirée par Anne (Diesbach) et écrit pour se défendre une série d'articles dans divers magasines consacrés à l'art où il s'en prend à tous ceux à qui, selon lui, «on devrait interdire l'accès à toutes les galeries d'arts» : les critiques, les connaisseurs, les mécènes, jusqu'à ses plus proches amis, qu'il traite de vils exploiteurs. - Ces articles sont si venimeux que la plupart des gens de son entourage le délaissent. - Seules lui restent fidèles Jo-Ann et Peggy Rothstein qui lui rend régulièrement visite
1999 S'étant isolé (il a vendu son studio de Newport pour se retirer à Saint-Albans dans le Vermont), il commence la rédaction de son «testament», longue série de textes plus ou moins cohérents dans lesquels il s'en prend à une dame «indigne de lui» et qui aurait ruiné sa vie.
2000 Nouvelle rechute  : il a, chez lui, six postes de télévision, ouverts en permanence, qu'il regarde jour et nuit tout en dessinant au crayon un profil, toujours le même (qu'on devine assez facilement être celui d'Anne Diesbach ), et qu'il brûle au fur et à mesure qu'il les termine.
2001 Graves problèmes de santé. - Atteint de troubles pulmonaires, il refuse de se faire soigner. - Contre l'avis de ses médecins, qu'il consulte - parce Jo-Ann insiste - il refuse de cesser de fumer (et de boire). - En mai, invité à une rétrospective de ses oeuvres au Rothstein Museum, il est chancelant et a peine à reconnaître ceux qui sont venus lui serrer la main. - À la fermeture de la première, il demande cependant à ce qu'on le laisse seul avec ses toiles. - Il y en a, en tout et partout, cent vingt sept, classées en ordre chronologique. - Il les repasse en revue, lentement, une à une sans dire un mot. - À la fin, il déclare à sa compagne et aux invités qui sont restés  «Looks like a wasn't a bad painter after all ![1]» - Ce seront ses dernières paroles publiques. - Dans l'auto qui le ramène à son hôtel, il déclare à Jo-Ann : «Guess, nobody will really know what it did cost...[2]» - Il s'éteint deux semaines plus tard, une lettre inachevée à Anne Diesbach sur sa table de travail, dans une chaise longue, à l'ombre, au fond de son jardin.

[1] «Ça m'a tout l'air que je n'étais pas un si mauvais peintre, après tout.»

[2] «Je suppose que personne ne saura vraiment ce que tout cela a coûté.»

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