Maternité de la Vierge Marie (Fête de la)

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Cette fête, célébrée le 11 octobre de chaque année, ne doit pas être confondue avec celle de l'Annonciation (25 mai), ni celle de l'Immaculée Conception (8 décembre), ni celle de la Visitation (2 juillet), ni non plus celle de la Naissance de Jésus (25 décembre), ni celle de la Purification de Marie [souvent confondue avec la Présentation de Jésus au Temple] (2 février), ni, ofcoursément avec celle de l'Assomption (15 août), celle de la naissance de Marie (8 septembre), ni naturellement avec celle des Sept-Douleurs de Marie (15 septembre) : il s'agit d'une tout autre fête, faite expressément pour célébrer le fait que Marie ait été la mère du Sauveur.

Cette fête a une curieuse histoire :

Le 22 juin de l'an 431, s'est réuni à Éphèse le Concile qui a proclamé que la bienheureuse Vierge Marie, étant Mère de Jésus, devait forcément être Mère de Dieu.

Entre cette date et la suivante, rien.

En 1931, à l'occasion du 15e centenaire du Concile précité, le pape Pie XI songea que le fait que la mère de Jésus était aussi mère de Dieu avait suffisamment été ignoré (sauf par quelques Docteurs de l'Église) et qu'il était temps qu'on célébrât l'événement at large. Il institua donc cette nouvelle fête de Marie qu'il appela La fête de la Maternité divine (ou Fête de la Maternité de la Vierge Marie) et choisit, parmi les dates disponibles dans son liturgique calendrier, celle du 11 octobre.

Pourquoi cette date ?

La chose n'a jamais été rendue publique. Plusieurs spécialistes se sont cependant penchés sur diverses possibilités.

Le premier en ligne, Romain de Nonce, de la Faculté des Sciences Papales de Ligurie, a avancé qu'il pouvait s'agir là d'une correspondance avec une fête païenne de l'archipel de Samoa mais sans préciser laquelle (1937).

De son côté, le chanoine Derouen, de l'Institut de Recherche Romaine de Paris, dans son Histoire des papes depuis 1927 (Bruxelles, 1958), a bien tenté de démontrer qu'en répartissant  les dates des fêtes relatives à la Vierge sur un calendrier lunaire en utilisant la formule Reischfall-Lemarque, il devenait évident qu'il existait un trou entre le 10 et le 12 octobre lorsque ce même calendrier était ramené calendrier grégorien avec une marge d'erreur ne dépassant pas ,007% mais d'autres recherches faites en ce sens n'ont pas été si concluantes surtout si on substituait à la formule Reischfall-Lemarque celle d'Insbruck-Allison.

Depuis la venue de Jean XXIII, on s'accorde à dire aujourd'hui qu'il s'est probablement agi là d'une manoeuvre de Pie XI pour reléguer au second plan la fête de saint Nicaire et ses compagnons (autrefois célébré le 11 octobre) dont la légende, avec son dragon, ses têtes décapitées, etc., commençait à peser lourd dans l'échelle de l'authenticité :

Saint Nicaise serait né en Grèce, probablement à Athènes, et aurait été converti en même temps que le grand saint Denis par un discours de saint Paul. Séjournant à Rome, il aurait été envoyé en Gaule par le pape Clément pour continuer l'évangélisation de ce pays. - Saint Denis s'étant fixé à Paris, Nicaise choisit de s'établir à Rouen. Chemin faisant, il se lia avec le prêtre Quirin et le diacre Égobile. - Vers Pontoise, les trois tuèrent un dragon qui terrorisait la région. - À la Roche-Guyon, ils rendirent la vie à un aveugle, etc., etc. - Jaloux, les prêtres païens de l'endroit les conduisirent au gouverneur qui, peu avant, avait fait décapiter saint Denis. - Nicaise et ses deux compagnons subirent le même sort et les trois firent comme leur prédécesseur : ils prirent chacun leur tête entre leurs mains et les donnèrent à leur bourreau.

La question en fait demeure la suivante : que préférer, une femme donnant naissance à un dieu (tout en demeurant vierge) ou trois voyageurs au prise avec un dragon ?

- Texte : Hadrien Monette, s.j.


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