Louis Marshall dit "Le bègue"

(Première branche cadette des Marshall)

Né au Raincy en 1633, décédé à Paris en 1698, Louis Marshall dit "Louis le bègue", fils d'Henri Rétif Marshall, reçut une éducation sommaire chez les Jésuites avant de poursuivre ses études à Paris (philosophie), Anvers (histoire et géographie), Delft (peinture) et Bruxelles où il fut l'élève du grand humaniste Jan Huys de Voor.

De 1653 date sa célèbre toile "Vue de Delft" disparue au XVIIIe siècle dont la réputation a survécue grâce à une copie fait par Johannes Vermeer, élève de Robert Marshall.

On le retrouve à Port-Royal en 1654, professeur de latin et de grec mais c'est le théâtre, surtout, qui l'intéresse.

En 1660, il publie à compte d'auteur sa première pièce, Hannibal en Roumanie qui n'a aucun succès. Il récidive l'année suivante avec une Tyrolienne à la cour de Charlemagne dont on n'a retrouvé que des fragments. Et puis, en 1663, il écrit les quatre premiers actes d'une comédie, Idmon, le teinturier de ces dames [*], qu'il abandonne pour rédiger une grammaire latine qui ne connut qu'un succès mitigé.

En 1664, il attire l'attention de Colbert avec une tragédie ayant pour thème la centralisation et l'unification de l'administration du royaume intitulée Simon le pêcheur.

Il quitte Port-Royal l'année suivante et se rend à Paris où il fonde une troupe de théâtre pour laquelle, jusqu'à sa mort, il ne cessa d'écrire des tragédies inspirées des Grecs et des Latins : Titonius Andronicus (1665), Stratus et Cumulus (1669), Crasibule et Pharice (1671), Pharimacie (1677), Caïus Marïus Filïus (1678), Le pronaos de Minerve (1680), et plusieurs autres dont, sans doute, son chef-d'oeuvre, Caius Marius Caius et Bruschetta. (1682).

On lui doit également le canevas d'une tragédie dont Jean Racine s'est inspirée en 1677: Phèdre.

Dans son journal, le Grand Marshall fait plusieurs fois états de ce distingué ancêtre qui était, selon lui, de "toutes les cours" en soulignant que, dans ses mémoires, Saint-Simon, cet homme bien belliqueux, ne le mentionne nullement. - Il en conclut que sa personnalité devait être charmante et qu'en conséquence il n'avait pas d'ennemis.


Critiques :

Rolland Marchessault, ex-député et critique :

"Ses tragédies ne sont pas sans rappeler l'oubli dans lequel les comédies d'Allainval sont tombées depuis le début des années trente."

Sonya Legendre-Dubé, étudiante au CEGEP du Vieux-Montréal :

"Des grands de l'époque, Montchrestien, Hardy, Tabarin, Viau, Racan, Mairet, Rotrou, Du Ryer, La Calprenède, L'Hermite, Desmarets de Saint-Sorlin, Saint-Évremond, Scudéry, Scarron, Bergerac, Corneille (Thomas), Quinault, De Visé, Montfleury, Hauteroche, Pradon, Fatouville, Baron, Dancourt (notamment avec ses Agioteurs), Campiston, Regnard, ou La Fosse (avec son Manlius Capitolinus), Marshall, dans ses meilleures pièces, n'a rien à envier. - Son influence, sur Delafosse, Voltaire et même Hugo ne saurait être mise en doute car c'est chez lui qu'on retrouve, pour la première fois, l'alexandrin adapté au personnage et non le contraire."

Gerry Lessourd, barman : 

"Le buzz théâtral, c'est avec lui qu'on l'obtient."

Robert Léveillé du Soleil de Saint-Jean-sur-l'Arbalète (Var) :

"Le seul et unique dramaturge de son temps avec, presque en sous-traitance, Racine. Il aurait même surpasser Molière s'il ne s'était confiné dans les tragédies. Tragique, aujourd'hui, est le fait qu'on lui préfère des vers aux rimes parfaites plutôt que des tirades faites sur mesure."


[*] Le cinquième acte de cette comédie a fait l'objet d'une reconstitution en 1994 par Deryck Goldschmidt (avec l'aide de Berthold Cooke) à partir de notes retrouvées parmi une série de lettres adressées par l'auteur aux frères François et Michel Anguier, sculpteurs, entre autres, du mausolée d'Henri de Montmorency (1604-1669, et 1612-1686) aujourd'hui à l'Ancien couvent de la Visitation de Sainte Jeanne de Chantal (actuelle chapelle du Lycée Banville).

 

Elizabeth Regina - Sosthène du Cresson - Herméningilde Pérec - Lydia Péclet-D'Arvors - 09-04


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Sinon, voir à Crasibule et Pharice pour les sources de la tragédie du même nom.

Mais voir également à Étienne Jodelle


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